Serviteurs de Jésus et de Marie

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Histoire de l’Abbaye Notre-Dame d’Ourscamp

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Écrire à l'auteur Frère Christophe-Marie 26 mai 2015
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Cet historique a été constitué à partir du seul ouvrage important consacré jusqu’à présent à l’histoire générale de l’abbaye d’Ourscamp. Il s’agit du livre de Mr Peigné-Delacourt : Histoire de l’abbaye de Notre-Dame d’Ourscamp, publié en 1876 chez Douillet à Amiens.



REPÈRES HISTORIQUES

641 : Éloi pose la première pierre d’un oratoire nommé Ourscamp
1129 : Nouveau monastère sous le vocable de Notre Dame, fondé par Simon de Vermandois. Saint Bernard y installe douze moines sous la direction de Walerant de Beaudemont.
1131 : Consécration de l’église abbatiale.
1154 : Construction d’une deuxième abbatiale sous Gilbert.
1201 : Achèvement et dédicace par Etienne 1er, évêque de Noyon. Dimensions : 102m de longueur, 24m de largeur, 16m de hauteur sous voûtes, nef à 9 travées ; chevet plat.
1254 : Agrandissement de l’église en y ajoutant une abside à chapelles rayonnantes dont on voit encore les ruines.
1301 : Visite de Philippe le Bel.
1358 : Pillage et incendie.
1490 : L’abbaye accueille le chef de Sainte Aure.
1510 : Concordat pour la mise en commande des biens de l’abbaye.
1677 : Le prince Louis de Lorraine fait réédifier la plupart des bâtiments conventuels, dont le nouveau cloître et la façade classique cachant l’église.
1680 : Le cardinal de Gesvres fait rebâtir le logis abbatial, symétrique à l’aile de Louis de Lorraine.
1792 : Les 18 derniers religieux quittent l’abbaye. Le domaine est loti. Les bâtiments monastiques sont achetés par trois démolisseurs pour 160.000 francs (en assignats). Incapables de payer, on y établit un hôpital militaire.
1797 : Propriété de Nicolas Hercule Arnoult, notaire à Paris
1798 : Revente à Claude Maximilien Radix de Sainte Foy
1806 : Sainte Foy transforme l’ensemble en résidence, démolissant les églises et conservant les ruines.
1810 : Mort de Sainte Foy. Vente à M. Bobée. Création de la succursale d’une filature fondée à Senlis en 1804.
1844 : La filature prospère sous la direction d’Achille Peigné Delacourt.
1914 : Occupation de l’abbaye par les allemands. Des obus français provoquent l’incendie qui détruit l’usine, l’aile de Lorraine et déstabilisent gravement la ‘salle des morts’.
1941 : Installation dans les lieux de la Congrégation des Serviteurs de Jésus et de Marie qui en est propriétaire aujourd’hui.


A l’origine : l’oratoire de Saint Eloi

Ce n’est certes pas à Ourscamp que s’est implanté le plus ancien monastère de France. Celui-ci avait été fondé à Ligugé dans la deuxième moitié du IVè siècle par saint Martin de Tours. Dès 626, Dagobert 1er en fondait un, dont la chapelle s’est muée en la célèbre abbaye de Saint-Denis. Mais c’est tout de même en l’an 641 que saint Éloi posa la première pierre d’un oratoire nommé Ourscamp (commune de Chiry-Ourscamp). Et cet oratoire fut le germe de l’abbaye Notre-Dame d’Ourscamp. On verra sur l’un de nos plans (le plan de l’abbaye au XIIIè siècle) une chapelle Saint-Éloi, qui n’existe plus, mais que nous aimerions considérer comme désignant l’emplacement de cet antique oratoire.

Après la mort de son roi et ami Dagobert Ier, « le bon roi Dagobert » de la plaisante chanson, Éloi devint évêque de Noyon, immense diocèse qui englobait alors jusqu’aux Flandres et au Tournaisis. Quand son apostolat lui laissait quelque loisir, ou lorsqu’il sentait le besoin de solitude et de méditation avant d’entreprendre une nouvelle action, l’évêque aimait à se retirer en cet endroit situé au bord de l’Oise sur la rive gauche de la rivière (à 6 km au sud-ouest de Noyon et à 18 km au nord-ouest de Compiègne). Mais bientôt son renom de sainteté et sa forte personnalité attirèrent des fidèles autour de lui et il devint nécessaire de disposer d’un oratoire pour la communauté naissante.

Mais quelle est donc l’origine de ce mot : Ourscamp ? Vient-il de ce que l’endroit aurait été la propriété d’un gallo-romain nommé Ursus ? En ce cas Ourscamp signifierait : le domaine d’Ursus. Mais une légende raconte qu’un jour un des bœufs qui tiraient le chariot dans lequel on transportait les pierres destinées à la construction de l’oratoire fut attaqué par un ours sorti d’un bois voisin. Aussitôt prévenu, Éloi accourut et ce fut le miracle, digne de la légende dorée. L’ours était en train de dévorer le bœuf. Éloi le dompta en quelques mots, l’attela à la place de la bête qu’il avait tuée et le maintint sous le joug jusqu’à ce que la construction de l’oratoire fût achevée. Conformément à cette légende - et pourquoi n’aurait-elle pas une base historique ? - Ourscamp signifierait « le champ de l’ours ». Les armoiries de l’abbaye perpétuent le souvenir de cet épisode miraculeux : d’azur semé de lys d’or à deux crosses adossées de même, à l’ours de sable passant muselé de gueule.

La première abbatiale au XIIè siècle

Il ne subsiste rien de ce premier établisse­ment ni de son oratoire. Il faut attendre le 10 décembre 1129 pour voir s’établir à Ourscamp, sous l’invocation de Notre-Dame, un nouveau monastère. Tandis que déjà s’étaient élevées Cîteaux en l’an 1098 et Clairvaux (qui sert maintenant de prison) en l’année 1115, cette première abbatiale d’Ourscamp fut fondée par un successeur de Saint Éloi sur le siège épiscopal de Noyon, Simon de Vermandois, lequel était de race royale puisque cousin de Louis VI le Gros. Cet évêque y appela des cisterciens de Clairvaux. Saint Bernard fit donc le voyage jusqu’à Ourscamp et y installa douze de ses moines sous la direction de l’un d’eux, Waleran de Baudemont, qui devint ainsi le premier abbé d’Ourscamp.

Deux ans plus tard, en 1130, l’évêque de Noyon fit don aux Templiers d’un mont voisin de sa métropole, le mont Hérimont (aujourd’hui Mont-Renaud), afin qu’ils y installent une de leurs commanderies. Comme saint Bernard en avait fait la demande à l’évêque - il était très attaché à l’ordre du Temple, il est probable que ce don était un gage de reconnaissance de la part du prélat envers le saint fondateur de Clairvaux. En 1134, soit cinq ans après l’installation des cisterciens, une première église était consacrée. Chose à remarquer dans une construction cistercienne : l’abside était en hémicycle.

La deuxième abbatiale au XIIIè siècle

Mais le nombre des religieux augmentant, on dut agrandir cette première église abbatiale et finalement, sans détruire la précédente, on décida d’en construire une nouvelle qui communiquait avec la première par son transept nord. Cette deuxième abbatiale commencée en 1154, sous Gilbert (troisième abbé) et construite grâce à la générosité d’Ode, dame de Roye, fut achevée en 1201 et dédicacée par Etienne Ier, évêque de Noyon. Elle mesurait, nef et chœur, 102 m de long, 24 m de large et 16 m de hauteur sous voûtes. L’intérieur en était magnifique. La nef comportait neuf travées, couvertes de voûtes en croisées d’ogives. Mais l’extérieur était conforme à l’austérité cistercienne : chevet plat, absence de clocher de pierre et de cha­pelles rayonnantes. Or, en 1254, dans l’intention d’agrandir leur abbatiale, les moines abattirent ce che­vet plat et prolongèrent l’église en y ajoutant une abside à chapelles rayonnantes dont on voit encore les ruines.

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Les ruines de l’abbatiale et la Grande Chapelle

Pillage et incendie

La réputation de sainteté de Waleran de Baudemont et de l’exemplaire discipline de ses moines s’était vite répandue dans la ré­gion et bien au-delà. Sept ans après la fon­dation d’Ourscamp, l’abbé de l’abbaye de Mortemer voulut s’unir à elle et, en 1137, Waleran lui envoya des profès et des frères convers. Déjà, en 1135, il avait essaimé à Beaupré (diocèse de Beauvais) et, en 1140, dans ce même diocèse, peu avant sa mort, il fondera l’abbaye de Froidmont. En 1156, à son tour, l’abbé de Mortemer fondera dans le diocèse de Rouen l’abbaye de Valasse. Parmi les moines qui entrèrent par la suite à Ourscamp, se trouvait Hervé de Beaugency, de race capétienne lui aussi, puisque neveu de Simon de Vermandois. À la mort de Waleran (1142), c’est Hervé que la communauté élut abbé. Il mourut quelques mois plus tard, le 14 mai 1143. Jusqu’à l’institution de la commende, trente-trois abbés réguliers allaient se succéder à la tête de l’abbaye d’Ourscamp. En mai 1301, celle-ci reçut la visite de Philippe le Bel.

En 1358, pendant la Jacquerie, sous l’abbatiat de Nicolas II, elle fut pillée et en partie incendiée. Des aventuriers navarrais massacrèrent plusieurs religieux et emportèrent, outre le trésor de l’abbaye, six cent vingt-trois chevaux, cinq cent cinquante-deux bêtes à cornes, huit cents porcs et huit mille moutons. C’était un de ces désastres dont on se relève difficilement. En fait, Ourscamp ne s’en releva jamais tout à fait.
Elle survécut pourtant et les moines qui restaient y maintinrent la vie conventuelle. En 1490, elle accueillit une relique insigne : le chef de sainte Anne, rapporté de Hongrie après la défaite de Nicopolis, par Matthieu du Plessys de Roye, lointain parent de cette Ode de Roye dont les libéralités et la piété avaient permis l’érection de la première abbatiale. Cette relique devait rester la propriété de l’abbaye jusqu’en 1807, date à laquelle le dernier prieur, Antoine-Nicolas Duverger, qui s’était fait en 1792 élire maire d’Ourscamp (alors commune indépendante), fut nommé curé du village voisin, Chiry. Le chef de sainte Anne fut alors déposé dans cette église.

LA COMMENDE

Sous le règne de François Ier, un concordat accepta que fussent mis « en commende » les biens des abbayes. Dès lors, celles-ci purent être administrées par des séculiers, clercs ou laïcs. La commende passa par beaucoup de vicissitudes et de modifications et le nombre des religieux ne cessa de diminuer : dès 1640, ils n’étaient plus que cinquante-six, dont trente-six prêtres. À partir de 1556, il est sûr que le revenu d’Ourscamp est important. On a souvent avancé qu’à la veille de la Révolution, il équivalait à 200 000 livres, mais ce chiffre paraît exagéré. Nous ne possédons q’une indication sûre : le revenu de l’abbé commendataire, qui pour lors est le cinquantième abbé, Jérôme-Marie Champion de Cicé, archevêque de Bordeaux, donné par Dom Beaunier en 1726 dans son recueil des abbayes et prieurés de France, était de 30 000 livres. C’est une grosse somme qui situe Ourscamp pour le revenu à la vingt-quatrième place parmi les 1 015 abbayes du royaume et en troisième place pour l’ordre cistercien.

Le premier abbé commendataire fut Charles Ier de Bourgogne (+ 1590). Les Princes de Lorraine et de Bourdon reçurent successivement les bénéfices du domaine de l’abbaye. Dès 1677, utilisant ces revenus, le Prince Louis de Lorraine fit réédifier la plu­part des bâtiments conventuels. C’est de lui que date la partie sud de la façade classique encore debout. Un nouveau cloître plus vaste remplaça le précédent. Quant au cloître go­thique devenu inutile, il fut abattu ; il n’en reste qu’un puits, dit « le puits des convers ». Cette façade classique détonnant auprès de la façade gothique de l’église abbatiale, les moines, pour dissimuler celle-ci, firent éle­ver devant, une colonnade dorique (1745). Trois ans plus tard, le Cardinal de Gesvres, abbé commendataire d’alors, fît rebâtir le lo­gis abbatial ; c’est l’aile qui est actuellement habitée et fait pendant à la façade élevée par Louis de Lorraine.

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La révolution

L’abbatiale possédait un très beau maître-autel classique en marbre. Stalles et buffet d’orgues étaient sculptés en chêne de Hollande. Autour du chœur et en d’autres endroits, prenaient place des grilles splendides, dont certaines dataient du XIIIè siècle (qu’on retrouve au musée de la ferronnerie de Rouen) et d’autres du règne de Louis XV.

Mais voici 1792. L’abbaye ne compte plus que dix-huit religieux. Refusant d’obéir aux lois révolutionnaires qui les libèrent de leurs vœux, tous sont obligés de partir. Le dernier prieur, Antoine-Nicolas Duverger (voir plus haut) devient curé de Chiry sur l’autre rive de l’Oise, commune voisine à laquelle Ourscamp sera d’ailleurs rattachée en 1825. Le domaine est loti. Les bâtiments monas­tiques sont achetés par trois démolisseurs pour 160 000 francs en assignats, autant dire pour rien ; et pourtant les acheteurs se révélèrent incapables de payer. Peu après, Ourscamp reçut une destination provisoire. On y établit un hôpital militaire pour une partie des blessés et des malades des armées du Nord. Autels, boiseries, stalles, orgues, grilles furent vendus aux enchères et l’ar­genterie fut envoyée à la Monnaie.

Sous l’Empire, une demeure de plaisance

L’hôpital devenu inutile après les guerres révolutionnaires, les bâtiments de l’abbaye furent remis en vente. Ils devinrent ainsi, en 1797, la propriété d’un ancien notaire de Paris, Nicolas-Hercule Arnoult. Mais dès l’année suivante, par acte sous seing privé du 1er septembre 1798, Arnoult revendait à l’un de ses amis, Claude-Maximilien Radix de Sainte-Foy, une partie de la propriété. Quelques années plus tard, le 16 pluviôse an XI (5 février 1803) Arnoult revendait à Sainte-Foy le surplus de la maison d’Ourscamp consistant dans l’actuelle aile de Lorraine, la Salle des Morts, le bâtiment dit du grand dortoir, la cour entre lesdits bâtiments et la grande grille. Enfin, le 22 novembre 1806, Sainte-Foy se rendit acquéreur de la ferme d’Ourscamp.

Radix de Sainte-Foy transforma les bâti­ments de l’abbaye en demeure de plaisance, fit démolir les deux églises abbatiales, en conserva certaines parties en ruine par goût du pittoresque - le romantisme commençant à faire des siennes - fit transformer le simu­lacre de pavillon central élevé lors de la re­construction de l’abbaye au XVIIIè siècle pour masquer la façade gothique de l’église abbatiale, et, en même temps, fit décorer ses salles de réception par l’architecte Vincent (qui restaurera Compiègne pour Napoléon III). Il y reçut, entre autres per­sonnages, Talleyrand et sa femme au ma­riage desquels il avait servi de témoin.

L’abbaye devient manufacture

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Manufacture

Peu après la mort de Maximilien de Sainte-Foy (23 juin 1810), l’abbaye, devenue château d’Ourscamp, fut vendue à un Mr Bobée. Puis dans les années qui suivirent, l’abbaye changea encore une fois de destination. Elle entrait dans sa période industrielle qui devait durer juste un siècle. Les industries Janneret et de Rougemont en firent d’abord une succursale de la filature qu’ils avaient créée à Senlis en 1804. Après eux, une société d’actionnaires y éta­blit, vers 1822, une fonderie de fer brut et poli. Enfin, en 1824, toute l’entreprise fut concentrée dans la préparation du coton au compte d’une compagnie dite Société ano­nyme d’Ourscamp. Mise en liquidation judi­ciaire, l’affaire fut reprise par une nouvelle société qui, elle-même, laissa sa place à une troisième, laquelle, en 1844, confia la direc­tion de la manufacture à Achille Peigné-Delacourt.

Sous la direction de celui-ci, cette filature prospéra matériellement et, sociale­ment, devint célèbre dans le monde des éco­nomistes par ses méthodes et ses créations d’assistance publique : médecin attaché à l’établissement, pharmacie gratuite pour les ouvriers et ouvrières malades. Le personnel, qui atteignit le chiffre de 780 (en 1840), fut à partir de 1860 logé dans les maisons neuves dont on voit encore une partie aujourd’hui. Dès 1856, grâce à une subvention de l’État, une école primaire fut installée dans l’usine pour l’instruction des enfants du personnel. Cette école devint publique en 1864, année où Achille Peigné-Delacourt prit sa retraite.

Mais tout en s’occupant de sa filature, Achille Peigné-Delacourt, amateur d’art éclairé, s’adonnait à l’archéologie. Les ruines de l’abbaye d’Ourscamp furent donc respec­tées. Il y veilla lui-même, comme il l’a écrit dans son histoire de l’abbaye Notre-Dame d’Ourscamp. Outre cet ouvrage, il a publié nombres d’études archéologiques sur la ré­gion. On y relève notamment un cartulaire de l’abbaye Notre-Dame d’Ourscamp (publié chez Lemer à Amiens).

La grande guerre

1914 : première guerre mondiale. C’est l’invasion. Les troupes allemandes occupent les bâtiments de l’ancienne abbaye. Le front français s’étire de l’autre côté de l’Oise, à proximité. Et pour chasser l’ennemi de ses positions, l’artillerie française pilonne celles-ci et les bâtiments se mettent à brûler pen­dant trois jours tandis que Galliéni et Foch attaquent un peu plus à l’est. Quand le bom­bardement cesse en raison du recul des Allemands, restent principalement debout la grande façade classique des bâtiments de Gesvres et de Lorraine, les ruines de l’an­cien chœur et la grande salle du XIIè siècle (infirmerie ou salle des morts).

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Après la guerre

Résurrection de l’abbaye

Pendant la seconde guerre mondiale, le 2 octobre 1941, malgré les difficultés soulevées par l’occupation allemande, un groupe de religieux s’installe dans l’ancienne abbaye. Ce sont les Serviteurs de Jésus et de Marie, congrégation récemment fondée par un prêtre étonnant, l’abbé Jean-Edouard Lamy. Né près de Langres, au Pailly, le 23 juin 1853, il se fit remarquer dès son enfance par un amour ardent pour la très Sainte Vierge, à tel point que les gens du village le surnommaient l’enfant au chapelet. Ordonné prêtre en 1886, il dirigea un grand patronage de Troyes jusqu’en 1892. De 1892 à 1900, il fut vicaire à Saint-Ouen, alors paroisse du diocèse de Paris (aujourd’hui diocèse de Saint-Denis), puis fut nommé curé de La Courneuve où il demeura jusqu’à sa retraite en 1923.

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Le Père Lamy

Il consacra ses dernières années au pèlerinage de Notre-Dame des Bois, près de Chalindrey, dans la Haute-Marne, et fonda la congrégation des Serviteurs de Jésus et de Marie. Il mourut le 1er décembre 1931, à Jouy-en-Josas, chez son ami, le Comte Paul Biver.

La vie du Père Lamy était un exemple d’humilité, d’esprit de prière, d’union spiri­tuelle avec la très Sainte Vierge et de charité envers les malheureux. Elle a été illustrée de faits miraculeux. La très intéressante biogra­phie que lui a consacrée le Comte Biver (dis­ponible à l’abbaye) en raconte plusieurs.

Avant sa mort, le Père Lamy avait confié ses projets et les constitutions des Servi­teurs de Jésus et de Marie au Comte Biver, ainsi qu’à l’un de ses postulants. Pour établir cette nouvelle commu­nauté, tous deux s’en­tremirent auprès de l’Ordre de Cîteaux de la Commune Observance, qui avait alors une maison près de Ver­sailles, à Porchefontaine. L’Ordre accepta de patronner la fonda­tion et de se charger de la formation des postu­lants.

Et le 15 juillet 1948, l’évêque de Beauvais, Mgr Roeder, avec l’accord de Rome, érigea en institut de droit diocésain la congré­gation des Serviteurs de Jésus et de Marie installée à Ourscamp.

Le même jour eurent lieu les premières pro­fessions reli­gieuses.

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2 réactions


27 décembre 2015 18:57, par FLAMENT van SCHOORISSE Marcel

Bonsoir Monsieur l’Abbé ,

Dans la partie historique du XIV ième siècle et plus précisément dans le cloitre de l’Orient de l’Abbaye d’Ourscamps existent des tombes , vis à vis de la porte de l’ancienne bibliothèque est placée une grande tombe sur laquelle est inscrit : Cy gist , Raoul FLAMENT , seigneur de Cauni qui trespassa en l’an de grasce MCCCLX avec son épouse Yolande d’Enghien . Il s’est fait enterré auprès de ses ancêtres qui sont proches de sa tombe , où se reconnait l’écusson de Canny . Pourriez vous me dire si ces tombes existent encore et quelles sont leurs états ?

En attendant de vous lire , Monsieur le Prieur de l’Abbaye Notre Dame d’ Ourscamps , recevez mes meilleures pensées chrétiennes en cette période de Noël et mes meilleures voeux pour l’année MMXVI .

Marcel FLAMENT van SCHOORISSE Lord of Castel Morton Grendour .

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  • 29 décembre 2015 21:54, par Père Pierre-Marie

    Bonjour, A ma connaissance il n’y a aucune tombe visible à l’abbaye d’Ourscamp. Je ne crois pas que la tombe de votre ancêtre y soit. Le mieux serait de passer à l’abbaye. Bien fraternellement. P. Pierre-Marie

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