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Le chemin de foi de l’aveugle né est aussi le nôtre…

Homélie du 4e dimanche de Carême - Année A

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Écrire à l'auteur Père Stéphane-Marie 1er avril 2014
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Homélie du 4e dimanche de Carême :

Écouter l’homélie de Père Stéphane-Marie :




Chers amis,

Pour faire un bon Carême, nous n’avons pas à faire un tête longue de six pied six pouces ? est-ce une « face de Carême » ?
Et même si nous avons choisi des faire des efforts, comme nous y avons été invités mercredi des cendres, afin d’améliorer la communion avec Dieu dans la prière, les relations avec les autres par le partage, avec soi-même dans le jeune et la maîtrise de soi. Et si nous ne l’avons pas fait, il est encore temps, car nous n’en sommes qu’à la moitié du parcours.

Pour bien choisir ses efforts, il faut bien les centrer sur ce qui nous convient en propre. Pendant tout ce Carême, la liturgie nous donne d’approfondir ce que va célébrer la Pâque – la mort et la Résurrection de Jésus – appliquée à nous par la grâce de notre baptême.

Voir avec les yeux du cœur

En ce dimanche de l’aveugle né, ce passage d’évangile que nous venons de lire montre cette démarche de la Foi qui est l’illumination ; croire - c’est à dire voir, chez Saint Jean - et adhérer, se laisser illuminer. Apprendre à voir avec les yeux du cœur, comme le disait la première lecture, et non pas en choisissant de l’extérieur.

Le pauvre Samuel qui voit passer tous les fils de Jessé : il voit avec le cœur. Il voit comme le Seigneur lui indique, et petit à petit, il avance jusqu’à choisir David.

Ce texte nous montre tout le processus de la foi à accomplir pendant cette semaine, comme nous le faisons avec les textes du dimanche : les approfondir et les mettre en pratique pour qu’ils deviennent vivants.
Il est beau de voir cet homme touché, guéri par Jésus, progresser dans sa foi, dans son regard sur Jésus.
Il faut commencer par regarder le Seigneur, prendre du temps pour Lui, se laisser toucher par Lui. Il faut savoir s’arrêter, revenir, et se situer au centre de soi-même.

Le regard de l’aveugle va évoluer tout au long de ce passage. Si l’on reprend le texte, on se rend bien compte qu’il voit d’abord Jésus comme un homme :

  • « l’homme qu’on appelle Jésus a fait de boue »…
  • puis : « c’est un prophète », dit-il, lorsqu’il est interrogé et qu’on lui demande ce qu’il dit de Jésus
  • ensuite : « si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire » ; il le voit donc comme l’Envoyé, ce grand titre donné au Messie,
  • et dans la rencontre finale avec Jésus : il le reconnaît comme le fils de l’homme, le Seigneur qui vient vers nous et nous établit dans Son Royaume, qui nous fait vivre aujourd’hui de Son Royaume.

Telle est la grâce de la Pâque.

La conversion pour une vie nouvelle

Vous l’avez entendu comme un refrain dans l’Épître aux Éphésiens (chapitres 2 et 3), le Baptême marque un temps nouveau dans notre vie :
« Autrefois, nous étions pêcheurs ; maintenant nous avons été ressuscités ».
« Autrefois, vous étiez ténèbres ; aujourd’hui, vous êtes devenus lumière ».
Et si l’on poursuit la lecture, chaque fois que reviennent ces mots dans l’Épitre aux Éphésiens, « autrefois / Maintenant », c’est « pour que vous puissiez porter du fruit en abondance ». Ce sont des œuvres de communion, des œuvres qui apportent, qui font vivre le Seigneur au milieu de nous, dans notre cœur, et autour de nous.

Comme nous le rappelait le premier dimanche de Carême, nous pouvons être tentés…

  • Tentés d’avoir plein de voix qui nous donnent pleins d’avis différents sur le Seigneur. Comme les personnages qui sont autour de Jésus dans cet évangile, et restent incrédules : « c’est lui ? ce n’est pas lui ! ». Cela résonne bien avec notre doute systématique franco-français qui conteste et remet en questions !
    Nous sommes invités à ne pas en rester là, et à avancer dans la recherche de la Vérité.
  • Comme les parents de cet aveugle, nous pouvons avoir peur, ne pas oser nous déclarer pour le Seigneur, que ce soit intérieurement, ou aux milieu des autres. Or, nous le savons, notre foi ne grandit que lorsque nous pouvons l’affirmer et poser des actes de foi à la suite du Seigneur.
  • Comme les pharisiens, lorsqu’ils remarquent que Jésus ne respecte pas scrupuleusement les lois comme eux l’ont entendu et interprété, et qu’ils tatillonnent à propos du Sabbat. Du haut de ce que nous connaissons, nous pouvons avoir une intelligence fermée qui ne recherche plus la vérité et conduit finalement à mettre de côté le Seigneur.

Alors, nous tombons sur le jugement – ou remise en cause – que Jésus nous montre et que nous voyons bien dans nos relations fraternelles, en face de la réalité, ou en face du Seigneur Dieu Lui-même : si nous nous posons en « je sais déjà tout » et nous enfermons dans cela, nous ne sommes que des aveugles. Comme le dit Jésus, « notre péché demeure ».
Et nous restons dans un état de séparation – et non de communion - d’avec le Seigneur, d’avec les autres et d’avec nous-même.

Demandons la grâce au Seigneur de pouvoir laver nos yeux.
Que nous puissions trouver cette eau pure dans notre cœur et dans nos partages.
Que nous puissions grandir dans notre foi pour qu’en cette nuit de Pâques, comme en ce dimanche ensoleillé, entrer dans cette joie plénière, dans cette grâce de Dieu, du Seigneur qui est avec nous, en nous, qui nous transfigure chaque jour.

Amen.

Références des lectures du jour :

  • Premier livre de Samuel 16,1b.6-7.10-13a.
  • Psaume 23(22),1-2ab.2c-3.4.5.6.
  • Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 5,8-14.
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 9,1-41.

En sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme qui était aveugle de naissance.
Ses disciples l’interrogèrent :
— « Rabbi, pourquoi cet homme est-il né aveugle ? Est-ce lui qui a péché, ou bien ses parents ? »
Jésus répondit :
— « Ni lui, ni ses parents. Mais l’action de Dieu devait se manifester en lui.
Il nous faut réaliser l’action de celui qui m’a envoyé, pendant qu’il fait encore jour ; déjà la nuit approche, et personne ne pourra plus agir.
Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. »
Cela dit, il cracha sur le sol et, avec la salive, il fit de la boue qu’il appliqua sur les yeux de l’aveugle, et il lui dit :
— « Va te laver à la piscine de Siloé » (ce nom signifie : Envoyé).
L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait.

Ses voisins, et ceux qui étaient habitués à le rencontrer - car il était mendiant - dirent alors :
— « N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? »
Les uns disaient : « C’est lui. » Les autres disaient : « Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. »
Mais lui affirmait : « C’est bien moi. »
Et on lui demandait : « Alors, comment tes yeux se sont-ils ouverts ? »
Il répondit :
— « L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, il m’en a frotté les yeux et il m’a dit : ’Va te laver à la piscine de Siloé. ’ J’y suis donc allé et je me suis lavé ; alors, j’ai vu. »
Ils lui dirent :
— « Et lui, où est-il ? »
Il répondit :
— « Je ne sais pas. »
On amène aux pharisiens cet homme qui avait été aveugle. Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux.
A leur tour, les pharisiens lui demandèrent :
— « Comment se fait-il que tu voies ? »
Il leur répondit :
— « Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et maintenant je vois. »
Certains pharisiens disaient :
— « Celui-là ne vient pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. »
D’autres répliquaient :
— « Comment un homme pécheur pourrait-il accomplir des signes pareils ? »
Ainsi donc ils étaient divisés. Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle :
— « Et toi, que dis-tu de lui, puisqu’il t’a ouvert les yeux ? »
Il dit :
— « C’est un prophète. »

Les Juifs ne voulaient pas croire que cet homme, qui maintenant voyait, avait été aveugle. C’est pourquoi ils convoquèrent ses parents et leur demandèrent :
— « Cet homme est bien votre fils, et vous dites qu’il est né aveugle ? Comment se fait-il qu’il voie maintenant ? »
Les parents répondirent :
— « Nous savons que c’est bien notre fils, et qu’il est né aveugle.
Mais comment peut-il voir à présent, nous ne le savons pas ; et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas non plus. Interrogez-le, il est assez grand pour s’expliquer. »
Ses parents parlaient ainsi parce qu’ils avaient peur des Juifs. En effet, les Juifs s’étaient déjà mis d’accord pour exclure de la synagogue tous ceux qui déclareraient que Jésus est le Messie.
Voilà pourquoi les parents avaient dit : « Il est assez grand, interrogez-le ! »

Pour la seconde fois, les pharisiens convoquèrent l’homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent :
— « Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. »
Il répondit :
— « Est-ce un pécheur ? Je n’en sais rien ; mais il y a une chose que je sais : j’étais aveugle, et maintenant je vois. »
Ils lui dirent alors :
— « Comment a-t-il fait pour t’ouvrir les yeux ? »
Il leur répondit :
— « Je vous l’ai déjà dit, et vous n’avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous m’entendre encore une fois ? Serait-ce que vous aussi vous voulez devenir ses disciples ? »
Ils se mirent à l’injurier :
— « C’est toi qui es son disciple ; nous, c’est de Moïse que nous sommes les disciples. Moïse, nous savons que Dieu lui a parlé ; quant à celui-là, nous ne savons pas d’où il est. »
L’homme leur répondit :
— « Voilà bien ce qui est étonnant ! Vous ne savez pas d’où il est, et pourtant il m’a ouvert les yeux.
Comme chacun sait, Dieu n’exauce pas les pécheurs, mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce.
Jamais encore on n’avait entendu dire qu’un homme ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance.
Si cet homme-là ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. »
Ils répliquèrent :
— « Tu es tout entier plongé dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? »
Et ils le jetèrent dehors.
Jésus apprit qu’ils l’avaient expulsé. Alors il vint le trouver et lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? »
Il répondit :
— « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? »
Jésus lui dit :
— « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. »
Il dit :
— « Je crois, Seigneur ! », et il se prosterna devant lui.
Jésus dit alors :
— « Je suis venu en ce monde pour une remise en question : pour que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. »
Des pharisiens qui se trouvaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent :
— « Serions-nous des aveugles, nous aussi ? »
Jésus leur répondit :
— « Si vous étiez des aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : ’Nous voyons ! ’ votre péché demeure. »

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