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Il faut que le Christ puisse entrer en nous

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Écrire à l'auteur Père Samuel 19 mai 2011
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Homélie de Père Samuel

Écouter l’homélie :




* * * *

« Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé, il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage. »

Chers Frères et Sœurs, la parole du Christ dans cet évangile est sans détour.

Le Christ se présente comme le Bon Pasteur qui connaît ses brebis par leur nom, Il marche à leur tête, et elles elles le suivent.

Mais cette image toute simple ne parvient pas à éclairer les Pharisiens.

Alors Jésus va utiliser l’image de la Porte.
« Moi, je suis la porte. »

Une porte empli deux fonctions, celle d’entrer, et celle de sortir.

Avoir besoin d’une porte, c’est reconnaître que nous sommes enfermés.

Comme le fut Noë à l’étroit dans son embarcation, ou les Hébreux, réduits à l’esclavage, ou Jonas dans sa baleine. Ou encore Jésus, dans son tombeau, ou même les apôtres au Cénacle !
Et Jésus, Lui-même, dans son évangile, ne cessera de rencontrer des « prisonniers » tels que l’aveugle, la prostituée, le possédé, Lazare, la Samaritaine, et d’autres encore …

Et nous, finalement, ne sommes-nous pas enfermés ? dans une vie sans issue, dans un bercail étriqué, dans une vie parfois mesquine ?

Toutes ces situations dans lesquelles nous nous enfermons nous-mêmes pour trouver des semblants de solutions à nos difficultés insurmontables ; où nous nous enfermons sur nous-même dans la rumination, la vengeance, la victimisation ; quand nous nous sentons humiliés par les autres, ou subissant des situations injustes.

Alors le soir, nous pouvons nous dire : « Seigneur, je n’ai pas pu faire aujourd’hui le bien que j’aurais voulu faire, mais j’ai fait le mal que je ne voulais pas faire. J’étais comme enfermé, angoissé. Je suis pécheur, des ténèbres m’empêchent de voir la lumière, je suis comme à l’étroit dans ma vie alors que j’aspire aux grands espaces. »

C’est le moment de lever la tête vers le Ciel et de crier « J’ai besoin de sortir, j’ai besoin d’un libérateur parce que je suis esclave. Dieu, viens à mon aide ! Ouvre-moi la porte ! »

Jésus est le Chemin, la Vérité et la Vie. Mais Il est en premier lieu cette porte. Encore faut-il installer cette porte pour sortir de la pièce. Après, on pourra emprunter le Chemin, ou plutôt se laisser conduire sur le chemin. Pour cela, il est nécessaire d’accueillir cette porte, de laisser percer sa clôture, de laisser abattre les murs de notre orgueil. Il faut que le Christ puisse entrer en nous pour se faire porte.

« Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé… »

Alors voilà : Noë pourra sortir de son arche, Jonas de sa baleine, les Hébreux de l’Égypte, et Lazare de son tombeau… Il nous faut emprunter cette porte, il nous faut passer par le Christ, c’est l’unique porte. Il y a surement des fenêtres, mais ce n’est pas la bonne issue. Le seul moyen, c’est le Corps du Christ, mort et ressuscité pour nous.

Mais notre vie chrétienne ne consiste pas seulement à une sortie. C’est aussi une entrée.

Nous sommes faits pour la Terre Promise, pour la lumière, pour la liberté. Notre vocation, c’est d’entrer dans la vie. C’est de jouir des biens du Royaume. Nous y avons accès par le Christ. Nous avons trouvé un guide, un protecteur, un berger.

Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer.

Ici est l’image de l’alliance, de l’intimité de l’homme avec son Dieu et Père.

Cette porte, nous la franchissons par notre baptême, et nous l’assumons par notre confirmation. Par le baptême, nous empruntons ce chemin de mort et de résurrection du Christ : nous mourons avec Lui et nous ressuscitons avec Lui.

Moi, dit Jésus, je suis venu pour que les hommes aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance.

C’est le Christ finalement qui pénètre en nous, et qui marche en nous.

Par la baptême, nous sommes configurés au Christ, nous sommes incorporés à l’Église. Et l’image du troupeau marque l’unité du Peuple en marche derrière son berger, son Bon Pasteur. Lui, le seul vrai Berger est le grand prêtre de la nouvelle alliance.

Par le baptême, nous sommes tous revêtus du sacerdoce du Christ : c’est le « sacerdoce commun des fidèles ». Dieu, Tout-Puissant, se veut dépendant de notre participation à sauver et rassembler son peuple dispersé.

Tous, nous sommes tenus de professer devant les hommes la foi que par l’Église nous avons reçue de Dieu. Tous nous sommes tenus de participer à l’activité missionnaire et apostolique du peuple de Dieu. Dieu a besoin des hommes. Plus qu’une mission, c’est une joie de se mettre au service du peuple de Dieu.

Le sacerdoce n’est peut-être pas facile à vivre tous les jours. Mais le mariage ne le semble pas plus… Ces deux dons, tous deux sources de joie, ne sont pas si éloignés que cela l’un de l’autre ! La différence entre les deux, c’est l’appel. C’est la grâce accordée en fonction de l’appel. Dieu est un bon Père. Dieu accorde son aide à l’appel qu’Il lance. Répondre à l’appel profond qui retenti dans notre cœur est la source du bonheur.

Répondons librement et sincèrement à l’appel que nous entendons. Il nous restera alors à durer, dans le temps, dans la fidélité.

Que Dieu nous fasse le don de saints prêtres, de religieux et religieuses, icônes du Christ,pauvre, chaste et obéissant, et de saintes familles qui sauront susciter dans le cœur de leurs enfants la vérité, la liberté d’une vie attentive à la volonté du Bon Dieu.
Demandons à la Vierge Marie, d’accompagner ceux qui se sentent appelés à emprunter ce chemin de liberté et de joie pour qu’ils soient pour le peuple de Dieu un signe du royaume dans leur fidélité.
Amen.

Références des textes du jour :

- Livre des Actes des Apôtres 2,14.36-41.

- Psaume 23(22),1-2ab.2c-3.4.5.6.

- Première lettre de saint Pierre Apôtre 2,20-25.

- Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 10,1-10.

Jésus parlait ainsi aux pharisiens : " Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans la bergerie sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c’est lui le pasteur, le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un inconnu, elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne reconnaissent pas la voix des inconnus. » Jésus employa cette parabole en s’adressant aux pharisiens, mais ils ne comprirent pas ce qu’il voulait leur dire. C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : je suis la porte des brebis. Ceux qui sont intervenus avant moi sont tous des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger et détruire. Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance.


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