Sortie communautaire des Frères d’Ottmarsheim dans le Bade-Wurtemberg
à Constance (Allemagne)
Une fois n’est pas coutume : cette année Père Christian notre GO, nous emmène à Hegne au bord du Lac de Constance.
Le lac de Constance (Bodensee en allemand) est un ensemble de plusieurs plans d’eau situés au nord des Alpes, à la frontière entre l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche, alimentés principalement par le Rhin.
Nous avons logé chez les Sœurs Miséricordieuses de la Sainte-Croix qui ont un hôtel trois étoiles ( !! ) à 10 km de la ville de Constance au bord du lac. C’est la Maison Sainte Élisabeth, lieu où elles exercent leur apostolat. Les sœurs sont très souriantes et l’hôtel très confortable, de plus les repas sont copieux et très savoureux. C’est déjà 80% de ce qu’attendent les frères !
Nous avons pu visiter le site du monastère qui comprend un château épiscopal (Constance ayant été le siège de l’Évêque d’Allemagne ayant le plus grand diocèse (In hilo rempote)). Notre guide était le P. Bernard, un homme de 80 ans, parlant très bien le français et ayant exercé du ministère en Forêt Noire, très souriant et affable. Nous avons aussi visité l’hôpital des sœurs qui accueillent des religieuses à la retraite et également des personnes âgées. Une curiosité particulière est la crypte avec le tombeau d’une des sœurs de la congrégation, sr Ulrika Nisch (1882-1913) canonisée en 1987. Un collège-lycée jouxte aussi l’hôpital des sœurs.
La Maison Ste-Elisabeth, un établissement moderne pour séminaires, fut construite en 2006 au bord du Lac de Constance et possède un terrain donnant sur le lac, avec vue sur l’île de Reichenau. C’est ici que s’unissent l’esprit d’une auberge monastique traditionnelle et le confort, le service et l’hospitalité d’un hôtel 3 étoiles. Dans la nouvelle maison d’hôte Ste-Elisabeth, le monastère propose également des retraites et des journées de recueillement et met à disposition d’artistes chrétiens des espaces pour exposer et travailler. Le monastère est ouvert à toutes les confessions et orientations. L’offre inclut aussi des journées de famille et de pèlerinage et les jeunes femmes peuvent faire un séjour à durée limitée au monastère.
Nous sommes également allés en Suisse visiter le Musée Napoléon : le château d’Arenenberg appartenait à des familles patriciennes avant d’être vendu à Hortense de Beauharnais, la fille adoptive et belle-sœur de Napoléon Ier. Elle l’a fait transformer et redécorer dans le style Empire et y a habité dès 1817 ; pendant son séjour, Hortense avait aménagé l’intérieur du château avec des tapisseries, des meubles et des tableaux en souvenir de Napoléon. Elle y vécut avec son fils Louis Napoléon, le futur empereur Napoléon III. Selon certains récits, l’enfant aurait appris le dialecte thurgovien. Notre guide qui parlait français (heureusement !) nous a même dit que son accent (Allemand) lui a joué des tours lors de sa tentative de soulèvement de Strasbourg. Le 30 octobre 1836, le prince Louis-Napoléon Bonaparte, avec une poignée de complices, effectue une tentative de soulèvement de Strasbourg. Il espère soulever la garnison et, ensuite, marcher sur Paris et renverser la monarchie de Juillet. En effet, les strasbourgeois en sont même venus à douter du fait qu’il soit un descendant de Napoléon, car c’était quelque chose de relativement insolite. Sans doute cet épisode conforte les frères non germanophones de ne pas se donner la peine d’étudier l’Alsacien pour ne pas paraître suspect ?...
Nous avons visité l’Ile de Reichnau : l’ « Ile monastique de Reichenau » du lac de Constance a été inscrite le 30 novembre 2000 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en tant que paysage culturel constituant un témoignage exceptionnel du rôle religieux et culturel d’une grande abbaye bénédictine au Moyen Âge. Les églises bien conservées de l’île offrent des exemples parlants de l’architecture monacale du IXe au XIe siècle, les fresques soigneusement restaurées montrent Reichenau comme centre artistique de grande importance pour l’histoire de l’art européen du Xe et du XIe siècle. L’époque monacale a durablement imprégné l’image de l’île, le paysage et la structure économique, d’une façon restée lisible jusqu’à aujourd’hui, puisque nous y trouvons encore la culture maraîchère.
Une autre visite intéressante fut celle du Monastère de Salem en Allemagne ; pour cela Père Christian nous a offert un passage sur le lac en bateau avec nos voitures à bord. Nous avons pu voir aussi toute la chaine des Alpes, avec des sommets en Autriche et d’autres en Suisse.
L’abbaye de Salem (Kloster) est, à notre humble connaissance, le plus important monastère cistercien en taille et dimension en Allemagne, voire au monde (l’Abbaye d’Ourscamp n’est qu’un grain de sable à côté !).
Elle fut fondée en 1136. Les bâtiments conventuels furent entièrement détruits dans un incendie en 1697. Ils furent reconstruits dans le style baroque et sont aujourd’hui occupés par une école : la Schule Schloss Salem (réservée à un population privilégiée, le Prince Philippe d’Angleterre en est un ancien élève). Directement rattachée à l’Empire, elle n’obéissait qu’à l’empereur et au pape. Elle atteignit son apogée sous l’abbé Anselme II (1746-1778), bâtisseur de l’église et initiateur du pèlerinage marial de Birnau. Les moines, gagnés par la sécularisation, abandonnèrent l’abbaye et elle cessa d’exister en 1803. L’abbatiale du monastère est dégoulinante de statues en stuc : c’est inimaginable !
Finalement nous avons couronné cette sortie communautaire par les chutes du Rhin, qui, selon certains, ne seraient qu’un faible dénivelé d’eau. Nous confirmons qu’il s’agit bien de chutes, les plus puissantes d’Europe selon Père Christian. C’est une première pour la communauté d’Ottmarsheim, car ces chutes n’avaient jamais fait l’objet d’une sortie communautaire. Seul Père Pierre-Dominique et d’autres frères avaient pu les approcher de nuit et entendre le bruissement puissant de l’eau. Mais ils n’avaient pu attendre jusqu’au matin pour les voir, devoir d’état oblige...
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Edito
A la chasse aux petits lutins ... en robe de bure à capuchon (...)




