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Homélie du 31e dimanche du Temps Ordinaire

Homélie du 31e dimanche du Temps Ordinaire - Année B

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Mettre l’amour au cœur de notre vie

Homélie du 31e dimanche du Temps Ordinaire - Année B

Écouter l’homélie :




Texte de l’homélie :

Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu »

Cette rencontre de Jésus avec le scribe nous laisse un petit peu perplexe : Jésus lui répond à une question et le scribe répète ce qu’Il a dit avec d’autres mots – en paraphrase. Puis, trouvant sa remarque judicieuse, Jésus lui annonce qu’il n’est pas loin du Royaume de Dieu. Nous pouvons alors nous demander pourquoi c’est une remarque judicieuse. En fait, c’est surtout la fin de l’intervention du scribe qui est intéressante :

« Aimer vaut mieux que toutes les offrandes et que tous les sacrifices ».

Un commandement de toute éternité…

Cela pourrait passer à la trappe si l’on y fait pas très attention. C’est effectivement une remarque judicieuse. Vous savez que la Loi est le premier livre de la Bible : le Pentateuque comporte les dix commandements. Puis, il y a 613 autres préceptes. Cela fait beaucoup, et dès l’époque de Jésus, on cherchait à les résumer : quel est le premier, quel est le centre de tous ces commandements ? Il y a plusieurs manières de répondre, sachant que sur les 613, il y en avait 258 qui concernaient le Temple et le culte au Temple. Les plus importants étaient ceux qui concernaient les sacrifices : comment bien effectuer ses sacrifices au Temple.

C’est pourquoi, dans sa réponse, le scribe insiste sur l’amour et non pas sur les sacrifices, en suivant ce que Jésus vient de dire. Donc, Il prend les deux préceptes : celui qui est la profession de Foi :

Ecoute Israël, le Seigneur notre Dieu est l’Unique. Tu aimeras le Seigneur de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute la force…

… ce qui fait partie de la grande prière quotidienne d’Israël. Et Il y joint comme en central le Livre du Lévitique :

Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

Un commandement de toute actualité !

Cet enseignement est très intéressant parce qu’il garde toute sa valeur pour nous aujourd’hui. L’amour de Dieu et du prochain vaut mieux que le sacrifice, vaut mieux que la générosité, vaut mieux que le dévouement. Souvent, presque toujours, nous marchons sur le devoir : « Je dois être généreux », « Je dois me dépasser », « Je dois me dépenser sans compter »….n’est-ce pas bien souvent notre moteur intérieur ?

Et parfois, on est tellement généreux que l’on en oublie le destinataire de tous nos efforts. Pour quoi le faisons-nous, pour Qui le faisons-nous ? Nous nous retrouvons bien dans le Pharisien qui se présentait au Temple avec le Publicain, comme vous le savez : tellement généreux, tellement dévoué – y compris pour Dieu – qu’il en oublie Dieu : « Seigneur, je ne suis pas comme ces autres personnes, moi, je fais des prières, je… etc »

C’est le danger pour nous aussi de mettre d’abord le sacrifice, de mettre l’effort d’abord. Si nous mettons d’abord le dévouement, il y a fort à craindre que nous oublions le destinataire, ou plutôt que le destinataire de tous nos efforts ce soit nous-même. A force de générosité, nous construisons un dieu à notre image, et notre dieu, c’est nous-même.

C’est très remarquable, quand on va se confesser – peut-être cela vous arrive t’il – on est souvent plus meurtri, plus blessé par le fait que l’on arrive pas à aller au bout de nos efforts. Alors que la confession, ce n’est pas du tout cela ! C’est le moment où il s’agit de mesurer l’Amour de Dieu pour nous et de mesurer combien nous avons blessé cet amour. Et non pas de voir si l’image que nous avons fait de nous même correspond à ce que nous voudrions.

Donc, cet enseignement de l’Evangile d’aujourd’hui est très important. C’est vraiment mettre l’amour au cœur de notre vie. A la première place : l’amour de Dieu et l’amour du prochain. Autrement dit, je dois chercher d’abord le bien de mon prochain avant mon bien propre. Je dois toujours me poser la question : « De quoi est-ce que mon prochain a besoin ».

C’est d’ailleurs remarquable dans cette citation que Jésus fait de l’écriture : Il commence en disant : « Ecoute. Ecoute Israël. ». C’est très intéressant, car lorsque nous devons aimer, la première question que nous devons nous poser c’est : « De quoi est-ce que l’autre a besoin ». Souvent, on peut se dire : je fais faire cela pour lui, je vais lui donner ceci ou cela, mais en fait, il n’en a peut-être pas du tout besoin.

La première attitude pour aimer est d’écouter et de recevoir pour identifier réellement le besoin de l’autre. Il s’agit de se demander si la personne a réellement besoin de cela. Par exemple, imaginez-vous donner à un drogué de la drogue sous prétexte qu’il en a besoin ? Cela ne va évidemment pas lui faire du bien ! Mais, quel est son besoin réel ? Puis, y répondre dans un deuxième temps.

Il y a plein d’autres exemples dans nos familles :

  • les parents par rapport à leurs enfants : les enfants ont besoin de notre présence, de notre confiance. Ils ont aussi besoin de limites de temps en temps… et même souvent !
  • dans l’amour entre les époux : il y a une grande nécessité de tendresse, de compréhension, de reconnaissance,
  • pour ceux qui nous entourent, que ce soit nos voisins, nos collègues… j’allais dire, tout pourrait se résumer dans le fait d’être humain, d’être attentif aux personnes : de les saluer, de les respecter, d’offrir nos services s’ils en ont besoin…

Mettre l’amour au cœur de notre vie

L’amour doit qualifier tous nos actes, même quand il n’y a plus rien à faire, même quand nous sommes dans l’épreuve, dans la tristesse ou le deuil, je peux toujours aimer dans les petites choses. C’est ça qui fait la grandeur de la vie chrétienne : je peux qualifier tous les actes par l’amour, faire tout pour l’amour. Je peux mettre un amour extraordinaire dans les choses les plus ordinaires. C’est là le secret de notre vie chrétienne.

En dernier point, on pourrait se poser la question : « Qu’est-ce que Dieu attend de moi, qu’est-ce que je peux faire pour Lui, de quoi a t-il besoin ? ». On pourrait se dire que, par définition, Dieu n’a besoin de rien. Mais en réalité, par le Christ, Il exprime qu’Il a soif : soif de mon cœur, soif de moi. Autrement dit, Il attend que je m’offre à Lui pour de vrai. Comme dit le livre de l’Apocalypse :

Il est à la porte de notre cœur et Il frappe jusqu’à temps que nous ouvrions la porte.

Pour cette Eucharistie, nous allons demander au Seigneur de Le recevoir vraiment, de nous donner à Lui vraiment, et que cet amour soit la source de nos rencontres et de toutes nos actions de cette semaine,

Amen.

Références des lectures du jour :

  • Livre du Deutéronome 6,2-6.
  • Psaume 119(118),97.99.101-106.
  • Lettre aux Hébreux 7,23-28.
  • Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 12,28b-34.

Un scribe qui avait entendu la discussion, et remarqué que Jésus avait bien répondu, s’avança pour lui demander :
— « Quel est le premier de tous les commandements ? »
— Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.
Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
— Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as raison de dire que Dieu est l’Unique et qu’il n’y en a pas d’autre que lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices. »

Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger.

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