Serviteurs de Jésus et de Marie

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Homélie du 6e dimanche de Pâques

Homélie du Sixième dimanche de Pâques - Année B

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L’obéissance, un chemin d’amour

Écouter l’homélie :




Chers frères et sœurs, nous venons d’entendre un évangile bien connu, dans l’Evangile selon Saint Jean, chapitre 15. Cette parole est souvent choisie pour des mariages, pour des baptêmes, car Jésus y donne le commandement de l’Amour :

« Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres ».

L’obéissance de notre point de vue

C’est un discours que l’on a bien en tête, mais, il peut être choquant dans certains contextes : un jour, je l’ai proposé à des fiancés qui n’étaient pas très familiers avec Saint-Jean, et ils ont relevé une phrase : « vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande ». Et cela ne leur a pas plu… cela pourrait en effet faire penser à une injonction comme « tais-toi et fais ce que je te dis ! ». Peut-être l’avez-vous entendu quand vous étiez jeune, l’avez-vous dit à vos enfants (cela peut même arriver en communauté !). Et l’on s’éloigne apparemment de l’expression du « grand Amour ».

« Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande ».

On pourrait aussi faire un autre commentaire : l’amitié se commande t’elle ?

Interrogeons-nous plutôt sur la signification de cette phrase en particulier. Pour comprendre cette phrase de Jésus, je dois me demander à qui j’obéis le plus ?

Obéirai-je le plus à un supérieur hiérarchique ? à un parent autoritaire ? à quelqu’un qui a mauvais caractère ?
Je vais bien-sûr obéir, mais seulement pour éviter une esclandre, je le ferai à contre cœur, je le ferai à moitié, ou disons au strict minimum.

Si j’y réfléchis un peu plus, la personne à laquelle je vais obéir le mieux, c’est la personne que j’aime : je le ferai pour lui plaire, je le ferai car je sais que la personne aimée cherche mon propre bien. Je le ferai donc pour rentrer dans l’intelligence de ce qu’elle me demande. Je ne le ferai non pas au minimum, mais au maximum. C’est là que l’on voit tout la justesse de la parole que l’on a entendue dans l’Evangile selon Saint-Jean.

Je fais ce que tu me commandes parce que je t’aime, et pour t’aimer davantage.

Cet enseignement de Jésus est d’autant plus cohérent que ce qu’Il nous demande, c’est précisément de « nous aimer comme Il nous a aimés ». Autrement dit, c’est un bien qui nous est demandé. Si l’on nous commande un mal, il ne faut bien évidemment pas le faire !

Donc, d’une manière générale, l’amitié et l’amour supposent une obéissance, la plus profonde qui soit, celle du cœur, celle où j’engage tout mon être.

L’obéissance selon le Christ

Pour ce qui concerne l’exemple plus particulier du Christ, nous comprenons ainsi mieux pourquoi dans chaque page de l’Evangile, il est redit qu’Il accomplit la volonté du Père. Et ce n’est pas par crainte, mais justement pour Lui exprimer Son amour.

La prière que Jésus nous a laissée est : « Notre Père qui es aux Cieux, que Ton Nom soit sanctifié, que Ta volonté soit faite ». Ce ne sont pas juste des paroles que Jésus nous a enseignées, mais ce sont des actes qu’Il nous a montrés, même aux heures les plus sombres : aux heures de la tentation. Cette fameuse tentation de repousser le calice :

« Père, non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux ».

Ce n’est pas l’expression d’un volontarisme, mais celle d’un amour du cœur.

Jésus s’est donc fait obéissant, « obéissant jusqu’à la mort » (Saint Paul), pendant les trente-trois ans de sa vie. Et cela continue encore aujourd’hui : cette volonté du Père passe par des médiations bien humaines. Jésus se livre entre nos mains, dans l’Eucharistie, Il se livre entre nos mains pour que nous portions témoignage en Son Nom, pour que nous fassions des œuvres encore plus grandes que les siennes, comme Il nous l’a enseigné.

Par l’Eucharistie, Il se remet entre nos mains

Cette obéissance se concrétise encore aujourd’hui.

Que pouvons-nous donc retenir de cet Evangile ? Tout d’abord, de nous laisser toucher par cet amour de Dieu manifesté en Jésus. Il s’est livré entre nos mains, entre les mains de ses parents, dès les premiers instants, depuis la visite des bergers jusqu’au lavement des pieds, de la Passion et jusqu’à la mise au tombeau…

Christ m’a aimé et Il s’est livré pour moi ».

« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » Cette affirmation garde toute son actualité dans l’Eucharistie, le moment où Jésus se livre entre nos mains. Laissons-nous toucher par cet amour que Jésus nous témoigne encore très concrètement aujourd’hui, spécialement dans l’Eucharistie.

Je vous propose une petite résolution pour la semaine : Prenez ces jours-ci le risque demander à quelqu’un que vous aimez de vous corriger. Prenez ce risque justement : « Aide-moi à grandir », et prenez la peine de l’écouter jusqu’au bout !

Amen

Références des lectures du jour :

  • Livre des Actes des Apôtres 10,25-26.34-35.44-48.
  • Psaume 98(97),1.2-3ab.3cd-4.
  • Première lettre de saint Jean 4,7-10.
  • Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,9-17.

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples :

« Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous êtes fidèles à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé fidèlement les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour.
Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que vous soyez comblés de joie.

Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.

Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que veut faire son maître ; maintenant, je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître.

Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous partiez, que vous donniez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l’accordera. Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres.

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