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Homélie du 21e dimanche du Temps Ordinaire

Homélie du 21e dimanche du Temps Ordinaire - Année B

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L’unité de nos familles se conquiert dans l’Eucharistie

Homélie du 21e dimanche du Temps Ordinaire - Année B

Écouter l’homélie :




Texte de l’homélie :

Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi je demeure en lui.

Chers frères et sœurs,

On entend souvent dire de la part de ceux qui ne fréquentent pas nos eucharisties : « Les catholiques se réunissent pour prier, mais dès qu’ils sont sortis, ils disent du mal des gens, ils critiquent, et je ne veux pas participer à cette hypocrisie. Ils ne sont pas meilleurs que les autres. »

Pourtant, l’Eucharistie, c’est notre trésor, c’est le trésor des trésors. L’Eucharistie est la source de notre communion.

L’Eucharistie, un « mystère de communion »

Nous pouvons nous demander aujourd’hui comment nous vivons l’Eucharistie comme un « mystère de communion ». Ce qui nous unit avant tout comme communauté chrétienne, c’est la Foi.

C’est d’ailleurs l’axe des lectures que nous avons entendues aujourd’hui, que ce soit dans le Livre de Josué, où tout le peuple d’Israël renouvelle l’alliance et dit : « Plutôt mourir que d’abandonner le Seigneur pour servir d’autres dieux. Nous aussi nous voulons servir le Seigneur, c’est Lui notre Dieu. » Donc c’est une profession de Foi, à laquelle fait écho celle de Simon-Pierre à la suite de la question de Jésus : « Voulez-vous partir vous aussi ? ».

C’est une question qui s’adresse aussi à nous : « Voulez-vous partir, vous aussi, devant la grandeur du mystère de la Foi ? » Et Simon-Pierre répond pour nous : « Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons et nous savons que tu es le Saint, le Saint de Dieu. »

Si nous sommes réunis ici aujourd’hui, pour cette Eucharistie, c’est parce que nous avons la même Foi. Certes, nous n’avons pas la clarté et l’évidence de tous les mystères de la Foi, de chacun des mystères du Credo, mais nous avons cette confiance, la même confiance que Simon-Pierre qui veut se laisser guider, qui veut suivre la Foi. Les apôtres ne comprenaient sans doute pas tout ce que Jésus avait dit dans ce discours sur l’Eucharistie, mais ils voulaient suivre.

Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous savons que tu es le Saint, le Saint de Dieu.

Il ne comprend pas tout, mais il est décidé à suivre : c’est l’obéissance de la Foi. La chose qui nous unit, la plus fondamentale, c’est la Foi.

La Foi comme trait d’union entre les Chrétiens

Ce qui nous unit, c’est la communion à l’Eucharistie. A la différence des Douze, nous avons une plus grande lumière sur ce qu’est l’Eucharistie. La communion nous unit au Christ, au Seigneur, et la communion nous unit entre nous. Dans la prière eucharistique, il est dit : « Nous ne formons qu’un seul corps ». C’est un mystère au moins aussi grand que celui de l’Eucharistie dans lequel nous retrouvons le Seigneur ; nous ne formons plus qu’un seul corps. Les premiers Pères de l’Église disaient :

Comme les grains de blé dispersés sur les collines, nous ne formons plus qu’un seul pain, et qu’ainsi nos cœurs ne fassent qu’un seul corps.

Ce qui nous unit fondamentalement, c’est la Communion.

  • Cette communion peut être sacramentelle, je reçois l’hostie consacrée ;
  • Elle peut être aussi spirituelle, car pour des raisons x ou y, je ne peux pas recevoir aujourd’hui l’Eucharistie.

Mais dans les deux cas, le plus important, c’est la Foi. Malheureusement, je peux recevoir l’hostie sans la foi, et c’est terrible. Par contre, je peux m’abstenir de recevoir l’Eucharistie parce que j’ai la foi, j’ai la foi en ce que Jésus et l’Église me disent.

Souvenons-nous de cet épisode de la vie du Christ : un centurion vient le voir pour demander la guérison de son serviteur et Jésus lui dit : « D’accord, je vais aller chez toi ». Et il lui répond : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres chez moi, dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. » Le centurion romain n’a pas reçu Jésus qui était prêt à aller chez lui, mais sa foi ardente lui a valu de connaître la force de l’amour et de la guérison de Jésus.

Donc Jésus se donne dans l’Eucharistie et pour communier avec fruit, il faut cette foi ardente. « A qui irions-nous, Seigneur ? Quant à nous, nous savons et nous croyons que tu es le Saint, le Saint de Dieu. » Jésus peut nous rejoindre quelque soit notre état de vie, c’est le plus important.

La Charité au cœur de la Communion

Ce qui nous unit, c’est la mise en œuvre de la charité que nous recevons à travers la Communion. Avant de communier, nous sommes invités à échanger un signe de paix. Même si la communauté que nous formons n’est qu’occasionnelle, elle doit être empreinte de respect, de considération. Même si nous ne sommes pas du même milieu, nous n’avons pas les mêmes convictions, les mêmes idées, ce geste est important pour signifier justement que nous ne faisons qu’un seul corps parce que nous avons la même foi. Nous allons communier au même corps et au même sang. Dans la messe, c’est un rite relativement sobre. Il ne s’agit pas de saluer tout le monde et de faire le tour de l’église, il s’agit que ce soit un geste sobre et sincère. « La paix du Christ soit avec toi. »

Et cette Paix doit continuer à se donner sur le parvis de l’église au sortir de notre Eucharistie, elle doit continuer à se vivre par notre vie même. Pour reprendre le contre-exemple que je donnais au départ, il faut justement qu’au sortir de l’église nous soyons attentifs les uns aux autres. Si je m’aperçois dans la voiture en rentrant que je suis en train de critiquer Mme Truc, son chapeau ou autre chose dite ou entendue… peut-être faut-il que je me dise « Mais est-ce que j’ai vraiment communié ? Est-ce que je laisse vraiment le Christ agir dans ma vie ? » Si je ne suis pas capable d’aimer le frère qui est devant moi, comment est-ce que je peux dire que j’aime le Christ que j’ai reçu dans la communion ? Il faut que je laisse vraiment agir le Christ dans ma vie. Par ce geste de paix qui est très formel, qui peut être formel et surtout par mon attitude de cœur

La Charité en toile de fond de la vie de famille

Un dernier point : cette charité que nous recevons dans l’Eucharistie à travers la Communion, nous devons la vivre dans nos familles. C’est très beau de voir une famille qui participe à la messe, même si les petits sont un peu bruyants, ce n’est pas grave. D’ailleurs, il y a une profonde analogie entre l’Eucharistie et le mariage :

Ceci est mon corps livré pour toi
Ceci est mon corps livré pour vous.

Le don des époux, l’unité de la famille est renouvelée par le contact avec la chair et le sang du Seigneur. L’unité de nos familles se conquiert dans l’Eucharistie.

Peut-être que je viens seul, je suis le seul de ma famille à croire, mais aie la foi que le Seigneur fera l’unité à travers ta foi, à travers tes gestes.
Peut-être que ma situation canonique n’est pas idéale, mais aie foi que le Seigneur est source de guérison et d’unité pour ta famille quelque soit ton itinéraire de vie.
Ou Peut-être que nous venons en famille, mais que l’unité n’y est pas non plus dans notre couple : renouvelle le don, ou plutôt, reçois le don du Seigneur, renouvelle ta ferveur : Il est là, Il se donne à toi, Il se donne dans son corps et son sang, ce don ne trompe pas. Ce don fortifie notre unité.

Dans quelques moments, nous allons donc communier au Christ : demandons une grande foi à la suite de la Vierge Marie qui a dit : « Qu’il me soit fait selon ta parole », qui a conçu dans son cœur, avant que dans Ses entrailles, le Verbe de Dieu, le Verbe fait chair.

Demandons une grande foi qui se concrétise par des gestes concrets pour notre prochain, pour notre famille,

Amen.

Références des lectures du jour :

  • Livre de Josué 24,1-2a.15-17.18b.
  • Psaume 34(33),2-3.16-17.20-21.22-23.
  • Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 5,21-32.
  • Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6,60-69.

Jésus avait dit dans la synagogue de Capharnaüm : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. »

Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, s’écrièrent : « Ce qu’il dit là est intolérable, on ne peut pas continuer à l’écouter ! »

Jésus connaissait par lui-même ces récriminations des disciples. Il leur dit :
« Cela vous heurte ? Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant ?. . . C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. »
Jésus savait en effet depuis le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas, et celui qui le livrerait. Il ajouta : « Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. »

A partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en allèrent et cessèrent de marcher avec lui. Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? »

Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint, le Saint de Dieu. »

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