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Homélie du 11e dimanche du temps ordinaire

Père Pierre-Marie - Année C

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Écrire à l'auteur Père Pierre-Marie 14 juin
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« Ses nombreux péchés sont pardonnés, puisqu’elle a montré beaucoup d’amour »

Laissons-nous toucher à nouveau par le Christ, pour pouvoir annoncer un Dieu qui nous appelle des ténèbres à son admirable lumière.

Écouter l’homélie :




Texte de l’homélie :

Frères et sœurs,

Voilà deux dimanches où l’on perçoit de façon très claire la différence entre l’Ancien et le Nouveau Testament.

Vous vous souvenez certainement de dimanche dernier, c’était Élie, qui ressuscite par sa prière l’enfant de cette veuve, qui le ramène à la vie par la prière et par ses paroles. Et Jésus qui aussi ressuscite le fils de la veuve de Naïm, uniquement en touchant le cercueil.
Alors que l’un a multiplié les paroles pour s’adresser à Dieu et obtenir la grâce, il a suffi à Jésus de toucher.
Ici il en va de même.

Dans la première lecture, on voit David qui a péché d’adultère et d’homicide : il a pris la femme du Hittite et envoyé cet homme au plus fort de la bataille pour le faire tuer, ensuite il a pris sa femme qui a eu un enfant et cet enfant est mort.
Puis il a fait ce grand psaume, le Miserere, le psaume 50, il s’est adressé à Dieu dans la prière et parlé en paroles.

Dans l’Évangile, qu’il n’y a aucune parole prononcée par la femme qui vient auprès du Seigneur. Alors que dimanche dernier Jésus touchait le cercueil, là il se laisse toucher par cette femme.
Cela dit quelque chose de très différent d’entre l’Ancien et le Nouveau Testament.

Dans l’Ancien Testament, cette miséricorde est encore en devenir, bien sûr qu’elle est là présente par l’Alliance que Dieu a scellée avec Abraham, elle est présente avec les prophètes, etc… Mais quelque part il n’y a pas une plénitude de la Miséricorde, puisque Nathan dit à David : « l’épée ne s’écartera pas de ta maison », quelque part tu vas encore payer avec le décès de cet enfant.

Dans le Nouveau Testament, quand on est en présence de la parole qui est miséricorde, il n’est pas besoin de prononcer multitude d’invocations, il faut simplement faire un geste, il faut simplement s’avancer vers le Seigneur et demander sa miséricorde, se laisser toucher par Lui et me laisser toucher.

C’est assez intéressant quand vous regardez le texte de façon plus approfondie.

Cette femme pécheresse a mis en contact avec Jésus ce qu’elle utilisait pour détourner les hommes de Dieu et détourner les hommes de leur fidélité à leur épouse : le parfum, les cheveux, le toucher, les baisers, tout ce qui lui servait à s’éloigner elle-même de Dieu et de sa vocation de femme qui est faite pour l’amour. Parce qu’elle met cela en contact avec le Seigneur, elle est sauvée.
De même que ce défunt la semaine passée, en contact avec le Seigneur, est relevé et ressuscité.

Ce n’est pas du tout pareil que d’invoquer et de faire force prières en demandant la grâce de Dieu, c’est un début, mais on est encore dans l’Ancien Testament.
Dans le Nouveau il faut un geste de foi, un geste où on est en contact avec Dieu, et où est-on en contact avec Dieu si ce n’est dans les sacrements ? C’est là où on a un contact avec le Seigneur. Cela demande de notre part un engagement, une participation active, comme cette femme qui viens auprès de Jésus et puis offre à Jésus ce qui avant l’entraînait dans le mal.

A mesure que nous nous donnons au Christ, le Christ se révèle à nous, à mesure que nous posons des actes de foi, la connaissance de Dieu elle-même grandi dans nos cœurs.
On voit que certains d’entre vous, vous êtes dans une période de catéchuménat, ou de recommencement. C’est beau dans la liturgie de l’Église, il y a des gestes possibles pour pouvoir redire au Seigneur notre foi.
Evidemment les différentes étapes pour aller vers le baptême quand on est adulte, mais aussi d’autres étapes.
Je trouve que nous devrions proposer de façon beaucoup plus fréquente que les uns et les autres posent des actes de foi, posent des gestes de foi, soient en contact avec Jésus.
Ne serait-ce qu’en demandant la bénédiction : évidemment ceux qui le peuvent de s’approcher pour la communion, ou alors ceux qui ne peuvent pas communier pour x raisons, s’approcher les bras croisés demandant la bénédiction au prêtre. Mais aussi dans le sacrement de la réconciliation : on met en contact avec le Seigneur ce qui nous éloigne de Lui, et là tout est pardonné.

Cette femme est comme restaurée dans sa dignité de femme. C’est l’humanité qui est pécheresse, l’humanité est féminine, l’humanité attend l’unique époux qu’est le Christ.

Pour nous cela nous pose une vraie question : où en est-on avec cette attitude de geste ? Quel est le dernier geste que nous avons posé pour nous rapprocher du Seigneur ? Geste de foi pour nous offrir à Lui, contact personnel avec le Christ, cela remonte à quand ? Où cela a été comme une question d’être sauvé, une question de vie et de mort ? Cela remonte à quand cette prière où nous nous sommes tournés vers le Seigneur, où nous avons imploré sa miséricorde ?

On voit ces femmes qui accompagnent Jésus, qui avaient été guéries de maladie et d’esprit mauvais, comme Marie-Madeleine. La miséricorde dont Marie-Madeleine a bénéficié dit quelque chose du centre de notre foi et de notre adhésion au Christ.

Le Christ est venu faire miséricorde. Miséricorde n’est pas encourager dans le péché, au contraire et le Saint-Père le rappelle, miséricorde c’est un terme qui est mis au Malin, c’est une fin, « tu n’iras pas plus loin ».
C’est ça la miséricorde : « tu n’iras pas plus loin, il faut que cela s’arrête », et le contact avec le Christ est un rempart contre le mal, quelque chose qui non seulement nous protège, mais le fait reculer et le vainc de façon définitive, par la passion, la mort et la résurrection.
C’est ça la miséricorde.

Mais c’est vrai que dans la miséricorde il y a quelque chose de scandaleux.
On le voit bien avec le fils prodigue : on comprend le fils aîné, il a tout fait bien et puis l’autre arrive avec une vie de patachon et puis tout est pardonné, on lui redonne tout, au centuple. Ce n’est pas facile d’accepter la miséricorde pour soi-même et pour les autres.

Finalement nous sommes pas mal des hommes et des femmes de l’Ancien Testament : « tu as péché, tu vas payer ! » Ce n’est pas comme ça quand on est disciple de Jésus, si cela ne veut pas dire qu’on ne répare pas, cela veut dire qu’on a pris conscience de l’amour infini du Seigneur et du coup cela nous change de l’intérieur, comme Zachée qui rencontre le Christ est bousculé de l’intérieur.

Oui, quand on suit le Christ il y a des choses que l’on ne fait plus, l’amour nous pousse à éviter le mal et à faire le bien.

Je trouve cela beau ce passage de cette onction, où le Seigneur se laisse toucher. Et c’est intéressant de voir Jean-Paul II par exemple, quand il parle de la miséricorde, dire que la miséricorde est un certain touché.
Le sens du toucher c’est le sens le plus fondamentale parmi les cinq sens que nous avons, on ne peut pas être privé de façon complète du sens du toucher sinon on meurt. On peut être aveugle, complètement sourd, on peut être privé de l’odorat, mais pas du sens du toucher. Il peut y avoir des zones d’insensibilité par la maladie, le handicap, les accidents.
La miséricorde c’est un touché.
La fonction du sens du toucher, c’est sécuriser dans l’amour. Un enfant a besoin d’être dorloté, touché, d’avoir ce sentiment d’exister, d’avoir la sécurité dans l’existence.

On va demander au Seigneur de le toucher Lui, dans cette Sainte Eucharistie, comme nous le faisons chaque dimanche, de le toucher Lui dans le sacrement de la réconciliation,de nous laisser toucher à nouveau pour pouvoir aussi annoncer un Dieu qui nous appelle des ténèbres à son admirable lumière.

Amen !


Références des lectures du jour :

  • Deuxième livre de Siracide 12, 7-10.13
  • Psaume 31 (32), 1-2, 5abcd, 5ef.7, 10bc-11
  • Lecture de saint Paul Apôtre aux Galates 2, 16.19-21
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 7, 36 – 8, 3

En ce temps-là, un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui.
Jésus entra chez lui et prit place à table.

Survint une femme de la ville, une pécheresse.
Ayant appris que Jésus était attablé dans la maison du pharisien, elle avait apporté un flacon d’albâtre contenant un parfum.
Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, près de ses pieds, et elle se mit à mouiller de ses larmes les pieds de Jésus.
Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et répandait sur eux le parfum.

En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même :
— « Si cet homme était prophète,il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse. »
Jésus, prenant la parole, lui dit :
— « Simon, j’ai quelque chose à te dire. »
— « Parle, Maître. »
Jésus reprit :
— « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d’argent, l’autre cinquante.
Comme ni l’un ni l’autre ne pouvait les lui rembourser, il en fit grâce à tous deux.
Lequel des deux l’aimera davantage ? »
Simon répondit :
— « Je suppose que c’est celui à qui on a fait grâce de la plus grande dette. » – « Tu as raison », lui dit Jésus.
Il se tourna vers la femme et dit à Simon :
— « Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé de l’eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux.
Tu ne m’as pas embrassé ; elle, depuis qu’elle est entrée, n’a pas cessé d’embrasser mes pieds.
Tu n’as pas fait d’onction sur ma tête ; elle, elle a répandu du parfum sur mes pieds.
Voilà pourquoi je te le dis : ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, puisqu’elle a montré beaucoup d’amour.
Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. »
Il dit alors à la femme :
— « Tes péchés sont pardonnés. »

Les convives se mirent à dire en eux-mêmes :
— « Qui est cet homme, qui va jusqu’à pardonner les péchés ? »
Jésus dit alors à la femme :
— « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »

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