Serviteurs de Jésus et de Marie

Serviteurs de Jésus et de Marie

Rendez vous

Homélie de la fête de la Congrégation

Fête patronale de la congrégation des Serviteurs de Jésus et de Marie - Père Pierre-Marie

Imprimer
Écrire à l'auteur Père Pierre-Marie 19 janvier
123452 vote(s)
réagir


A la suite du Père Lamy, le Père Pierre-Marie nous redit que les Serviteurs de Jésus et de Marie sont appelés à accueillir le mystère de Dieu présent en chacun de nous.

Homélie de Père Pierre-Marie - Dimanche 17 janvier 2016

Écouter l’homélie :




Texte de l’homélie :

Chers Frères et Sœurs,

Aujourd’hui, nous célébrons la fête patronale de notre congrégation placée sous le patronage du Cœur Immaculé de Marie Refuge des pécheurs. Et le patronage d’une congrégation, d’une paroisse, d’un pays - placé sous la prière, la protection d’un saint, de la Vierge Marie, de l’Esprit Saint - nous dit quelque chose de cette paroisse, de ce pays, quelque chose aussi de cette communauté religieuse. À travers le patronage du Cœur Immaculé de Marie Refuge des pécheurs, c’est quelque chose du charisme des Serviteurs de Jésus et de Marie que le Père Lamy, notre fondateur, a voulu nous transmettre.

Cœur Immaculé :

Au cœur même du mystère de la vie de la Vierge Marie, il y a la maternité divine. Comme nous le savons quand nous étudions un peu la théologie, les différentes grâces dont a bénéficié la Vierge Marie, et particulièrement la caractéristique « immaculée » de sa conception est fonction de la maternité divine : la Vierge Marie a porté en son sein le Sauveur. De même, l’Assomption est une des conséquences de la maternité divine.

Nous fêtons aujourd’hui ce Cœur Immaculé, centre de toute sa personne, tout orienté vers Dieu. Pour nous, Serviteurs de Jésus et de Marie, cela veut dire que nous nous mettons au service de la fécondité de chacun, nous sommes attentifs au chemin de chacun.

J’aime bien cette réflexion qu’a faite le Pape Benoît XVI à un journaliste facétieux qui lui demandait « Combien y a-t-il de chemins pour aller vers Dieu ? », pensant piéger ce Pape, à qui on avait fait une très mauvaise réputation d’être un homme rigide… Et quelle n’a pas été la surprise de ce journaliste à entendre le Pape, qu’on ne peut pas qualifier de relativiste, lui répondre « Il y a autant de chemins que d’hommes. »

Le Père Lamy nous a transmis cela : cette attention à la personne.

Il disait bien souvent : « N’emmenez pas les âmes à la boucherie, soyez attentifs au chemin de Dieu en chacun. » Et c’est assez original pour un homme qui est du XIXe siècle, qui a connu l’apogée du rigorisme moral, une idéologie qui a desservi le christianisme, et dans laquelle on faisait passer l’idée que le christianisme était un ensemble de règles morales. Le Père Lamy nous demande de faire attention à l’action de Dieu dans le cœur de chacun. Au mystère de Dieu dans le cœur de chacun. C’est quelque chose d’insondable.

On le voit dans la lecture, Joseph avait eu le désir de renoncer à ces noces. Puis il a eu cette grâce d’avoir cette apparition qui lui a dit « Sois attentif au mystère de Dieu. » Au-delà des conventions, il y a d’abord le mystère de Dieu en chacun. Je me souviens d’avoir donné une conférence aux très catholiques AFC à Compiègne, sur l’accompagnement des couples. Pour moi dont le ministère consiste beaucoup à accompagner les couples vers le mariage, lorsqu’on regarde la Sainte Famille, sans lui manquer de respect, on voit une femme enceinte avant le mariage, un père mystérieux, et le mari n’est pas le père ! Alors, quel modèle ?

Ce passage est intéressant : au-delà des normes sociales, des conventions sociales, il y a le mystère de Dieu. Il y a l’action de l’Esprit Saint. Et cette action de l’Esprit Saint est pour nous signe de la miséricorde. Nous sommes nous aussi, Serviteurs de Jésus et de Marie, bénéficiaires de cette miséricorde. Le fait d’être appelé dans la congrégation est une miséricorde qui nous est faite. Ce n’est pas par nos mérites, nous ne sommes pas mieux que vous ! Vous partageriez un peu de notre vie communautaire, vous verriez les limites qui touchent les uns et les autres. Mais parce que nous avons le regard fixé sur la Vierge Marie, nous voyons ce que Dieu peut faire dans une personne humaine. C’est un signe d’espérance. L’humanité n’est pas livrée à ses psychologies blessées. Mais Dieu lui-même peut faire quelque chose de neuf. Être au service de la personne, c’est être au service des commencements. L’Immaculée Conception c’est cela : dès le commencement, Dieu a agit avec puissance. La Vierge Marie ne sera pas atteinte par le péché originel et ses conséquences.

Nous, Serviteurs de Jésus et de Marie, nous sommes attentifs à ce que l’Esprit Saint peut faire germer dans les cœurs. Et c’est vrai, chaque personne humaine, chaque famille, chaque couple, vous êtes quelque chose de tellement unique ! Le cœur de chacun est sacré !

Bien sûr, ce respect de chacun demande de se désapproprier les choses de façon permanente. On veut tellement projeter nos propres manières de penser, nos manières de faire, sur les autres… et même dans nos églises, il y a parfois une certaine rigidité, comme si l’Église était assiégée. Nous ne sommes pas dans une Église assiégée. On est certes minoritaires en comme pratiquants, mais on n’est pas assiégés comme si l’Église devait se défendre, ce n’est pas bon cela, c’est un manque de confiance dans l’action de Dieu. L’Église est d’abord l’œuvre de Dieu. Comme pour chacun de nous, c’est le Saint Esprit qui agit en nous. C’est la miséricorde de Dieu qui aura le dernier mot sur notre vie et sur toute l’humanité, sur toute la création. Et au cœur même de ce jubilée de la miséricorde, le Pape François nous rappelle que Dieu est à l’œuvre, les temps sont favorables…

J’aime bien cette parole de saint Augustin. Alors que les gens se plaignaient et disaient qu’avant c’était mieux, il répondit « Soyez bons et les gens seront bons, soyez saints et les gens seront saints. » Et comment est-on saint, sinon comme la Vierge Marie ? Laissons Dieu agir en nous, lâchons prise, faisons confiance… et c’est l’objet de toute une vie, parce qu’en nous il y a le combat spirituel. Est-ce qu’on croit vraiment en l’amour de Dieu ? On le sait, on l’a entendu mille fois, mais est-ce que vraiment on fait confiance à cet amour de Dieu ?

C’est en contemplant Marie qu’on est relancé dans la confiance,

qu’on est soutenu dans la confiance. On le sait bien, ce qui est souvent attaqué, que ce soit dans une famille, dans un couple, ou dans une vie spirituelle, c’est la confiance. La confiance en Dieu, la confiance en l’œuvre de Dieu en soi, la confiance en l’autre.

Alors on va demander au Seigneur, à travers cette célébration, de nous relancer les uns les autres en contemplant Marie, pour que nous voyions la beauté, la puissance de l’œuvre de Dieu. Que celui qui la regarde ne désespère pas parce que par la miséricorde, Dieu a le dernier mot.
Demandons cela pour nous mêmes, pour nos familles, pour notre monde. Le pape François a voulu inaugurer ce jubilée de la miséricorde parce que notre monde, et on ne le sait que dans une actualité bien douloureuse, notre monde a tellement besoin de réconciliation, de pardon, de Salut. Livré à nous même, nous sommes capables du pire ! Mais avec Dieu à nos côtés, en nous-mêmes, rien n’est impossible.

Amen.

Références des lectures de la Fête du Cœur immaculé de Marie, Refuge des pécheurs :

  • Livre de la Sagesse 11, 23 - 12, 2.
  • Psaume 1 Sam 2.
  • Première lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 5,12. 17 à 19.
  • Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 1, 18-25.

Voici quelle fut l’origine de Jésus-Christ :
Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph.
Or, avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit-Saint.
Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement. Il décida de la répudier en secret.
Il avait formé ce projet lorsque l’Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie ton épouse. L’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit-Saint. Elle mettra au monde un fils auquel tu donnera le nom de Jésus, c’est à dire, « Le Seigneur sauve ». Car, c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.
Tout cela arriva pour que s’accomplit la parole du Seigneur prononcée par le prophète : « Voici que la vierge concevra et elle mettra au monde un fils auquel on donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu avec nous ».
Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’Ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.

+ Répondre à cet article