Serviteurs de Jésus et de Marie

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Le Fils de l’Homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu !

Homélie du 31e dimanche du Temps Ordinaire - Année C

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Écrire à l'auteur Père Vincent-Marie 5 novembre 2013
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Homélie du 31e dimanche du Temps Ordinaire - Année C

Écouter l’homélie de Père Vincent-Marie :




Chers Frères et Sœurs,

Dimanche dernier, la parabole du Pharisien et du Publicain nous incitait à choisir entre deux mentalités opposées. Aujourd’hui, l’Évangile nous parle d’un autre Publicain : le célèbre Zachée… un Publicain qui nous donne une autre leçon peu ordinaire mais d’une immense richesse.

Son nom était Zachée…

Nous sommes sur la route de Galilée, à Jéricho, à 20 km de la Ville Sainte… une route de pèlerinage que Jésus a bien souvent empruntée. Mais aujourd’hui, c’est la dernière fois, car s’Il monte à Jérusalem, c’est pour y vivre Sa propre Pâque.

Jéricho, 300 mètres au-dessous du niveau de la mer… une ville particulièrement de plaisirs pour les riches mais surtout faite de petites gens, cultivateurs et serviteurs des plus fortunés.
À peine entré dans la ville, Jésus guérit un aveugle, rapporte St Luc. L’événement s’ébruite, et voici qu’on accourt de toutes parts.

Parmi la foule, l’homme le plus connu de Jéricho, un certain Zachée, détesté de tous. Non seulement Zachée est riche, mais en plus il fait partie des Publicains, ces Juifs remettant à l’occupant romain les impôts qu’ils collectent de leurs concitoyens ; et Zachée est d’autant plus méprisé, qu’il est un chef de ces collecteurs qualifiés de traites et d’impurs parce qu’infidèles de la loi et du peuple élu et soupçonnés d’acquérir illégalement leur richesse en imposant des tarifs arbitraires. C’est donc tout Jéricho qui connait Zachée et le rejette.

Un regard bouleversant.

Au cœur de cette foule, deux regards. Celui de Zachée d’abord, brûlant de l’immense désir de voir ce Jésus qui parle comme personne, accomplit signes et prodiges et fréquente païens et pécheurs publics… Rien ne peut donc arrêter son élan, pas même les regards haineux de ces gens qui se pressent aux premiers rangs. Et voilà le petit percepteur sur son arbre perché à observer le célèbre passant. Zachée aurait-il conscience qu’il lui manque l’Essentiel… !

Mais tout aurait pu en rester là ! Car rien, absolument rien ne se serait passé si Jésus n’avait levé les yeux vers l’étrange locataire d’un sycomore. On ne saura jamais ce qui s’est passé dans la rencontre de ces deux regards, c’est le secret de Dieu. Mais ce qu’on comprend ici, c’est que Jésus ne regarde pas comme le monde. Il voit ce que personne ne voit : un cœur extraordinairement mûr pour le renversement auquel beaucoup vont assister dans quelques instants.

Et Dieu s’invite chez un pécheur.

C’est vers cet homme à qui nulle personne pieuse n’adresse la parole, nul honnête homme n’invite à sa table et dont personne n’oserait même franchir la porte de la maison, que Jésus pose son regard, appelle par son nom et chez qui il s’invite de préférence à tous les habitants de Jéricho. Et avec quelle simplicité :

Zachée, descend vite, il me faut demeurer chez toi !

Aucune morale, aucune condamnation, aucun reproche. Simplement, Jésus touche le cœur de son hôte jusque dans sa profondeur.
C’est pourquoi : Il lui « faut » aller chez Zachée, et ce il « faut » est d’autant plus merveilleux, qu’il manifeste la passion du Christ pour le salut des hommes, et pas des hommes en général, mais de chacun en particulier.
Et c’est pourquoi aussi, à travers « Zachée », c’est tout homme et chacun que Jésus rejoint, car depuis la chute des origines, Dieu ne cesse à travers les âges d’appeler l’homme :

Où es-tu ? (Gn. 3, 9).

C’est donc bien, frères et sœurs, une œuvre de Salut que Jésus accomplit en s’invitant chez Zachée.

Dès lors, comment les bons Juifs pieux, connaisseurs de la loi et témoins de la scène, pouvaient-ils oublier cette parole de la Sagesse que nous rapporte la première lecture :

Tu fermes les yeux sur les péchés des hommes, pour qu’ils se convertissent. Tu aimes tout ce qui existe, Seigneur, et ne peux avoir de répulsion envers aucune de tes œuvres.

Une contestation publique

Jésus se compromet donc pour Zachée, comme Il s’est compromis pour un autre Publicain, Matthieu, à Capharnaüm, qui fera partie des Douze et sera même auteur d’un Évangile.
C’est que la logique de Jésus n’est pas celle des préséances, des privilèges ni conformismes sociaux, fussent-ils religieux. Point d’embarras de l’opinion du temps, des préjugés ni du qu’en-dira-t-on. C’est ainsi, que Jésus est « sauveur » !

Alors « Tous récriminent »… Le plus terrible, frères et sœurs, c’est le « Tous » car ce « tous » nous dit que personne n’échappe à la manière commune de regarder. Ce n’est pas forcément méchant, mais c’est superficiel. Et c’est superficiel parce qu’une foule ne peut pas voir le cœur d’un Zachée, ni le cœur de Jésus.

Et voilà, comment accueil, bienveillance, miséricorde et pardon révèlent la Bonne Nouvelle du miracle de l’ « impossible salut d’un riche » (Lc 18, 27).
Frères, en faut-il plus pour comprendre que « Le Fils de l’Homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » ?

Une vie retournée en un regard

Et quel regard ! Non pas celui de la jalousie, ni l’éclair, destructeur, du soupçon ou du mépris, mais le regard attentionné, respectueux, vibrant d’amour et de miséricorde, auquel s’ajoute le geste d’une invitation-surprise

« Incroyable mais vrai » : car, désormais c’est un homme « nouveau » qui retourne sa bourse avec la folle générosité de l’amour, jusqu’à rendre aux autres « quatre fois plus pour le tort qu’il leur a fait ».

Mais le plus beau de cette conversion est encore que : de centré et enfermé sur lui-même qu’il était, Zachée entre dans l’amour vrai qui libère, tourne vers les autres, et fait connaître le véritable bonheur auquel il aspirait au plus profond de lui.

Oui « Aujourd’hui le salut est entré dans cette maison… » Et c’est pourquoi, frères et sœurs, la liturgie nous invite en ce jour à joindre notre voix à celle du Psalmiste pour chanter avec lui !

Combien, le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour…

Conclusion :

Alors, frères et sœurs, pour conclure : Que nous dit aujourd’hui cette rencontre de Jéricho ?

  • Tout d’abord : que chacun est unique !
    Oui, comme Zachée, chacun de nous a une identité, un nom, une situation sociale et professionnelle, des racines familiales, une histoire. Devant ce Dieu qui nous aime, nous connaît personnellement et nous a revêtu de dignité comme St Paul le rappelle aux Thessaloniciens ; demandons-nous si nous avons autant d’audace, de liberté et de loyauté que Zachée dans notre recherche du Christ et dans la confession de nos fautes.
  • Mais encore, en regardant Zachée, la question que chacun peut se poser est peut-être déjà celle-ci : quel Dieu cherches-tu ? Un dieu dans les hauteurs ! Un dieu dans les nuages ! Mais peut-être cherches-tu aussi un dieu régent à la « Jupiter » ? Cependant, c’est en bas que Dieu te rejoint chacun, en Jésus-Christ, Homme parmi les hommes, et le voici sur ton chemin qui s’invite chez toi pour un tête à tête personnel, intime et durable.
  • Mais aussi, frères et sœurs, Zachée, n’est-il pas encore symbole de ce mal qui ronge notre humanité et enferme plus ou moins chacun dans sa mentalité morbide ? Avec ses menaces de destructions atomiques et bactériologiques, avec sa dramatique désintégration morale qui détruit la vie de l’intérieur quand ce n’est pas dès sa conception ; et toutes ces violences d’Afrique, de Syrie, de Chine, du Mali et d’ailleurs…

Ce monde passe son temps à « se perdre » et se détruire ! Il lui manque l’Essentiel… comme c’est dommage ! Et alors « Que fait Dieu devant tant de gâchis » dit-on ?
Loin d’abandonner son œuvre au triste sort de sa rage mortelle, Dieu regarde l’homme, Dieu se penche sur l’homme, Dieu s’abaisse vers l’homme jusqu’à descendre dans l’abime, Dieu s’invite chez l’homme pour s’assoir à sa table et lui offrir le Salut
Car Dieu sait que malgré le péché qui pousse ses fils à le fuir, leurs yeux ne pourront jamais se résigner à la nuit tant ils sont créés pour voir la lumière de Sa Face.

Frères et sœurs, sur notre route, depuis les profondeurs de Jéricho, ce lieu le plus bas où vivent des hommes, Jésus rejoint tous et chacun dans cet instant, et le regarde avec la tendresse du Père en lui disant : « Je suis venu chercher et sauver ce qui était perdu ».

Amen !

Références des lectures du jour :

  • Livre de la Sagesse 11,23-26.12,1-2.
  • Psaume 145(144),1-2.8-9.10-11.13cd-14.
  • Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 1,11-12.2,1-2.
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 19,1-10.

Jésus traversait la ville de Jéricho.
Or, il y avait un homme du nom de Zachée ; il était le chef des collecteurs d’impôts, et c’était quelqu’un de riche. Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il n’y arrivait pas à cause de la foule, car il était de petite taille.
Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui devait passer par là.

Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et l’interpella :
« Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. »
Vite, il descendit, et reçut Jésus avec joie.

Voyant cela, tous récriminaient : « Il est allé loger chez un pécheur. »
Mais Zachée, s’avançant, dit au Seigneur : « Voilà, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus. »

Alors Jésus dit à son sujet :
« Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham. En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »

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1 réaction


9 novembre 2013 23:46, par jean-charles

Sur ce chemin de Jéricho , comme sur tous les chemins de nos vies , " il s’opère non pas une montée mais une descente vertigineuse sur ce sentier de l’abîme qui est Dieu. Laissons - nous glisser sur cette pente dans une confiance toute pleine d’amour. Alors se produira le choc divin , L’abîme de notre néant, de notre misère, se trouvera en tête à tête avec l’abîme de la miséricorde, de l’immensité du tout de Dieu. Elisabeth dit : tu dois étaler ta misère comme Madeleine aux pieds du Maître, et lui demander qu’il te délivre. Il aime tant voir une âme reconnaître son impuissance ; alors comme disait Sainte Angèle de Foligno , l’abîme de l’immensité de Dieu se trouve en tête à tête avec l’abîme du néant de la créature, et Dieu étreint ce néant " ( Sainte Elisabeth de la Trinité , une femme pour le XXI ème siècle)

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