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À la suite de Thomas, faisons l’expérience de la Miséricorde divine

Homélie du deuxième dimanche de Pâques - Année C

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Écrire à l'auteur Père Stéphane-Marie 11 avril 2013
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Homélie du deuxième dimanche de Pâques - Dimanche de la Miséricorde - Année C

Écouter l’homélie de Père Stéphane :




Il s’en passe, des choses, le dimanche, le « jour du Seigneur », comme le nomme l’écriture. A Pathmos, en ce jour, Saint Jean est saisi par l’Esprit-Saint. Il se retourne et, au milieu des sept chandeliers - encore un symbole de l’Esprit - il voit le Seigneur, le Vivant, le premier et dernier. Celui qui s’adresse à son peuple et va le diriger, le vivifier, et lui insuffler Son Esprit.

Le premier jour de la semaine, c’est aussi ce jour de l’apparition de Jésus à ses disciples, cette rencontre en l’absence de Thomas. Puis, une semaine plus tard avec lui et les autres, le Seigneur va souffler Son Esprit. Il est intéressant d’entendre les expressions qui sont utilisées dans cet évangile d’aujourd’hui :

Le Seigneur vint, et Il se tenait debout au milieu d’eux.

Et effectivement, en cette fin d’évangile, en même temps que nous lisons ces passages, nous reviennent ces ultimes paroles de Jésus : « Tout est achevé ». C’est donc dans cette plénitude du message de Jésus qu’ils vont recevoir Sa visite, qu’ils vont découvrir que le Seigneur vient et se tient au milieu d’eux. Ce n’est pas sans rappeler cette parole dans l’évangile de Jean au chapitre 14 :

Le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez vous aussi.

Voilà ce que nous célébrons ce dimanche, comme tous les dimanches. Voilà notre condition de vie quotidienne avec le Seigneur ressuscité, Le Vivant. Il vient, Il ne cesse de venir, et nous sommes appelés à Le voir. Nous avons ce couple dans l’évangile de Jean entre voir et croire, et il ne faut pas se laisser prendre par l’expression employée aujourd’hui, parce que voir nous amène à croire et croire nous amène à voir. Les deux sont souvent synonymes chez Saint Jean. Le mot debout employé ici signifie bien qu’Il est Le Vivant, qu’Il est Le Ressuscité. Il n’est plus le gisant, mais Il est Celui qui s’est levé.

Dès son apparition, Jésus donne la paix

Ce qu’Il nous donne, le premier mot de Jésus ressuscité à ses disciples, c’est : « La Paix ! ». Il ne s’agit pas ici simplement d’un simple « Bonjour ! » qui est donné. Mais, il s’agit du don effectif que Jésus donne. Il les appelle à ne plus craindre, mais Il les établit en même temps dans la paix. Et la paix est toujours le premier fruit de l’Esprit-Saint qui nous est donné. Il ne s’agit pas seulement d’un contentement agréable des choses futiles qui passent, mais cette paix qui nous construit, que nous sommes appelés à recevoir, à discerner dans nos vies.

Là encore c’est cette paix, comme dit Jésus dans le discours d’Adieu, non pas celle que le monde donne, mais la Sienne. Cette paix de Jésus qui traverse l’épreuve – et il faut entendre là comment Jean présente l’identité du Chrétien – compagnon de l’épreuve, comme lorsqu’eux-mêmes doivent se tenir à part, enfermés par crainte. Il nous arrive aussi d’être envahis par la crainte de nous déclarer chrétiens, parce que ce n’est pas une image qui porte. Mais, Il est là et Il nous donne la Paix. Nous sommes compagnons d’épreuve, certes, mais aussi comme le dit Saint Jean : « compagnons de Sa royauté », de Sa victoire sur la mort.

Et si nous sommes appelés à communier aux souffrances du Christ, n’oublions pas ce que dit Saint Paul :

Parce que nous communions à la victoire du Christ, nous pouvons communier à Ses souffrances.

Ce n’est pas une caricature du Christianisme : « souffrez plus et vous aurez le Ciel ». Non. Nous sommes appelés à rentrer dans cette réalité de Jésus qui vient au milieu de nous. N’oublions pas que « Celui qui vient », c’est le terme par excellence qui définit le Seigneur.

Et, Il montre Ses plaies, Ses blessures qui sont vues ici encore dans cette idée de l’achèvement. C’est celles d’où ont coulé l’eau et le sang. Et vous avez entendu l’oraison du jour qui parle de la Miséricorde et qui cite l’eau du Baptême, l’Esprit qui est donné, le sang qui nous rachète. C’est bien dans cette source de grâce qui coule, ces rayons de miséricorde qui coulent à travers l’eau, l’esprit et le sang, qu’ils reçoivent Jésus.

Une fois au milieu d’eux, Il les envoie

Il est là, au milieu d’eux. Présence du Dieu Vivant qui vient à nous, que nous avons reçue au baptême, que nous recevons chaque jour du Seigneur, chaque jour où nous célébrons le mystère du Seigneur.

Et comme déjà dans l’Ancien Testament, quand apparaît un être céleste, c’est pour donner une mission, pour envoyer en mission. Et voilà que cette miséricorde dont les Apôtres sont bénéficiaires, qu’ils reçoivent et par laquelle ils se laissent transformer, n’est pas seulement pour eux. Elle est comme un acte de naissance de l’Église. C’est l’acte de naissance de notre vie dans la grâce et nous en portons le devoir de la communiquer. Cette miséricorde nous est donnée pour qu’elle puisse se répandre en nous, mais aussi à travers nous.

Et c’est le sens de ce geste de Jésus qui souffle sur Ses Apôtres et les disciples qui sont là. C’est cette Pentecôte. Si nous avons tendance à séparer ces deux événements, rappelons-nous que c’est un mystère qui est tout un. On le voit bien : le temps pascal est déjà le temps de l’Esprit. Il ne faut pas séparer, comme le font ces auteurs comme Joachim de Flore, le temps du Christ et le temps de l’Esprit. C’est le Seigneur au milieu des chandeliers, avec Son Esprit, qui nous envoie.

Et, avec ce geste de souffler, Il nous donne Son Esprit, car, comme Adam, nous sommes dépendants dans notre vie de ce souffle du Seigneur. Notre vie est déjà un don de Dieu, mais voici cette nouvelle création dans notre humanité purifiée.

En reprenant les paroles de Jean, on peut s’interroger : que fait ce don de l’Esprit ? Il nous donne cette renaissance qui nous donne accès au Royaume, comme il est dit dans le chapitre 3 avec le discours à Nicodème. Il nous donne d’adorer en esprit et en vérité, de ne pas nous méprendre sur Dieu, de ne inventer Dieu, mais de Le recevoir vraiment, comme Il le dit à la Samaritaine. Dans le chapitre 6, Il parle aussi de nous vivifier. Il nous fait le don de la vie, et de cette vie en abondance, de cette Vie Éternelle.

La puissance de la Miséricorde divine réside dans sa totalité

Ce don de la vie, ce don de l’Esprit qui nous est fait, il l’est dans ce qui a toujours été cher à Jésus depuis le début de son ministère en Galilée. Il est la Miséricorde. Il est de « remettre le Pardon ».

« ceux à qui vous remettrez les péchés, il leur seront remis ; ceux à qui vous les maintiendrez, ils seront maintenus »

Cette formule, qui peut nous surprendre , donnée dans une construction hébraïque bien connue : « celui qui aime sa vie / celui qui haït sa vie »… comme on a beaucoup à l’intérieur des paroles de Jésus. Ces couples indiquent simplement la totalité. Quand la formulation est en positif et en négatif, il s’agit de la totalité du pouvoir miséricordieux qui leur est donné pour eux et aussi pour le transmettre. Ils ne sont pas pour se substituer à Dieu : c’est toujours Dieu qui pardonne, comme le montre ici la formule passive. « Il leur seront remis » : c’est encore Dieu qui est l’acteur. Mais, ils en sont, nous en sommes les porteurs.

Et on voit bien dans Ézéchiel ce don de l’esprit qui vient purifier le peuple d’Israël. Et ici, c’est le don de l’esprit, et du sang de Jésus et de l’eau du baptême qui viennent nous justifier. Et on voit les disciples qui reçoivent cette mission de discerner ceux qui vont accueillir la lumière, et de les accueillir dans la communauté des vivants. Car la définition de l’Église, c’est justement la communauté des vivants.

Alors, demandons au Seigneur de nous renouveler chaque dimanche, chaque jour aussi, bien sur, de nous renouveler dans cette vie que nous donne le Seigneur en recevant Sa miséricorde.

Chez Saint Jean, le péché est toujours au singulier, car pour lui, le péché fondamental est de nous fermer à la Lumière, de nous fermer à la Vie, de nous fermer à l’Amour, de ne pas croire et adhérer au Verbe libérateur. Ici, il est au pluriel, comme pour rappeler que ce sont les œuvres malignes des ténèbres, opposées à la Vérité, opposées la Lumière, tout au fil de l’Évangile de Saint Jean, la peur et la recherche de sa propre gloire : le mensonge, la haine, le meurtre du Juste, et l’esprit de domination.

l’apôtre Thomas est un guide pour nous

Nous voici donc entraînés à vivre avec le Seigneur. Sans doutes direz-vous : « Le Seigneur est vivant, mais nous butons sur le mystère de la mort, l’évidence et les forces de la mort ». Ce scepticisme naturel de notre nature humaine, c’est justement ce que va vivre l’apôtre Thomas qui butte sur ce même problème, à la même manière que nous.

Et Thomas demande de pouvoir faire cette expérience du Seigneur, cette expérience du don de la paix, de cette vie en abondance qui coule du Seigneur, de Ses plaies, et de pouvoir les toucher, et en être touché. Et c’est cette forme de connaissance dans laquelle il veut rentrer, il veut faire cette expérience personnelle. Et ici, il y a une chose qui est très intéressante : il se sent touché parce qu’il se sent connu par le Seigneur. Connu jusque dans ses doutes.

Il y a ici un parallèle à faire entre Thomas avec Nathanaël, lorsque Jésus devine : « Avance tes mains dans mes plaies, dans mon côté… cesse d’être incrédule et deviens un homme de Foi ». De la même manière celui-ci buttait sur l’accueil de Jésus comme Messie d’Israël, en disant : « Que peut-il sortir de bon de Nazareth », et Jésus qui lui répond : « Je t’ai vu sous le figuier, et parce que je te dis cela, tu te mets à croire ». Il fait alors une profession de foi égale à celle de Thomas, qui dit ici : « Mon Seigneur et mon Dieu ! ». Cette formulation qui vient ici comme achever l’Évangile, et reprendre ce qu’il nous était dit dans le prologue de Saint Jean, à propos du « Verbe fait chair », qui est « dans le sein du Père », et qui est « auprès de Dieu », qui est « tourné vers Dieu ».

Bien sur, il nous faut faire cette expérience du Seigneur, et Thomas nous est précieux – ce n’est pas simplement celui qui doute – car c’est celui qui est invité à accueillir le Seigneur et à faire cette expérience et qui nous invite à son tour, et nous introduit dans ce chemin. Mais Jésus nous avertit aussi :

« Cesse d’être incrédule. Sois croyant ».

Bienheureux ceux qui croiront sans voir, car, si cette expérience du Seigneur nous est donnée, si nous y sommes invités, elle n’est pas simplement comme une condition : nous sommes appelés sur le témoignage, sur la vie qui est donnée. Cette vie du Seigneur ressuscité, nous sommes appelés à l’accueillir, et non pas à la mesurer à l’aune de notre expérience, mais à l’aune de cette parole du Seigneur qui nous invite à recevoir cette miséricorde et à la répandre.

Interrogeons-nous, interrogeons-nous sur notre accueil de la vie du Seigneur, interrogeons-nous sur cette lumière qu’il vient mettre sur notre vie, sur cette puissance de conversion que le don de l’Esprit-Saint vient répandre en nos vies. Interrogeons-nous sur l’accueil, et aussi sur cette transmission que nous sommes appelés à faire au quotidien,

Amen.

Références des lectures du jour :

  • Livre des Actes des Apôtres 5,12-16.
  • Psaume 118(117),1.4.22-23.24-25.26a.27a.29.
  • Livre de l’Apocalypse 1,9-11a.12-13.17-19.
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20,19-31.

C’était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs.
Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.

Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »

Or, l’un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau) n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient :
— « Nous avons vu le Seigneur ! »
— Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »

Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux.
Il dit : « La paix soit avec vous ! »
— Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »
— Thomas lui dit alors : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
— Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas mis par écrit dans ce livre. Mais ceux-là y ont été mis afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et afin que, par votre foi, vous ayez la vie en son nom.

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