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Saint Paul et l’Esprit Saint

Conférence de P. Pierre-Marie aux Semeurs d’Espérance - février 2009

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Écrire à l'auteur Père Pierre-Marie 14 avril 2009
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St Paul est, sans conteste, l’apôtre de l’Esprit Saint, lui qui nous a offert toute une théologie de la troisième Personne Divine.



Les Fruits de l’Esprit (Ga 5 ; 16-26)

Le fruit de l’Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi."

Quel magnifique texte que celui-ci ! St Paul y marque, là encore, une très nette opposition entre la chair (en d’autres termes tout ce qui nous oppose à Dieu), cet esprit du monde, et l’Esprit.
En nous se déroule un affrontement, un véritable combat spirituel qui nous renvoie à ce choix qu’il nous est demandé de poser. Au seuil du Carême il est bienvenu de prendre conscience de cette conversion à opérer, à reprendre sans cesse. Il y a un athéisme pratique qui consiste à agir comme si Dieu n’existait pas. Et nous sommes à chaque instant témoins qu’en nous se manifestent sans cesse des choses qui nous opposent à Dieu, tel ce désir de domination, ce désir d’emprise que nous portons tous d’une manière plus ou moins cachée.
Pour contrer ces « convoitises de la chair », il nous faut aspirer à ce lâcher prise, à une forme de confiance, en Dieu, dans les autres… quand bien même la confiance implique l’abandon et, partant, le risque d’être déçu.

Comment savoir si l’on agit selon l’Esprit ? Lorsqu’on voit mûrir en moi ses fruits, de la même manière qu’on ne peut distinguer du vent que ses effets. Et quels sont ces fruits ?

  • La charité et la joie.
    Voilà en vérité qui est intéressant : celui qui est joyeux, voilà celui qu’habite l’Esprit. Chez nombre de nos contemporains, nous sommes témoins d’une forme de tristesse qui n’est pas de Dieu.
  • La longanimité.
    D’un point de vue étymologique, longanimité signifie « âme longue ». On dit d’un cheval qui tient la distance sans s’épuiser qu’il a le « souffle long ». Ainsi la longanimité est-elle la vertu de celui qui sait durer, qui sait trouver en Dieu sa respiration.
  • La serviabilité.
    Au fond l’Esprit nous appelle toujours à un décentrement de nous-mêmes. Rien n’est moins simple ! Cela implique d’être attentif à l’autre, à ses besoins… et renseigne sur le grand rôle que peut jouer l’éducation : certains ne voient tout simplement pas comment être serviable. On ne leur a pas appris. Par ailleurs, le péché par omission n’est pas une question d’Alzheimer ! Il trouve sa source dans le repliement sur soi : témoin du bien qu’il y a à faire, on préfère s’abstenir, par paresse, fatigue…
  • La bonté.
    Voilà une vertu tellement rare, ce précieux « a priori de bienveillance » qui consiste à penser envers et contre tout que l’autre fait son maximum. Avoir de la bonté me semble vraiment un don de Dieu.
  • La douceur.
    Les gens passionnés, absolus, apparaissent toujours un peu violents !
  • La maîtrise de soi.
    Elle signifie que je ne me laisse pas déborder par mes propres pulsions, mes propres émotions. Il y a un combat en nous, d’ordre spirituel. Le bien et le mal nous habitent, certes, leur front passe au milieu de notre coeur, mais nous sommes avant toute chose le temple de l’Esprit Saint. Dieu en nous est vainqueur, Il est tout en tous ! Le démon n’est qu’une créature et non un autre Dieu en compétition !

La vie dans l’Esprit (Rom 8 ; 1-28)

L’Esprit du Christ habite en vous" affirme St Paul.

C’est toute cette question de « l’inhabitation » de l’Esprit Saint en l’homme. Nous sommes en effet non seulement des créatures de Dieu, mais avons par surcroît hérité de cette présence de l’Esprit à l’intérieur de notre être, de notre nature humaine, charnelle !

Parce que nous avons reçu l’Esprit de Dieu par le Baptême, nous participons à la vie de Dieu. Cette participation à la vie divine, cette intégration à la Trinité, est sans doute notre force la plus grande. Notre Dieu a choisi de se faire intérieur à nous-mêmes ! Ainsi sommes-nous capables d’une filiation, d’une confiance en Dieu, à demander dans la prière. Que Dieu nous donne d’être vraiment fils et filles, et non esclaves !

« Toute la création jusqu’à ce jour gémit en travail d’enfantement », nous révèle St Paul.
Toute la Création, en définitive, aspire au Salut. Tout ce qui est, l’ensemble du monde créé, est lié au Salut du monde. Comment ce Salut va-t-il se faire ? Nous ne le savons pas. Mais il est certain que tout ce que nous faisons retentit sur la Création. Nos manières d’agir ont des conséquences sur le monde. L’écologie se montre présente dans la Bible à beaucoup de pages. La pollution correspond en profondeur à un problème moral… de pollution intérieure !

L’Esprit et l’Amour (Rom 5 ; 3-5)

On ne peut pas grandir dans l’Espérance si l’on n’est pas éprouvé d’une certaine manière.
L’épreuve nous rend capable d’aimer par cet Esprit de Dieu qui nous est donné. Lorsqu’on sent qu’il est difficile d’aimer l’autre, faisons mémoire de cet Esprit de Dieu présent comme un germe en nous, qui nous pousse à l’Amour, et demandons au Seigneur de nous aider.

En conclusion : Marqués d’un sceau par l’Esprit de Promesse !

La Sanctification par l’Esprit (Ephésiens 1 ; 13-14)

Ces quelques lignes nous ouvrent des portes extraordinaires. Elles nous confirment que par les Sacrements du Baptême, de l’Ordre, de la Confirmation, nous sommes marqués d’un sceau, d’un sceau gravé sur des tables de chair et non pas sur des tables de pierre.
L’Esprit de Dieu travaille en nous malgré nos fragilités. Notre sanctification n’est pas le fruit de nos efforts, mais bien le fruit de la grâce de Dieu en nous. Quoi que nous fassions, l’Esprit de Dieu agit en nous.

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