Serviteurs de Jésus et de Marie

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Rendez vous

Qu’est-ce qui ouvre le ciel ?

Homélie du 32e dimanche du Temps Ordinaire - Année A

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Écrire à l'auteur Père Pierre-Marie 8 novembre 2011
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Homélie de Père Pierre-Marie

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Références des lectures du jour

Cet évangile est bien connu : les jeunes filles prudentes et prévoyantes, et les insensées : c’est une évangile assez particulier.

Faire des provisions ou faire confiance à la providence ?

En méditant un peu sur cette lecture, je me suis dit qu’au fond, ne faut-il pas arriver dans la vie éternelle les mains vides ? faudrait-il prévoir, emporter quelque chose ?
Dans le message de l’évangile, on peut comprendre au contraire qu’il faut faire confiance à la Providence, s’appauvrir, se dépouiller… comment concilier les deux ? qu’est-ce qui à la fois, nous ouvre les portes de la Vie Eternelle, comme cette fameuse huile qui permet d’allumer la lampe et d’aller à la rencontre de l’époux, et qui nous permet tout en même temps de rester dans la confiance et dans l’abandon ?
J’essayais de réfléchir là-dessus, et je me suis dit que, peut-être, on pourrait dire que les actes d’amour désintéressé sont comme cette huile qui nous prépare déjà au royaume de Dieu.

Les actes d’amour désintéressé

Qu’est-ce que l’amour désintéressé ? cela veut dire : aimer sans attendre de retour. Cet acte d’amour, on en a un exemple concret dans la personne de Jésus. Dans l’Eucharistie, on a aussi à la fois ce dépouillement, à la fois cette offrande, à la fois cette confiance, cet amour vulnérable, livré entre nos mains, à la fois déjà la vie éternelle qui nous la présente sous les espèces du pain et du vin, dans la fragilité.
Et c’est aussi cela qui nous permet d’aller à la rencontre. Vous savez que l’on parle de trois rencontres, de trois venues du Christ :

  • la venue dans la chair, au moment de l’incarnation,
  • la venue dans la Gloire, à la fin des temps,
  • les troisièmes rencontres : celles d’ici et de maintenant. Mais, au fond, ces actes désintéressés ne nous permettent pas justement de Le reconnaître, de Le découvrir.

Là où est la charité, Dieu est présent

Est-ce cette capacité d’aimer sans retour que l’on peut vivre tant dans la solitude, que dans la vie fraternelle, aussi bien dans la prière qu’au travail qu’en famille ou en communauté ; ces actes là nous alimentent, nous nourrissent, nous nourrissent intérieurement et nous rendent vigilants.
C’est important de se le rappeler, même si on le sait intérieurement et que ce commandement nouveau est toujours sous nos yeux.
C’est comme de dire et de rappeler que ces actes d’amour au fond, c’est la seule chose que l’on emporte avec nous. Le linceul n’a pas de poches ! et donc, de ce bas monde, qu’allons-nous prendre pour présenter au Seigneur et allumer notre lampe, la tenir allumée.
Saint Paul répond : Foi, Espérance et Charité. A la fin, il n’y aura plus que la Charité.

Nous allons alors demander au Seigneur de nous relancer, car ce n’est pas spontané. Si les actes d’amour étaient spontanés, cela se saurait !
Au contraire, la vie ensemble, commune ou de solitude nous renvoie à notre égoïsme, à notre amour de nous-mêmes, à notre auto-préférence, ou alors de ne donner que si l’on reçoit, donnant-donnant…

L’eucharistie dominicale, source de grâces

Il faut demander au Seigneur ce surcroît de grâces particulières, lui demander qu’il nous aide.
C’est pour cela que la participation à l’Eucharistie dominicale est si importante, (ou dès que nous en avons la possibilité), parce que l’on vient comme des pauvres, on voit bien toutes nos incapacités d’aimer : on voit toutes nos violences, toutes nos impuretés dans l’amour, ces mélanges d’un désir de récompense immédiate, cet amour de nous-mêmes et ce désir de domination qui est en nous, aussi. On voit tout cela.
Et comme il est important, alors que l’on se prépare à aller vers la fête du Christ Roi, la fin de l’année liturgique, il nous est présenté le passage d’évangile de ce dimanche et aussi ceux qui vont suivre cette préparation…
« Vous ne savez ni le jour ni l’heure » et justement, ce qui nous rend prêts, ce qui nous éveille, c’est d’être attentif à chaque occasion à ce que, dans la prière, dans la rencontre avec Dieu, mais aussi dans la rencontre fraternelle, que nous soyons dans une attitude de disponibilité intérieure.
C’est là que l’eucharistie joue un rôle nettement important : elle est à la fois le parachèvement, le modèle, et la source.
Et donc, dans chaque communion, de communion en communion, on prend conscience, on fait mémoire, dans le sens biblique de faire mémoire, non pas comme un événement du passé, cet amour du Seigneur au pied de la Croix, cette résurrection, non pas quelque chose qui est arrivé il y a 2000 ans, mais quelque chose qui est actuel, cette mémoire renvoie toujours à une présence dans le langage biblique. Faire mémoire, c’est rendre présent, cela se conjugue au présent.

Eveillés pour le repas de noces

Demandons donc au Seigneur dans cette eucharistie de nous laisser comme éveillés, justement, pour entrer dans le repas de noces, puisqu’il parle de ce repas d’amour, d’alliance. On y est pas prêt spontanément, il faut s’y préparer, et il faut, par nos actes, il me semble en tous les cas, par nos actes d’amour désintéressés, avoir déjà un avant goût du Royaume. On peut dire qu’il n’y a que l’amour qui ne rentre au Royaume, et, ne rentre au Royaume que ceux qui y vivent déjà…
C’est intéressant de méditer sur cette parabole qui semble un peu contradictoire avec le reste de l’Evangile : cet abandon, ce dépouillement, au fond, n’est-ce pas l’amour désintéressé qui demande cette confiance, qui nous émonde, d’une certaine façon ?

Alors, c’est une grâce qu’il nous faut, c’est une grâce, car seul, c’est compliqué… livrés à nous-mêmes…
Demandons alors au Seigneur aujourd’hui et dans ce mois de novembre où l’on fait particulièrement mémoire des défunts, juste après avoir célébré la Toussaint, demandons-lui d’avoir plus cette conscience de ce grand moment de rencontre qu’est la mort. La mort est une rencontre, c’est un début, c’est un commencement. Alors, de rencontre en rencontre, préparons-nous, demandons à l’Esprit-Saint de nous y aider,

Amen

Références des lectures du jour :

- Livre de la Sagesse 6,12-16.

- Psaume 63(62),2.3-4.5-6.7-8.

- Première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 4,13-18.

- Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25,1-13.

Jésus parlait à ses disciples de sa venue ; il disait cette parabole :
« Le royaume des cieux sera comparable à des jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe et s’en allèrent à la rencontre de l’époux.
Cinq d’entre elles étaient insensées, et cinq étaient prévoyantes : les insensées avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leur lampe, de l’huile en réserve.
Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent.
Au milieu de la nuit, un cri se fit entendre : ’Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre. ’
Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et préparèrent leur lampe.
Les insensées demandèrent aux prévoyantes : ’Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent. ’
Les prévoyantes leur répondirent : ’Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous ; allez plutôt vous en procurer chez les marchands. ’
Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces et l’on ferma la porte.
Plus tard, les autres jeunes filles arrivent à leur tour et disent : ’Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! ’
Il leur répondit : ’Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas. ’

Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

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