Serviteurs de Jésus et de Marie

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Homélie du 2e dimanche de l’Avent

Homélie du 2e dimanche de l’Avent - Année B

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Écrire à l'auteur Père Pierre-Marie 12 décembre 2011
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Le Temps de l’Avent : le temps de la conversion

Homélie de Père Pierre-Marie

Écouter l’homélie :




Texte de l’homélie :

Chers frères et sœurs,

Les lectures de ce dimanche sont très clairement une invitation à la conversion. Mais, qu’est-ce que la conversion ? Quelles peuvent en être les étapes ?

Le prophète Isaïe nous en parle à sa manière : « Tout ravin sera élevé, toute montagne sera abaissée ». C’est d’abord la prise de conscience que, dans nos vies, notre humanité est faite « de creux et de bosses ». En effet, nous agissons souvent par défaut ou par excès. La conversion apparaît alors comme une stabilité d’âme, une attitude intérieure qui permette au Seigneur d’agir en nous. Mais, il ne s’agit pas simplement de voir nos défauts, nos excès, mais de discerner où faire porter l’effort. Nous pouvons avoir une attitude de découragement en ne sachant pas par où commencer : ma sensibilité, mon caractère, mes relations conflictuelles avec les autres ? Oui, nous qui nous sommes éloignés de Dieu, nous avons besoin d’une conversion pour nous « tourner vers » Celui qui est capable de nous donner le Salut.

Quelques pistes pour avancer dans ces semaines de l’Avent :

Choisir une petite chose accessible :

Ce premier petit pas peut nous servir à discerner où sont nos espaces de liberté : Par exemple, quelqu’un qui serait colérique n’a pas forcément beaucoup d’espace de liberté lorsque la moutarde lui monte au nez : il est dépassé par ses propres émotions. En revanche, lorsque la tempête est passée, lorsqu’il s’est rendu compte qu’il a dit des paroles qui dépassaient sa pensée, il, elle, est alors beaucoup plus maître de lui-même, d’elle-même pour aller voir le frère, la sœur, et demander pardon. De même, une personne alcoolique n’est pas vraiment libre face à la bouteille. Cependant, quand elle sort de chez elle, il y a un chemin qui passe devant le bar, et l’autre non, l’espace de liberté est alors situé avant.

Il nous faut certes repérer les creux et les bosses, mais aussi les petites actions accessibles où j’ai une capacité d’action. C’est cela qui va nous permettre de grandir spirituellement et de demander la grâce pour que notre liberté puisse s’exercer dans le sens du bien.

Repérer nos espaces de liberté pour progresser sur le chemin de la conversion :

Dans la confession, on demande le pardon des péchés, mais ne sont-ils pas justement des actes libres ? Demandons alors pardon de ne pas avoir choisi l’acte bon, que nous avions pourtant repéré, mais dont nous nous sommes détournés gagnés par paresse, c’est là le sens de pêcher par omission. Demandons alors la grâce du Seigneur dans ces espaces où nous avons la capacité d’agir. Il ne suffit pas de voir, de mettre en œuvre nos efforts pour telle ou telle partie de notre tempérament pour le réformer. On voit bien que, de confession en confession, nous revenons sur les mêmes choses (heureusement sans grande originalité !). Le Seigneur peut nous apporter son secours à ce moment-là justement, dans cet endroit de notre âme où nous avons de la misère à nous tourner vers Lui, prisonniers d’une forme d’idolâtrie.

Parmi nos contemporains, il n’y a plus ce sens du péché, et encore moins ce sens du Salut, dans la conviction que sans l’aide de Dieu nous n’y arriverons pas, que le Christ est venu réconcilier l’homme avec Dieu, venu réconcilier tout l’Univers avec le Créateur.

Nous devons prendre conscience que nous ne sommes pas seuls. Nous rappeler lorsque nous sommes gagnés par le découragement, que le Salut est à notre portée, grâce au Christ qui est venu au moment de la nuit de Noël. Déjà dans le sein de la Vierge Marie, il est venu rendre possible une espérance.

Profiter des sacrements comme autant d’outils spirituels à notre disposition :

  • Le temps de l’Avent est un temps pour demander la grâce du Seigneur, mais aussi pour vivre le sacrement de réconciliation. Nous avons cette chance dans notre église de pouvoir entendre personnellement ces mots dans la bouche du prêtre dans la confession : « Tes péchés te sont pardonnés », en prenant la même parole de Jésus. Nous pouvons alors avoir cette certitude intérieure d’avoir reçu le pardon des péchés.
  • Nous disposons de multiples outils spirituels pour recevoir la miséricorde du Seigneur. C’est aussi le cas de l’Eucharistie : nous pouvons demander de communion en communion des fruits sur telle ou telle partie de la conversion qui reste encore à faire dans notre propre cœur, et de nous aider à gagner en espace de liberté intérieure, de ne pas nous laisser mener par nos démons intérieurs : attitudes d’orgueil, de vanité, si courants dans le monde…
  • C’est pour cela que nous venons à la messe, de communion en communion, non pas que nous soyons meilleurs que les autres, mais au contraire, peut-être, parce que nous prenons conscience que nous avons encore beaucoup de travail sur nous-même. Ce travail, c’est la grâce de Dieu, avec la coopération de l’homme, qui peut l’accomplir en chacun de nous.

Demandons, en ce temps de l’Avent, de repartir vraiment dans cette confiance de la miséricorde, et d’avoir cette certitude que nous ne sommes pas seuls face à nos propres difficultés, mais que le Seigneur vient à notre secours

Ah ! Si Tu déchirais les Cieux, et si Tu descendais…

Oui, cela s’est accompli dans le mystère de l’Incarnation, dans le mystère de Noël : le Seigneur vient prendre sur ses propres épaules lors de la nuit de Pâques, cette grâce de la réconciliation. Il prend sur lui nos péchés.

Alors demandons que ce salut soit plus présent dans notre vie, de voir cette main secourable qui se tend vers nous, comme lorsque que l’on veut secourir un noyé. Comment vivons-nous notre salut : dans une prière qui ronronne, ou plutôt dans l’appel de la grâce comme celui qui se noie et qui demande à quelqu’un de le secourir ? Demandons au Seigneur de reprendre conscience à la fois du sens péché et de la miséricorde , et en même temps que la grâce de Noël nous prépare aussi à une anticipation du Ciel, à cette Terre Nouvelle et à ces Cieux nouveaux

Amen.

Références des lectures du jour :

  • Livre d’Isaïe 40,1-5.9-11.
  • Psaume 85(84),9ab-10.11-12.13-14.
  • Deuxième lettre de saint Pierre Apôtre 3,8-14.
  • Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,1-8.

Commencement de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, le Fils de Dieu.
Il était écrit dans le livre du prophète Isaïe : Voici que j’envoie mon messager devant toi, pour préparer la route.
A travers le désert, une voix crie : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route.

Et Jean le Baptiste parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés.
Toute la Judée, tout Jérusalem, venait à lui. Tous se faisaient baptiser par lui dans les eaux du Jourdain, en reconnaissant leurs péchés.
Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins, et il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.
Il proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales.

Moi, je vous ai baptisés dans l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

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