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Homélie du 28e dimanche du Temps Ordinaire

Homélie du 28e dimanche du Temps Ordinaire - Année A

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Écrire à l'auteur Père Laurent-Marie 23 octobre 2014
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Homélie du 28e dimanche du Temps Ordinaire - Année A :

Écouter l’homélie :




Mes bien chers frères

Le texte d’évangile que nous venons d’entendre nous est certainement bien familier. L’image que Jésus utilise pour rendre compte du mystère du Royaume nous parle immédiatement. Tous nous savons ce qu’est un repas de noces, ce que la célébration d’un mariage représente pour chaque famille qui y participe, pour les amis qui entourent de leur présence, de leur prière et de leur affection les nouveaux époux. Ce jour de fête reste à jamais marqué dans la mémoire et dans le cœur de ceux qui se sont donnés l’un à l’autre pour fonder un foyer et une famille.
D’ailleurs le Seigneur Lui-même a choisi un repas de noces pour manifester à ses disciples Sa gloire en changeant l’eau en vin. C’était à Cana de Galilée. Il a ainsi par Sa présence et par Sa bienveillance sanctifié pour toujours l’union de l’homme et de la femme.

Mais aujourd’hui, Il veut attirer notre attention non pas sur les époux, mais bien sur celui qui organise la cérémonie et qui prépare le festin. Il s’agit du père du marié, un roi, qui célèbre donc avec beaucoup de faste et de solennité les noces de son fils et qui invite très largement pour faire partager sa joie et sa fierté.
Mais les invités ont tous des choses beaucoup plus importantes à faire : un métier à exercer, un commerce à tenir, une profession à accomplir. Bref, les invités ne veulent pas se réjouir de la joie d’un autre. Ils ont leur vie centrée sur eux-mêmes. Ils ne veulent pas bénéficier de la générosité de celui à qui ils doivent tout et dont ils dépendent pour leur propre paix et leur sécurité. En un mot, ils ne sont pas dignes de la noce parce qu’ils ne sont plus disponibles pour recevoir, pour accueillir, pour rendre grâce. Ils ne comptent que sur ce qu’ils sont capables de faire et ils oublient que l’essentiel d’une vie d’homme lui est donné gratuitement.
Oui, ce qui nous constitue comme fils et filles de Dieu, c’est ce qui nous a été donné gratuitement, librement, sans aucun mérite de notre part.

Le maître envoie alors chercher les bons et les mauvais. Dans d’autres passages de l’évangile, on parle d’estropiés, d’aveugles, de mendiants, de boiteux. Bref, tous ceux qui font quotidiennement l’expérience douloureuse de leur misère, de leur pauvreté, de leur fragilité, de leur dépendance. Comment, avec de tels critères, la salle des noces ne serait-elle pas très vite pleine à craquer ?
Et pourtant, même parmi ceux-là, même parmi ceux que le Père a cherchés, il en est encore qui ne veulent pas jouer le jeu - si je puis dire - qui ne revêtent pas l’habit de fête, la robe nuptiale, le vêtement de noce. Ils ont entendu l’appel du maître, ils ont répondu apparemment à l’invitation mais ils sont mis dehors. Ils ont été appelés mais ils n’ont pas voulu conformer toute leur vie à l’appel qu’ils ont reçu.

Pour les auditeurs de Jésus, comme pour nous, l’enseignement de cette parabole est transparent : Dieu convie tous les hommes à célébrer l’alliance de son propre Fils avec notre humanité. Le peuple d’Israël savait que Dieu lui avait promis un sauveur qui rétablirait l’alliance célébrée autrefois à la sortie de Égypte, après que Dieu ait sauvé son peuple de l’esclavage et d’une mort certaine, alliance que les fils d’Israël n’avaient pas su respecter, défendre et transmettre.
Le prophète Isaïe annonce que cette fois l’alliance sera pour tous les peuples de la terre. Ce que Dieu a accompli pour Israël, il va le réaliser pour toutes les nations sur la terre. Il va donc se constituer un nouveau peuple avec qui Il va contracter une alliance nouvelle et éternelle ; cette alliance rien ne peut la détruire puisqu’elle est établie dans le sang de Jésus-Christ, le propre fils de Dieu qui est devenu, dans le sein de la Vierge Marie, le Fils de l’homme.
Voilà pourquoi le livre de l’Apocalypse, le dernier livre de la Bible, nous présente le paradis, la vie éternelle, comme un repas de noces, les noces de Dieu Lui-même avec toute l’humanité rachetée, c’est-à-dire libérée du pouvoir du péché et de la mort.

Mes bien chers frères, par la prière, par les sacrements, par notre fidélité à l’Évangile, nous participons à cette victoire et à ce mystère d’alliance. Notre vie de famille est comme le signe de cette alliance, de ce combat quotidien contre le mal, contre l’égoïsme, contre tout ce qui nous empêche de nous donner généreusement pour le service de Dieu et de nos frères.
Voilà pourquoi l’Église et les Chrétiens ont à cœur de promouvoir et de défendre la famille comme le premier lieu de l’éducation, c’est à dire de l’apprentissage du difficile métier d’homme. Parce que la famille a sa source dans le sacrement du mariage, elle est aussi le premier lieu de l’évangélisation et elle est elle-même évangélisatrice lorsqu’elle cherche à vivre de la grâce du salut, du mystère de la rédemption.
Pour la plupart d’entre nous, nous avons découvert le Christ dans notre famille parce que nos parents avaient à cœur de nous transmettre le plus grand bien qui soit, à savoir la foi en Jésus-Christ. Ils nous ont fait confiance, nous donnant ainsi à notre tour de savoir engager notre liberté. Ils nous ont appris le pardon et la miséricorde.
A votre tour, chers parents, vous désirez transmettre à vos enfants ce que vous avez-vous-même reçu.

Vous savez sans doutes que ces jours ci, à Rome, le pape François a réuni des évêques, des couples et des familles pour réfléchir, dans ce que nous appelons un synode, à la mission de la famille au sein de l’Église et de la société. Lors de l’homélie d’ouverture de ce synode, le pape déclarait à ses frères évêques :

Le Seigneur nous demande de prendre soin de la famille, qui depuis les origines est partie intégrante de Son dessein d’amour pour l’Humanité.

La famille est non seulement la cellule de base de la société, mais elle est aussi la présence en ce monde du mystère de l’Église, Église que nous pouvons justement appeler la famille de Dieu.
Demandons spécialement en ce jour, et en ce dimanche, une bénédiction spéciale pour toutes les familles, pour toutes vos familles,

Amen !

Références des lectures du jour :

  • Livre d’Isaïe 25,6-10a.
  • Psaume 23(22),1-2ab.2c-3.4.5.6.
  • Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 4,12-14.19-20.
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 22,1-14.

Jésus disait en paraboles :
« Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils.
Il envoya ses serviteurs pour appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir.
Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités :’Voilà : mon repas est prêt, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez au repas de noce. ’
Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce ; les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent.

Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et brûla leur ville.
Alors il dit à ses serviteurs : ’Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce. ’

Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils rencontrèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives.
Le roi entra pour voir les convives. Il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce, et lui dit : ’Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ? ’ L’autre garda le silence.
Alors le roi dit aux serviteurs : ’Jetez-le, pieds et poings liés, dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents. ’

Certes, la multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux. »

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