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Homélie du 29e dimanche du Temps Ordinaire

Homélie du 29e dimanche du Temps Ordinaire - Année B

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La prière simple est la prière juste

Homélie du 29e dimanche du Temps Ordinaire - Année B

Écouter l’homélie :




Texte de l’homélie :

Chers frères et sœurs,

Les lectures de ce dimanche et celles du dimanche passé nous montrent des rencontres de Jésus soit avec les disciples, soit avec des personnes qui le suivent. Et on constate qu’il y a toujours un écart énorme entre la demande de ces personnes qui veulent suivre Jésus et la réponse, le chemin que Jésus propose. La semaine dernière, c’était le jeune-homme riche, aujourd’hui, c’est la demande de Jacques et Jean, fils de Zébédée. Les hommes, ces hommes cherchent, nous cherchons.

En suivant Jésus nous cherchons une situation, nous cherchons une sécurité, des postes bien placés, et Jésus ne répond pas du tout sur ce niveau là. Il parle de en termes de détachement des richesses, de croix à porter, de service à rendre, de prendre soi le péché des autres. On pourrait se demander s’il y a une rencontre entre la demande de ces personnes, entre nos demandes, et ce que Jésus nous propose. On a l’impression d’être sur deux planètes différentes : est-ce qu’une rencontre est possible ?

Nous pouvons retenir trois moments de ces rencontres : les demandes, la réponse, puis l’action. Voici un peu plus d’explications :

Notre demande est entendue

Ce qui est remarquable dans chacune de ces rencontres avec Jésus, c’est qu’Il écoute. Il entend les demandes qui sont faites. La semaine dernière avec le jeune-homme riche , la question était :

  • « Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? »
  • Jésus répond : « Observe mes commandements »
  • Qu’est-ce qu’il faut faire de plus ?
  • Jésus dit : « tout laisser ».

Aujourd’hui, on entend : « Accorde-nous de siéger l’un à Ta droite, l’autre à Ta gauche dans Ta gloire. ». Et il y a aussi la demande sans parole des autres qui ont entendu et qui s’indignaient. Et Jésus entend tout cela.

Au jeune-homme riche qui lui demande : « Que faut-il pour avoir la vie éternelle », Il ne l’envoie pas sur les roses en lui disant qu’il n’a qu’à tout vendre. Il ne répond pas comme cela : Il écoute la meilleure de chacune des demandes. C’est très important pour nous aussi, car cela veut dire que quand nous nous présentons devant Dieu, il faut lui faire des demandes simples. Quelque fois, on est tenté de ne rien demander, c’est comme si Dieu n’existait pas, ou alors au contraire, on se dit que l’on est pas digne, que l’on ne va mettre mettre le Seigneur à l’épreuve le Seigneur mon Dieu…

Une première étape est donc d’avoir la simplicité de demander, avec une intention droite, sans chercher autre chose.

La prière simple est la prière juste.

On voit dans le Notre-Père que Jésus nous invite à demander même le quotidien :

« Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ».

Il n’y a donc pas de demande déplacée si cette demande est simple. Je pense par exemple à une retraite qui a eu lieu il y a 15 jours - retraite « obligatoire » pour les terminales d’un établissement. Tout le monde était invité à formuler une prière, même les non-croyants. De ce fait, certains écrivaient : « Seigneur, si Tu existes, fais-Toi connaître à moi ». Voici une demande simple, concrète, à laquelle Dieu répond, de toute évidence. Cette demande s’adresse à Dieu, et n’est pas faite pour avoir d’autres choses.

Voici donc pour le premier point : avoir la simplicité de demander, faire des prières simples.

Une réponse à décrypter

Dans un deuxième temps, il convient d’écouter la réponse. Comme on l’a souligné au départ, Jésus répond souvent sur un autre plan, comme dans un dialogue de sourds. C’est le cas dans l’Evangile selon Saint Jean : Jésus répond parfois de manière si inattendue que l’on se demande s’il n’est pas en train de répondre à une autre question… Et pour nous, c’est un peu pareil, à vrai dire. On demande des choses à Dieu et l’on ne comprend pas pourquoi Il répond de cette manière. Et cela nous prend souvent du temps pour écouter la réponse.

Ici, nous avions la demande des fils de Zébédée, qui voudraient réserver des ministères dans le prochain gouvernement ! Et Jésus leur répond en leur posant une autre question : « Est-ce que vous êtes prêts à boire à la coupe à laquelle je vais boire ? », une manière de leur demander s’ils sont prêts à le suivre vraiment (entre parenthèses, s’il y a bien le ministère derrière, pas de problème !). Et suite à leur affirmation, Jésus répond : « Vous y boirez ». Autrement dit, Il fait évoluer leur demande, mais pour cela, il faut qu’ils écoutent, il faut que nous écoutions.

Il faut donc présenter nos demandes mais à la fois écouter ce que le Seigneur veut nous dire. Parfois, cela prend du temps car, à travers cette attente, à travers ce dialogue, il y a une petite purification qui s’opère. Il faut parfois des années pour à la fois purifier notre désir et que nous écoutions vraiment ce que Dieu nous dit.

Si on reprend l’évangile de dimanche dernier, celui du jeune-homme riche, cette histoire se termine apparemment mal : il est venu, il a présenté sa question, il a eu sa réponse et il est reparti tout triste, nous dit l’évangile, parce qu’il avait de grands biens. Mais n’est-ce pas qu’un épisode ? L’histoire ne s’arrête sans doutes pas là, et il lui faudra quelques années pour franchir le pas, comme pour nous.

Pour chacun d’entre nous, écouter signifie scruter les écritures. Prendre le temps de lire la Parole de Dieu, prendre le temps de prier, prendre le temps du conseil. Écouter les personnes avisées. Écouter, cela veut aussi dire être attentif aux événements, aux personnes. Parce que Dieu va nous répondre par des personnes bien concrètes. Souvent, on voudrait que Dieu nous réponde directement, qu’Il nous parle et que l’on entende Sa voix. Mais Il va nous répondre par des intermédiaires. Il nous faut donc être attentif à ces réponses.

La mise en action

Ces demandes et cette écoute passent par des gestes concrets. Ce n’est pas juste une attitude spirituelle et intellectuelle. Cela suppose de poser des actes visibles.

Si l’on prend l’exemple du jeune-homme riche : il a ce désir de la vie éternelle et il fait le pas d’aller vers Jésus, de s’agenouiller, de poser sa question ; il a eu sa réponse et il est parti. Même si cela ne se termine apparemment mal, tous ces actes sont concrets. C’est la même chose pour nous : si nous voulons poser des questions à Jésus et écouter sa réponse, cela passe par des actes bien concrets.

On peut faire la même analyse pour l’évangile d’aujourd’hui : les fils de Zébédée s’approchent, ils posent leur question, ils dialoguent, ils sont mal vus par les autres – on ne sait pas ce que cela produira par la suite – mais, ce que Jésus leur propose va prendre du temps : passer par des actes bien concrets jusqu’à ce qu’ils donnent leur vie à la suite de Jésus, jusqu’au bout.

C’est comme pour nous : si on se pose la question : « Dois-je me marier avec telle personne », se la poser intellectuellement est un bon début mais ne suffit pas : il faut poser des actes concrets avec cette demande que j’ai dans le cœur : la présenter devant Dieu, voir quelqu’un qui peut nous aider, prendre le temps de prier, tout cela dans un temps déterminé.

Dans cette Eucharistie, nous allons demander au Seigneur de grandir dans notre relation avec Lui. Retenons donc ces simples choses :

  • présenter à Dieu nos demandes avec un cœur droit, même si l’on ne se rend pas compte que nos demandes ne sont pas tout à fait justes au point de départ,
  • poser des questions, présenter les désirs les plus profonds de notre cœur
  • et prendre le temps de l’écoute : le Seigneur est là dans le secret et veut nous répondre. Il veut surtout nous conduire sur un chemin.

Donc, n’ayons pas peur de Le suivre. Pour cela, n’hésitons pas à poser des actes bien concrets,

Amen

Références des lectures du jour :

  • Livre d’Isaïe 53,10-11.
  • Psaume 33(32),4-5.18-19.20.22.
  • Lettre aux Hébreux 4,14-16.
  • Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 10,35-45.

Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent :
— « Maître, nous voudrions que tu exauces notre demande. »
— Il leur dit : « Que voudriez-vous que je fasse pour vous ? »
— Ils lui répondirent : « Accorde-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. »
— Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire, recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé ? »
— Ils lui disaient : « Nous le pouvons. »
— Il répond : « La coupe que je vais boire, vous y boirez ; et le baptême dans lequel je vais être plongé, vous le recevrez. Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, il ne m’appartient pas de l’accorder, il y a ceux pour qui ces places sont préparées. »

Les dix autres avaient entendu, et ils s’indignaient contre Jacques et Jean. Jésus les appelle et leur dit :
« Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations païennes commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir.
Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur.
Celui qui veut être le premier sera l’esclave de tous : car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

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