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Dimanche de Pâques : Il est vraiment ressuscité !

Homélie du dimanche de Pâques - Année B

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Écouter l’homélie :




Chers frères et sœurs,

L’an passé, nous sommes allés près de Compiègne avec quelques frères pour participer à une célébration de la Pâque orthodoxe. Pendant la cérémonie, chez les orthodoxes, le prêtre affirme sans cesse « Le Christ est ressuscité ! » et l’assemblée, comme vous, répond : « Il est vraiment ressuscité ! ». Ensuite, le prêtre, le diacre va dans la foule avec l’encensoir, et il répète en français, en grec, « Ressurexit Christus, Ressurexit Christus vere » (pour le latin), etc. En plusieurs langues, ils ne se lassent pas de le répéter. On m’a expliqué que c’était une cérémonie de la Pâque orthodoxe en semaine, mais la nuit même de la Vigile, cela n’arrête pas ! C’est la joie de la Pâque qu’ils se communiquent par cette affirmation. D’ailleurs, ne Grèce, c’est devenu un salutation pendant le temps de Pâques :

« Le Christ est ressuscité ! »
« Il est vraiment ressuscité ! »

Petit à petit, cette affirmation envahit et englobe toute mon existence, et devient une conviction profonde. C’est ce que nous voyons dans le récit que les évangélistes nous rapportent de la Résurrection.

Les témoins de la Résurrection commencent par douter et avoir peur

Je vous propose de regarder d’un peu plus près comment cela s’est passé, puis d’en tirer les conclusions pour nous-même. Aujourd’hui, nous avons entendu Marie-Madeleine qui trouve le tombeau vide. Mais, elle reste dans sa tristesse. Nous savons que, par la suite, elle va rencontrer le Christ. Elle court à la rencontre des apôtres, mais elle reste encore dans une explication humaine : on a volé le corps. Le tombeau est ouvert. Donc, viennent Pierre et Jean, sui dit de lui-même :

« Il vit et il crut ». Evangile selon Saint Jean

Dans un des derniers livres d’exégèse qui a été écrit sur les évangiles, la traduction exacte est donnée : le linceul s’est affaissé. Autrement dit, si on avait pris le corps, on aurait ouvert le linceul, et cela aurait été remarqué. Tandis-que là, le linceul et les bandelette ont été comme libérés de leur contenu.

Il s’opère donc une première adhésion : celle de l’Apôtre Jean. Mais n’est–elle pas encore un peu fragile ?

Hier soir, pendant la Vigile pascale, nous avons entendu l’Evangile qui raconte l’arrivée de plusieurs femmes a tombeau, qui elles, n’ont rien dit. Aujourd’hui, on nous rapporte que Marie-Madeleine y est allée. Saint Marc insiste beaucoup sur l’incrédulité à la fois des femmes, et à la fois des apôtres. En effet, les disciples viennent et apportent leur témoignage, mais les autres restent incrédules.

Souvenez-vous aussi du récit des pèlerins d’Emmaüs. Jésus fait route avec deux disciples qui s’en vont de Jérusalem attristés, et ils ne le reconnaissent pas. On peut se demander d’ailleurs pourquoi. Sans doutes sont-ils dans un schéma selon lequel ce n’est pas possible. On a beau leur dire, c’est impensable. Ils sont aveuglés à la fois par leur raisonnement et par leur tristesse. Plus profondément, Jésus veut éveiller leur Foi. Ce qui est marquant à propos de la Résurrection, c’est que c’est un fait caché pendant la nuit.

Jésus veut susciter notre Foi

Lorsque les disciples racontent leur rencontre aux apôtres, ceux-ci ne les croient pas. Et c’est finalement ce groupe incrédule que Jésus choisit pour être ses témoins : le soir de Pâques, Il apparaît aux onze apôtres qui ne peuvent plus nier l’évidence. Il est ressuscité !

Saint Jean rapporte que l’un des onze, Thomas, n’était pas là. Pendant une semaine, sans doutes, on va le lui répéter : « on l’a vu ! Il est ressuscité !! » ; mais il n’y accordera pas de crédit. C’est seulement 7 jours plus tard, malgré le témoignage d’une dizaine de personnes déjà, qu’il admet, en confessant :

Mon Seigneur et mon Dieu

Tout ceci est pour dire que cette affirmation « Il est ressuscité, Christ est vraiment ressuscité » nécessite le témoignage, nécessite l’adhésion du cœur.

Ce qui est étonnant, c’est que maintenant que les apôtres l’ont vu et ont partagé la nourriture avec Lui, ils ne sortent pas pour autant. Ils restent enfermés dans le Cénacle. Ils vont avoir besoin de rencontres répétées pendant 50 jours avec le Seigneur. Ils vont surtout avoir besoin du don de l’Esprit-Saint pour pouvoir être des témoins. Cette joie de la rencontre avec le Ressuscité, rencontre si personnelle, va devenir une mission avec le don de l’Esprit-Saint, le jour de la Pentecôte.

On peut dire que cette rencontre avec le Christ va complètement modifier leur existence. Certes, elle était déjà modifiée car ils l’accompagnaient déjà depuis un certain temps, mais par cet événement, elle va profondément changer le cours de leur vie.

Nous voyons dans le discours de Pierre qui nous a été lu en première lecture. Pierre, pêcheur du lac de Galilée, perdu au fin fond de l’Empire Romain, va devenir prédicateur itinérant à Césarée – capitale de la région à cette époque. Puis, jusqu’à Rome, où il devient le chef de l’Eglise naissante. On voit combien cette Foi au Christ ressuscité va profondément changer son existence. Cette résurrection du Christ n’est pas simplement un témoignage, une annonce, une mission. Cela doit changer profondément changer la vie de ses apôtres. On le voit à travers ce que nous rapporte Saint Paul :

Vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez donc les réalités d’en haut. C’est là qu’est le Christ à la droite de Dieu.

Tendez vers les réalités d’en haut

Et ce n’est pas seulement une idée mise en mouvement : « J’en suis convaincu, j’en parle, j’en reçois une mission de l’Eglise ». Non ! cela change profondément ma vie, cela change profondément notre être. Ce parcours de apôtres est aussi le nôtre :

  • écouter le témoignage, le recevoir,
  • acquérir une conviction : « Le Christ est ressuscité, Il est vraiment ressuscité »,
  • et, par le don de l’Esprit-Saint, devenir nous-même témoins et annoncer cette bonne nouvelle. Pas juste du bout des lèvres, mais à travers toute notre vie.

Tout notre être doit être profondément renouvelé

Cela signifie de poser des actes concrets et d’espérance à la suite du Christ en suivant son enseignement. On peut développer ainsi les trois points suivants :

  • l’amour des ennemis. Le Christ sur le Croix dit : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ». Nous, à Sa suite et dans cette Foi, nous pouvons aimer nos ennemis. Mais qui sont nos ennemis ? selon Jean Vanier qui habite près d’ici, nos ennemis sont ceux qui m’énervent… cela nous donne finalement plein d’idées ! Au nom du Christ, je peux vivre de cette Foi et la mettre en pratique en aimant très concrètement ces personnes avec lesquelles j’ai plus de mal.
  • Miser sur la Vie, dans l’accueil de la vie naissante, et aussi dans l’accompagnement et le regard que nous portons sur les personnes handicapées et sur les personnes âgées. C’est finalement un défi dans notre société.
  • Nous laisser renouveler dans notre être. Poser des actes concrets de Foi et d’Espérance, c’est aussi avoir un regard positif sur les événements et les personnes. Il ne s’agit pas d’adopter un optimiste béat, comme si tout allait pour le mieux. Mais sachant que la mort et le péché n’ont pas le dernier mot. Je suis alors capable d’avoir un regard plein d’Espérance sur mon frère, sur les événements de ce Monde.

Pour ce jour, demandons l’intercession de la Vierge Marie, mère de Jésus, qui était avec les apôtres, qui priait avec eux, d’être renouvelés dans notre Foi et de poser des actes concrets de Foi dans le Christ ressuscité,

Amen.

Références des lectures du jour :

  • Livre des Actes des Apôtres 10,34a.37-43.
  • Psaume 118(117),1.4.16-17.22-23.
  • Lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 3,1-4.
  • Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,1-9.

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu’il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau.

Le matin de Pâques, Marie-Madeleine courut trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a mis. » Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau.

Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n’entre pas.

Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place.

C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.

Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas vu que, d’après l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

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