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Saint Nicolas au prieuré - vidéo

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Ecrire à l'auteur  Père Raphaël  16 décembre 2010
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Le samedi 4 décembre, pour la quatrième année consécutive, les frères du prieuré saint Bernard ont fêté saint Nicolas. Cette fête est une institution en Alsace et le fond religieux qu’elle véhicule méritait bien que notre communauté en fasse une occasion de rassemblement des familles de nos villages.

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Une vieille coutume alsacienne

« Saint Nicolas, patron des écoliers... » : c’est un refrain qui résonne encore dans de nombreuses écoles alsaciennes à l’occasion du 6 décembre, signe d’une époque où saint Nicolas était fêté plus que Noël. C’était d’ailleurs ce jour là que les enfants recevaient les cadeaux. Notre saint n’est pourtant pas d’ascendance alsacienne. Evêque de Myra (actuelle Turquie) en Asie mineure, saint Nicolas vécut au IVe siècle et mourut un 6 décembre. On ne sait que peu de choses sur sa vie mais la légende qui s’est formée par la suite autour de lui témoigne d’un rayonnement personnel extraordinaire. Dès le X ème siècle, saint Nicolas jouissait déjà d’une grande popularité en France et en Allemagne et il devint patron de nombreuses églises. L’abondance des vocables sous lesquels on l’invoquait témoigne de ses nombreux miracles : patron des marins, des pêcheurs, des voyageurs, des jeunes filles à marier, des écoliers,et de tous les enfants et c’est ce dernier aspect qui prédomina.

En Alsace, la vénération du saint s’est répandue de bonne heure et de nombreuses églises le prirent comme patron. Très tôt s’est formée la coutume que saint Nicolas apporte des cadeaux aux enfants. L’origine est sans doute à chercher dans les nombreux miracles accomplis par le saint vénéré comme « celui qui donne dans le secret ». Chaque 6 décembre, le saint s’invite dans les maisons pour apporter des cadeaux aux enfants, des pommes et des pains d’épice et, plus récemment, des chocolats et des jouets. Il est souvent accompagné d’un deuxième personnage, le « père fouettard » (appelé « Hans Trapp » en Alsace). Ce dernier est le symbole du diable vaincu par le saint et qui doit se mettre à son service : il est chargé de punir les méchants enfants. A l’occasion de la fête, les écoliers formaient des cortèges, élisaient un évêque et passaient à travers les rues, chantant devant les maisons et demandant des cadeaux. Les autorités municipales même leur en accordaient. Mais une fois décantés les récits légendaires qui entourent saint Nicolas, on découvre un pasteur dans la droite ligne de l’Evangile, une sainteté souriante et aimable qui annonce la gratuité, l’inattendu et la discrétion de la grâce de Dieu.


Magazine Paraboles n°433
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Saint Nicolas au prieuré

Comme religieux, nous pensions avoir donc notre place dans ce paysage. Pour cette raison, nous avons organisé un après-midi festif au prieuré en trois temps : spectacle, procession et goûter traditionnel. Le spectacle de Noël consistait en une adaptation SJM de la célèbre pastorale des santons de Provence. Pas moins d’une dizaine d’acteurs (amis, jeunes proches de nos maisons, frères...) se sont impliqués, qui dans le rôle du ravi, du pistachier, de la poissonnière... C’est à la chapelle sainte Anne bien mise en valeur et flanquée pour l’occasion d’un aménagement son et lumière de qualité grâce à un ami technicien, que s’est jouée la représentation. Il avait été demandé aux enfants de se déguiser en santons de la crèche, ce qui permettait à chacun de vibrer à l’évocation de son personnage. Le spectacle a enchanté petits et grands par la qualité du texte et un jeu d’acteur non moins remarqué.

Puis la joyeuse assemblée s’est rassemblée pour la procession dans les rues du village, Saint Nicolas en tête. Notre ânesse Rosie a presque volé la vedette au saint évêque ; fr Charles avait préalablement joliment décoré la calèche et saint Nicolas et le père fouettard y prirent place en tête du cortège. Ce dernier s’est égrenée au rythme des chants et refrains de la fête entonnés par fr Raphaël. Nous nous sommes finalement retrouvés sur la place de l’abbatiale pour une grande farandole finale et une photo de famille, des journalistes et un cameraman étant là pour immortaliser l’événement. Nous avons rejoint ensuite le prieuré pour un goûter traditionnel. Les manalas, sorte de bonshommes en brioche pour évoquer la légende des 3 enfants, les mandarines et le chocolat chaud n’ont pas fait long feu et tous sont repartis heureux de cet après-midi chez les frères.

Le bon déroulement de cette fête n’aurait pas été possible sans un réseau d’amis mobilisés de la diffusion jusqu’aux ultimes préparatifs. Des familles, des ados qui ont participé à nos camps, des fidèles de la communauté, autant de proches qui ont déployé des trésors de générosité et d’ingéniosité qui en cuisine, dans la décoration, l’accueil etc pour une journée inoubliable. Ce fut à nouveau une confirmation qu’une telle collaboration « frères-amis » est efficace mais surtout féconde pour tous. Constater la joie des familles ce jour, voilà la meilleure raison pour renouveler la formule l’an prochain.

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