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Homélie du 28e dimanche du temps ordinaire

Père Eric - Année C

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Écrire à l'auteur Père Éric 11 octobre
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« Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! »

Écouter l’homélie :




Texte de l’homélie :

Quelle ingratitude quand même ! Cela fait longtemps qu’ils étaient lépreux, sans doute en tout cas, ils sont guéris et ils ne reviennent pas.
On aurait envie de répéter ces paroles du curé d’Ars :

Quand on pense à l’ingratitude de l’homme envers Dieu, on est tenté de s’en aller de l’autre côté des mers pour ne pas la voir. C’est effrayant ! Encore si le bon Dieu n’était pas si bon, mais il est si bon ! »

C’est quelque chose qui est important pour tous les saints. Vous connaissez sans doute les dernières paroles de Sainte-Claire avant de mourir :

Béni sois-tu Seigneur de m’avoir créée »

Et pourtant toute sa vie n’a pas forcément été facile. Elle avait fait tellement d’ascèse qu’à partir de 30 ans elle a dû rester au lit tout le reste de ses jours, donc la moitié de sa vie.

Ce matin je voudrais avec vous, en écho aux paroles que nous donne l’Évangile, que nous donne aussi la première lecture, vous parler de l’action de grâce.

Pour rendre grâce il faut d’abord voir ce qui va bien.

De fait, on voit que c’est le mal qui ne saute aux yeux.
Quand vous êtes en bonne santé, vous ne vous en rendez pas compte, mais le jour où vous avez une jambe cassée ou une maladie, tout de suite on s’en rend compte !

Quand tout va bien on a tendance à penser que cela va de soi. Et quand les parents apprennent aux enfants à dire merci, cela n’est pas seulement une règle de politesse, c’est aussi pour prendre conscience que tout n’est pas dû, que nous avons de la chance. Le bien ne va pas de soi. Souvent les enfants nous enseignent cette capacité d’émerveillement qu’hélas nous risquons de perdre en vieillissant.

C’est peut-être aussi pour une part le péché qui nous fait considérer le bien comme quelque chose qui nous est dû et le mal comme quelque chose d’immérité, d’injuste.Du coup on a tendance à accuser Dieu de ce qui ne va pas et oublier de le remercier de ce qui est beau.

Un premier exercice peut-être de nous apprendre à nous émerveiller, d’être renouvelé dans l’émerveillement.
L’émerveillement de ce que fait Dieu dans notre vie, mais aussi de ce que font nos proches autour de nous. On s’y habitue, c’est seulement le jour où ils sont absents qu’on se rend compte de tout ce qu’ils font. Mais habituellement on oublie de les remercier pour cela.
Vous remarquez que pour s’émerveiller, à la limite il n’y a pas besoin d’être catholique.
Et d’ailleurs si vous allez sur Internet vous voyez pleins de sites où l’on nous dit que c’est finalement très bien de s’émerveiller, cela fait du bien à la santé, au moral, etc… Le fait de voir le bien nous aide à vivre davantage dans la joie plutôt que d’être en train de râler.

En pratique par exemple, plutôt que de se lamenter du manque de prêtres, on pourrait rendre grâce déjà pour les prêtres que Dieu nous a donnés ! Il y a une manière de voir le verre à moitié plein et le verre à moitié vide.
Plutôt que de râler pour ce qui nous manque, on pourrait déjà rendre grâce pour ce que nous avons.

D’où vient le bien ?

On ne regarde pas seulement le bien en lui-même, mais on remonte à la personne qui en est la cause.
J’aime bien une image du curé d’Ars qui a souvent des images assez percutantes, il nous compare quelquefois à des porcs qui mangent des glands. On trouve cela très bon, mais on ne lève pas la tête pour voir l’arbre d’où viennent les glands. C’est dommage !

Ce deuxième point, n’est pas seulement se réjouir d’avoir des bons glands à manger, mais de voir d’où nous viennent ces bienfaits et de qui nous viennent ces bienfaits. De Dieu, mais aussi des autres.

Du coup vous sentez que ce n’est pas seulement le bien qui nous intéresse, mais aussi la relation avec les autres qui nous font du bien.
À ce moment-là on n’est plus dans un univers hostile où il n’y a que des gens méchants, on découvre qu’il y a beaucoup de gens qui nous font du bien, il y a Dieu qui nous fait du bien.
Cela change la vie.

Quand on remonte à Dieu, bien sûr, on n’est pas seulement dans une attitude d’ordre psychologique, cela va beaucoup plus loin.
Et quelque part on pourrait dire :

Quelqu’un qui n’est jamais dans l’action de grâce, je ne sais pas où en est sa foi honnêtement. Du coup ce qui nous arrive de bien arrive par le hasard, la coïncidence, la chance ?

Quelquefois on s’attribue les choses à soi, cela nous évite d’entrer dans une relation avec quelqu’un d’autre, où on se sent un peu redevable à l’autre. _L’action de grâce nous invite à ouvrir les yeux sur la bonté d’un autre.

Quelque part les lépreux étaient bien sûr contents d’être guéris, mais en même temps ce qui est plus intéressant encore c’est de l’amour dont ils étaient l’objet de la part de Dieu qui leur a accordé cette guérison. Ils ne sont pas allés jusqu’au bout de leur guérison quelque part, du bienfait qu’il leur a été donné. Ils ont pris, mais sans se rendre compte de l’amour qui leur a été manifesté
Ce que je dis des lépreux, c’est aussi vrai dans nos relations mutuelles, on est content mais c’est beaucoup mieux encore de se rendre compte qu’on est aimé plutôt que de s’arrêter aux bienfaits ponctuels.

Exprimer son action de grâce

C’est une autre phase qui n’est pas toujours facile. On le voit entre nous, c’est vrai aussi vis-à-vis de Dieu. Entre le fait de penser du bien de quelqu’un et aller lui dire, il y a une grande marche. On a du mal à exprimer vraiment, ouvertement, cette action de grâce.

D’ailleurs Saint-Paul, dans l’épître aux Romains attribue comme faute principal au païens de n’avoir pas rendu à Dieu ni gloire ni action de grâce. Ils ont vu qu’il y avait des belles choses, mais ils n’ont pas rendu cette gloire.

On peut dire que la louange, que l’action de grâce, c’est l’anti-péché, le fait de reconnaître que nous recevons les choses de Dieu.
On pourrait dire que dans l’action de grâce une chose est d’exprimer son merci à Dieu par nos paroles, mais notre merci peut aussi s’exprimer par des actes, par notre vie.

Quand Saint-Jacques parle des œuvres, de la foi et des œuvres, les œuvres sont là pour manifester notre reconnaissance à l’égard de Dieu pour les biens qu’il nous a donné. Je ne le fais pas pour mériter le ciel, mais pour rendre grâce pour le ciel qui m’a été accordé par Dieu, pour la grâce ce qu’il m’a été accordé par Dieu.

Je vous propose comme posologie de la semaine, chaque soir avant de vous endormir, de relever trois éléments, trois choses bien qui se sont passées dans votre journée.
Vous pouvez aussi faire votre acte de contrition et votre examen de conscience et regarder ce que vous avez fait de mal, mais regardez aussi ce que Dieu a fait de bien pour vous.
Donc trois motifs d’action de grâce. Chaque jour de cette semaine, essayez d’adresser un remerciement, cela peut-être pour une toute petite chose, à l’un de vos proches.
Cela pour essayer d’incarner de multiples façons le passage de l’Évangile que le Seigneur nous a donné aujourd’hui.

Amen !


Références des lectures du jour :

  • Deuxième livre des Rois 5,14-17.
  • Psaume 98(97),1.2.3ab.3cd-4.
  • Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 2,8-13.
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 17,11-19.

En ce temps-là, Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la région située entre la Samarie et la Galilée.
Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s’arrêtèrent à distance et lui crièrent :
— « Jésus, maître, prends pitié de nous. »
À cette vue, Jésus leur dit :
— « Allez vous montrer aux prêtres. »
En cours de route, ils furent purifiés.

L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c’était un Samaritain.
Alors Jésus prit la parole en disant :
— « Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Les neuf autres, où sont-ils ?
Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! »
Jésus lui dit :
— « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »

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