Serviteurs de Jésus et de Marie

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Rendez vous

La Paix n’est pas un rêve

Homélie de la messe pour la Paix, veillée du 31 décembre 2012 - Année C

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Écrire à l'auteur Père Pierre-Marie 21 juin 2013
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Homélie de la messe pour la Paix, veillée du 31 décembre 2012 - Année C

Écouter l’homélie de Père Pierre-Marie :




Le Seigneur fait tomber la pluie sur les justes et les injustes.

Nous en avons été témoins durant cette courte procession !

La Paix n’est pas pour plus tard…

Dans son message pour la Paix, le Saint Père rappelle un point. Il rappelle plusieurs points, mais il rappelle en particulier un point que j’aimerais méditer avec vous. Au fond, il dit : « La Paix n’est pas un rêve, la Paix est accessible. La Paix n’est pas simplement du domaine du futur, elle peut être aussi présente. Mais il y a comme une condition pour avoir cette Paix, c’est accueillir la présence de Dieu dans sa vie. »

Si l’homme évacue Dieu de sa vie ou de la société dans laquelle il vit, alors, petit à petit ce sera lui qui deviendra la norme, il n’accueillera pas l’ordre du Créateur (nous l’avons médité ce soir dans le temps de prière à la veillée), il voudra se créer son propre ordre. Mais alors qui donc parmi les humains va fixer son propre ordre si ce n’est le plus fort contre le plus faible ?

Et le Saint Père rappelle : « Ce qui est source de Paix c’est d’accueillir cette présence de Dieu, petit à petit transformer son cœur pour que cette présence puisse, par le Saint Esprit, nous transformer intérieurement. »

Cette paix qui nous appelle à aller plus loin que nos limites

On le voit bien, Jésus dans son évangile va très loin dans son appel à la Paix : « Il vous a été dit : Œil pour œil, dent pour dent, et moi je vous dis : ne riposte pas au méchant. Fais 2000 pas pour celui qui t’en demande 1000, donne ton manteau à qui te demande ta chemise. » Va plus loin dans l’amour, parce que c’est précisément ce « plus loin dans l’amour », ce quelque chose d’extraordinaire, qui témoignera qu’un esprit nouveau habite en toi.

Alors que, frères et sœurs, nous sommes tous confrontés au mystère du mal dans notre vie - que ce soit en nous par le péché, que ce soit autour de nous - nous pouvons nous demander comment nous réagissons au mystère du mal ? Et cette présence de Dieu est source de Paix précisément parce qu’elle permet, face au mystère du mal, face au mystère d’iniquité, d’accueillir une présence et en même temps une espérance.

Et Jésus nous demande : « Il vous a été dit : tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi,. Et moi je vous dis : ‘’aimez vos ennemis’’ ». Et Jean Vanier nous rappelle souvent, quand il médite ce passage d’évangile : « Quel est l’ennemi, au fond ? Il est rare d’avoir dans une vie un ennemi juré, mortel, qui souhaite notre perte. C’est assez rare. En réalité, nous dit-il, l’ennemi n’est pas tellement celui-là, si ce n’est celui qui vient toucher notre incapacité d’aimer. Celui qui nous exaspère, qui nous « fait grimper aux rideaux », qui « nous donne de l’urticaire », voilà l’ennemi. Alors là, oui, tout de suite, la liste des ennemis s’allonge, et des tas de visages se présentent devant nos yeux, parce qu’on voit bien des personnes avec qui c’est difficile de vivre, qui nous exaspèrent par leur comportement, par leur manière de faire ou de ne pas faire. Alors quand le Seigneur nous dit : « Aime ton ennemi », Il nous dit : « Aime celui qui te renvoie à ton incapacité d’aimer. » Cela suppose d’être enraciné dans l’Amour, dans cet amour qui est plus fort que le mal et plus fort que le péché.

Alors, frères et sœurs, demandons au Seigneur, dans cette messe pour la Paix, dans cette messe à cheval entre ces deux années, qu’Il nous arme de la force de son Saint-Esprit, des armes spirituelles. Vous les jeunes qui avez suivi la retraite, vous demanderez aussi cette grâce particulière du discernement, cette grâce de la force intérieure, fruit du Saint-Esprit en nous. Vous demanderez aussi que le Seigneur vous arme, vous serez et vous êtes déjà minoritaire au milieu de votre génération.

C’est vrai, vous l’avez invoqué, quand on est seul à croire dans une ambiance de faculté ou au bureau, parfois même dans sa propre famille, cette minorité fait qu’on se sent bien seul. Faites alors mémoire de cette nuit où nous avons célébré cette messe pour la Paix, pour puiser des forces dans ce qui vous a été donné de vivre dans cette retraite, pour pouvoir témoigner d’un Dieu qui nous a appelé des ténèbres à Son admirable lumière,

Amen.

Références des lectures de la messe pour la paix :

  • Livre d’Isaïe 32, 15-18.
  • Psaume 84,9-14.
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5, 38-48.

Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus sur la montagne, Il leur disait :
« Vous avez appris ce qui a été dit : « Œil pour œil, dent pour dent » ? Et bien moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant. Et si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. Et si quelqu’un veut te faire un procès et prendre ta chemise, laisse-lui encore ton manteau. Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux-mille avec lui.

Donne à qui te demande. Ne te détourne pas de celui qui veut t’emprunter.

Vous avez appris qu’il a été dit : « Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi » ? Et bien moi je vous dis : « Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre père qui est dans les cieux, car Il fait lever Son soleil sur les méchants et sur les bons et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. »
Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les Publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?

Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?

Vous donc, soyez parfaits comme votre père céleste est parfait. »

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