Serviteurs de Jésus et de Marie

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Homélie du 3e dimanche de l’Avent

Homélie du troisième dimanche de l’Avent

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Écrire à l'auteur Père Éric 19 décembre 2014
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Homélie du troisième dimanche du Temps de l’Avent - Année B

Écouter l’homélie :




Chers frères et sœurs, à moins que vous n’ayez un GPS, lorsque vous allez quelque part, vous êtes bien content de pouvoir suivre des poteaux indicateurs. Alors, pour nous conduire jusqu’à la crèche, l’Église met sous nos yeux quelques « poteaux indicateurs », et le poteau indicateur de ce jour (si vous me permettez l’expression), c’est Jean-Baptiste. C’est lui qui indique que l’on est sur le point d’arriver, et qu’il n’y a plus beaucoup de chemin. Dans l’Évangile du jour, Saint Jean nous présente Jean-Baptiste essentiellement comme un témoin. Il a beaucoup à nous apprendre dans la manière dont il a vécu cette mission. Ainsi, je vous propose de réfléchir sur , ce rôle de témoin qu’à eu Jean et auquel nous sommes aussi appelés.
Pour faire simple, je vais prendre trois éléments :

  • avant le témoignage
  • pendant le témoignage
  • après le témoignage.

Avant d’être témoin, faire une certaine expérience de Dieu et la vivre dans l’humilité

Saint Jean l’évangéliste commence par nous dire qu’il y eu un homme envoyé par Dieu. Et dans ce passage d’évangile, on voit d’un côté les juifs qui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites, et de l’autre côté, il y a Jean envoyé par Dieu, ce qui est une différence.
Jean a fait une certaine expérience spirituelle. Et, c’est bien cela qui motive pour témoigner : on ne peut dire et proclamer le mystère de Jésus que lorsqu’on est sous la mouvance de la grâce de Dieu.

Cela implique aussi une certaine humilité, d’abord parce que tout témoignage est partiel, partial. C’est pour cela qu’en introduisant sur la catéchèse, Jean-Paul II insistait sur le fait que les témoignages sont nécessaires, mais pas suffisants car ils ne sont que le reflet du mystère de Dieu, qui nous dépasse toujours, et ne peut pas être réduit à une expérience particulière.
D’un certain côté, le témoignage de Jean-Baptiste est réducteur. Comme il le fait, il faut se rappeler que l’on ne voit pas jusqu’au bout. Certes, il a une certaine idée de Celui qu’il annonce – Jésus – mais on en peut pas dire que Jean-Baptiste voit les choses parfaitement clairement. Il accepte de souffrir pour témoigner de Jésus, il est même emprisonné, mais il lui arrive de douter, lorsqu’il Lui demande :

Es-tu celui qui doit venir ou doit-on en attendre un autre ?

Sans doutes est-il un peu déconcerté, car cela ne correspond pas vraiment à l’idée qu’il aurait pu s’en faire…

Lorsqu’Il parle de Jean-Baptiste, Jésus dit qu’il est un phare, une lumière, une lampe qui brûle. Ainsi, si vous me permettez cette image, lorsque vous roulez en voiture dans la nuit, ce ne sont pas les phares qui vous permettent de voir le point d’arrivée, sauf s’il est à quelques centaines de mètres devant. Vous avancez et petit à petit vous voyez clair, à plus forte raison s’il y a du brouillard.
Voici bien le rôle du témoin : il ne peut pas dire qu’il voit le mystère de Dieu jusqu’au bout, parce qu’il est limité et que le mystère de Dieu nous dépassera toujours. Rappelons-nous donc cette pauvreté du témoin.

Pourtant, on sent bien que Jean-Baptiste est plein de vigueur dans son témoignage, parce qu’il sait ce qu’il annonce, et en même temps, il y a cette pauvreté du témoin qui fait qu’il n’adopte pas une attitude de supériorité, mais un attitude d’humilité.

On voit d’ailleurs la différence avec la démarche intérieure des Juifs : ils ne se dérangent pas et restent à Jérusalem, tout comme Hérode qui charge les Mages de lui donner les informations sur le nouveau-né de la crèche.

Voici ce qu’il se passe avant le témoignage : faire l’expérience su mystère de Dieu en se rendant compte qu’on en a pas fait le tour. A l’inverse, il ne faut pas attendre de connaître parfaitement le mystère de Dieu pour commencer à témoigner. On ne peut témoigner que de ce que l’on a vécu pour l’instant, en sachant que l’on est encore loin du compte et que, par nos limites, nous ne ferons jamais le tour du mystère de Dieu.

Être témoin, non d’une idée, mais de quelqu’un

Pour ce qui est du témoignage en lui-même, le rôle du témoin est d’indiquer quelque chose qui est bien présent mais que les autres ne voient pas. C’est aussi la mission du prophète : bien loin d’annoncer l’avenir, le prophète est là pour nous rendre attentifs à quelque chose qui est déjà là, mais à côté duquel on passe sans s’en rendre compte.
Voici bien la mission de Jean-Baptiste : Jésus est déjà là, mais personne n’a pris conscience de Sa présence. Etre témoin, c’est d’abord de permettre aux autres de réaliser que Dieu est présent.

L’Emmanuel : Dieu avec nous !

Ainsi, on perçoit que le témoignage n’est pas fait de manière intransigeante et violente. Voici un extrait de la première encyclique – Lumen fidei - de notre pape François :

La foi n’est pas intransigeante, mais elle grandit dans une cohabitation qui respecte l’autre.
Le croyant n’est pas arrogant. Au contraire, sa la vérité e rend humble, sachant que ce n’est lui qui la possède, mais c’est elle qui l’embrasse et le possède.
Loin de le raidir, la sécurité de la Foi le met en route, et rend possible le témoignage et le dialogue avec tous. »

« Pour transmettre un contenu purement doctrinal ou une idée, un livre suffirait sans doute, ou bien la répétition d’un message oral. Mais ce qui est communiqué dans l’Église, ce qui se transmet dans sa Tradition vivante, c’est la nouvelle lumière qui naît de la rencontre avec le Dieu vivant, une lumière qui touche la personne au plus profond du cœur, impliquant son esprit, sa volonté et son affectivité, et l’ouvrant à des relations vivantes de communion avec Dieu et avec les autres. »
(Lumen fidei 40)

En effet, le témoignage ne consiste pas en faire passer une idée, mais c’est être témoin d’une rencontre avec Dieu, reflète l’itinéraire de l’accueil de la révélation. En d’autre termes, c’est le témoignage de la Foi. Ce beau document de Vatican II – (Dei verbum) - nous montre tout ce cheminement de la Foi qui n’est pas d’abord quelque chose d’intellectuel, mais qui indique de se remettre entre les mains de Dieu, dans une écoute docile de ce qu’Il peut nous dire : parce que l’on a confiance en Lui, on écoute ce qu’Il nous dit.

Ainsi, Jean-Baptiste est aussi ce témoin d’une rencontre, comme il en est question dans l’Épitre aux Hébreux à propos de Moïse : « Comme s’il voyait l’invisible. » : il montre une présence à côté de laquelle les autres sont passés sans la voir. Il dirige vers quelqu’un, il met en présence.

Après : être dans une attitude d’abnégation

A propos du troisième point, après le témoignage, cela n’est pas dit dans l’Évangile du jour. Le témoin indique ce auquel il croit et l’abnégation de Jean-Baptiste est très impressionnante : il ne conduit pas les gens à lui, mais à Jésus. Il sait se retirer, il a cette humilité.

Si l’on témoigne, ce n’est pas pour que les gens nous regardent. Ce serait comme regarder l’index, alors qu’il n’est là que pour nous indiquer dans quelle direction regarder. Voici le rôle du témoin : il ne doit pas attirer les yeux sur lui-même, mais conduire les autres à se mettre à la suite de Jésus.

L’Apôtre Jean a une belle expression pour parler de Jean-Baptiste. Il est comme l’ami de l’époux qui prépare la bien-aimée, l’épouse, et s’efface quand paraît l’époux (Jn 3, 28-30) et c’est là sa joie.
Jean-Baptise ne cherche pas à s’attacher les âmes, mais seulement conduire les âmes à Jésus.

Voici donc les trois principales caractéristiques du témoin : tout d’abord il fait cette expérience partielle de Dieu – cela s’adresse aussi à nous puisque Jésus désire de faire de nous des témoins. Ainsi, on pourrait souhaiter que notre expérience de Dieu soit plus grande, plus forte, mais déjà, ce qui nous fait vivre dans notre relation avec Dieu, c’est de cela que nous pouvons témoigner.
Ensuite, on fait part de cette rencontre avec Dieu, ce ne sont pas d’abord des idées que l’on communique.
Et enfin, après avoir témoigné, on se retire car c’est le secret de la relation des autres avec Dieu. Cela ne nous regarde pas et nous pouvons nous contenter de cette joie de savoir que les autres puissent rencontrer Dieu.

Ainsi, par l’intercession de Saint Jean-Baptiste, nous pouvons demander cette grâce d’être renouvelés dans cette mission de témoigner de Jésus, qui est celle de tout baptisé.

Amen !

Références des lectures du jour :

  • Livre d’Isaïe 61,1-2a.10-11.
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1,46b-48.49-50.53-54.
  • Première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 5,16-24.
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 1,6-8.19-28.

Il y eut un homme envoyé par Dieu. Son nom était Jean.
Il était venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour lui rendre témoignage.
Voici quel fut le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander :
— « Qui es-tu ? »
Il le reconnut ouvertement, il déclara :
— « Je ne suis pas le Messie. »
Ils lui demandèrent :
— « Qui es-tu donc ? Es-tu le prophète Élie ? »
Il répondit : « Non. »
— « Alors es-tu le grand Prophète ? »
Il répondit :
— « Ce n’est pas moi. »
Alors ils lui dirent :
— « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même ? »
Il répondit :
— « Je suis la voix qui crie à travers le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. »
Or, certains des envoyés étaient des pharisiens. Ils lui posèrent encore cette question :
— « Si tu n’es ni le Messie, ni Élie, ni le grand Prophète, pourquoi baptises-tu ? »
Jean leur répondit :
— « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas : c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis même pas digne de défaire la courroie de sa sandale. »

Tout cela s’est passé à Béthanie-de-Transjordanie, à l’endroit où Jean baptisait.

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