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La vie en Vosges pour les Frères du Prieuré

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16 septembre 2010
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Début septembre les frères ont fait leur sortie communautaire dans les Vosges, près d’Épinal.
Ce temps communautaire invite à un vivre ensemble différent de celui du prieuré et ne manque pas de piquant.

C’est à l’abbaye d’Ubexy que les 9 frères du prieuré Saint-Bernard d’Ottmarsheim ont été accueillis. Les sœurs cisterciennes se sont pliées en quatre pour nous accueillir dans leur hôtellerie, faisant écho ainsi à la grande tradition cistercienne d’hospitalité.



Arrivés le 6 septembre pour le déjeuner, nous avons, après une sieste réparatrice, visité le musée d’art militaire situé à Vincey à quelques encablures de l’abbaye. Là, un collectionneur privé nous a accueillis pour nous présenter les collections de matériel militaire de la guerre de 14-18 à la première guerre du Golfe. Au détour d’une salle, notre frère Raphaël, pourtant d’accoutumé si maître de lui, se lâche littéralement. Il voit en un mannequin de cire le portrait d’un de ses aïeux, le général de Castelnau, chef de cabinet du général Joffre, surnommé le capucin botté en raison de son attachement à la foi catholique. Notre frère est tout émoustillé par ce face à face aussi inattendu qu’imposant au fin fond des Vosges profondes. Notre guide demande à notre frère de signer le livre d’or. Ce n’est pas tous les jours qu’on a la visite d’un descendant d’un mannequin !!

Sortie communautaire 1 Le lendemain, nos pas nous conduisent à Châtel-sur-Moselle, où nous visitons les vestiges d’une forteresse imposante réduite à l’état de ruine par Louis XIV. La guide est animée d’une fougue extraordinaire. Elle nous mime les pièges dans lesquels pouvaient tomber les ennemis. Nous avons droit à tout : casse-genoux, arbalétrière, cul de sac dans lequel ont enfermaient les intrus, douves à ne pas confondre avec fossés, herse qui cloue sur place l’assaillant. J’en passe et des meilleures ! La jeune femme nous mime l’attaque au bélier de la porte centrale et avec force mouvements de bras, nous explique qu’après la première porte il y a une deuxième puis une troisième puis une quatrième, puis une herse. A chaque fois elle se met dans la peau des ennemis qui veulent enfoncer la porte et découvrent avec surprises tous les pièges qui leur sont tendus.

Sortie communautaire 2 Après cette visite aussi physique que culturelle, nous allons prendre un pot dans un bar de Châtel. Là nous accueille Vincent, taillé comme un rugbyman, le verbe fort. Un instant nous croyons qu’il s’agit du propriétaire des lieux. En fait pas du tout. Le propriétaire est un Algérien de Kabylie qui nous dit en levant les yeux au ciel : « Lui il est toujours là. C’est le comité d’accueil ! ». Il nous explique qu’il est athée grâce à Dieu et veut nous offrir l tournée si nous prenons un autre verre chacun. Il retourne chez lui pour prendre de l’eau de vie de mirabelles et de quetsches. Nous avons dû insister pour ne pas repartir chacun avec notre litron. Vous imaginez les moines dans la ville avec chacun un litre d’eau de vie sous le bras ! Nous négocions à 3 bouteilles pour neuf. C’est déjà pas mal ! Frère Charles toujours mystique rajoute extatique, que, « dans des lieux comme ça, il y a une vraie soif ». Il s’agit je suppose de cette eau qui jaillit en vie éternelle.

Sortie communautaire 3 Nous ne pouvions quitter la région d’Épinal sans un tour au musée de l’imagerie où l’on fabrique encore les fameuses images. Dans son commentaire, la jeune fille nous explique que l’on met un produit pour stabiliser les couleurs que l’on appelle « anti-moine ». Ça ne s’invente pas. Un peu gênée elle rajoute que « cela n’a rien à voir avec ces messieurs », nous désignant du doigt. A un moment une dame se trouve au milieu des frères. Elle nous dit : « Ne vous en faites pas, je ne suis pas anti-moine. » Sortie communautaire 4

Pour terminer notre sortie communautaire, nous allons voir à Mulhouse le très beau film de Xavier Beauvois « Des hommes et des dieux ». Alors que le film est poignant, des éclats de rire jaillissent dans la salle à l’occasion d’une réplique du frère Luc. Un frère lui faisait l’éloge de ce qu’avait dit le frère Christian en chapitre, ce à quoi le il rétorque : « T’as compris quelque chose toi ?? » C’est tellement la vie communautaire retracée dans sa réalité quotidienne… Le générique de fin se termine et personne n’a bougé de sa place, comme si la salle était en prière, méditative. A la sortie nous sommes assaillis et nous sommes obligés de nous arracher pour rentrer au prieuré.

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1 réaction


21 septembre 2010 10:50

Merci pour ce compte-rendu, j’ai bien ri ! Agnès Jouy

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