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Qu’est-ce que l’Église ?

Homélie du sixième dimanche de Pâques - Année C

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Homélie du sixième dimanche de Pâques - Année C

Écouter l’homélie :




Chers frères et sœurs,

À l’occasion de l’élection de notre Pape François on a vu un regain d’intérêt pour l’Église à travers les médias,. Sur les réseaux sociaux, il y avait beaucoup de questions posées sur l’Église, le milliard de fidèles, quelles sont les influences, quels sont les partis politiques, qui sont les progressistes, qui sont les conservateurs, comment ça marche, y a t-il des manœuvres, y a t-il du lobbying à l’intérieur, etc… Et quand on écoutait les commentaires, ils étaient terriblement horizontaux. On ne voyait qu’une société humaine, certes, l’Église est bien une société humaines, mais on passe à côté de l’essentiel si l’on ne regarde en elle que le côté humain.

Ces événement récents, les lectures que nous venons d’entendre sont une invitation à méditer sur le mystère de l’Église. En plus, il y a parmi nous un bon groupe de confirmands de Senlis et Chantilly-Gouvieux, et c’est une occasion rêvée de méditer sur ce thème, parce que, justement, l’évêque vient pour la confirmation pour manifester que celui qui reçoit la confirmation est agrégé à l’Église de manière particulière : il devient son témoin, son porte-parole.

Qu’est-ce que l’Église ?

Si tant est que l’on puisse répondre à cette question au cours d’une petite homélie, faisons-le modestement : Qu’est-ce que l’Église ?.

Comme le disent le Concile et le Catéchisme, l’Église est le peuple de Dieu, c’est le corps du Christ, c’est le temple de l’Esprit-Saint. Nous voyons à travers les lectures que l’Église s’enracine dans le mystère d’Israël, dans le peuple d’Israël. Nous avons entendu dans les actes des Apôtres commet l’Église, qui était composée des Juifs s’est ouverte aux païens, comment les débats se sont organisés, comment il y a eu un premier concile, premières discussions qui ont permis d’ouvrir l’Église à toutes les nations païennes.

L’Église est peuple de Dieu

C’est Israël qui en était la figure. On y rentre par le Baptême. Ce ne sont plus les rites de l’ancienne alliance qui font ce peuple, qui le constituent, mais le Baptême. Par le Baptême, nous devenons, et nous sommes vraiment fils et fille de Dieu. Comme peuple, nous sommes régis par une loi nouvelle, la loi que Jésus nous a enseignée :

Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.

Ce peuple constitué, conduit par les Apôtres et leurs successeurs, qu’ils dirigent dans la force de l’Esprit-Saint.

L’Église est le Corps du Christ

Nous ne formons qu’un seul corps. C’est Lui le Christ qui est la source, qui est notre unité. C’est en Lui et par Lui que nous en faisons qu’un. C’est ce que nous avons entendu dans l’Évangile :

Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole.
Mon père l’aimera, nous viendrons chez lui et nous irons demeurer auprès de Lui

On parle beaucoup d’images, en particulier dans l’Évangile selon Saint Jean, et nous voyons comment Jésus insiste sur le fait de l’unité. Cette unité, cette cohésion, nous la trouvons en Lui. Et ce qui fait l’unité et la cohésion de l’Église, c’est justement cet amour du Christ. Ce n’est pas d’abord un parti ou des idées en commun, c’est cet amour du Christ qui doit nous irriguer. C’est d’abord Lui, Jésus, qui a payé le prix fort, que nous a aimés le premier. C’est Lui que nous célébrons en chaque Eucharistie, c’est Lui qui nous nourrit dans chaque Eucharistie :

Il n’y a pas de plus grand amour que de ceux qu’on aime.

Il nous a donné l’exemple, et Il nous donne la force de le vivre. Et c’est par Lui que nous pouvons grandir dans cette unité. Aussitôt que nous nous approchons de l’Eucharistie, avec un cœur purifié, que nous célébrons, que nous fortifions notre unité. Cela vaut pour l’Église, pour le petit peuple que nous sommes ici, ce matin dans cette église, cela vaut pour nos familles, cela vaut pour tous nos lieux de vie : si nous adorons le Christ, si nous le recevons vraiment, alors, il y a ce mystère d’unité qui se réalise. C’est ce que nous disons dans la prière eucharistique : « Quand nous serons nourris de Son corps et de Son sang, remplis de l’Esprit-Saint, accorde-nous d’être un seul corps et un seul esprit dans le Christ ».

L’Église est le temple de l’Esprit-Saint

L’Église est donc le peuple de Dieu, elle est le corps du Christ et elle est le temple de l’Esprit-Saint. Dans l’évangile, Jésus annonçait : « Le Défenseur, l’Esprit-Saint que le Père enverra en mon nom, Lui vous enseignera tout, Il vous fera re-souvenir de tout ce que je vous ai dit ».

C’est vraiment l’Esprit-Saint qui, au long des siècles, a tenu l’Église dans les vicissitudes de l’Histoire. Quand on regarde l’histoire de l’Église, on peut se demander comment cela se fait-il qu’elle existe encore… Non seulement cela, mais qu’il y ait encore tant d’exemples et de saints dans l’Église elle-même ! on voit bien qu’il y a une force qui guide cette institution qui est au-delà des choses humaines. C’est vrai pour l’Église, et c’est vrai pour chacun de nos vies et comme le dit Saint Paul :

Nous sommes dépositaires d’un trésor que nous portons comme dans des vases d’argile.

Nous portons cet Esprit-Saint. Nous sommes témoins de cette présence de Dieu. C’est cet Esprit-Saint qui se manifeste par ses dons, par ses charismes à travers chacun de nous, que ce soit par la parole, par la charité, que ce soit par le service, etc… C’est Dieu lui-même qui se manifeste.

On peut penser aux fruits merveilleux qui ont été portés tout au long de l’histoire et qui sont portés encore aujourd’hui par ceux qui mènent une vie sainte – comme chacun de nous qui sommes invités à mener une vie sainte dès maintenant. C’est en nous, c’est en eux que nous voyons dès maintenant le visage de l’Église : quand on voit l’impact de la vie d’un Saint, d’une Sainte contemporaine, nous voyons le visage du Christ dans sa pleine lumière.

Cette Église porte déjà ce mystère du Christ : elle est le peuple de Dieu, le corps du Christ, le temple de l’Esprit-Saint. Et ici-bas, elle est encore en devenir, en espérance : ce que nous voyons, ce n’est qu’une pâme image de ce que nous vivrons au Ciel, ce que l’Apôtre Saint Jean a décrit dans son apocalypse : cette cité sainte, cette nouvelle Jérusalem qui contient toutes les nations, où Dieu est tout en tous, cette cité qui est fondée sur les Apôtres, cette cité dont le Seigneur, le Dieu Tout-puissant est le temple. Cette cité dont Dieu lui-même est la lumière, la source de vie.

Qu’est-ce que l’Église ?

Si nous pouvons retenir une chose, c’est qu’elle est un mystère, dans le sens d’un sacrement, c’est à dire une réalité visible : des personnes, une institution qui est concrète - qui est aussi faible et qui est pécheresse, quelque fois - mais qui porte une grâce, qui porte une don de Dieu extraordinaire qui la dépasse. C’est vrai de l’Église, comme ça l’est de chacune de nos vies : nous portons un trésor dans un vase d’argile.

Alors, dans cette Eucharistie, nous allons demander au Seigneur d’être fidèle aux sacrements qui nous ont fait renaître et que nous avons célébrés de manière particulière à Pâques et au Baptême. Nous allons être alimentés par le Christ pour être attentifs à Sa loi, pour porter cette loi, pour l’incarner, pour être ses mains, pour être sa parole dans le Monde, aujourd’hui,

Amen

Références des lectures du jour :

  • Livre des Actes des Apôtres 15,1-2.22-29.
  • Psaume 67(66),2b-3.5abd.7b-8.
  • Livre de l’Apocalypse 21,10-14.22-23.
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14,23-29.

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples :
« Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui.
Celui qui ne m’aime pas ne restera pas fidèle à mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé.

Je vous dis tout cela pendant que je demeure encore avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.

C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Ne soyez donc pas bouleversés et effrayés. Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi.

Je vous ai dit toutes ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez. »

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