Serviteurs de Jésus et de Marie

Serviteurs de Jésus et de Marie

Rendez vous

Accueil > Nous découvrir > Homélies dominicales > Homélies de l’année B - 2011/2012 > Homélie du 21e dimanche du Temps Ordinaire

Homélie du 21e dimanche du Temps Ordinaire

Homélie du 21e dimanche du Temps Ordinaire - Année B

Imprimer
Écrire à l'auteur Frère Raphaël 31 août 2012
123451 vote(s)
réagir


Quand la parole de Dieu est impossible à entendre

Homélie de Frère Raphaël

Écouter l’homélie :




Texte de l’homélie :

Ce qu’il dit là est intolérable
On ne peut pas continuer à l’écouter !

Imaginez la scène : la moitié de notre assemblée qui quitterait l’église après avoir entendu l’évangile ? Il faut dire que Jésus ne ménage pas les oreilles de ses auditeurs. Que Rabbi parle de chair à manger et de sang à boire, les interdits fondamentaux du judaïsme, cela dépasse la mesure. Mais, en plus, Il parle de Sa chair et de Son sang, à boire, alors là, c’en est trop ! On ne peut pas continuer à l’écouter.

Et à partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en allèrent et cessèrent de marcher avec Lui, nous dit l’évangéliste.

Une habitude ancestrale

Etes-vous sûrs, chers frères et sœurs, que notre époque ait changé ? Aujourd’hui encore, l’Eglise qui est « Jésus continué » a des parole fortes et parfois insupportables.

Que l’Eglise parle de dignité de toute personne, depuis la naissance jusqu’à la mort naturelle, ce qu’Elle dit là est intolérable ! on ne peut continuer à l’écouter !

Que l’Eglise explique que la sexualité est trop belle pour être livrée à nos passions, que nos logiques économiques sont subordonnées à l’Homme, que les riches ont un devoir sacré de soulager toute pauvreté, qu’il faille prier pour notre pays… on ne peut plus l’écouter ! ce qu’Elle dit là est insupportable !

Alors, on fait le tri dans ce que nous dit Jésus, dans ce que nous propose l’Eglise : « Oh, moi, vous savez, avec Jésus, je suis d’accord. Mais avec l’Eglise, non ! Elle a un train de retard. Elle finira bien par lisser son discours moral, rabaisser ses exigences »

Ou alors encore, on admire le Jésus révolutionnaire, et on en fait un icône de toutes nos luttes sociales. On peut encore admirer l’Eglise comme garante de l’ordre établi, et on la mêle à nos politiques d’exclusion. Bref ! aujourd’hui comme hier, l’évangile suscite bien des réactions de rejet ou de récupération quand on l’écoute à l’aune de nos calculs humains. D’une religion que l’on voudrait plus conforme aux modes et aux caprices, bref, d’une religion où Dieu parlerait le moins possible, ou alors le plus possible dans le sens que nous voulons…

Mais voilà, Dieu, le Christ, l’Eglise, ces Tout-uns parlent d’une seule voix, et ses paroles sont à prendre ou à laisser. Ces paroles, elle peuvent nous heurter. Nous pouvons les trouver obscures. Alors, cette question résonne à nos oreilles :

Allons-nous partir, nous aussi ?

Allons-nous cesser de marcher avec Jésus ? comme ce serait triste ! comme ce serait dommage ! Alors, je vous propose aujourd’hui trois bonnes raisons de rester :

Suivre Jésus dans la confiance

Premièrement, sachez que ce n’est pas un problème si ces paroles de Jésus ou de l’Eglise nous échappent. Ce n’est pas un problème si ces paroles nous paraissent intolérables. Dans l’Evangile, Jésus ne nous demande pas de comprendre toute de suite. Il ne nous demande pas d’appliquer tout de suite ces paroles, ni même d’aller ici ou là, ni même d’aller faire quelque chose. Non. Jésus nous demande de le suivre, d’être son ami, dans un relation absolument libre de tout intérêt.

Aujourd’hui, Simon Pierre ne comprend pas tout, mais il a compris que Jésus lui demande avant tout de le suivre.

Seigneur, vers qui irions-nous, Tu as les paroles de la Vie Eternelle !

Et quand on suit Jésus, quand on Lui fait une totale confiance, figurez-vous que l’on finit par comprendre ce qu’Il nous dit. On finit par comprendre Ses exigences. Un peu comme des parents qui disent à leurs enfants : « Plus tard, tu comprendras. Fais-nous confiance. »

La plus belle déclaration d’Amour qui soit

Deuxième raison de rester, c’est que les paroles de Jésus sont des paroles de Vie Eternelle. C’est à dire que ce sont des paroles qui donnent du sens à notre vie, qui dilatent notre cœur, et qui finalement, nous donnent la Paix.

Regardez comment tous les slogans vieillissent vite : qu’ils soient politiques, sportifs, ou économiques, tous ont une espérance de vie bien limitée. Seuls les mots d’amour sont éternels. Et l’Evangile est la plus belle déclaration d’Amour qui ne nous sera jamais donnée à entendre. C’est d’ailleurs pour cela que l’on se fait passer le message, d’époque en époque, de génération en génération, sans vraiment le lire, jusqu’à ce que quelqu’un ouvre la lettre. Alors, tout devient possible, et son époque peut basculer du côté de l’Amour de Dieu, plutôt que du côté de nos logiques humaines.

La Parole de Dieu : une libération !

Enfin, ne nous étonnons pas d’éprouver telle difficulté devant les paroles de Jésus, ou les enseignements de l’Eglise. Mais, avant de déclarer cela intolérable, demandons-nous d’abord : est-ce vraiment l’enseignement de l’Eglise, n’est-ce pas plutôt l’opinion d’un pasteur ou d’un théologien ? Et cela ne nous oblige absolument en rien.

Nous pouvons aussi nous demander : « Ai-je une bonne compréhension de cette parole de Jésus ou de l’Eglise ? L’ai-je entendue par le prisme des médias ou du bulletin paroissial ». Il vaut la peine à cet égard de lire une seule page de Jean-Paul II sur la théologie du corps, plutôt que d’en rester aux statistiques ou aux commentaires de ceux qui dénoncent l’ordre moral.

Enfin, il est urgent de redécouvrir que ces paroles de Jésus ou de l’Eglise ne sont pas là pour nous brimer, pour nous ratatiner. Elles sont là pour nous libérer, pour nous communiquer la joie et la paix que nul ne pourra nous ravir. Regardez les Saints : franchement, ont-ils l’air malheureux ?

Oui Seigneur : vers qui pourrions-nous aller, Tu as les paroles de la Vie Eternelle !

Amen.

Références des lectures du jour :

  • Livre de Josué 24,1-2a.15-17.18b.
  • Psaume 34(33),2-3.16-17.20-21.22-23.
  • Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 5,21-32.
  • Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6,60-69.

Jésus avait dit dans la synagogue de Capharnaüm : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. »

Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, s’écrièrent : « Ce qu’il dit là est intolérable, on ne peut pas continuer à l’écouter ! »

Jésus connaissait par lui-même ces récriminations des disciples. Il leur dit :
« Cela vous heurte ? Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant ?. . . C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. »
Jésus savait en effet depuis le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas, et celui qui le livrerait. Il ajouta : « Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. »

A partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en allèrent et cessèrent de marcher avec lui. Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? »

Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint, le Saint de Dieu. »

+ Répondre à cet article