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L’Espérance nous pousse à l’action !

Homélie du 33e dimanche du Temps Ordinaire - Année C

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Écrire à l'auteur Père Pierre-Marie 28 novembre 2013
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Homélie du 33e dimanche du Temps Ordinaire - Année C

Écouter l’homélie de Père Pierre-Marie :




Vous rappelez-vous, frères et sœurs bien-aimés que, l’an passé, il y avait tout une agitation autour du calendrier Inca, qui prévoyait la fin du monde le 21 décembre 2012. Il y avait notamment un lieu en France où l’on pouvait avoir la vie sauve, et il y avait un affluence de gens plus ou moins équilibrés qui s’y rendaient pour rester en vie. Puis, le 21 décembre est passé, et il est probable que ce 21 décembre 2013 passe aussi, et nous voici encore dans cette chapelle… « N’y courez pas ! », dit Jésus

Mais, à travers cette parole du Seigneur on peut retenir plusieurs choses :

Notre monde aura une fin

Ce monde passe. Et, le fait de savoir que ce monde passe, cela nous invite à nous mettre dans la perspective non seulement du monde, mais de la fin de notre monde, c’est à dire, de notre propre mort. Parce qu’avec la fin de notre mort, c’est la fin de notre monde personnel et portatif, pour ainsi dire, qui se termine. Et les spirituels et les mystiques rappellent sans cesse qu’il est important de se mettre face à sa propre mort, parce que c’est aussi se mettre face à la finalité de sa vie.

Le mois de novembre, comme vous le savez est une période pendant laquelle on prie pour les défunts et pour les âmes du purgatoire, c’est le moment de notre mort est le moment le plus important de notre vie : on meurt comme on a vécu. C’est pourquoi on demande à être préparé pour ce moment-là. Et on ne sait pas quand il arrivera. A ce propos, dans un autre passage de l’évangile, Jésus nous dit :

Il viendra comme un voleur…

Gardons confiance concernant la fin de notre vie

Mais, ce qui est certain, c’est que notre vie personnelle aura aussi une fin, comme notre monde aura une fin. Mais, nous ne vivons pas cette fin dans l’angoisse, dans l’anxiété de vouloir connaître. Et ce, même si l’on voit des personnes qui cherchent à connaître le jour indiqué à travers le calendrier Inca, ou d’autres signes, comme les deux tombes qui resteraient pour enterrer les papes à Saint Pierre de Rome qui indiqueraient l’arrivée de l’antéchrist – ou encore ayant recours à la voyance – ne croyons pas que ce soit des choses marginales – la magie et toutes formes de sciences occultes.

Ne cherchons pas à connaître quelque chose que l’on a à recevoir dans la confiance. Car le fait de vouloir connaître cache de fait de vouloir maîtriser sa propre vie, jusqu’à chercher à connaître le moment de notre mort. Imaginons que cela soit possible : exactement, précisément, la date, l’heure, ne serions-nous pas dans l’angoisse ?

Même aux personnes en phase terminale de maladie grave, on leur donne une durée approximative : « Environ 3 mois, environs 6 mois… », parfois c’est plus, mais rien que ça, c’est une source d’anxiété et même d’angoisse pour ces personnes malades.

Mais, le fait de savoir que notre vie aura une fin mais de n’en savoir ni le jour ni l’heure, cela nous invite à la confiance. Et, au rebours de tout cela, ceux qui nous annoncent le jour et l’heure, ce sont ceux qui veulent maîtriser les choses et nous invitent à vivre dans l’anxiété, et dans l’angoisse.

Ainsi, la première leçon que l’on peut tirer de l’évangile de ce jour, c’est que cette fin du monde, même si elle nous est présentée sous des regards apocalyptiques, nous la vivons en sachant que « pas un cheveu ne tombera de notre tête sans que le Seigneur ne le sache ». Au fond, le Seigneur prend soin de nous jusqu’à la fin, c’est ce qu’Il dit Lui-même.

Vous aurez à comparaître, il y aura des tumultes ,
Les nations s’opposeront les unes aux autres.
Mais, sachez que l’Amour de Dieu est victorieux.

Le jugement dernier nous invite à l’Espérance

Et cet Amour de Dieu est aussi victorieux dans le jugement dernier. Parce que, si nous croyons que ce monde a une fin, il sera aussi jugé. Cette fin n’est pas simplement une fin temporelle, c’est une fin qui se met sous le regard de Dieu. Ce jugement dernier aura lieu et tout sera jugé : ce sera le moment de la résurrection des morts, l’achèvement de toute la Création.

Et, dans sa lettre encyclique sur l’Espérance, le pape Benoît XVI nous invite à contempler le jugement dernier comme une source d’Espérance. En effet, nous voyons souvent ce jugement dernier comme quelque chose de terrible, quelque chose que l’on doit craindre, sans doutes confortés par les représentations que l’Art en fait qui nous poussent dans l’angoisse. Et le pape Benoît nous dit au contraire que la perspective d’un jugement dernier doit nous mettre dans la confiance pour plusieurs raisons :

  • Parce que nous prenons conscience que les actes que nous posons ici bas retentissent dans l’Éternité. Et le fait de savoir cela donne aussi à notre vie à la fois une grandeur, une profondeur, une gravité bien plus grandes que si notre vie terminait dans la tombe et qu’il n’y avait plus rien après.
  • Avec le jugement dernier, nous aurons aussi à nous prononcer face au jugement de Dieu, que l’Amour de Dieu emportera tout, qu’il sera comme cette fournaise ardente qui viendra tout éclairer et face à laquelle nous aurons à être en vérité.
  • Demandons au Seigneur d’avoir assez de confiance pour nous tourner vers Lui ; demandons-lui qu’à travers cette perspective du jugement dernier nous puissions voir la profondeur de notre vie, la gravité de nos actes – dans le sens latin : le poids de nos actes, le poids de notre vie.
  • Et dans le poids de notre vie, de notre humanité, c’est non seulement nos actes personnels dans notre vie, qui seront jugés. Mais il y a aussi ceux que nous portons dans la prière : à travers les actes de notre vie, actes d’amour désintéressé, nous savons que nous pouvons les offrir pour les autres, particulièrement pour leur salut.

Ainsi, le jugement dernier nous rappelle la Communion de Saints.

La réalité céleste et la réalité terrestre sont toutes proches

Frères et sœurs, cette parole du Seigneur qui nous annonce les fins dernières nous remet face à notre vie. Et la deuxième lettre de Saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens le redit bien, lorsqu’il s’adresse à eux sur ce sujet : vivant au tout début du Christianisme, ils étaient persuadés que le Seigneur allait revenir tout de suite. En d’autres termes, il ne serait pas la peine de se lever ni d’étudier, rien besoin de faire, pas même de travailler. Saint Paul leur rappelle alors de ne pas rester dans l’oisiveté sans rien faire.

Ce n’est pas parce que notre vie se terminera ou que le monde a une fin que nous serions désintéressés des réalités de ce monde. Au contraire : le fait de savoir qu’il y aura un jugement dernier et que nos actes retentissent dans l’Éternité nous implique davantage dans ce monde visible, nous demande aussi d’y annoncer le Christ et de rendre ce monde plus lumineux et fraternel.

On voit bien que l’Espérance de la Vie Éternelle, que tout sera remis dans l’Amour de Dieu, cette Espérance nous engage et nous pousse à l’action. C’est le pape Benoît XVI qui dit :

C’est une fausse espérance que celle qui nous fait nous désintéresser des réalités terrestres, comme si elles n’avaient rien à voir avec les réalités célestes.

Non, car c’est une continuité. Il y a une continuité entre la Terre et le Ciel. Et notre fondateur le Père Lamy disait :

Il y a comme l’épaisseur d’un papier à cigarette.

Vous le savez, le papier à cigarette est extrêmement fin. Et comme lui-même, en tant que mystique, avait la grâce de voir des choses de l’autre monde, tout comme d’autres l’ont eu, tous ont dit la même chose : faites attention : la réalité céleste et la réalité terrestre sont toutes proches.

Notre engagement ici-bas nous prépare au grand face à face

Alors, demandons au Seigneur pour nous-mêmes de prendre conscience de cette fin qui nous attend, de la prendre dans la paix, de vivre nos deuils dans la paix. Bien entendu, c’est difficile de se séparer d’un être cher, mais nous, comme Chrétiens, nous ne vivons pas les choses dans la désespérance au contraire.
Demandons que cette perspective du jugement dernier nous pousse davantage à un engagement pour construire notre société et pour nous construire nous-mêmes. Vous qui êtes dans cette perspective de construction, de formation, à travers le scoutisme, à travers les établissements scolaires, vous connaissez ces lieux de formation.

Parce que nous croyons que, plus nous nous formons sur cette terre, plus nous élargissons nos capacités à contempler Dieu dans l’Au-delà. Que ce soit par la formation scolaire que par celle du scoutisme, que ce soit par la formation que donne l’Église dans les paroisses, les mouvements et les communautés, nous élargissons nos capacités d’amour, nous élargissons nos capacités de contemplation de Dieu dans le face à face.

Oui, demandons au Seigneur de nous sentir responsables de ce monde pour pouvoir y annoncer un Dieu qui nous appelle des ténèbres à son admirable lumière,

Amen !

Références des lectures du jour :

  • Livre de Malachie 3,19-20.
  • Psaume 98(97),5-6.7-8.9.
  • Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 3,7-12.
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 21,5-19.

Certains disciples de Jésus parlaient du Temple, admirant la beauté des pierres et les dons des fidèles. Jésus leur dit :
— « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. »
Ils lui demandèrent :
— « Maître, quand cela arrivera-t-il, et quel sera le signe que cela va se réaliser ? »
Jésus répondit :
— « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom en disant : ’C’est moi’, ou encore : ’Le moment est tout proche. ’ Ne marchez pas derrière eux ! Quand vous entendrez parler de guerres et de soulèvements, ne vous effrayez pas : il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas tout de suite la fin. »
Alors Jésus ajouta : « On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume. Il y aura de grands tremblements de terre, et çà et là des épidémies de peste et des famines ; des faits terrifiants surviendront, et de grands signes dans le ciel.
Mais avant tout cela, on portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues, on vous jettera en prison, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon Nom. Ce sera pour vous l’occasion de rendre témoignage.
Mettez-vous dans la tête que vous n’avez pas à vous soucier de votre défense. Moi-même, je vous inspirerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront opposer ni résistance ni contradiction.
Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous. Vous serez détestés de tous, à cause de mon Nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.

C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie.

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