Serviteurs de Jésus et de Marie

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La charité

Par frère Christophe-Marie

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Écrire à l'auteur Frère Christophe-Marie 18 janvier 2007
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La charité est l’une des trois vertus théologales avec la foi et l’espérance.
Passons en revue les aspects qu’elle peut prendre selon qu’elle est amitié avec les trois personnes de la Trinité ou encore amour de soi-même et des autres.



La charité comme amitié avec le Christ

Le Verbe s’est incarné pour établir une communauté de vie avec les hommes. Selon cette façon de voir, l’Eglise est la communauté qui sert de fondement à la charité.
Or cette Eglise en sa forme visible et historique a commencé avec le groupe des disciples que Jésus a rassemblés autour de lui. Le Christ continue de rassembler cette Eglise lors de la célébration des sacrements.
Lors de la célébration des sacrements, nous trouvons non seulement le Christ qui nous rassemble mais en même temps le Christ qui fait grandir en nous la charité.
La charité que nous avons pour Dieu, tout en étant fondamentalement une aspiration intérieure vers la Vérité éternelle et immuable et un désir de la vision bienheureuse, peut et doit être vécue en même temps, comme amitié personnelle avec le Christ.

La charité comme vie dans l’Esprit

L’homme n’est pas en permanence en train d’aimer Dieu. Cela dépend de sa libre initiative. Pour que l’homme ait réellement l’initiative d’un acte de charité qui soit réellement le sien, il faut qu’il ait à sa disposition un dynamisme spirituel pour en faire usage quand il le veut. Par ce dynamisme qui le rend capable d’aimer et qui est mis à sa disposition, l’homme peut être à l’origine d’un acte de charité produit avec aisance et plaisir.
La vie nouvelle des enfants de Dieu n’est pas une tension volontariste vers un idéal impraticable mais une transformation intérieure que Dieu accorde par sa grâce. Pour ceux qui font usage de cette vie nouvelle, l’amour de Dieu est facile et agréable et adoucit toutes choses.
Le Saint Esprit suscite un mouvement d’amour en l’âme de celui qui fait usage de la vertu de charité. Mais le Saint Esprit est aussi celui qui fait naître et grandir en nous cette charité créée par laquelle il suscite en nos cœurs ce mouvement d’amour. Le mouvement de la charité peut donc à bon droit être compris comme une participation à la vie divine.

La charité comme contact avec le Père

Le contact de Dieu et de la volonté permet cet amour préférable à la connaissance.

La charité envers soi-même

L’égoïste est celui qui se préoccupe de satisfaire ses désirs. Il donne l’impression de s’aimer soi-même.
Sans la charité, l’influence des vertus acquises demeure imparfaite et incapable d’unifier l’être humain autour de son désir le plus profond. La paix du cœur ne peut être obtenue que par la charité source des vertus infuses et donc capable d’unifier l’être humain et de l’entraîner vers sa fin ultime.

Peut-on aimer autrui sans s’aimer soi-même ?

Les chrétiens sont en général alertés sur le caractère suspect d’un amour de Dieu qui ne se traduirait pas dans un amour effectif pour le prochain.

Charité envers soi-même et souffrance

Pour aimer son prochain d’un amour de charité, il faut être heureux. Mais la recherche de la paix et de la joie n’est pas un refus de la souffrance. La paix et la joie sont vécues au niveau du désir spirituel et il est fort possible qu’une satisfaction à ce niveau coexiste avec une frustration de nos convoitises et de nos ambitions.

Mentionnons enfin une souffrance qui non seulement n’est pas incompatible avec la charité mais en provient. C’est la compassion ou miséricorde.

La charité envers le prochain

La raison d’aimer le prochain est Dieu, car ce que nous devons aimer dans le prochain c’est qu’il soit en Dieu. Ce lien est fondé sur le fait que le prochain est destiné à voir Dieu. Cette communauté de destin suscite un lien spirituel et ce lien nous incite à vouloir, pour notre prochain, tel ou tel bien corporel ou spirituel.
Dans cette perspective, on comprend que « l’amour de charité qu’on a pour ses amis est plus ardent et plus parfait que l’amour de charité qu’on a pour ses ennemis » bien que, d’un autre point de vue, « l’amour de charité pour l’ennemi soit prééminent ».
En effet, le lien qui nous unit à nos amis est plus fort que le lien qui nous rattache à nos ennemis alors que souvent l’acte de charité envers un ennemi, est plus grand et résulte d’un plus grand amour de Dieu.

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