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Résister aux tentations avec l’aide du Christ

Homélie du premier dimanche de Carême - Année C

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Homélie du premier dimanche de Carême - Année C

Écouter l’homélie :




Chers frères et sœurs,

Chaque année, l’homélie tombe sur ce récit des tentations de Jésus dans le désert, tentations qui sont à l’origine, qui sont le fondement de notre carême que nous vivons cette année encore.

Ainsi, ayant épuisé toutes les formes de tentations, le démon s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé

C’est intéressant de voir que les tentations que nous venons d’entendre concernent toute la mission de Jésus. Elles nous permettent donc de mieux comprendre les enjeux et le sens de Sa mission, plus particulièrement de Sa mort et de Sa Résurrection. Il est donc important que nous entendions ce récit tout au départ du Carême pour bien comprendre et bien entrer dans la semaine sainte d’ici une quarantaine de jours.

Ces tentations de Jésus sont évidemment aussi les nôtres, c’est ce que nous verrons dans un deuxième temps.

Les trois grandes tentations qui se présentent à Jésus

La première tentation : douter de Son identité

Si tu es le fils de Dieu…

Le tentateur questionne là l’identité du Christ, et plus ou moins subtilement, il indique un chemin différent : il s’agit de transformer des pains, il s’agit d’être le maître, il s’agit de faire des miracles, de se faire voir.

Quand le tentateur dit à Jésus : « Transforme ces pains », il parle évidemment de la faim qu’Il a Lui-même, Jésus, mais aussi de la faim des hommes. Et sans cesse l’on voit dans l’évangile que l’on va Lui demander des preuves matérielles : de donner du pain, de guérir tel ou tel malade, de faire des signes… Et généralement, Jésus ne répond pas à ces demandes parce qu’elles ne sont pas sincères et qu’elles en répondent pas à la faim profonde de l’Homme.

Si Jésus multiplie les pains dans l’Évangile, c’est toujours pour répondre à une quête sincère de Dieu. Il demande ce miracle à Dieu le Père – il ne s’agit pas de se prouver à Lui-même ou de prouver aux autres qui Il est.

Enfin, la multiplication des pains suppose toujours un partage entre les bénéficiaires, depuis la distribution jusqu’à la mise en commun.

Il y a donc cette tentation de résoudre les problèmes matériels, de commencer par les problème matériels, et d’y passer tant de temps que l’on en oublie l’essentiel : on oublie le Seigneur.

La deuxième tentation : à la recherche du pouvoir et de la domination

Je te donnerai la gloire et tous les royaumes si Tu Te prosternes à mes pieds.

Cette tentation est celle de rechercher le pouvoir et la domination, alors que le chemin proposé au Christ est le chemin de la Croix.

La troisième tentation : le pouvoir de Dieu au service d’un besoin

Cette dernière tentation n’est pas sans lien avec la précédente. On pourrait la définir comme : mettre la main sur Dieu, Lui montrer comment faire. C’est toujours un peu la même chose : il faut sauver le Monde, que les gens aillent mieux, il faut donner des preuves, prendre un autre chemin, etc…

Ce qui est intéressant, c’est que l’on voit que le Diable connaît bien les écritures saintes, mais il les utilise à son propre profit. C’est toujours un petit peu notre tentation, celle de la superstition, qui attire Dieu à soi, de prendre Dieu comme un distributeur automatique, de ne pas se mettre à son service, au contraire, de nous en servir nous-même.

Quel rapport avec les tentations qui traversent notre vie ?

Nous les voyons, ces tentations sont au début de l’Évangile, au début de la mission de Jésus, et elles traversent tout l’Évangile. Sans cesse on demande au Christ des signes : « Si Tu es le fils de Dieu… fais ceci, fais cela », jusqu’au dernier moment, sur la Croix : « Si Tu es le fils de Dieu, descends de la Croix ». Ces tentations nous taraudent sur Sa mission, sur Son identité, et nous indiquent un autre chemin.

Première tentation : douter du sens de la vie chrétienne

Ces tentations traversent bien évidemment notre propre vie. Le tentateur questionne notre propre identité, notre dignité : « si tu es ce que tu prétends être, tu devrais faire telle ou telle chose ». C’est vrai que nous, les chrétiens, on nous attend sur des actions bienfaisantes. On se souvient de ce qui nous a été reproché : « Vous devriez ouvrir vos maisons, accueillir des pauvres, etc… », et c’est bien vrai. Mais, la mission de l’Église n’est pas d’abord celle-là. Elle est de rappeler le sens de Dieu. Et si nous trouvons le sens de Dieu, alors nous pourrons aider les pauvres de manière efficace.

Un jour, on reprochait à Mère Térésa de gâcher beaucoup d’argent en calices, en maisons relieuses. Et sa réponse fut assez simple :

« Là où Dieu n’est pas honoré, les pauvres ne sont pas honorés non plus. »

Il faut donc retrouver le sens de Dieu pour pouvoir vraiment servir les pauvre.

Deuxième tentation : rechercher le pouvoir par l’image que nous donnons

La deuxième tentation pour nous-même, c’est peut-être celle de l’image. On voit que notre culture actuelle est très marquée par l’image et l’apparence. Cela peut-être pour l’Église : « l’Église devrait prendre telle et telle décision pour augmenter dans les sondages, pour être mieux comprise ». Cela peut-être aussi pour nous-même : « Tu devrais faire ou dire telle chose, les gens parleraient de toi, tu serais connu sur FaceBook… ».

Il ne s’agit évidemment pas de céder à cette culture, mais de nous laisser transformer intérieurement pas la Parole, par l’obéissance à la Parole.

C’est le Seigneur seul que tu serviras.

Troisième tentation : éviter le chemin de la Croix

Enfin, le chemin que Jésus nous propose, c’est le chemin de la Croix. Il est très explicite depuis le début de l’Évangile jusqu’à la fin : vous n’emprunter pas un chemin de roses. Bien sur, il ne s’agit pas d’aller au casse-pipe, mais simplement de recevoir les épreuves – grandes ou petites – que le Seigneur permet dans nos vies.

Ce temps du carême - cet évangile des tentations – sont une opportunité pour nous au début de ce chemin vers Pâques pour renouveler notre désir de suivre Jésus, de prendre notre Croix chaque jour et de Le suivre. C’est une invitation à nous revêtir de ces sentiments d’humilité et de douceur pour bien vivre la semaine sainte. Mais surtout, pour, avec Lui, en Lui et par Lui, nous offrir, nous offrir par toute notre vie,

Amen.

Références des lectures du jour :

  • Livre du Deutéronome 26,4-10.
  • Psaume 91(90),1-2.10-11.12-13.14-15ab.
  • Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 10,8-13.
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 4,1-13.

Après son baptême, Jésus, rempli de l’Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; il fut conduit par l’Esprit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut mis à l’épreuve par le démon. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim. Le démon lui dit alors :
— « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain. »
— Jésus répondit : « Il est écrit : Ce n’est pas seulement de pain que l’homme doit vivre. »

Le démon l’emmena alors plus haut, et lui fit voir d’un seul regard tous les royaumes de la terre. Il lui dit :
— « Je te donnerai tout ce pouvoir, et la gloire de ces royaumes, car cela m’appartient et je le donne à qui je veux.
Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. »
— Jésus lui répondit : « Il est écrit : Tu te prosterneras devant le Seigneur ton Dieu, et c’est lui seul que tu adoreras. »

Puis le démon le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit :
— « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi à ses anges l’ordre de te garder ; et encore : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. »
— Jésus répondit : « Il est dit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »

Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le démon s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé.

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