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Adorons l’Enfant Jésus à la suite des mages

Homélie de la fête de l’Épiphanie - Année C

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Écrire à l'auteur Père Stéphane-Marie 8 janvier 2013
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Homélie de la fête de l’Épiphanie - Année C

Écouter l’homélie de Père Stéphane-Marie :




Très chers amis et frères en Jésus,

Il est très répandu aujourd’hui de penser, de dire : « Je suis chrétien parce que je suis né dans un pays à majorité chrétienne. Mais, si j’étais né en Chine, au Japon ou en Inde, ce serait autre chose ». Et le message de l’Évangile – c’est la question que nous pose cette fête de l’Épiphanie – est-il vraiment pour tous ? est-il vraiment catholique, c’est à dire, pour tous ? Cela est battu en brèche, et c’est d’ailleurs un obstacle à la mission de l’Église, à l’élan de la mission ou même à l’Évangélisation, dont on parle tellement aujourd’hui. Mais les mages viennent nous donner cette réponse.

Qui sont ces mages ?

Il y a plusieurs sens de ce mot lorsqu’on le retrouve dans la Bible :

  • ce ne sont pas des magiciens, qui sont honnis dans la Bible, appelés séducteurs, escrocs. Le livre du Deutéronome au chapitre 18 est bien clair sur ce sujet.
  • ce ne sont pas non plus ces gens qui utilisent leurs pouvoirs comme ce Bar-jésus, des Actes de Apôtres, qui fait des miracles. Ces magiciens là mettent en compétition leurs pouvoirs à la forme du salut de Jésus. Ils cherchent à amadouer le réel, ils cherchent à deviner l’avenir, pour eux, mais du coup, se rangent du côté des démons, insiste la Bible.

Une autre acception du mot - celle que nous trouvons ici – ces mages qui viennent d’Orient sont des sages. Ils cherchent dans la Création des signes de la présence de Dieu, de l’intelligence qui dirige le Monde. Et ce sont en même temps des astronomes qui viennent d’Orient. Babylone était un peu en déclin à l’époque de Jésus, mais c’était un grand centre d’études de la « NASA de l’époque », de l’étude du ciel et de l’intelligence du Monde.

Que font-ils ?

Ils ont vu un signe dans le ciel. Et effectivement, dans cette histoire d’étoiles, on rapporte qu’il y a eu, dans l’ère –7 –6 avant Jésus, la conjonction de deux planètes - Jupiter et Saturne - dans le signe zodiacal des Poissons. Et en 1604, Kepler a observé le même phénomène, doublé d’ailleurs par l’apparition d’une supernova qui éclairait extraordinairement.

Ils ont été sensibles à ce signe, et ils se sont mis en route, car la sagesse religieuse est philosophique, la recherche de la Vérité est clairement une force qui met tout homme en chemin. C’est d’ailleurs la sagesse qui conduit au Christ. On peut expliquer cette importance d’un roi de Judas : l’interprétation est liée à Jupiter et à la Grèce et à Rome qui dominaient le Monde à l’époque, ainsi qu’à Saturne, qui représentait Judas et la conjonction des deux donnaient ce signe. Mais, cela ne suffisait pas, car tous les scientifiques ne se sont pas mis en route pour autant. Il fallait aussi ce désir d’une recherche intérieure, comme l’annonçait d’ailleurs Balaam aux païens bien des siècles avant :

« J’ai vu une étoile qui monte et qui apporte le Salut ».

Et il est intéressant de noter que ces mages vont arriver à Jérusalem. Et arrivant à Jérusalem, ils ont besoin de se mettre à l’école de l’Écriture. C’est dans l’Écriture qu’ils vont trouver le lieu exact de Jésus et qu’ils vont pouvoir arriver à Lui, qu’ils vont pouvoir adorer et devenir – si l’on peut dire - les premiers disciples païens de Jésus.

La tradition est basée sur les Écritures

De ces mages, on a fait des rois : on les appelle les Rois Mages dans nos crèches. Et c’est à cause de cette lecture amoureuse de la Bible, du psaume que nous avons lu aujourd’hui :

« Les rois de Tarsis et des îles apporteront des présents. Tous les rois se prosterneront devant Lui. »

Comme vous le voyez, la crèche est construite à partir des associations de la lecture biblique - notamment dans la liturgie – de la même manière que le bœuf et l’âne sont aussi, par une association biblique avec le début du livre d’Isaïe, le deuxième et troisième verset quand il est dit :

« Le bœuf et l’âne connaissent leur crèche, alors qu’Israël ne connaît pas son dieu ».

C’est ainsi que le bœuf et l’âne sont arrivés dans la crèche, c’est ainsi que les mages sont devenus des rois et qu’ils sont trois. Alors, s’ils sont trois - cela dépend des traditions, car il y en a certaines où ils sont quarante – ce nombre n’est pas dans la Bible mais est hautement symbolique puisqu’il représente selon les trois continents dont ils proviennent : on les représente comme étant un noir, un blanc et un asiatique.

Tous les rois se prosterneront devant Lui.

Ils montrent le chemin aux nations païennes

Et l’on a ici dans les textes d’Isaïe, et de maintes manières dans les textes des prophètes, cette intuition que tous les peuples vont monter à Jérusalem. C’est quelques fois pour y faire la guerre, mais quand ils arrivent, ils se mettent finalement à adorer le Seigneur. Et cette histoire des mages nous montre cette importance de la révélation de Jésus qui est unique.

En chantant le refrain du psaume tout à l’heure, il y avait aussi cette allusion à Abraham :

« Les promesses faites au peuple sont réalisées maintenant. En toi seront bénies toutes les nations de la Terre, tous les peuples. »

Et c’est vraiment cette ouverture à tous les peuples de l’Évangile qui convient au cœur de tout homme, qui n’est pas une question de culture, qui d’ailleurs peut s’inscrire dans toutes les cultures. On a vu d’ailleurs un père de l’Église originaire de perse et qui n’est pas du tout dans l’ambiance gréco-romaine, développer tout un christianisme d’une autre manière, dans une autre culture. Mais c’est essentiellement le message de Jésus, c’est essentiellement ce message de Salut qui nous est donné, c’est essentiellement cette vie de la Grâce qui nous est donnée. Ou, comme le dit ici Saint Paul d’une manière très forte :

C’est le mystère de Dieu, c’est le désir de Dieu : ce qui était caché dès l’origine dans le cœur de Dieu, ce projet de partager Son Amour, de partager Sa Gloire et Sa Grâce aux hommes, de la mettre en œuvre.

Partager Sa Grâce et la mettre en œuvre, ne pas se laisser vaincre par les obstacles, ne pas se laisser vaincre par le péché, mais apporter vraiment le Salut aux hommes.

Et c’est intéressant d’entendre aussi dans ce livre d’Isaïe, alors que les exilés - qui ont passé cinquante, soixante ans à Babylone – reviennent à Judas, ils sont terriblement déçus parce qu’ils pensaient se réinstaller, rebâtir le Temple comme avant, mais leur pays est finalement occupé par une vie qui s’est développée. Imaginez ce qu’il peut se passer en soixante ans : on y parle une autre langue, on y vit avec d’autres coutumes, ils peuvent dire alors :

« L’obscurité recouvre la Terre, mais sur toi se lève le Seigneur et Sa Gloire brille sur toi. »

Et les nations vont marcher. Et finalement, les mages représentent ce désir des hommes de rencontrer le Seigneur, ce désir de regarder la Création et aussi de découvrir dans le cosmos qu’il est fait tout entier pour le Seigneur. Et avec cette ouverture qu’est ce complément, cette clef que donne l’Écriture, il peuvent arriver et ouvrir leur cœur à Jésus. Et c’est ainsi que ce qui nous est demandé, c’est de croire – en cette année de la Foi, bien sûr et toujours – en cette universalité. Dans cette capacité de notre monde, dans cette capacité des hommes – s’ils recherchent la sagesse, s’il recherchent la Vérité – de découvrir le Seigneur.

Demandons au Seigneur, avec les mages, nous qui, en très grande majorité, ne sommes pas d’origine païenne, rendons grâce d’avoir accueilli Jésus, car c’est toujours un miracle et non pas un simple fait de culture. Accueillir le Seigneur et mettre nos pas dans Ses pas, de recevoir Sa Grâce, d’apprendre humblement à vivre chaque jour de Son Amour et à se laisser transformer jour après jour, même si c’est dans un combat spirituel bien souvent. Rendons grâce et demandons au Seigneur d’augmenter notre foi et notre capacité de Lui ouvrir nos trésors.

Ouvrons nous aussi notre cassette de trésors à Jésus

Ces trésors ici qu’ils donnent : l’or, l’encens, la myrrhe, qui montrent qu’ils reconnaissent finalement la qualité du Seigneur :

  • l’or pour le roi,
  • l’encens pour la prière, comme on le voit dans l’Apocalypse, qui monte comme l’encens, car c’est à Dieu qu’ils s’adressent
  • et la myrrhe pour cette humanité mortelle du Seigneur, que l’on retrouvera d’ailleurs dans l’Évangile à la mort de Jésus, lorsqu’on Lui apportera du vin mêlé de myrrhe quand Il est sur la Croix. Quand Il est au tombeau, Marie-Madeleine et Nicodème en apporteront aussi.

C’est ce qui est stupéfiant dans ce passage, c’est qu’il y est déjà présent l’ensemble du message de Jésus. Il est déjà présent à la Croix. Vous me direz, bien sûr, à travers ce refus, car il y a des hommes qui refusent comme Hérode et ce massacre des innocents, cette peur pour son pouvoir… C’est toujours comme pour les magiciens : nous n’acceptons pas d’ouvrir nos coffrets, de mettre nos dons dans la Grâce du Seigneur, et il y a donc ces résistances et cette persécution.

Ici, pour Jésus, c’est la même chose dans ce texte, avec cette histoire de myrrhe, c’est déjà une allusion à la Croix de Jésus, comme le dit le chant de Noël : « Il est né de divin enfant » : de la crèche au crucifiement, mais aussi par cette expression qu’emploient ici les païens : « Où est-il le roi des juifs ? ». C’est aussi l’écriteau qui est mis en haut de la Croix, c’est de cette manière que Pilate Le désigne, on y retrouve tout le message du Seigneur.

Demandons donc au Seigneur d’augmenter notre foi, notre capacité à l’accueillir, notre capacité à être des évangélisateurs, c’est à dire d’avoir une foi rayonnante qui sait partager le trésor que le Seigneur nous a donné, qui sait ouvrir ses coffrets,

Amen

Références des lectures du jour :

  • Livre d’Isaïe 60,1-6.
  • Psaume 72(71),1-2.7-8.10-11.12-13.
  • Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 3,2-3a.5-6.
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 2,1-12.

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »

En apprenant cela, le roi Hérode fut pris d’inquiétude, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les chefs des prêtres et tous les scribes d’Israël, pour leur demander en quel lieu devait naître le Messie.
Ils lui répondirent : « A Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : « Et toi, Bethléem en Judée, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Judée ; car de toi sortira un chef, qui sera le berger d’Israël mon peuple. » »
Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, avertissez-moi pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »

Sur ces paroles du roi, ils partirent. Et voilà que l’étoile qu’ils avaient vue se lever les précédait ; elle vint s’arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l’enfant.
Quand ils virent l’étoile, ils éprouvèrent une très grande joie. En entrant dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Mais ensuite, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

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