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Laissons-nous Dieu accéder à notre coeur ?

Homélie du Deuxième dimanche de l’Avent - Année A

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Écrire à l'auteur Père Éric 11 décembre 2013
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Homélie du 1er dimanche du Temps de l’Avent - Année A

Écouter l’homélie de Père Éric :




Frères et sœurs bien-aimés,

Lors d’un week-end destiné aux jeunes célibataires, une jeune femme avait témoigné d’une étape importante dans son cheminement vers le mariage : un jour, elle avait pris conscience que son emploi du temps était tellement rempli qu’il ne lui restait presque pas de soirées de libres. Etant disponible et généreuse, elle s’était engagée dans de multiples services où elle était tournée vers les autres. Mais le revers de sa générosité était que, si un prince charmant se présentait, il aurait dû attendre de longues semaines avant de pouvoir la rencontrer. D’un côté, elle attendait d’un grand désir ce prince charmant ; d’un autre côté, la solitude lui pesait tellement qu’elle était bien contente de remplir son emploi du temps pour ne pas se retrouver toute seule. Et, à partir de ce moment là, elle a décidé de supprimer certaines de ses activités de façon à garder un peu plus de disponibilité. Cela impliquait aussi de se retrouver plus souvent toute seule, sans avoir rien de programmé.

Frères et sœurs, il me semble que le témoignage de cette jeune femme peut sans doutes nous inspirer dans cette période de l’Avent : nous attendons le Seigneur, à la fois comme celui qui peut combler notre cœur et comme notre Sauveur. Cependant, il peut arriver que nous ayons bien du mal à nous rendre véritablement disponibles.

C’est précisément ce que nous avons demandé dans la prière d’ouverture de cette messe :

Seigneur Tout-puissant et miséricordieux, ne laisse pas le souci de nos tâches présentes entraver notre marche à la rencontre de Ton Fils.

Il est bien dit : « le soucis de nos tâches présentes ».

Avançons vers le Seigneur pas à pas

Premier pas

Le premier pas qui nous est demandé c’est de prendre du temps, de donner du temps à Dieu. Dans l’office des lectures que nous avons à suivre en tant que prêtre, il y avait il y a quelques jours un très beau texte de Saint Anselme, dont je vous lis quelques phrases :

Allons, courage, pauvre homme.
Fuis un peu tes occupations, dérobe-toi un moment au tumulte de tes pensées.
Rejette maintenant tes lourds soucis et laisse de côté tes tracas.
Donne un petit instant à Dieu et repose-toi un peu en Lui.

Entre dans la chambre de ton esprit, bannis-en tout sauf Dieu ou ce qui peut t’aider à le chercher. » (Office des lectures p.50)

Oui, ce premier pas à poser durant ce temps de l’Avent est de donner du temps à Dieu. Et pour cela, il nous faut rassembler notre courage pour ménager des plages libres dans son emploi du temps.

Deuxième pas

Le deuxième pas serait la deuxième partie de cette prière d’ouverture de cette messe, lorsqu’il est dit : « éveille en nous cette intelligence du cœur qui nous prépare à l’accueillir (Jésus) et nous fait entrer dans sa propre vie. »

Prendre du temps, certes, mais utiliser ce temps pour relire notre vie, plus particulièrement notre relation avec Dieu et avec les autres. Cela correspond à ce que proclame Jean-Baptiste :

Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route.

Quel est ce chemin qu’il faut aplanir ?

Ce chemin à aplanir n’est-il pas tout simplement le chemin d’accès à notre cœur ? C’est d’abord le chemin d’accès pour Dieu, mais c’est aussi le chemin pour les autres, puisque les deux sont inséparables. Il peut arriver que notre cœur soit un peu comme Jérusalem, une ville au milieu d’un désert : il faut faire de la distance, et traverser des surfaces inhospitalières, pour entrer en relation avec d’autres villes. Avec le temps, la voie qui nous conduit aux autres est encombrée d’obstacles, un peu comme le sable déplacé par le vent. Un chemin qui n’est pas entretenu devient vite impraticable : les ronces poussent, des ornières se creusent, … Pour parler de ce chemin, Isaïe et Jean Baptiste utilisent l’image du chemin pour imaginer comment il faut le préparer. Ainsi , Jean-Baptiste voit quatre éléments différents : les ravins, les montagnes, les passages tortueux, et les routes déformées.

Le ravin de l’indifférence

Ce ravin peut-être notre indifférence vis à vis de Dieu, vis à vis des autres. Et cette indifférence peut survenir justement lorsque nous sommes comblés. On le voit bien dans l’Évangile du riche et du pauvre Lazare (Lc 16,19) : c’est ce ravin qui les sépare quand le pauvre est enfin dans le sein d’Abraham.
Ce ravin a été creusé par l’indifférence parce que le riche avait tout et en oubliait le Lazare à sa porte. Et c’est vrai aussi pour Dieu : L’homme comblé peut avoir bien tendance à oublier Dieu. Prenons garde à ce que cela ne devienne pas notre cas.

Les montagnes de notre orgueil

Cela peut représenter notre orgueil, notre superbe, notre manière de vouloir avoir raison, de dominer. Dieu trouvera alors plus difficilement un chemin pour accéder jusqu’à notre cœur, car nous mettons des tas de bonnes raisons qui coupent le chemin.

Les chemins tortueux : les compromissions

Si parfois nous avons un peu de mal avec la vérité, si l’on biaise un petit peu pour l’éviter parce que l’on en a peur, ou par habitude de vie.

Les routes déformées, celles de la superficialité

C’est lorsque nous nous enlisons dans nos impressions subjectives et de notre sensibilité, au lieu de nous enraciner plus profondément dans ce que nous reconnaissons comme la volonté de Dieu. On peut ainsi se rappeler de l’évangile de cette semaine dans lequel Jésus nous conseille de prendre appui sur le Roc, en écoutant et en mettant en pratique la Parole de Dieu. Tant que nous vivons selon nos émotions spontanées et nos états d’âme, tant que nous nous laissons conduire par ce qui nous plaît ou nous déplaît, le chemin reste chaotique. Voici donc les deux étapes qui peuvent nous guider dans ce temps de l’Avent :

  • prendre du temps, avoir le courage d’arrêter certaines choses pour donner du temps à Dieu,
  • relire à la lumière de la Parole de Dieu où en est le chemin d’accès de notre cœur, et de vérifier si celui-ci est vraiment accessible.

Avant de terminer, il faut que j’aille jusqu’au bout de l’histoire de la jeune femme dont je vous ai parlé au début de cette homélie : de fait, quelques mois après avoir décidé d’être plus disponible, elle a rencontré « le prince charmant » avec lequel elle se maria et eut des enfants !
Ce que je vous ai raconté était une étape parmi d’autres, mais celle-ci était importante. Et c’est ce que je peux vous souhaiter, nous souhaiter en ce temps de l’Avent : si nous prenons justement au sérieux ce que dit Saint Anthelme pour nous rendre disponibles pour Dieu, que nous entrions dans une connaissance renouvelée du Seigneur, dans une connaissance renouvelée de la tendresse de Dieu.

C’est ce que l’on peut relire dans les deux premières lectures : il y a la question de la communion qui est soulignée : dans le prophète Isaïe : le loup qui se couche près de l’agneau, le léopard près du chevreau. Cela peut être vrai dans nos familles et dans nos communautés, mais cela veut aussi dire que la connaissance du Seigneur recouvre la Terre mieux que l’eau ne recouvre le fond des mers.

La connaissance du Seigneur recouvre la Terre mieux que l’eau ne recouvre le fond des mers !

Ou encore, dans l’épître aux Romains, dans l’insistance de Saint Paul sur la communion entre les Chrétiens d’origine païenne et les Chrétiens d’origine juive : tout cela procède de la connaissance du Seigneur justement parce que nous avons eu le courage de prendre du temps pour rencontrer Dieu,

Amen !

Références des lectures du jour :

  • Livre d’Isaïe 11,1-10.
  • Psaume 72(71),1-2.7-8.12-13.17.
  • Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 15,4-9.
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 3,1-12.

En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée :
« Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche. »

Jean est celui que désignait la parole transmise par le prophète Isaïe : « À travers le désert, une voix crie : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route. »
Jean portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.
Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain venaient à lui, et ils se faisaient baptiser par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés.

Voyant des pharisiens et des sadducéens venir en grand nombre à ce baptême, il leur dit :
« Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?
Produisez donc un fruit qui exprime votre conversion, et n’allez pas dire en vous-mêmes : ’Nous avons Abraham pour père’ ; car, je vous le dis : avec les pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham.
Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu.

Moi, je vous baptise dans l’eau, pour vous amener à la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu ; il tient la pelle à vanner dans sa main, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier. Quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s’éteint pas. »

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1 réaction


11 décembre 2013 23:35, par jean-charles

Donner du temps à Dieu ,afin qu’il accède à notre coeur , c’est donner tout simplement sa vie qui peut être résumée en une fraction de seconde ;, si nous n’avons pas crainte de nous anéantir vraiment en dieu…

aplanir le chemin qui permet à dieu d’arriver à notre coeur , c’est raccourcir la distance entre lui et nous à sa plus simple expression , de rien à rien , de coeur à coeur , tout simplement en s’abandonnant totalement entre ses mains , en le laissant donner et prendre tout ce qu’il voudra. qu’il est doux de s’abandonner entre ses bras sans crainte ni désirs (Thérèse , les yeux et le coeur) laissons-le accéder une fois pour toutes à notre coeur, prendre toute la place , et même nous faire disparaître d’ un claquement de doigt , si tel est sa volonté : " quand bien-même Dieu me tuerait , j’espèrerais encore en lui ( parole de Job) Et si nous le laissons accéder à notre coeur , il s’installera en nous et sera chez lui « il est toujours vivant , vivant au Saint Sacrement , vivant au tabernacle , vivant en nos âmes ; c’est lui-même qui l’a dit :si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole et mon Père l’aimera et nous viendrons à lui et nous ferons en lui notre demeure »

C’est avec plaisir, en toute sincérité, sans fausse pudeur, avec énormément d’humilité, et avec de la joie dans mon coeur, que j’ose vous relater ce que j’ai vécu, par la Grâce de dieu, à l’occasion d’une messe , le 12 février 2012, dans la Chapelle des Clarisses de Senlis : au moment de la communion , je suis monté à l’Autel, en remettant ma vie à Dieu, et en éprouvant un très fort désir de le compter parmis mes amis , mes intimes, en lui disant : « de ma famille » , tu es en moi chez toi ! . J’ai regagné ma place immédiatement « recouvert » par la Grâce Divine ; assis à ma place , j’ai suffoqué de bonheur , en pleurant de joie à l’intérieur de moi : assis devant moi , un « personnage céleste » ( comme disait Padre Pio) , tout habillé d’un habit de lumière intense, et, entre lui et moi , à genoux, mon épouse, dans une attitude de prière, elle aussi habillée de lumière , une petite scène intime, où les personnes sont si proches que leurs épaules se touchent, et, cette sensation si furtive mais tellement intensément réjouissante d’un bonheur total, d’un amour complet d’être une seule personne en trois personnes présentes. Je n’avais pas accès pour autant à leurs échanges, mais j’avais le sentiment tout de même d’être considéré comme un acteur-spectateur privilégié, à tel point que j’avais la sensation extrêmement déroutante mais fort réconfortante de ne sentir taper qu’un seul coeur entre les trois personnes présentes ! j’ai pu « visionner » ce qui me semblait être un véritable circuit sanguin reliant les trois corps. Je suis ressorti de cette scène, dans un état d’extase, pleurant de joie à l’intérieur de mon corps, et très essoufflé pendant un bon moment. Comme le disait Sainte Claire , je crois avoir pu goûter , à ce moment là « la douceur cachée que Dieu réserve à ceux qui l’aiment » et peut-être que ce jour là, je l’ai particulièrement aimé !

Après la messe , dans la journée , le Seigneur m’a donné à lire des extraits de textes écrits par philippe Mac Leod , laïc consacré qui vit tout proche de Lourdes et qui écrit ceci : « que l’Esprit t’envahisse, qu’il devienne le fond de ta conscience , la fine pointe de ton attention , la clarté de ton regard , l’étincelle de chacune de tes pensées , qu’il ne te quitte pas un seul instant et fasse de ta chair, un membre du Fils qui grandit à travers chacun de nous dans l’épaisseur du monde comme en toi-même ; l’Esprit avance sans visage parce qu’il veut épouser tes propres formes , ce visage humain que tu pourrais aujourd’hui refuser. Aussi est-il celui qui gémit, celui qu’on oublie et qu’on invoque à tout propos, en l’apostrophant au milieu de mille distractions.Mieux même que le chanter, je te demande de prier en lui, patiemment de prier avec l’Esprit, de le laisser prendre la place qui lui revient, celle que tu occupes. »

« chaque fois que tu sentiras se nouer la communion, l’esprit est là , n’en doute pas ; chaque fois que naîtra d’un repli de ton coeur le don de l’un à l’autre, l’esprit est là qui unifie de l’intérieur. Il invente des biens qui n’existaient pas avant nous , qu’il nous appartient d’affermir et de prolonger . Nous les nommons Amour, mais sans bien en mesurer la portée ni l’étonnante nouveauté dans notre histoire , lui qui instaure la paix, lui qui rassemble dans la perfection de l’unité, depuis l’origine il conduit l’univers à son terme , du Père vers le fils et du fils vers le père . As-tu remarqué dans la trinité combien l’équilibre tient à l’unique Esprit qui demeure intérieur au père et au fils ? C’est par lui qu’ils sont un , c’est par lui , qu’à notre tour , nous devenons un en eux. » Père , qu’ils soient un comme nous sommes un " ( Jean 17-11)

De nombreux mois après , j’ai pu prendre connaissance du texte ci-après : « le18 Avril 1912 , Padre Pio, prêtre depuis deux ans, reçut le don de la »fusion des coeurs «  : »Oh, comme fut suave le dialogue que je tins avec la Paradis ce matin-là quand , ayant terminé la Messe , je m’entretiens avec Jésus et je le remerciais. Ce fut si suave que, même en voulant essayer de toit raconter, je n’y réussirais pas. Il y a des choses que l’ont ne peut pas traduire dans un langage humain sans qu’elles perdent leur profond sens céleste. Le coeur de Jésus et le mien , permettez-moi l’expression , se sont fondus. Ce n’étaient pas deux coeurs qui battaient, mais un seul . Le mien avait disparu comme une goutte d’eau se perd dans la mer … l’homme ne peut comprendre quand le Paradis se répand dans un coeur , ce mortel faible et affligé ne peut le supporter sans pleurer.

Si nous laissons Dieu accéder à notre coeur , alors nous croyons , non seulement pour savoir , pour espérer, pour témoigner , mais aussi pour voir : osons croire alors pour voir , de notre vivant , la gloire de dieu : « Marthe , je t’ai dit que si tu crois , tu verras la Gloire de dieu » (Jean 11-40)

Croire , c’est Aimer , et Aimer , c’est voir la gloire de dieu ! " Maintenant( , je n’ai plus aucun désir , si ce n’est d’aimer jésus à la folie … maintenant c’est l’abandon seul qui me guide , je n’ai point d’autre boussole ! Je puis dire ces paroles du Cantique spirituel de Notre Père , Saint-Jean de la Croix : dans le cellier intérieur de mon Bien-Aimé , j’ai bu , et quand je suis sortie, dans toute cette plaine, je ne connaissais plus rien et je perdis le troupeau que je suivais auparavant … mon âme s’est employée avec toutes ses ressources à son service, je ne garde plus de troupeau, je n’ai plus d’autre office parce que maintenant tout mon exercice est d’aimer ( Thérèse , les yeux et le coeur )

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