Serviteurs de Jésus et de Marie

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Homélie du 23e dimanche du Temps Ordinaire

Homélie du 23e dimanche du Temps Ordinaire - Année B

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Écrire à l'auteur Serviteurs de Jésus et de Marie 13 septembre 2012
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Qu’est-ce qui est le plus nécessaire pour vivre l’engagement ?

Homélie du 23e dimanche du Temps Ordinaire - Année B

Écouter l’homélie :




Texte de l’homélie :

Chers frères et sœurs,

Suite à l’accueil et à l’accompagnement de jeunes dans leurs choix - je parle aussi des jeunes couples que nous avons préparés au mariage depuis plusieurs années - ont surgi diverses fraternités dont les membres vont s’engager au cours de cette Eucharistie. C’est la Fraternité du Serviteur, formée d’étudiants et de jeunes professionnels qui veulent grandir dans leur vie chrétienne ainsi que dans le choix de leur vocation. Ce sont également les couples Saint Joseph, des jeunes couples récemment mariés, qui veulent aussi grandir dans leur vie chrétienne. Ces deux fraternités, qui vont s’engager bientôt, se basent sur un engagement d’un an renouvelable. L’engagement est donc de suivre les rencontres de ces fraternités – suivre un programme de vie spirituelle : des prières et des actions concrètes – mais aussi de vivre une vie fraternelle. Alors, au moment où ces jeunes vont s’engager devant nous, nous pouvons nous poser la question : « qu’est-ce qui est le plus nécessaire quand nous nous engageons ? ». Cette question vaut autant pour ceux qui vont s’engager que pour chacun d’entre nous, que nous soyons déjà engagés ou non, dans l’Eglise ou pas.

Quand nous devons nous engager, qu’est-ce qui est le plus nécessaire ? Cette question est importante, car on dit que notre époque vit une « crise de l’engagement ». Que ce soit dans nos familles, ou dans les contrats, que ce soit dans la vie associative ou tout simplement dans la relation des uns avec les autres, les gens de dédisent. « Les gens », ce peut être moi, aussi !

Qu’est-ce qui est le plus nécessaire pour vivre l’engagement ?

On peut voir la finalité : « Pourquoi je m’engage ? ». C’est peut-être aussi une question de désir : « Ai-je vraiment le désir de m’engager ? », une question d’aptitude, de capacité : « Est-ce que je peux le faire ? ».

Biensûr, ces questions sont importantes, mais il est une chose plus fondamentale, c’est la Foi, une foi agissante, une foi agissante pour la Charité. C’est un mot important pour les personnes qui s’engagent dans les fraternités de notre famille spirituelle, dans le mariage, dans la vie consacrée, ou dans le sacerdoce. Mais, cela touche aussi toute forme d’engagement.

Une Foi agissante par la Charité

La Foi, ce n’est pas dans le sens « J’y crois ! je vais y arriver, nous allons y arriver ! ». Non. C’est plutôt cette confiance dans la Grâce :

« J’ai confiance dans le Seigneur, car c’est Lui qui est fidèle ».

Ce n’est pas juste un certitude intellectuelle, ou un bel optimisme, mais une foi qui s’exprime et qui se traduit par des actes bien concrets, des actes d’amour bien concrets. C’est cette foi qui va me permette de tenir dans l’épreuve.

Qu’elle soit petite ou grande, c’est l’épreuve qui va vérifier ma Foi.

Si nous avions à vivre nos engagements quand tout va bien, ce serait trop facile. Et nous le savons bien, ce sont quand nous prenons de bonnes dispositions, que nous prenons des engagements que viennent les épreuves les plus grandes, les plus grandes tentations.

Souvenez-vous du début du Carême : c’est quand je commence à jeûner que je n’ai jamais eu aussi faim ! Ou quand vous venez de vous confesser : en sortant du confessionnal, vous pensez tout de suite à des tas de choses qu’il ne faut pas faire…

On n’est jamais autant tenté que lorsque l’on s’engage

C’est cependant la foi qui s’exprime dans l’épreuve. A travers la souffrance, à travers l’épreuve, je peux vivre et montrer mon amour pour le Seigneur. C’est bien évidemment dans l’épreuve que l’on voit la valeur et la force de l’engagement.

Comme Marie qui garde la Foi au pied de la Croix

Une image peut sans doutes nous aider à saisir cette importance essentielle de la Foi dans notre vie. Simplement, nous pouvons regarder Marie au pied de la Croix. Pendant plus de 33 ans, Marie a suivi et écouté la Parole du Seigneur depuis le moment de l’Annonciation, Elle vit en s’appuyant sur le Fiat qu’Elle a dit à l’ange, c’est à dire :

« Qu’il me soit fait selon ta parole »

Cette parole qu’elle a dite à Dieu, Elle s’y appuie. Et au moment de la Croix, on pourrait dire qu’il y a comme un paroxysme de non-sens : le Sauveur, le Messie, Celui qu’Elle a porté, qu’Elle a vu grandir, qu’Elle a suivi avec les foules et dont Elle est devenue la disciple, le Fils du Très-Haut qui avait été annoncé, le Fils d’Israël, Il est là, suspendu à la Croix, suspendu au gibet des malfaiteurs. Cependant, dans ce moment crucial, Elle garde la Foi. C’est le sentiment de l’Eglise : Marie garde la Foi : « Qu’il me soit fait selon ta parole ».

Cette Foi se traduit par des actes, parce qu’Elle est là, justement, présente, et Saint Jean le précise : Elle est là, debout. Elle n’est pas effondrée, Elle est là pour soutenir Son Fils. Avec Lui, Elle s’offre au Père.

Sans doutes ne passons-nous pas dans notre vie par des sommets aussi élevés de souffrance, mais nous sommes tous visités par l’épreuve, épreuve dans laquelle nous faisons le don de notre Amour à Dieu et à nos frères. Ces épreuves peuvent être de plusieurs sortes :

  • les épreuves dans la vie de prière : n’y a-t-il pas des jours où l’on n’a pas envie de prier ? Des jours où nous sommes fatigués : c’est justement dans ces jours-là que nous pouvons faire le don de notre fidélité au Seigneur, en allant plus loin, pour l’amour de Lui, pour l’amour de nos frères. On ne prie pas pour soi-même, pour être bien. On prie, parce que Dieu nous le demande : on prie pour nos frères.
  • l’épreuve peut être au niveau de nos relations, de notre vie fraternelle : quand on est dans un groupe, ou dans une famille, il arrive que l’on soit reconnu et écouté, mais ce n’est pas toujours le cas. S’il nous arrive d’être peu reconnu, peu écouté, ou pire, que l’on soit rabroué ou renvoyé – à tord ou à raison – c’est justement dans ces moments-là que je peux vivre une offrande de moi-même à Dieu, pour mes frères, et qu’elle soit plus grande.

C’est justement dans ces moments-là que je peux imiter Jésus qui donne Sa vie pour se frères, même quand ils le mettent à mort.

Aimer mon frère, aimer mon conjoint comme Jésus l’aime

  • les épreuves liées au temps, au temps qui dure : tout engagement suppose persévérance, et c’est difficile de durer. C’est difficile et à la fois, c’est ce qu’il y a de plus beau. C’est beau de durer. En général, les engagements ne coûtent pas tellement au début. AU début de l’année, tout va bien, mais au bout de quelques mois, c’est difficile, c’est peut-être plus lourd. Non pas qu’il y ait plus de choses à faire, mais c’est difficile de continuer, de persévérer. Et comme dit Saint Paul, notre Foi se montre par cette persévérance, par cette patience. Nous le savons bien, la patience est un domaine essentiel de l’amour. Il s’agit d’aller jusqu’au bout.

Dans cette eucharistie, nous allons demander au Seigneur pour ceux qui vont s’engager, pour chacun d’entre nous, d’avoir cette foi pour nous-même nous engager dans les serments, dans les choses que nous avons promises au Seigneur, que ce soit dans le mariage, que ce soit un engagement dans l’Eglise ou hors de l’Eglise. Demandons cette foi et cet amour pour le suivre de plus près,

Amen

Références des lectures du jour :

  • Livre d’Isaïe 35,4-7a.
  • Psaume 146(145),7.8.9ab.10b.
  • Lettre de saint Jacques 2,1-5.
  • Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 7,31-37.

Jésus quitta la région de Tyr ; passant par Sidon, il prit la direction du lac de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole. On lui amène un sourd-muet, et on le prie de poser la main sur lui.

Jésus l’emmena à l’écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et, prenant de la salive, lui toucha la langue. Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : « Effata ! », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! »
Ses oreilles s’ouvrirent ; aussitôt sa langue se délia, et il parlait correctement. Alors Jésus leur recommanda de n’en rien dire à personne ; mais plus il le leur recommandait, plus ils le proclamaient.

Très vivement frappés, ils disaient : « Tout ce qu’il fait est admirable : il fait entendre les sourds et parler les muets. »

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