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Réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux !

Homélie du 14e dimanche du Temps Ordinaire - Année C (2013)

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Écrire à l'auteur Père Vincent-Marie 6 juillet
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Homélie du 14e dimanche du Temps Ordinaire - Année C (2013)

Écouter l’homélie de Père Vincent-Marie :




Réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les Cieux !

Chers frères et sœurs,

L’Église ne serait-elle qu’une affaire de professionnels réservée à une élite, une cohorte de permanents pour affaire de spécialistes loin des réalités de la vie… ?
Et bien voilà qu’aujourd’hui, l’Évangile nous rassure. Jésus n’a pas seulement envoyé les Douze, mais aussi, soixante douze de ses disciples et ceci pour la même mission.

Depuis plusieurs décennies et suite au Concile, de nombreux documents nous rappellent que nous sommes tous missionnaires et que nous devons nous efforcer de l’être de manière effective. Cependant, ce rappel souvent nous embarrasse parce que nous ne savons pas bien comment faire. On n’a pas le temps, on travaille beaucoup, on doit s’occuper des enfants, réaliser les tâches quotidiennes de la maison. Il y a la famille à ne pas négliger, les amis à visiter, les associations sportives à suivre pour tenir la forme et, et, et…, encore bien des choses toutes aussi légitimes les unes que les autres…

Oui, frères et sœurs, il semble bien que la mission soit une dimension de la vie chrétienne vis-à-vis de laquelle beaucoup restent en retrait : le message chrétien est si mal reçu… Quelques-uns, pourtant, acceptent de se dévouer, mais lorsque l’âge les gagne, ils ont bien du mal à se faire remplacer. Vraiment, la mission serait-elle au-dessus de nos forces ?

Frères, écoutons quelques instants ce que nous en dit Jésus…

Qu’est-ce donc qu’évangéliser ?

Rien d’extraordinaire ! Des choses toutes simples avec pour fondement une Bonne Nouvelle : Dieu a fait de nous ses amis.
Évangéliser, c’est donc, d’abord et avant tout, « Quelqu’un à rencontrer qui nous aime ».

Depuis 2000 ans, un signe nous a été donné et se dresse entre ciel et terre : c’est la croix du Christ dont Saint Paul nous dit ce jour, qu’Elle est son « seul orgueil ». Oui, son « seul orgueil », justement parce qu’Elle est la suprême manifestation de l’Amour de Jésus pour son Père et de l’Amour de Dieu pour lui, Paul, comme pour chacun… Un amour qui a pris sur Lui tout le poids du péché pour nous en libérer…

Être missionnaire n’est finalement rien d’autre que se savoir aimé et le dire. Dès lors, frères et sœurs, la mission ne peut s’enraciner sans la contemplation de ce mystère de l’Amour de Dieu pour chacun, manifesté en Jésus de Nazareth.

Et, tandis que tu expérimenteras la Bonne Nouvelle, que grandira en toi le désir de la partager à d’autres afin que « tous aient la vie en plénitude », voici que tu découvriras aussi combien urgente et immense est la tâche, car comme le dit Jésus :

La moisson est abondante et les ouvriers sont peu nombreux

Des ouvriers pour quelle moisson ?

Pour Jésus, dire que la moisson est abondante, ce n’est certes pas demander de produire ce qui n’existe pas ; mais simplement ici, souligner la présence et l’abondance des fruits qui foisonnent et ne demandent qu’à être récoltés.

Aussi, devant cette abondance, même s’ils sont déjà soixante douze, en plus des Apôtres, les ouvriers sont encore insuffisants. Alors que faire ? « priez », dit Jésus, oui, « priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers… » !

Ce qui signifie, pour résumer que, seul le Père est maître de la moisson, que Lui seul envoie les ouvriers ; Et, que pourtant le Père attend que nous lui demandions ces ouvriers.

Frères et sœurs, tout ceci nous permet d’en conclure que la mission n’est pas une œuvre humaine, une propagande ou une publicité, mais bien une œuvre divine, une grâce ; et cela ne peut que nous rassurer.

Une attitude fondamentale : humilité et confiance

En effet, si c’est le Père Lui-même qui nous envoie personnellement en mission, qu’avons-nous encore à craindre de la faiblesse de nos forces ? De plus, si nous nous laissons faire, n’agira-t-il pas Lui-même à travers nous ?

Alors, non seulement « priez », mais aussi, « N’emportez ni argent, ni sac, ni sandale ». Voilà bien des recommandations nous assurant qu’un témoin du Christ dans le monde n’a pas d’abord à compter sur des moyens humains ni à rechercher une puissance ou efficacité humaine… Pas de gros moyens, pas de grandes structures ; un habillement simple, sans provision, ni bagages, ni sandales. La première exigence : imiter le maître : être pauvre, simple et libre comme Lui !

Quant au contenu de la prédication… Là encore, rien de compliqué ! Ce que les disciples ont à donner, ce n’est pas une doctrine. Lorsque Jésus les envoie, Il ne leur fait pas un cours de théologie ni de christologie, mais Il leur donne des comportements concrets. La manière dont ils doivent entrer en relation avec les gens, « mangeant et buvant ce qu’on vous sert », avec une consigne de profonde liberté intérieure - « sans vous préoccuper si les aliments sont purs ou impurs » - c’est à dire en accueillant les usages et coutumes de ceux que vous rencontrerez.

Mais encore, pas de temps à perdre en politesses et mondanités : cette annonce est urgente, car l’amour ne peut attendre ; et tant qu’il n’est pas dans tous les cœurs, il y aura urgence !

Simplicité, abandon, confiance, oui, car c’est d’abord par leur façon de vivre et d’être que les missionnaires annoncent le Royaume de Dieu.

Frères et sœurs, de combien d’inquiétudes de ne sommes-nous pas habités lorsqu’il s’agit de témoigner de notre attachement au Christ ? Or, voyez-vous, la Bonne Nouvelle est quelque chose de très simple, de très concret et de très pratique, quelque chose de discret et direct qui s’appelle l’amour et qui se traduit par un témoignage et une communication de paix, de joie, de bien et de bon ; quelque chose qui dit la proximité d’un Dieu amour présent à chacun.

En somme, une bonne Nouvelle en acte à la portée des vies les plus simples, pourrait-on dire !

Conclusion : une collaboration libre et joyeuse !

Enfin, frères et sœurs, ce qui est remarquable dans ce passage, c’est l’immense confiance que Dieu fait à chacun en lui donnant de coopérer à son œuvre de salut et la joie qui s’en dégage. Saint Luc évoque justement cette joie des disciples à leur retour de mission.

La joie, oui, et quelle joie ?

  • Celle d’avoir expérimenté que « même les esprits mauvais leur étaient soumis ». Ce qui nous assure que, si les difficultés ne manquent pas, la vie du missionnaire n’est cependant pas une vie impossible : elle est faite de joie, une joie qui est d’abord celle de la première expérience de la puissance du Christ agissant à travers les siens.
  • Toutefois, le Christ oriente vers une joie plus profonde que celle de la victoire des forces du bien sur le mal. Il ne s’agit pas de s’appuyer sur ce qui est extérieur, sur le résultat, ni de juger son apostolat sur l’efficacité et les statistiques, mais de s’appuyer sur une réalité plus intérieure et profonde, encore invisible aux yeux de chair qui est cette certitude que « vos noms sont inscrits dans les cieux ».
  • Mais encore, frères, cette joie est aussi celle du Chrétien devant la progression du Royaume de Dieu qu’annonçaient déjà les prophètes d’autrefois : ce jour où « vous serez nourris et rassasiés du lait de ses consolations et puiserez avec délices à l’abondance de sa gloire » ; ce jour où « vous serez comme des nourrissons que l’on porte sur son bras, que l’on caresse sur ses genoux »…

Le règne de Dieu est tout proche !

Oui, frères et sœurs, « le règne de Dieu est tout proche », redit Jésus ce matin. Voilà notre joie essentielle : accueillir le Royaume des Cieux et participer à sa venue dans le monde. Frères, voici que déjà Il vient et se donne à nous dans l’humilité du pain et du vin de l’Eucharistie.

Alors, demandons à Marie, Reine des missionnaires, de nous aider à l’accueillir pour mieux Le donner au monde qui nous entoure. Comme l’écrivait un jour le Bienheureux Jean-Paul II :

Elle fera de vous, dans ce monde qui passe, des prophètes du monde qui ne passe pas.

Amen !

Références des lectures du jour :

  • Livre d’Isaïe 66,10-14c.
  • Psaume 66(65),1-3a.4-5.6-7a.16.20.
  • Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 6,14-18.
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 10,1-12.17-20.

Parmi ses disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller. Il leur dit :
« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.
Allez ! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.
N’emportez ni argent, ni sac, ni sandales, et ne vous attardez pas en salutations sur la route.

Dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ’Paix à cette maison.’
S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.
Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous servira ; car le travailleur mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.

Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qu’on vous offrira. Là, guérissez les malades, et dites aux habitants : ’Le règne de Dieu est tout proche de vous. ’
Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, sortez sur les places et dites :
’Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous la secouons pour vous la laisser. Pourtant sachez-le : le règne de Dieu est tout proche.’
Je vous le déclare : au jour du Jugement, Sodome sera traitée moins sévèrement que cette ville. »

Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux. Ils racontaient :
— « Seigneur, même les esprits mauvais nous sont soumis en ton nom. »
— Jésus leur dit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair. Vous, je vous ai donné pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et pouvoir sur toute la puissance de l’Ennemi ; et rien ne pourra vous faire du mal.
Cependant, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux. »

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1 réaction


15 juillet 2013 11:38, par motte

« le royaume des cieux est tout proche » je me souviens du père braconnier curé à Senlis qui disait « tout proche çà veut dire à portée de main, ca veut dire ici et maintenant » ce qui se conçoit bien quand on est sur que Dieu est tout proche en nous, c’est à dire dans notre coeur je trouve que c’est plus parlant, plus émouvant que l’acceptation habituelle de « tout proche » dans le sens « va bientôt venir » merci pour cette belle homélie louis

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