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Accompagner des catéchumènes

Par frère Christophe-Marie

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Écrire à l'auteur Frère Christophe-Marie 1er février 2007
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Acheminer un catéchumène vers le baptême, se mettre au service de la soif de Dieu que l’Esprit Saint a mystérieusement déposée dans son cœur, éclairer l’intelligence, et donner à la volonté de se fortifier : telle fut la mission de frère Christophe-Marie au Lycée Guynemer. Durant plusieurs années, il eut à accompagner des jeunes non chrétiens vers le sacrement du Baptême.



Scandale à Guynemer, une lycéenne juive adulte se prépare au baptême !
Et ce fut pour cette lycéenne un cheminement non sans conséquence car elle a été bannie de sa famille.
Telles furent les circonstances de ma première année de préparation au baptême dans ce lycée : faire cheminer J. dans la connaissance de la foi. Un défi ! car c’est bien dans la foi de nos pères qu’elle avait grandi.

Comment faire ?

Commencer une préparation dans ces conditions fut pour moi un honneur, étant à la place des premiers apôtres évangélisant leurs contemporains imprégnés de la Thora.
Mais comment faire, quelle méthode suivre ? Il y en a tellement !
Je me suis renseigné autour de moi, j’ai pris conseil, mais rien de bien probant ne ressortait : bien souvent on me présentait des méthodes pour enfants - mais ici, je ne parlais pas à une enfant, mais bien à une adulte, mue par l’Esprit Saint qui avait imprimé ce désir en elle.
J’aurais bien pu commencer par parler du sacrement en lui-même. Mais à quoi bon, le baptême n’a pas été « parachuté » ; il arrive au terme d’une pédagogie divine.
Alors, m’est venue cette idée toute simple : il suffit de prendre la somme théologique de St Thomas d’Aquin. C’est justement pour les débutants ! Et on était tous les deux des débutants !

Saint Thomas d’Aquin à mon secours !

Me voilà donc cheminant avec le père angélique. Un défi ? Non. Il est bien évident que je n’allais pas aborder chaque question, mais bien plutôt suivre son plan.
Un plan d’une grande clarté (sauf pour les experts), qui aborde tous les points de notre foi. Il part de Dieu, en lui-même, la création jusqu’à l’homme, ses actes, le péché et son retour vers Dieu par les vertus et la grâce. Puis en troisième partie le Christ, qui récapitule toute chose, qui parcourt ce même chemin pour prendre l’homme et le ramener à Dieu. Ce plan m’a permis de présenter le mystère de la foi comme cohérent, et de pouvoir faire le lien entre les différentes parties.

On se retrouvait une heure par semaine et cela m’a permis de suivre pas à pas ce plan, négocier avec mes mots et leurs questions. Car J. n’a pas été la seule à se préparer, d’autres ont suivi au cours de mes années de présence.
Ce qui m’a le plus étonné, c’est combien un catéchumène est rendu capable d’adhérer à un mystère comme La Trinité, comme l’Eucharistie, l’Immaculée Conception… Mystère bien souvent étrange pour des chrétiens de longue date ! Mystère qui est censé supposer la foi de celui qui y adhère. Le baptême n’est-il pas le sacrement de la foi ? Étonnant, oui !

Un témoignage et une grâce

Dieu donne la grâce nécessaire à ceux qui se rapprochent de lui. Quelle joie aussi de les voir s’éveiller à une telle réalité, de les voir mettre leur intelligence au service du Christ.
Quelle ne fut pas mon émotion, mesurée bien sûr, quand dans la première étape, le catéchumène est amené à cheminer du fond de l’église vers le chœur pour signifier son entrée dans le peuple de Dieu.
C’est devant tous les autres étudiants et lycéens qu’il s’avance, témoignant ainsi de la force qui l’anime. Témoignage édifiant dans un milieu souvent hostile, ou plutôt ignorant. Témoignage qui en a marqué plus d’un. Témoignage qui a marqué le Lycée tout entier.

Être l’instrument et le témoin de cette préparation au baptême adulte est bien une grâce qui m’a été faite, et dont je ne mesure sûrement pas l’ampleur. Mais j’aime à relire cet événement à la lumière de la foi comme le peuple d’Israël méditant tout au long de l’Ancien Testament sur sa sortie d’Égypte, sa Pâque. ?

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