Serviteurs de Jésus et de Marie

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Rendez vous

Le témoignage de l’amour, c’est la joie !

Homélie de mariage (septembre 2014)

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Écrire à l'auteur Père Pierre-Marie 14 novembre 2014
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Homélie du mariage de Thomas et de Marine (septembre 2014)

Écouter l’homélie de Père Pierre-Marie :




Cher Thomas, chère Marine,
Chers amis et famille qui êtes venus entourer les fiancés de votre présence et de votre affection,

Il est important de porter un regard sur les lectures que les fiancés ont choisies et que vous retrouvez dans vos carnets. En effet, lorsque nous avons préparé cette célébration, et de façon générale toute la messe de mariage, je leur ai suggéré de prendre des lectures qui soient des lumières pour leur vie matrimoniale et familiale.

Nous le savons, le parole de Dieu n’est pas une parole humaine, mais une parole vivante qui nous accompagne. Et, suivant les circonstances de notre vie, nous pouvons les recevoir de façons différentes : que nous soyons dans l’épreuve ou dans la joie, que nous soyons dans la tristesse ou l’allégresse, la parole de Dieu nous parle.
Et ces paroles que Thomas et Marine ont choisies, leur parlent aujourd’hui, mais nous parlent aussi à nous, et en particulier à ceux d’entre vous qui ont choisi de vivre la vie de couple. Ainsi, Saint Paul nous le dit et nous le répète dans la première :

Soyez toujours dans la joie. Laissez-moi vous le redire : soyez dans la joie !

Il est important de se le redire : le témoignage de l’amour, c’est la joie. Et la joie dont vous pouvez témoigner, Thomas et Marine, c’est d’être ensemble. C’est cela, qui de façon claire et nette va témoigner auprès de vos proches et de vos amis : vous vous aimez. La joie, c’est le retentissement de l’amour, la surabondance de l’amour. Et cette joie que vous voulez vous témoigner l’un en face de l’autre - comme futurs époux puis époux, et nous comme baptisés - cette joie est témoin du Seigneur.

Pourquoi est-ce si important que l’apôtre Paul le redise par deux fois ? C’est dans doutes parce que nous nous laissons aller à la tristesse, au découragement et à une forme de désespérance étant tentés de nous demander à quoi bon changer, à quoi bon s’engager car l’autre ne changera pas. L’autre se transforme peu à peu en une liste de défauts à force de vie commune, et nous perdons la joie d’être ensemble.

Comme il est important de redécouvrir cette joie d’être ensemble comme communauté chrétienne, comme couple – Thomas et Marine – et comme famille ensuite. Parce que c’est comme cela que vous témoignerez du Seigneur : c’est vraiment dans cette allégresse qui n’est pas une joie béate, qui ne fait pas fi des difficultés de la vie ensemble.

Moi-même qui suis religieux et qui vis en communauté avec d’autres frères que je n’ai pas choisis – à la différence des couples qui se sont choisis l’un l’autre – je vois bien que la vie commune est difficile. Cependant, je crois aussi que de vivre ensemble dans la joie est un signe de l’évangile.
Dans notre règle de vie comme Serviteur de Jésus et de Marie, selon laquelle nous faisons profession dans notre communauté, il est dit dans un passage qui me touche beaucoup :

Pour rapprocher les hommes les uns des autres, nous choisissons de vivre en communauté.

Ainsi, la vie du couple qui vit dans l’allégresse est un signe qui rapproche les personnes humaines les unes des autres, qui dit que la vie ensemble est possible, la vie ensemble comme différents : différence homme/femme, différence d’éducation comme il est normal d’en avoir, même si, Thomas et Marine, vous avez beaucoup de points communs. Vous vous dites : « Nous choisissons de vivre une vie commune dans la joie, et même avec nos différences, nous croyons que cela est possible. »
Et, nous croyons que c’est possible non pas par nos forces, et uniquement à travers nos psychologies plus ou moins blessées et équilibrées, mais par la grâce du Seigneur. C’est pourquoi Thomas et Marine sont devant l’autel du Seigneur, c’est parce qu’ils veulent dire devant l’assemblée qu’il est possible de s’aimer, et qu’il est possible d’être dans la joie, et de s’accueillir tel que l’on est, et que cet accueil nous donne une allégresse et nous réjouit.

C’est un premier point. Et ceux d’entre vous qui sont déjà en couple, qui êtes mariés et avez éventuellement reçu le sacrement du mariage, il est bon que vous puissiez vous rappeler que vous choisissez d’être témoin de la joie, de la joie du Seigneur qui vous a appelés. La vie matrimoniale est un véritable appel - comme la vie religieuse est aussi un appel – ainsi, Thomas et Marine, vous avez été appelés à fonder un foyer, et plus tard une famille…
Mais, cet appel du Seigneur est d’abord un appel au bonheur, un appel à la joie.

La joie promise dès maintenant

C’est important pour notre monde qui éprouve une certaine tristesse, un certain « à-quoi-bonnisme » (à quoi bon faire des efforts ? à quoi bon être agréable ? à quoi bon s’engager ?). A cela, nous répondons que le fait de s’engager, le fait de s’aimer l’un l’autre a une valeur en tant que tel, car cela redonne une espérance, l’espérance que la vie ensemble, la vie commune est possible. Bien entendu, nous ne sommes pas exempts de défauts, nous ne sommes pas préservés de difficultés et nos psychologies blessées nous rappellent bien que nous avons à cheminer.
Durant cette préparation au mariage, nous avons souligné avec Thomas et Marine les points sur lesquels ils doivent faire des efforts pour que leur vie commune soit encore plus rayonnante. Ils les ont accueillis, car la vie commune demande une conversion du cœur, de transformer notre cœur de pierre en cœur de chair.
Oui, c’est vrai que nous avons des efforts à faire pour vivre ensemble et témoigner de la joie, mais nous croyons que c’est possible. C’est cela qui est important : nous croyons que c’est possible par la grâce de Dieu. Non pas par nos forces humaines, mais c’est possible de témoigner de la joie, homme et femme, unis pour toujours ; et toujours veut dire longtemps, d’autant plus que la durée de vie s’allonge largement. Et lorsque vous vous engagez, cher Thomas, chère Marine, vous en « prenez » au bas mot pour 50 ans, et vous nous dites : « Nous croyons que c’est possible ». Thomas et Marine nous disent que oui, pour les cinquante prochaines années, jusqu’à ce que la mort nous sépare, nous puissions être dans la joie.

Voyez-vous le défi que c’est pour chacun d’entre nous ? vous voyez l’enjeu dans notre vie ? et c’est pour cela que cela fait du bien de vous voir dans cette église aujourd’hui, Thomas et Marine, parce que cela nous renvoie nous-mêmes à nos engagements, que ce soit engagements de couple, engagement dans la vie sociale, dans la vie économique, engagement dans la vie religieuse : cela nous renvoie à nos engagements : Oui, c’est possible d’être dans la joie sur la durée.

La durée… il est vrai que c’est parfois ce qui émousse l’amour et les plus grands émerveillements, ce qui flétrit les plus grandes actions de grâce… Et bien, au contraire, l’Apôtre Paul nous dit :

Le Seigneur est proche, ne soyez inquiets de rien !

On pourrait faire l’objection que l’Apôtre Paul était un peu trop loin des réalités de ce bas monde pour pouvoir parler comme cela, mais ne croyez pas qu’il « planait ». Tout d’abord, il a connu la vie commune, puis, avec Saint Pierre, il n’était pas toujours sur la même longueur d’onde : pour saints qu’il soient, ils étaient en désaccord sur un certain nombre de points, si bien qu’il y a eu le concile de Jérusalem pour savoir s’il fallait recevoir la circoncision, est-ce qu’il fallait suivre la loi juive en ce qui concerne l’alimentation (viandes impures, etc…). C’est en connaissance de cause qu’il disait : « Ne soyez inquiets de rien, le Seigneur est proche ! »

Qu’est-ce qui différencie l’homme et la femme de Foi de l’homme et la femme qui n’ont pas la Foi ?

Ce ne sont pas les actes : dans un cas comme dans l’autre, on peut faire des bonnes choses. La différence est avant tout la confiance. Thomas et Marine, vous nous dites aujourd’hui l’importance de la confiance dans nos vies, dans vos vies à vous. Vous ne savez pas de quoi l’avenir sera fait, vous avez certes quelques perspectives sur le plan professionnel, vous avez des engagements, mais qui peut dire ce qu’il se passera dans 10, 20 ou 30 ans ce que sera votre couple ?
A votre tour, vous nous dites : « Ne soyez inquiets de rien ! ». Non pas parce que vous n’êtes pas au fait des difficultés de couples et des échecs, mais parce que vous croyez que le Seigneur est proche, qu’il vous accompagne, qu’il est près de vous et qu’il vous soutient.
C’est cela avoir la Foi : avoir la Foi, c’est avoir la confiance, c’est faire confiance à quelqu’un qu’on appelle le Seigneur pour ceux qui croient, à quelqu’un qui est plus grand que nous, et nous emmène plus loin que nous-mêmes.

Alors oui, c’est un défi ! la confiance est toujours un défi. C’est toujours une manière de se mettre sous le regard du Seigneur. Et, pour vous qui avez reçu le sacrement du mariage, souhaitez le recevoir ou vivre une vie de couple stable et fidèle, vous savez combien il est important de faire confiance, de se remettre dans les bras du Seigneur en disant : « ce couple que nous formons ou que nous voulons former, nous te l’offrons. Non pas parce que nous sommes meilleurs que les autres : Thomas et Marine ne sont pas meilleurs que nous et nous pas meilleurs qu’eux ; il sont là dans une démarche de Foi pour nous rappelant l’essentiel de la vie et que l’amour est source de joie aussi parce qu’il choisit de faire confiance. Il ne se préoccupe pas.

Une chose est de s’occuper de – oui, vous vous occupez de votre vie professionnelle (de la pharmacie et de l’expertise comptable), de vos engagements comme adultes responsables sans se préoccuper – une autre chose est de se préoccuper : cela va de pair avec une certaine angoisse. Ce n’est pas pareil d’être inquiet et d’être responsable.
Et la confiance, c’est la manière d’être le plus responsable , c’est de se remettre face au Seigneur. De même, la plus grande irresponsabilité, c’est mettre de côté la vie spirituelle. Car c’est faire confiance en ses propres forces seulement. Or, nous le savons, nos propres forces sont très limitées, nos psychologies sont blessées, notre confiance va et vient, noter joie est au rendez-vous ou pas.

La joie jaillit de la bonne nouvelle

Alors oui, à travers cette lettre de Saint Paul Apôtre au Philippiens, redire : « Le Seigneur est proche », et Thomas et Marine nous le redisent. Les uns pour les autres, nous voulons nous le redire : « Le Seigneur est proche de chacun ». D’où que vous veniez du point de vue spirituel, où que vous soyez dans votre vie de Foi, ou si vous n’avez pas la Foi, je ne vous connais pas, mais je vous dis au nom de l’Apôtre Paul : Le Seigneur est proche de chacun, que vous croyiez en Lui ou pas. Et c’est parce qu’il est proche de chacun que vous ne devez être inquiets de rien, que vous pouvez vous remettre, comme l’enfant dans les bras de sa mère, comme le dit le psaume.

C’est pourquoi nous voulons chanter cette joie du Seigneur, le redire avec confiance, car c’est la confiance est la plus attaquée car nous voulons tout maîtriser. Notre orgueil nous pousse à avoir les rennes dans le sens du risque zéro, de ne rien laisser au hasard et que tout soit sous notre contrôle ; Mais, la vie n’est pas comme ça ! Mes amis, qui peut dire que dans 10 minutes, il vivra encore ?
Bien entendu, je souhaite une longue vie au futurs mariés, mais qui connaît l’avenir même proche ? un accident est si vite arrivé… C’est ainsi que nous choisissons de faire confiance.

Oui, frères et sœurs, Thomas et Marine veulent être un homme et une femme de Foi parce que je suis témoin de leur cheminement. Dans une grande simplicité et dans une grande vérité, ils se sont préparés pour ce jour. Et pour moi, prêtre, cela a été une grande joie de les accompagner et j’espère les accompagner encore. Ils ont choisi de faire confiance. La confiance, c’est capital ! c’est ce qui bâtît une vie, c’est ce qui fonde un foyer, c’est ce qui soutient une famille. Merci Thomas et Marine de nous le rappeler. Vous le appelez à chacun d’entre-nous.
Puissions-nous aussi le mettre en pratique là où nous sommes, dans notre vie spirituelle, notre vie humaine. Puissions-nous aussi le mettre en pratique comme exercice de la joie dans notre vie spirituelle et dans notre vie humaine. Que nous ne nous laissions pas entraîner par le découragement, que nous ne laissions pas entraîner par la tristesse, l’« à-quoi-bonnisme », comme une manière de vivre qui n’est pas évangélique, mais qu’au contraire, face à la parole de Dieu, et parce que Dieu est là au cœur de notre vie – « le Seigneur est proche ! » - nous croyons qu’un engagement pour toujours a du sens, parce que c’est un engagement dans la confiance,

Amen !

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