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Comment revêtir le « vêtement de noces » ?

Homélie du 28e dimanche du Temps Ordinaire - Année A

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Écrire à l'auteur Père Éric 16 octobre 2014
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Homélie du 28e dimanche du Temps Ordinaire - Année A :

Écouter l’homélie :




Frères et sœurs bien-aimés,
que préférez-vous : faire la fête ou travailler ? J’imagine que beaucoup sont tentés de répondre : « faire la fête ». C’est quand même moins fatiguant que de travailler – sauf si on se couche vraiment tard…
Et en plus si c’est celui qui nous invite qui paie tout, alors c’est encore mieux !

Une autre question pour nous approcher encore un peu de la parabole qui nous est donnée aujourd’hui en ce dimanche : « qu’est-ce qui est le plus important dans votre vie ? ».

  • Est-ce vivre une relation d’amour, de communion avec Dieu et les autres ?
  • Est-ce de développer vos compétences personnelles et vos performances, augmenter votre bien-être matériel, ainsi que votre compte en banque ?…

Dans l’évangile d’aujourd’hui, saint Matthieu nous offre une double parabole. Car en fait ce sont deux paraboles qu’il a réunies. Dans un premier temps, je vais essayer de comprendre avec vous le sens littéral de cette parabole, autrement dit : qu’est-ce que saint Matthieu voulait dire d’abord, qu’avait-il en tête ?
Ensuite en nous verrons le sens spirituel : qu’est-ce que cet évangile peut nous dire, à nous aujourd’hui ?

Le sens littéral

Ces échanges peuvent nous paraître un peu étrangers, notamment dans la deuxième partie de la parabole : l’invité n’ayant pas de vêtement de noces est jeté dehors pieds et poings liés, dans les ténèbres, là où il y a des pleurs et des grincements de dents… Sans doutes avons-nous du mal à comprendre : d’un côté, il voulait beaucoup de monde, et une fois qu’il y a du monde, il met certains dehors.
En réalité, la première partie de la parabole d’adresse à de personnes en particulier :

La première partie de la parabole concerne les juifs

En effet, ce sont eux les premiers invités aux noces. Dans la Bible, l’image des noces est souvent prise pour parler de l’union de Dieu avec Son peuple, de l’union de Dieu avec chaque âme, chaque personne humaine. Et lorsque le Verbe de Dieu s’est fait chair, à Noël, Dieu s’est uni à l’humanité comme jamais nous n’aurions pu l’imaginer.
Dans sa première encyclique, saint Jean-Paul II disait que Jésus s’était alors en quelque façon uni à chaque homme, et donc à nous.

Quand Jésus a prêché, Il a toujours commencé par s’adresser aux Juifs. De même quand saint Paul et les autres apôtres ont évangélisé, ils se sont d’abord adressé aux Juifs. C’est souvent le même schéma : Saint Paul va à la synagogue pour parler aux juifs, et comme il se fait mettre dehors, il parle aux Païens. Mais, les premiers destinataires du message sont les Juifs, c’est à dire les premiers invités aux noces

Certains se sont ouverts à la parole de Jésus – les Apôtres étaient Juifs eux-mêmes - mais beaucoup se sont fermés et ont estimé que ce qu’ils étaient en train de faire était plus important ; ils ont continué leurs efforts pour acquérir des mérites au lieu d’être sauvés gratuitement par Jésus.

Voici l’explication de cette première partie de la Parabole : Saint Matthieu a à l’esprit ces Juifs qui sont, hélas, restés fermés à l’invitation qui leur était adressée.
C’est pourquoi la seconde partie de la parabole s’adresse aux Païens, parce que Jésus veut sauver tous les hommes.

La seconde partie de la parabole concerne les païens

Beaucoup accueillent la Bonne Nouvelle de l’Évangile avec enthousiasme ; mais, ce n’est pas parce que l’on est invité que cela ne comporte pas une certaine exigence de notre part. Pourquoi un des convives a-t-il été jeté pieds et poings liés dans les ténèbres ? C’est parce qu’il n’avait pas le vêtement de noces. Mais, que cela signifie t-il ?
Dans la Bible, on constate que l’acte de changer de vêtement est signe de conversion, comme nous le rappelle Saint Paul :

Dépouillez-vous du vieil homme pour revêtir l’homme nouveau.

Changer de vêtement signifie donc aussi changer de vie. On ne peut pas compter s’ouvrir à la grâce de Jésus en continuant à faire n’importe quoi… Bien entendu, l’appel de Dieu est gratuit, mais il faut essayer d’y correspondre, d’y ajuster notre vie.

Saint Paul nous dit souvent : « Si vous continuez ainsi, vous ne pourrez pas rester dans le Royaume ; vous serez jetés pieds et poings liés dans les ténèbres. Ni les voleurs, ni les impudiques, n’hériteront du Royaume des cieux… »
Nous ne pouvons pas prétendre être unis à Dieu si nous ne nous efforçons pas d’agir de manière à plaire à Dieu.

Voici donc pour le sens littéral. Qu’en est-il maintenant du sens spirituel ?

Le sens spirituel

Alors, venons-en à nous : savez-vous, frères et sœurs bien-aimés, que nous aussi, nous sommes invités à des noces, autrement dit à une à une relation d’amour avec Dieu ?
Quand nous avons une relation d’amour avec quelqu’un, cela change tout : cela donne d’abord un sens à notre vie. Notre vie est plus lumineuse lorsque nous avons de l’amour dans le cœur. J’aime bien cette phrase de Jean-Paul II dans sa première encyclique, cette première lettre qu’il a adressée à tous les Chrétiens :

L’homme ne peut vivre sans amour. Il demeure pour lui-même un être incompréhensible, sa vie est privée de sens s’il ne reçoit pas la révélation de l’amour, s’il ne rencontre pas l’amour, s’il n’en fait pas l’expérience et s’il ne le fait pas sien, s’il n’y participe pas fortement »
(JP II Redemptor Hominis, n° 10, cf. FC n+ 18)

Vous êtes d’accord avec Jean-Paul II, n’est-ce pas ? Ainsi, vous êtes faits pour aimer et être aimés ! Non seulement l’amour donne un sens à notre vie et nous donne des ailes, mais il nous aide aussi à affronter les difficultés de la vie présente. Vous savez bien que, quand on est entouré d’amour, il est plus facile d’affronter des difficultés de la vie.
Autrement dit, frères et sœurs, vous êtes vous-aussi invités à ce banquet de noces.

Si l’on reprend la première partie de la parabole :

Ce qui est un peu paradoxal, c’est qu’à la fois on peut avoir conscience d’être appelé à cette relation d’amour avec Dieu et à vivre une union avec Lui, et en même temps, il arrive bien souvent qu’avant d’aller à la messe, on trouve quelque chose de plus urgent à faire, et il se pourrait même que l’on ne s’y rende pas…
Ou même, par exemple, tout simplement à propos de la prière personnelle : si vous êtes fidèles à ce rendez-vous, au moment où vous allez prier, il peut arriver qu’une chose urgente à faire vous revienne à l’esprit et ainsi, le rendez-vous avec le Seigneur passe après…
Pardonnez-moi si vous n’êtes pas concerné par cet exemple. En tous les cas, nous sommes invités aux noces, à cette union avec Dieu, mais au moment de l’invitation, où l’on perçoit que cela serait bien de prendre un temps avec Dieu, autre chose nous vient à l’esprit, et l’on part faire autre chose.
Et c’est dommage, car, à la fois on aspire à cet amour – nous sommes tous faits de la même façon à ce point de vue là – et pourtant, au moment où cela se présente, on ne répond pas forcément à l’invitation.

Ainsi, ce passage d’Évangile est pour nous l’occasion de nous poser la question aussi : « L’union avec Dieu a-t-elle la primauté dans notre vie et sur tout le reste ? » ; ou est-ce que des considérations matérielles ou économiques font que cette relation avec Dieu passe au deuxième plan, au troisième, voire loin derrière…

Dans ces invitations, on sent la terrible discrétion et l’humilité de Dieu : « veux-tu venir ? ». C’est à mettre en parallèle avec la célébration de mariage, au moment de la question de l’échange des consentements : « veux-tu me prendre pour époux ? ». C’est en quelque sorte l’invitation que Dieu nous adresse. Cette question résonne dans le sanctuaire le plus intime en nous. Et hélas, la question peut rester sans réponse.
Voici pour la première partie de la parabole, qui nous concerne personnellement. Dieu peut même se faire insistant : par deux fois, les invités refusent, ils s’enfoncent dans leur refus, ils s’obstinent. Et Dieu ne nous forcera pas.

Dans la deuxième partie de la parabole : au sujet de l’homme qui n’a pas mis sa tunique :

Nous pouvons également être concernés par cette deuxième partie de la parabole. Elle signifie qu’il ne suffit pas d’avoir un cœur à cœur avec Dieu dans l’intimité de la prière : il faut que cela se traduise à l’extérieur.
Ainsi, quand on lui pose la question : « Comment es-tu rentré ici sans avoir le vêtement de noces ? » que répond-il ? il se tait. C’était pourtant le moment où il aurait pu se « confesser », et reconnaître qu’il ne s’était pas bien préparé ; tout se serait arrangé. Et il ne semble pas regretter son péché, sa manière de vivre qui ne correspond pas à cette invitation de Dieu.

Dans l’Apocalypse, Saint Jean nous parle aussi du vêtement de noces :

Soyons dans l’allégresse et dans la joie, rendons gloire à Dieu,
car voici les noces de l’Agneau, et son épouse s’est faite belle :
on lui a donné de se vêtir de lin d’une blancheur éclatante.
Le lin, c’est en effet les bonnes actions des saints. (Ap 19.7-8)

Ce que Saint Jean signifie ici, c’est que notre Foi est importante, mais elle doit aussi se concrétiser par des œuvres, des actes de charité. Je ne peux pas me contenter de dire à Dieu dans la prière : « Je t’aime, je t’aime ! Tu es tout pour moi » et envoyer son prochain promener, rester indifférent à la souffrance des autres. Ce ne serait pas cohérent.
Revêtir le vêtement des noces, c’est donc cela : ne pas se contenter de dire à Dieu qu’on l’aime dans la prière, mais de traduire cela dans le quotidien.

En conclusion : voulez-vous être unis à Dieu ? Si oui, alors êtes-vous prêts à faire passer Dieu avant les considérations économiques, matérielles ou de bien-être ? Dans votre emploi du temps, êtes-vous prêts à manifester cette primauté de Dieu en lui donnant vraiment du temps – pas forcément 4 ou 5 heures par jour de prière – mais un temps réservé concrètement et gratuitement pour Lui, à Dieu ?
Et encore, ne vous contentant pas de ce temps de prière, êtes-vous prêts à consacrer du temps pour ouvrir votre cœur à ceux qui ont besoin de réconfort et d’aide. Êtes-vous prêtes à faire passer l’important avant toutes les choses urgentes,

Amen !

Références des lectures du jour :

  • Livre d’Isaïe 25,6-10a.
  • Psaume 23(22),1-2ab.2c-3.4.5.6.
  • Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 4,12-14.19-20.
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 22,1-14.

Jésus disait en paraboles :
« Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils.
Il envoya ses serviteurs pour appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir.
Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités :’Voilà : mon repas est prêt, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez au repas de noce. ’
Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce ; les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent.

Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et brûla leur ville.
Alors il dit à ses serviteurs : ’Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce. ’

Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils rencontrèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives.
Le roi entra pour voir les convives. Il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce, et lui dit : ’Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ? ’ L’autre garda le silence.
Alors le roi dit aux serviteurs : ’Jetez-le, pieds et poings liés, dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents. ’

Certes, la multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux. »

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2 réactions


18 octobre 2014 09:52, par Maarten B.

Merci, Père Eric, pour avoir mis cette homélie aussi par écrit ! Comme je n’entends pas bien, j’ai pu suivre de cette manière. :-)

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19 octobre 2014 08:56, par Jean_Paul HALLE

Le vêtement de noces, c’est surtout notre comportement. Si on parvient à penser à Dieu lorsque l’on rencontre quelqu’un, notre regard change et notre attitude envers l’autre équivaut à un véritable changement de vêtement. L’enfant, le petit vers lequel Jésus Christ nous demande d’aller et à qui il nous demande de ressembler c’est souvent la personne rencontrée par hasard.

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