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Marcher dans la confiance les yeux fixés sur le Seigneur

Homélie de mariage de Dorothée et Baptiste - Septembre 2016 - Père Pierre-Marie

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Écrire à l'auteur Père Pierre-Marie 3 octobre
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Le couple, en marchant dans la confiance, les yeux dans les yeux de Jésus, pourra traverser les tempêtes

Écouter l’homélie :




Texte de l’homélie :

Voilà un texte, chers amis, qui est assez original pour des noces !

Bien souvent nous entendons « les noces de Cana », nous entendons « la maison fondée sur le roc », ou parfois l’abandon à la Divine Providence, ou le commandement nouveau dans saint Jean « aimez-vous les uns les autres », mais il est rare que les fiancés choisissent une telle lecture, « la tempête apaisée », où Jésus invite ses disciples à marcher sur l’eau.

Lorsque les fiancés ont choisi cette lecture, et les lectures de leur célébration, je leur ai donné un critère : que ces lectures soient pour eux une lumière, que ces lectures puissent éclairer leur vie, non seulement matrimoniale, mais familiale, et qu’ils puissent s’y référer le cas échéant, lorsqu’ à travers certains événements de leur existence, ils auront besoin d’être éclairés par la Parole de Dieu.
Parce que nous savons que la Parole de Dieu est Lumière : elle agit, elle éclaire les situations, quelles que soient les circonstances.

Et peut-être nous pourrions, vous pourriez, pour ceux d’entre vous qui ont reçu déjà ce sacrement du mariage, faire mémoire de la Parole de Dieu que vous avez choisi au moment de vos noces, la relire et voir en quoi cette Parole du Seigneur est une parole vivante qui vient vous éclairer sur votre chemin.

Mais, certes, cette parole est assez singulière, et pourtant elle nous concerne tous.
Elle concerne bien sûr Baptiste et Dorothée, mais elle concerne aussi chacun d’entre nous, quel que soit notre vocation, que ce soit une vocation de consacré ou une vocation à la vie matrimoniale, notre vocation de baptisé.

Marcher ensemble dans la confiance, les yeux dans les yeux de Jésus

De quoi s’agit-il ? On voit Jésus qui arrive et qui enseigne les foules, qui les a nourri : c’est la multiplication des pains, il y a une surabondance. Il y a des moments de grâce, il y a un moment vraiment où le Seigneur s’est laissé toucher, a montré sa divinité.
Et puis, il veut partir loin, il veut les précéder sur l’autre rive, il renvoie les foules, il prie à l’écart et puis ensuite il monte dans les barques pour se rendre sur l’autre rive.
Et une fois qu’il est dans la barque, Jésus marche vers ceux qui sont dans la barque, c’est-à-dire vers ses disciples, il marche alors qu’eux-mêmes sont bouleversés.

C’est vrai qu’il y a de quoi être bouleversé, de voir quelqu’un qui marche sur l’eau.
L’eau pour le peuple de la Bible, c’est un monde hostile : le peuple de la Bible n’est pas un monde de marins, c’est un peuple de pasteurs, de bergers, un peuple agricole mais pas un peuple de marins.
Donc tout ce qui est autour de l’eau et de la mer et des grands lacs est quelque chose d’inconnu et par conséquent rappelle un peu les forces du mal. Il y a quelque chose de malin, le Léviathan qui est au cœur des eaux - selon la tradition biblique - il y a des animaux qui nous menacent, et Jésus qui marche sur l’eau.

Jésus vient démêler tout ce qui nous fait peur. Jésus a conscience de cette peur, il invite ses disciples à marcher sur l’eau, mais en même temps il leur dit :

Viens, confiance, c’est moi, n’aie pas peur ! »

Si vous faites ce pas dans la confiance, cher Baptiste, chère Dorothée, c’est vraiment parce que vous l’avez expérimenté aussi, parce que vous avez marché sur l’eau, dans des endroits où vous n’aviez pas pieds, c’est-à-dire où la sécurité humaine n’était pas au rendez-vous, où parfois l’eau était agitée, où parfois la tempête était au rendez-vous.
On le sait bien, le temps des fiançailles est souvent comparé au temps du noviciat dans la vie religieuse. Le temps des fiançailles n’est pas un long fleuve tranquille, c’est souvent un temps agité.
À travers ombres et lumières, vous avez traversé ce temps. Mais vous ne l’avez pas traversé seuls.Vous avez écouté cette Parole du Seigneur :

Confiance, c’est moi n’ayez pas peur ! »

Cette confiance, cette présence, cet ordre, parce que c’est un impératif, « n’ayez pas peur ! », qu’il soit gravé au cœur même de votre couple.

Quel couple ne connait pas cette tempête, quel couple à un moment donné a marché sur l’eau aussi là où il n’a pas pieds, là où il n’a pas de sécurité ? Et il doit marcher dans la confiance, le regard les yeux dans les yeux de Jésus, parce qu’il s’agit bien de cela.
Jésus qui ordonne à Pierre de venir et Pierre descend de la barque. Pourtant, il y avait les vents contraires, et bien sur la mer était agitée. Tant que Pierre regardait Jésus, il marchait, mais quand il regardait la vague, il s’enfonçait.

C’est très clair : si on voit les vents contraires, si on voit les difficultés - et il y en a - quelle vie familiale, matrimoniale, religieuse n’a pas ses difficultés, ses moments de haut et de bas, ses moments parfois de découragement ? - si vous regardez cela, vous vous enfoncez. Mais si vous regardez le Seigneur les yeux dans les yeux, vous traversez les abîmes.

Un amour qui ne repose pas sur nos propres forces

C’est cela la leçon de ce passage de l’Évangile, et c’est fort heureux que vous l’ayez choisi pour vos noces.
Ce passage dit quelque chose à chacun d’entre nous :

Parce qu’aux yeux de la société si tu n’es pas riche, si tu n’es pas en bonne santé, si tu n’es pas un leader, tu es un pauvre quelque part. Il y a bien des moments dans nos vies où nous n’avons pas toutes ces qualités.

C’est cette remise profonde de vous-même comme couple, Dorothée et Baptiste, que le Seigneur vous invite à faire.
Peut-être aussi, parce que vous avez une maturité, vous êtes homme et femme avec un passé, avec une expérience, avec un caractère bien forgé, le fait de se remettre au Seigneur est peut-être plus compliqué que quand on a 20 ans ! C’est vrai, mais ce n’est pas moins admirable, au contraire, c’en est d’autant plus édifiant.
On voit qu’à travers vos humanités déjà bien faites, il y a une vraie conscience de votre engagement, un vrai désir de vous engager pour la vie, que votre lien ne soit pas soluble dans le quotidien, qu’il soit indissoluble.

Cela s’oppose complètement à la logique du monde, les relations kleenex. L’Évangile, et le Seigneur à travers son Église, à la suite de l’Évangile, nous dit que c’est possible d’avoir un amour pour toujours, mais pas simplement avec ses propres forces.
Avec nos propres forces, de quoi sommes-nous capable ? On ne ferait même pas 10 centimètres dans l’eau ! Ce n’est pas notre générosité qui va permettre la durée, c’est la grâce. La grâce que le Seigneur vous fait, en travaillant votre cœur, en vous laissant travailler par lui, cela ne se fera pas sans vous.

Cet amour dans la durée il n’est pas magique, un sacrement n’est pas magique, mais c’est un lieu où Dieu donne Sa grâce de façon certaine.
Là, de façon certaine, le Seigneur est au rendez-vous et Il vous dit :

Confiance, rejoins-moi, c’est moi, n’aie pas peur ! »

Le couple, signe d’espérance

Alors oui, c’est un très bel exemple que vous nous donnez, Dorothée et Baptiste. Il y a quelque chose qui nous fortifie, nous donne de l’espérance en vous voyant.
Vous nous redites l’essentiel de tout ce qui est la vie humaine, de tout engagement, vous nous donnez l’essentiel de l’amour même, qui n’est pas simplement l’amour d’un jour, ou un sentiment amoureux, ou une émotion. On confond souvent sentiments amoureux et amour.
Vous nous dites que parce que c’est le Seigneur qui vous a appelé, il s’agit bien d’un appel :

Viens, confiance, c’est moi »

Parce que le Seigneur vous a appelé, parce qu’Il vous a fait vous rencontrer, parce qu’Il vous a fait vous découvrir, et vous découvrir aussi dans vos fragilités, c’est pour cela qu’aujourd’hui vous vous engagez devant Lui. Vous avez déjà expérimenté quelque chose de sa présence.

Alors vous êtes un signe, modeste - vous ne voulez pas donner des leçons aux autres - mais à votre place dans l’Église, à votre place dans la société, vous voulez être un signe d’espérance.
Alors que nous avons pu voir et toucher du doigt nos différences, nous croyons qu’il y a un horizon commun possible.
Cet horizon commun, c’est le Seigneur qui nous le donne, qui nous emmène sur l’autre rive. Parce qu’il s’agit bien de cela, emmener sur l’autre rive, quitter la terre inconnue :

Quitte ton père et ta mère »

Quitte ce qui était connu, va vers l’inconnu, traverse là où tu n’as pas de sécurité humaine, mais traverse avec le Seigneur.

Quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba ».

C’est beau de voir que le Seigneur, aussitôt, étend la main vers Pierre quand il se met à couler, quand il se met à douter - comme peut-être vous aurez des moments de doute, là aussi cela fait partie de la vie de couple, cela fait partie de la vie de prêtre que d’avoir des moments de doute - mais le Seigneur est là et vous tend la main.
Il vous fait monter à bord de cette barque ; cette barque que Pierre avait conduite, c’est l’Église bien sûr. Le Seigneur vous fait monter dans la barque et le vent tombe

Et tous se prosternèrent, vraiment tu es le Fils de Dieu ! »

C’est un acte d’humilité que vous posez aujourd’hui, Baptiste et Dorothée.
Puissions-nous nous aussi, à travers cet acte d’humilité et de confiance, reprendre courage et suivre le chemin auquel Seigneur nous appelle.

Amen !

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