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Homélie de la Solennité du Christ, Roi de l’Univers

Père Éric - Année B

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Écrire à l'auteur Père Éric 24 novembre 2015
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Homélie de la Solennité du Christ, Roi de l’Univers - Année B - Père Éric




Texte de l’homélie :

Chers frères et sœurs,

Il y a au moins 2 différences entre Jésus et les terroristes :
La première : Jésus est venu pour donner la vie (et la vie en plénitude) ; les terroristes pour donner la mort (et la mort dans le summum de l’horreur).
La seconde : Jésus est ressuscité, pas les terroristes !

Déjà pour la première raison, je préfère être disciple de Jésus. Quelle curieuse ambition pour une personne humaine que de semer la mort, la souffrance, les larmes, le deuil. La plénitude de la vie humaine n’est pas dans la barbarie mais dans l’amour.

Mais reste que le mal a une puissance terrifiante. Depuis les attentats en particulier, beaucoup de personnes vivent dans la peur. A certains moments, le pouvoir du mal semble prendre le dessus. C’est là qu’il faut nous rappeler la deuxième différence entre Jésus et les terroristes : Jésus est ressuscité, pas les terroristes !

Peut-être savez-vous dans quelles circonstances cette fête du Christ-Roi a été instituée par le pape Pie XI en 1925 ? C’était à une époque où bien des chrétiens étaient impressionnés par la puissance destructrice de certaines idéologies, de certains pouvoirs politiques. Quelques années avant, en 1917, il y a eu la révolution en Russie. Au Mexique aussi est venu au pouvoir un président clairement anticatholique. Cela a déclenché la guerre des Cristeros dont le cri est précisément : « ¡Viva Cristo Rey ! » (« Vive le Christ Roi ! »).

C’est aussi dans des situations de persécution qu’ont été écrits les livres de Daniel (1re lecture) et de l’Apocalypse (2e lecture) pour soutenir l’espérance des croyants. Ce faisant, il ne s’agit pas de mettre la tête dans le sable et de se consoler à bon compte. Il s’agit de voir toute la réalité et pas seulement la réalité visible actuellement. Il s’agit de ne pas limiter notre regard à l’horizon terrestre mais de l’ouvrir sur l’éternité.

Ce matin, je vais m’arrêter sur deux points : la résurrection du Christ et sa royauté, pour mieux voir comment elles peuvent soutenir notre espérance.

La résurrection, une garantie sur Jésus

Si le chemin de Jésus s’arrêtait à la Croix, nous pourrions dire que c’est très beau ce qu’il a dit mais que c’est une forme d’utopie. Jésus était sincère mais cela s’est mal terminé. Vous voyez la différence entre la sincérité et la vérité ?

« Les Actes des Apôtres l’expliquent clairement : « Dieu a donné à tous les hommes une garantie sur Jésus en le ressuscitant des morts » (cf. Ac 17, 31). En effet, sa mort n’était pas suffisante pour démontrer que Jésus est vraiment le Fils de Dieu, le Messie attendu. Au cours de l’histoire combien ont consacré leur vie à une cause qu’ils estimaient juste et sont morts ! Et morts ils sont restés ! La mort du Seigneur démontre l’immense amour avec lequel Il nous a aimés jusqu’à se sacrifier pour nous ; mais seule sa résurrection est la « garantie », est la certitude que ce qu’Il affirme est la vérité qui vaut aussi pour nous, pour tous les temps. » (Benoît XVI, audience 26 mars 2008)

C’est en vertu de la résurrection que nous pouvons affirmer que ce que Jésus nous propose comme chemin de vie n’est pas seulement beau mais c’est aussi vrai. C’est aussi un chemin d’éternité. A partir de la résurrection, les Béatitudes n’apparaissent plus comme une pieuse utopie. À partir de la résurrection, les apôtres trouvent la motivation pour s’engager sur cette voie.

La résurrection du Christ, c’est l’événement par excellence qui a bouleversé la vie des apôtres. En effet, par sa résurrection, le Christ nous introduit dans une autre dimension de la vie humaine. Comme vous le savez, la résurrection n’est pas un retour en arrière mais un pas en avant. Jésus ressuscite bien avec son corps (son corps n’est plus dans le tombeau), mais c’est désormais un corps glorieux.

Le Christ-Roi de l’univers et juge de tous les hommes

La résurrection n’est pas seulement une garantie sur Jésus et la vérité de son message. Elle inaugure son règne puisqu’elle marque sa victoire sur la mort et le péché. Mais ce règne ne s’accomplira totalement qu’à la parousie. Nous sommes dans la période intermédiaire entre sa résurrection et la venue du Christ dans la gloire. Aujourd’hui, nous sommes libres de plier – ou non – le genou devant Jésus. A la parousie, il n’y aura pas le choix. Pas d’entrée au ciel possible sans plier le genou devant le Christ.

C’est ce que saint Paul dit aux Philippiens en parlant du Christ : «  Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père. » (Ph 2, 9-11)

Ainsi, si les terroristes veulent accéder au ciel, ils devront plier le genou devant Jésus en lui disant : «  je reconnais que je me suis ’planté’ en empruntant la voie de la violence. C’était ta voie à toi, la voie de l’amour et de l’humilité qui était la bonne. Je regrette le mal que j’ai fait. »

Au jour de la Parousie, tous devront rendre des comptes. Tous ceux qui sont dans le lignage du roi Hérode ne supportent pas que le Christ vienne mettre une limite à leur pouvoir, à leur prétention de toute-puissance. Ils voient en lui un concurrent et veulent s’en débarrasser. Ils ne supportent pas la vue d’une crèche qui n’est pourtant pas un symbole de violence.

Cette royauté du Christ vient relativiser le pouvoir des violents mais aussi de tous ceux qui détiennent une autorité sur la terre, car le Christ-Roi est celui qui juge les nations. C’est ce que nous professons dans notre credo : «  Il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts  ». Cette évocation du jugement ne doit pas nous faire peur, bien au contraire. Comme le disait admirablement Benoît XVI dans son encyclique sur l’espérance, le Jugement est un lieu d’apprentissage et d’exercice de l’espérance (n° 41ss) : « L’image du Jugement final est en premier lieu non pas une image terrifiante, mais une image d’espérance ; pour nous peut-être même l’image décisive de l’espérance. Mais n’est-ce pas peut-être aussi une image de crainte ? Je dirais : c’est une image qui appelle à la responsabilité. (…) À la fin, au banquet éternel, les méchants ne siégeront pas indistinctement à table à côté des victimes, comme si rien ne s’était passé . » Le jugement est là pour nous dire aussi que les actes que nous posons aujourd’hui ont un poids d’éternité : ce n’est pas la même chose de vivre comme mère Térésa ou comme Hitler. Bien sûr, la miséricorde de chacun sera offerte à chacun mais elle ne pourra oeuvrer que si elle rencontre un regret sincère.

En conclusion, cette fête du Christ-Roi est d’abord un appel pour nous à l’espérance : il y a quelqu’un au gouvernail ; le monde ne va pas vers sa perte. En ces jours, vous avez sans doute passé pas mal de temps à écouter les nouvelles ; il est bien d’être au courant de ce qui se passe. Cependant, pour soutenir notre espérance, nous avons besoin aussi de contempler le Christ-Roi de l’Univers, de contempler son amour et la puissance de sa résurrection.
Que la Vierge Marie nous y aide.

Références des lectures du jour :

  • Livre de Daniel 7,13-14.
  • Psaume 93(92),1abc.1d-2.5.
  • Livre de l’Apocalypse 1,5-8.
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 18,33b-37.

En ce temps-là, Pilate appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? »
Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? »
Pilate répondit : « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? »
Jésus déclara : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. »
Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? »
Jésus répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité.
Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. »

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