Serviteurs de Jésus et de Marie

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Homélie du 23e dimanche du temps ordinaire - Voeux de frère Jean-Paul

Monseigneur Dollman - Année C

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8 septembre
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« Celui qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple »

Nous sommes tous par notre baptême invités à suivre le Christ, à répondre à sa soif d’amour par notre amour. Notre engagement dans ce cœur à cœur avec Lui, en étant fidèle dans notre mission, est pour nous mais aussi pour toute l’Église.

Écouter l’homélie :




Texte de l’homélie :

Frères et sœurs, oui, nous rendons grâce à Dieu !

Nous rendons grâce à Dieu pour les 25 ans de présence de la Communauté des Serviteurs de Jésus et de Marie, ici en ce lieu, et je suis heureux aussi d’accueillir le curé, l’ancien curé, le père Thuet, qui est présent au milieu de nous.
Je pense aussi plus particulièrement à votre curé ici d’Ottmarsheim qui a des soucis de santé et nous pouvons aussi, dans cette action de grâce, ne pas oublier son service, mais aussi prier pour sa santé. Et comment ne pas rendre grâce par son témoignage aussi de simplicité, de dévouement, puisque l’archevêque y a quelques mois lui a demandé une nouvelle mission, il l’a accepté avec spontanéité, avec disponibilité, comme porté aussi par la prière de ses frères ici à Ottmarsheim.

L’engagement personnel à la suite du Christ, pour le bien de l’Église entière

Rendre grâce, naturellement aussi au cœur de cette célébration, nous avons cette joie de voir l’un des membres de la communauté, frère Jean-Paul, faire ce pas décisif, faire ce pas des vœux perpétuels. Il le fait naturellement au bout de son cheminement, mais ce pas il le fait pour nous aussi, puisque toute consécration dans la vie religieuse nous rappelle à chacun d’entre nous notre consécration baptismale.
Et chaque mission dans l’Église, chaque vocation dans l’Église est pour le bien de l’ensemble du corps.
Nous le devinons d’une manière très concrète aujourd’hui par les vœux de frère Jean-Paul, puisque ces veux c’est une disponibilité à vivre d’une manière plus radicale son attachement au Christ et sa disponibilité à l’Église, à travers la voix des conseils évangéliques de la chasteté, de la pauvreté, de l’obéissance.

Mais nous tous, comme baptisés, nous sommes invités et nous avons cet appel au plus profond de nous-même à les suivre, ces conseils évangéliques, puisque nous tous, par le baptême, nous sommes chrétiens, nous portons le nom du Christ et nous sommes invités à déployer dans notre vie un amour toujours plus fort du Christ.

La fidélité à notre mission pour un renouveau de l’Église

L’évangile de ce jour, l’évangile de ce dimanche, nous invite à ne pas avoir peur de la Croix, la croix pour Jésus c’est d’abord notre propre mission à chacun d’entre nous, moi jeune ou plus jeune, chacun d’entre nous à travers notre baptême nous sommes appelés à suivre le Christ.
Et dans un monde qui change tellement, dans un monde où on nous dit qu’il y a une chute des vocations, une baisse de la pratique, où il y a un manque de dynamisme de la communauté chrétienne, il est bon que nous nous interrogions nous-mêmes sur notre fidélité, très humbles, en paix, par rapport à notre propre mission.

C’est peut-être cela que Jésus nous indique à travers ces images de celui qui aura voulu construire une maison et qui n’y est pas parvenu, où à celui qui, comme le roi, cherche à affronter un autre plus fort que lui. Les deux nous invitent à ne pas laisser la mission de côté, au contraire à aller jusqu’au bout, à achever notre mission, dans la paix, avec ce désir de paix autour de nous et en nous.
Souvent dans ces périodes plus difficiles que nous appelons des périodes de crise, nous sommes ramenés à nous-mêmes et à nous interroger sur la manière dont nous vivons chacun notre mission. Et plus nous serons fidèles à nos différentes missions, à nos vocation respectives, plus quelque chose de renouveau de l’Église et de la foi pourra se faire au milieu de nous.
Vous savez le mot crise signifie aussi purification, et peut-être devons-nous, nous aussi, chacun d’entre nous, être capable de nous laisser purifier, renouveler dans notre mission.

Notre engagement, une réponse d’amour au Christ

Si la Croix c’est d’abord l’appel à prendre à cœur et au sérieux nos missions respectives, la croix c’est aussi l’appel à vivre dans la confiance au Christ, car c’est lui en premier qui a porté la croix, jusqu’au bout, et c’est celui qui nous aidera à la porter.

Notre oui au Christ n’est pas simplement un oui qui passe à travers une mission, à travers un effort à faire pour achever ce que nous avons à faire, notre oui au Christ passe par son accueil, par l’accueil de sa Parole, par l’accueil de sa présence, pour que ce soit lui qui nous éclaire et nous guide.
Notre oui au Christ n’est pas simplement un oui avec la volonté et la raison, notre oui au Christ et aussi un oui avec notre cœur.

Et c’est pour cela qu’au bout de son cheminement, un de ces grandes figures, Saint-Pierre, naturellement par le fait que Jésus lui ai confié la charge et le soin de l’Eglise, mais surtout parce qu’il est aussi celui qui nous est proche par son cheminement, vous vous rappelez à un moment important de la mission du Christ, Jésus demande au disciple : « pour vous qui suis-je » et c’est Pierre qui dira :« je crois que tu es le Fils de Dieu ».
Mais cela n’a pas empêché Pierre de chuter, de faire l’expérience du reniement. Et pour renouveler l’attachement au Christ, celui-ci au bord du lac une fois ressuscité ne lui diras plus « crois-tu ? » mais lui posera la question « m’aimes-tu ? ».

Nous tous, si nous voulons suivre le Christ et prendre la croix, la croix de notre mission, il nous faut aussi pouvoir répondre au Christ par notre amour.
Sommes-nous aujourd’hui capable de le faire, prêts à dire aussi au Christ « oui je t’aime », oui, tu es le vivant, celui qui marche à mes côtés, et celui qui me relève quand j’ai besoin de ce relèvement, celui surtout qu’il me porte quand l’épreuve, la croix est un peu trop dure. La Croix de la souffrance, mais aussi la croix du me manque de fidélité, la croix du questionnement, la croix de la foi.

Mère Teresa, une vie donnée en réponse à la soif d’amour du Christ

Il se trouve qu’en ce même dimanche, comme je l’ai évoqué, nous fêtons aussi la canonisation de Mère Teresa, elle a été un modèle déjà dans la vie religieuse avant d’être connue sous le nom de Mère Teresa, puisqu’elle était engagée dans une congrégation enseignante.
Et là depuis plusieurs années, elle vivait une mission qu’elle faisait très bien, une mission d’enseignante je crois d’histoire-géographie, elle aimait ses élèves, ses élèves le rendaient bien, au cœur de ce grand continent qu’est l’Inde. Et voilà que, à un moment donné, dans son cheminement de foi, elle entend la voix du Christ qui lui dit « j’ai soif », c’est la parole que Jésus a prononcé sur la croix, et elle a compris la soif de son amour, la soif de la réponse d’amour pour que ce ne soit plus simplement ses compétences, son expérience, sa vie religieuse qui soient mis en valeur, mais que ce soit en premier le Christ, son attachement au Christ. Et elle fait le pas. D’ailleurs elle le montre admirablement dans un événement que j’ai un jour appris au cœur d’une retraite : très rapidement des sœurs sont venues la rejoindre et voilà que des mourants font cette remarque aux sœurs, qui remonte jusqu’à Mère Teresa, comme quoi elle n’aurait plus assez de temps, que la qualité de leur présence fait un peu défaut. Sûrement parce que les mourants venaient un peu en masse. Teresa, en entendant cette plainte des mourants et des malades, institue une heure d’adoration, 1h de cœur à cœur avec Jésus.

C’est la réponse d’une sainte, mais c’est aussi la réponse que nous devrions avoir chacun d’entre nous si nous avons du mal à faire face nos missions, si le courage nous manque, il nous faut aller jusqu’au cœur de notre vocation.
Vocation baptismale, mais aussi vocation spécifique, pour prendre Jésus dans nos vies, pour lui, et pouvoir lui dire je t’aime et viens, viens réaliser toi-même ton œuvre à travers moi, viens mes mains sont prêtes, viens mon cœur est prêt, viens tout mon corps, toute ma personne est prête, non pas pour faire ma volonté, pour réaliser mes projets, mais pour réaliser ton projet. Et il en vaut mieux ainsi.

Si nous sommes réunis aujourd’hui ici, et dans la joie autour du frère Jean-Paul qui fait cette démarche, il le fait pour nous, il s’engage à être ce signe de la présence du Christ d’abord à travers sa fidélité à la prière, au cœur à cœur, pour lui-même et pour toute l’Église qui en a tant besoin.
Et ainsi nous serons tous les vrais, et les bons disciples de Jésus qui pourront le suivre, pas à pas, sur le chemin de la croix qui est le chemin de l’amour, jusqu’au bout. C’est par la croix que Jésus a sauvé l’humanité, c’est par la croix qu’il nous donne accès à la vie d’amour du Père, nous y goûterons tout à l’heure lorsqu’il se donnera dans le sacrement qui est le sacrement de la Croix, le sacrement où il s’est offert au Père. Et par sa résurrection il ne cesse de s’offrir au Père pour nous apprendre à aimer et à dire toujours un peu mieux « je t’aime ».

Amen !


Références des lectures du jour :

  • Lecture du livre de la Sagesse Sg 9, 13-18.
  • Psaume 89 (90), 3-4, 5-6, 12-13, 14.17abc.
  • Lecture de la lettre de saint Paul apôtre à Philémon (Phm 9b-10.12-17).
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 14, 25-33.

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