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Spe Salvi : Au coeur de la souffrance, apprendre l’Espérance

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Écrire à l'auteur Père Pierre-Marie 23 juillet 2011
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A partir d’extraits de l’encyclique de Benoît XVI « Spe Salvi », le Père Pierre-Marie nous invite à regarder la souffrance à travers un regard d’espérance.

Écouter la conférence :




- Pour écouter la 2e partie de la Conférence : Spe Salvi : La prière comme école de l’Espérance

« SPE SALVI facti sumus » – dans l’espérance nous avons été sauvés, dit saint Paul aux Romains et à nous aussi (Rm 8, 24). Selon la foi chrétienne, la « rédemption », le salut n’est pas un simple donné de fait. La rédemption nous est offerte en ce sens que nous a été donnée l’espérance, une espérance fiable, en vertu de laquelle nous pouvons affronter notre présent : le présent, même un présent pénible, peut être vécu et accepté s’il conduit vers un terme et si nous pouvons être sûrs de ce terme, si ce terme est si grand qu’il peut justifier les efforts du chemin. Maintenant, une question s’impose immédiatement : mais de quel genre d’espérance s’agit-il pour pouvoir justifier l’affirmation selon laquelle, à partir d’elle, et simplement parce qu’elle existe, nous sommes rachetés ? Et de quel genre de certitude est-il question ?
Premières lignes de l’Introduction.

Extraits de « Spe salvi »

36. "Notre engagement, afin que le monde devienne un peu plus lumineux et un peu plus humain est important.
Mais l’engagement quotidien doit être éclairé par la lumière d’une espérance plus grande, qui ne peut être détruite ni par des échecs dans les petites choses ni par l’effondrement dans des affaires de portée historique.
Si nous ne pouvons espérer plus que ce qui est effectivement accessible ou espérer des autorités politiques et économiques, notre vie se réduit bien vite à être privée d’espérance.
Il est important de savoir ceci : je peux toujours et encore espérer, même si, apparemment, pour ma vie ou pour le moment historique que je suis en train de vivre, je n’ai plus rien à espérer.
Seule la grande espérance-certitude que, malgré tous les échecs, ma vie personnelle et l’histoire dans son ensemble sont gardées dans le pouvoir indestructible de l’Amour qui, grâce à lui, ont un sens et une importance. Seule une telle espérance peut, dans ce cas, donner encore le courage d’agir et de poursuivre. C’est la grande espérance appuyée sur les promesses de Dieu qui, dans les bons moments comme dans les mauvais, nous donne courage et oriente notre agir.

La souffrance fait aussi partie de l’existence humaine.
Il faut certainement faire tout ce qui est possible pour atténuer la souffrance : empêcher, dans la mesure où cela est possible, la souffrance des innocents ; calmer les douleurs ; aider à surmonter les souffrances psychiques. Oui, nous devons tout faire pour surmonter la souffrance, mais l’éliminer complètement du monde n’est pas dans nos possibilités – simplement parce que nous ne pouvons pas nous extraire de notre finitude et parce qu’aucun de nous n’est en mesure d’éliminer le pouvoir du mal, de la faute, qui – nous le voyons – est continuellement source de souffrance.
Dieu seul pourrait le réaliser : seul un Dieu qui entre personnellement dans l’histoire en se faisant homme et qui y souffre. Nous savons que ce Dieu existe et donc que ce pouvoir qui « enlève le péché du monde » (Jean 1, 29) est présent dans le monde.
Par la foi dans l’existence de ce pouvoir, l’espérance de la guérison du monde est apparue dans l’histoire. L’espérance qui nous donne le courage de nous mettre du côté du bien même là où cela semble sans espérance."

37. Nous pouvons chercher à limiter la souffrance, à lutter contre elle, mais nous ne pouvons pas l’éliminer.
Justement là où les hommes, dans une tentative d’éviter toute souffrance, cherchent à se soustraire à tout ce qui pourrait signifier souffrance, ils s’enfoncent dans une existence vide, dans laquelle peut-être n’existe pratiquement plus de souffrance, mais où il y a d’autant plus l’obscure sensation du manque de sens et de la solitude. Ce n’est pas le fait d’esquiver la souffrance, de fuir devant la douleur, qui guérit l’homme, mais la capacité d’accepter les tribulations et de mûrir par elles, d’y trouver un sens par l’union au Christ, qui a souffert avec un amour infini.

38. La mesure de l’humanité se détermine essentiellement dans son rapport à la souffrance et à celui qui souffre.
Cela vaut pour chacun comme pour la société. Une société qui ne réussit pas à accepter les souffrants et qui n’est pas capable de contribuer, par la compassion, à faire en sorte que la souffrance soit partagée et portée aussi intérieurement est une société cruelle et inhumaine.
Cependant, la société ne peut accepter les souffrants et les soutenir dans leur souffrance, si chacun n’est pas lui-même capable de cela et, d’autre part, chacun ne peut accepter la souffrance de l’autre si lui-même personnellement ne réussit pas à trouver un sens à la souffrance, un chemin de purification et de maturation, un chemin d’espérance.
Accepter l’autre qui souffre signifie, en effet, assumer en quelque manière sa souffrance, de façon qu’elle devienne aussi la mienne. Mais parce que maintenant elle est devenue souffrance partagée, dans laquelle il y a la présence d’un autre, cette souffrance est pénétrée par la lumière de l’amour.
Et enfin, le « oui » à l’amour est aussi source de souffrance, parce que l’amour exige toujours de sortir de mon moi, où je me laisse émonder et blesser. L’amour ne peut nullement exister sans ce renoncement qui m’est aussi douloureux à moi-même, autrement il devient pur égoïsme et, de ce fait, il s’annule lui-même comme tel.

Je voudrais encore ajouter une petite annotation qui n’est pas du tout insignifiante pour les événements de chaque jour. La pensée de pouvoir « offrir » les petites peines du quotidien. Que veut dire « offrir » ? C’est insérer dans la grande compassion du Christ ses petites peines. De cette manière aussi les petits ennuis du quotidien peuvent acquérir un sens et contribuer au bien, à l’amour entre les hommes. Peut-être devrions-nous nous demander vraiment si une telle chose ne pourrait pas redevenir une perspective judicieuse pour nous aussi."


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