Serviteurs de Jésus et de Marie

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Homélie du 3e dimanche de Pâques

Homélie du 3e dimanche de Pâques

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Écrire à l'auteur Père Stéphane-Marie 25 avril 2015
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Homélie du 3e dimanche de Pâques - Dimanche 19 avril 2015 - Année B -

’’ À vous d’en être les témoins. ’’

Écouter l’homélie :




Texte de l’homélie :

A vous d’en être les témoins. »

Cette parole est adressée aux apôtres, lorsque le soir de pâques Jésus apparaît à ses disciples. Mais elle nous est aujourd’hui adressée. « A vous d’en être les témoins. »

Cette charge, le Seigneur nous la donne. Notre vie chrétienne n’est pas une bonne petite morale portative que nous pourrions avoir et dans laquelle nous pouvons puiser de temps en temps : une bonne spiritualité, de bonnes pensées, de bonnes directions… Elle est beaucoup plus que ça. Comme le dira St Luc, elle est la grâce communiquée, répandue, et dans laquelle nous sommes appelés tous à être acteurs.

Les disciples ont du mal, comme nous surement, à comprendre, à accepter, à recevoir la Résurrection de Jésus : ça les dépasse. Et on voit bien le temps qu’il leur faut, ici encore dans le texte : ils n’osent y croire, ils croyaient voir un esprit,… Ils s’interrogent de toute manière ! Ce sont les femmes qui le matin ont commencé par dire que le tombeau était vide, et puis Pierre et Jean l’ont constaté et puis Jésus a rencontré Marie-Madeleine… Vraiment ils se disent que les disciples d’Emmaüs ont un peu perdu la tête ! Ce n’est pas possible, c’est incompréhensible !

Et Jésus se manifeste à eux. La mort ne l’a pas englouti. Il est mort, bel et bien mort. Mais la puissance de l’Esprit, la puissance de l’amour du Père qui habite en Jésus l’a ressuscité. Parce que c’est une puissance qui ne se détruit pas.

Et de cet amour, nous en sommes depuis notre baptême les dépositaires, appelés à en être les témoins propagateurs, les responsables.

Alors, les disciples, suivant ce que Jésus avait demandé aux apôtres à travers Marie-Madeleine, après une semaine où ils restèrent encore à Jérusalem, vont partir faire une grande retraite de trente jours pour retrouver Jésus en Galilée, réactiver leur mémoire, ce qu’ils ont appris sur ces lieux et les revivre avec Jésus ressuscité, pour assimiler cet enseignement. Et ils vont apprendre ainsi à garder la Parole, à rentrer dans cette intelligence des Écritures. St Jérôme dit « Les Écritures c’est le Christ, les ignorer, c’est ignorer le Christ. »

Nous sommes tentés de dire que la Bible c’est compliqué, je n’y comprends rien, etc. Mais il est important pour nous de nous laisser enseigner par Jésus, de garder sa Parole comme les disciples l’ont gardée dans le cœur, en apprenant à la vivre, en apprenant ses résonances avec Jésus. La Bible, ce ne sont pas des connaissances intellectuelles, c’est cette parole que le Seigneur nous adresse, et le Seigneur dans notre prière ouvre notre intelligence, notre esprit à l’intelligence des Écritures.

Et cette intelligence des Écritures, ici, nous est donnée. Nous pourrions nous contenter de dire comme à la veillée pascale : « Christ est ressuscité, Christ est ressuscité ! ». Mais quelle en est l’intelligence ? Quel en est le message ? Ce message qui résonne dans les trois lectures d’aujourd’hui : la conversion est proclamée dans le nom de Jésus : le pardon des péchés est pour toutes les nations. Et le Pape François veut nous le faire vivre plus spécialement cette année : c’est le temps de la miséricorde. Le temps de rentrer dans l’intelligence de l’Écriture, dans ce plan de Dieu qui n’est pas un plan tout programmé, tout fait, mais un plan d’amour pour que nous puissions apprendre pas à pas, à vivre non plus sous l’emprise de la cassure de l’homme inspirée par le Malin, le serpent et nous trainant avec ce mal qui ronge et cette culpabilité qui pèse sur les hommes qui essayent de se racheter, qui essayent d’être bien… mais les catastrophes, les brisures, les guerres sont toujours là…

Avec Jésus, il y a quelque chose de nouveau. Par la confession de nos péchés, Jésus veut nous pardonner, nous délivrer par sa Passion, par sa Croix, par son Amour, pas sa présence, par le plan de Dieu qui nous est donné et qui vient nous délivrer, nous rencontrer et nous redire : Je crois en toi, tu es mon enfant bien aimé. Tu as des blessures, mais tu as tout ce qu’il faut pour être témoin de cet amour immense de Dieu. Cet amour que Jésus porte, cet amour qui paraît un blasphème pour les grands prêtres et encore aujourd’hui pour beaucoup de gens : Dieu est Père, Il aime comme les parents aiment leur enfant qui vient de se tromper, qui vient de faire une bêtise, pour le relever, pour lui faire confiance à nouveau. Et c’est cet amour que le Seigneur vient nous apporter, cet amour qui résonne dans toute l’Écriture.

En dépit des difficultés de nos cœurs, des blessures de notre vie, dans lesquelles nous pouvons nous perdre, il y a ce fil d’Ariane de l’amour du Père qui renouvelle son alliance, qui vient nous tirer des Enfers.

Et de cette Bonne Nouvelle nous sommes les témoins : il nous faut la garder, l’entretenir, la rayonner, la vivre nous-mêmes. Alors nous serons chrétiens, c’est-à-dire porteurs de l’Évangile, porteurs des gestes, de la Parole, de l’intelligence du Seigneur sur la vie de chacun. Chrétien qui sait voir combien chacun est important, chacun est appelé au Salut, chacun est appelé à renoncer au mal et à aimer comme le Seigneur aime.

Nous avons parfois l’impression de nous battre pour nous convertir, de ne pas avancer. Mais tous les dimanches nous fêtons la Résurrection, tous les dimanches nous nous replantons dans cet amour : Il est avec nous. Nous pouvons être pris par cette absence du Seigneur. Et pourtant cette absence est, avec les apôtres, une présence : le Seigneur dit : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin. »

Demandons cette grâce au Seigneur : apprendre à ouvrir notre cœur, à ouvrir cet espace d’intériorité, à nous laisser surprendre par cet amour du Seigneur, à vivre avec Lui pour laisser son amour opérer dans nos cœurs.

Amen.

Références des lectures du jour :

  • Livre des Actes des Apôtres (Ac 3,13-15.17-19).
  • Psaume (Ps 4,2.4.7.9).
  • Première lettre de saint Jean (1 Jn 2,1-5a).
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 24,35-48) .

En ce temps-là, les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.
Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit.
Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ?
Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. »
Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds.
Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? »
Ils lui présentèrent une part de poisson grillé qu’il prit et mangea devant eux.
Puis il leur déclara : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. »
Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures.
Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.
À vous d’en être les témoins.

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