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Nativité du Seigneur Jésus-Christ (messe de la nuit)

Homélie de la veillée de la Nativité - Année B

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Écrire à l'auteur Père Stéphane-Marie 6 janvier 2012
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Homélie de Père Stéphane

Écouter l’homélie :




Un enfant nous est né, un fils nous a été donné,

Ce que dit Isaïe et bien souvent les autres prophètes en regardant l’avenir, en regardant les choses lointaines à venir, comme notre conception de Dieu - lointain, indéchiffrable, inatteignable – c’est que ce soir, dans cette nuit, dans ce mystère de Noël, Il nous est donné présent : à partir de ce moment, il devient l’Emmanuel, Dieu avec nous.

Un Dieu qui se fait tout proche

Il n’est plus le Dieu lointain qui, au travers de la Création, peut être entrevu de loin, mais Il est entré dans le monde : Il est le proche. C’est tout le message de Jésus : le Royaume est proche ; le Royaume c’est lui ; le Royaume, c’est le Père qu’Il nous révèle. Et Jésus, à la fin de sa vie reprendra encore :

Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin.

Cette Bonne Nouvelle ne devrait pas nous laisser indifférents, mais elle devrait pouvoir nous changer, tout changer.. car, si elle est vraie, elle me concerne, elle nous concerne.

Comme les bergers, soyons des veilleurs…

Regardons avec les bergers qui ont entendu en premier cette nouvelle dans la nuit de Noël : ces bergers qui viennent sont ceux qui sont de garde pendant la nuit. Ce sont ceux qui veillent. Pendant tout le temps de l’Avent - et tout au long de notre vie chrétienne aussi – le message est : « Veillez », soyez « vigilants », et nous devons avec les bergers devenir des personnes vigilantes : non pas des personnes qui dorment, enfermées dans nos rêves, dans nos conceptions. Les conflits du monde, les difficultés relationnelles proviennent très souvent du fait que nous sommes souvent enfermés dans nos propres intérêts, dans nos propres opinions personnelles, dans notre minuscule monde intérieur…

Etre éveillé, c’est être à la recherche de la réalité, de la vérité. Et nous devons, avec les bergers, apprendre à être éveillé, à sortir simplement de notre point de vue, pour pouvoir entrer en relation avec le Seigneur, avec les autres.

… et hâtons-nous d’aller vers le Seigneur

Ce qui nous et aussi raconté dans l’histoire des bergers, c’est qu’il se hâtèrent, se mirent en route immédiatement, qu’ils se pressèrent sans hésitation pour aller vers le Seigneur. Et nous sommes invités dans notre vie intérieure à considérer l’Amour de Dieu comme prioritaire dans notre vie. Malheureusement, dans notre liste de priorités, Dieu se trouve bien souvent presque à la dernière place : quand on aura le temps. Alors qu’il est appelé à être à la première place : dans la vie des moines, l’office de la présence, comme dit Saint Benoît, est à la première place.

Que nous puissions apprendre des bergers à ne pas nous laisser écraser par les choses urgentes de la vie quotidienne, amis que nous puissions consacrer du temps à cette présence du Seigneur, Lui qui vient, qui se fait proche. Car, nous le savons, le temps consacré à Dieu -et à travers Lui à notre prochain – n’est jamais du temps perdu. Des bergers, ce sont aussi des personnes simples. De simples bergers qui sont des voisins de la crèche. Ils n’ont alors qu’une courte distance à faire pour s’y rendre. Et nous avons à grandir dans cette simplicité de nos âmes. A leur exemple, devenir des âmes toutes simples et toutes proches du Seigneur. Faisons attention de ne pas nous laisser prendre dans nos réflexions, dans nos affaires, dans nos occupations qui nous entièrement depuis lesquelles le chemin vers la crèche risquerait d’être long… ce soir, nous avons la chance d’être avec les bergers ; il y a bien des mages, des personnes qui sont consacrées à des choses importantes, mais, leur chemin sera très long. Ici, nous sommes invités à venir tout de suite, dans la simplicité de nos cœurs, pour découvrir qu’il y a un chemin pour aller vers le Seigneur, pour voir tous que le Seigneur a disposé des signes adaptés à chacun de nous. Il nous appelle tous pour que nous puissions nous dire les uns aux autres : « Allons voir, allons voir ce qu’il est passé en cette nuit ».

Quand ils se mettent en route, les bergers se disent les uns aux autres : « Voyons ce qui est arrivé » ; le texte original dit :

« Voyons cette parole qui est là et qui est advenue ».

Et, le signe qui est donné aux bergers, c’est cet enfant emmailloté couché dans un mangeoire. Ce signe n’est pourtant pas un grand miracle, un miracle bouleversant.

Un Dieu d’humilité}}}

Le signe que Dieu donne, c’est son humilité. Il se fait petit, il devient enfant. Il se laisse toucher, il sollicite notre amour. Mais, comme Hérode, comme les grands prêtres, et les gens du temps de Jésus, tous ces hommes affairés, nous désirerions un autre signe, un signe imposant, irréfutable du pouvoir de Dieu et de sa grandeur, pour remettre de l’ordre, comme nous nous le pensons. Mais, son signe à Lui, qui nous invite à la Foi et à l’Amour, et qui en conséquence nous donnera de l’Espérance, c’est Dieu qui vient dans son humilité, dans cette petitesse. Et c’est Lui, cet enfant, ce bébé qui possède le pouvoir. C’est Lui qui est la bonté, et Il nous invite à être semblable à Lui.
Apprenons nous-même l’humilité, et ainsi apprenons la vraie grandeur. Nous sommes invités à renoncer à nos armes, j’allais dire : à nos pensées sur Dieu, pour nous mettre à l’école de ce petit enfant, de cette petitesse de Jésus que nous retrouverons tout au long de sa vie, dans sa prédication : « Bienheureux les pauvres », que nous rencontrerons aussi à la Croix : Jésus qui avance vers sa Passion.
Par cette petitesse, le Seigneur veut nous rendre un cœur de chair. Il veut ôter de nous - et ce que les prophètes avaient exhorté – que nous puissions quitter notre cœur de pierre, notre rigidité de la nuque raide, comme si c’était du bois, qui sont d’ailleurs la matière dont on fait les idoles, mais qu’à l’école de cet enfant de Bethléem, nous puissions ouvrir nos cœurs, et de cœurs de chair, afin que nous puissions, nous approchant de Lui qui est Dieu-Présent au milieu de nous, que nous puissions devenir vraiment humains.

Oui, qu’au cours de cette nuit, où le Seigneur vient à nous, qu’Il puisse entrer dans nos âmes, qu’Il puisse nous transformer, nous renouveler, qu’Il puisse changer nos cœurs, et nous entraîner dans sa Paix, son Amour et son Allégresse,

Amen

Références des lectures du jour :

  • Livre d’Isaïe 9,1-6.
  • Psaume 96(95),1-2a.2b-3.11-12.13.
  • Lettre de saint Paul Apôtre à Tite 2,11-14.
  • Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 2,1-14.

En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre - ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d’origine.

Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem, car il était de la maison et de la descendance de David.
Il venait se faire inscrire avec Marie, son épouse, qui était enceinte.

Or, pendant qu’ils étaient là, arrivèrent les jours où elle devait enfanter.
Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.

Dans les environs se trouvaient des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.
L’ange du Seigneur s’approcha, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte, mais l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple :
Aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur.
Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »

Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. »

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