Le Cœur Immaculé de Marie, l’antidote contre le découragement !

20 janvier 2014

Homélie de la fête patronale de la Congrégation :

Écouter l’homélie de Père Pierre-Marie :

Écouter l’homélie

Petit rappel de mythologie moderne :

Frères et sœurs bien-aimés,

Cela fait déjà quelques années déjà, mais peut-être vous souvenez-vous de la grande trilogie du « Seigneur des Anneaux », et dans la troisième partie, Le Retour du Roi, il y a cette grande bataille contre Sauron, qui personnifie le Mal, celui qui domine l’Anneau qui les domine tous.
Et dans cette grande bataille qui a lieu au pied de la forteresse de Minas Tirith, il y a cette charge des Rohirrim, au champ de Pelennor – je me suis bien renseigné pour vous qui êtes dans doutes des spécialistes de ce sujet… !

Et, à un moment donné de cette bataille spectaculaire où il y a beaucoup de morts, la charge étant menée par le Roi du Rohan, Théoden, le Roi-Sorcier d’Angmar - qui fait partie des neuf Seigneur des Anneaux qui chevauchent les neuf Nazgûl – met à bat tout d’un coup le Roi du Rohan et demande à sa bête, grand oiseau terrifiant, de dévorer sa proie.

Alors que tout semble perdu, un soldat s’interpose entre la bête, le spectre, et le Roi. Et, comme si c’était de façon désespérée, l’on entend le Sorcier d’Angmar, avec sa voix métallique : « Pauvre fou, aucun homme ne peut me tuer… »

On se dit alors que c’est perdu ! ce soldat est bien là, mais seulement pour la bravoure, le panache… et voilà que ce soldat enlève son casque ; une magnifique chevelure s’en échappe : c’est Eowyn, nièce du Roi, qui plante son épée dans le spectre, et qui répond : « Un homme oui, mais une femme… »

Ainsi, à travers cette trilogie du Seigneur des Anneaux, Tolkien n’a pas fait mystère de sa foi catholique, et a dit qu’il fallait redonner l’évangile de façon mythologique, ou d’une autre manière détournée des habitudes et de la tradition du « déjà entendu » pour lui redonner toute sa nouveauté. L’objectif de ces écrits est de faire de l’Évangile un texte qui puisse attirer l’attention des uns et des autres.

A travers les différentes femmes présentes dans la trilogie, Tolkien fait mémoire de la Vierge Marie et nous rappelle que c’est par la Vierge Marie, par Son intercession, par l’accomplissement des promesses en Elle, que ce qui semblait désespéré - c’est à dire notre humanité à jamais éloignée de Dieu, à jamais coupée de sa source originelle, à jamais désespérée de retrouver une communion avec son Créateur - va trouver en Elle cette capacité nouvelle qui nous est donnée par miséricorde et par grâce, pour retrouver espérance et refaire surface, alors que nous semblions engloutis par le péché.

Un patronage de choix pour la Congrégation

L’Abbé Desgenettes, qui était curé de la paroisse de Notre-Dame des Victoires à Paris, et qui a mis à l’honneur la Fête du Cœur Immaculé de Marie, Refuge des pécheurs, a lui-même connu ce grand changement ; alors que sa paroisse était peu fréquentée, entourée de personnes très éloignées de l’Évangile, il a entendu une voix intérieure lui indiquant de consacrer sa paroisse au Cœur Immaculé de Marie, Refuge des pécheurs.

Et lorsqu’il s’est agi de choisir une fête patronale pour la Congrégation, le Père Lamy a choisi cette fête du Cœur Immaculé de Marie, Refuge des pécheurs comme pour nous encourager, alors que les temps sont parfois agités – alors que la paroisse de l’Abbé Desgenettes était mise de côté, alors que le roi du Rohan semblait tout à fait perdu, Marie est là, qui nous redonne espoir et confiance.

C’est important, parce que, dans nos vies, dans nos familles, nous pouvons êtes tentés par ce « à-quoi-bonnisme » : « au fond, à quoi bon lutter ». Regardez les mauvaises nouvelles, il semble que les médias s’en repaissent et nous en abreuvent jour et nuit…
N’oubliez pas qu’un grand obstacle à la nouvelle évangélisation, c’est le mal, de croire que le mal agit avec puissance et domine tout.

Un patronage pour chacun de nous

Oui, frères et sœurs, cette tentation, nous l’avons nous aussi, peut-être par rapport à nous mêmes, en voyant notre trop petite évolution spirituelle, et que de confession en confession, somme toute, ce sont les mêmes fautes que nous avons. Et nous demandons pardon au Seigneur en nous demandant quand est-ce que nous allons finir par changer…

Ce désespoir, on peu l’avoir aussi face à nos contemporains, à notre famille, ce découragement face à notre société : « Rien ne va plus »…
Comme il est bon de faire mémoire de Marie qui nous redonne espoir, parce qu’en Elle, l’Amour de Dieu a triomphé. Jésus - personne divine, Marie - personne humaine : en Marie, il y a une aube nouvelle qui se dresse et qui nous invite à la confiance.

Oui, chacun d’entre nous est invité à faire sienne ces paroles de la sagesse :

Tu as compassion, tu as pitié pour toutes tes créatures

Croire que l’Amour de Dieu aura le dernier mot dans notre vie, ce n’est pas si évident, car bien des choses nous prouvent le contraire en nous et autour de nous. Mais, c’est pour cela que Marie nous est donnée comme Celle qui est Refuge. Son Cœur est immaculé, sans être atteinte par le mal, par le péché. Elle est bien plus proche de nous, immaculée, parce que nous ne sommes proches de Dieu, plus nous sommes proches des hommes.

Un sens à ce que nous vivons aujourd’hui en ce monde

Son Cœur Immaculé, loin d’être distant, loin d’être désintéressé de notre vie humaine et de ses aléas, au contraire, Son Cœur est élargi aux dimensions de l’Univers entier.

Demandons à la Vierge Marie qu’Elle vienne nous soutenir, chacun d’entre nous, car nous nous sentons très faibles face au mal dont nous pouvons être témoins, face aux scandales et tout ce qui peut être des contre-témoignages au sein même de l’Église ou dans la société… Nous nous demandons vers où nous allons, et parfois, les bras nous en tombent…

Le Père Lamy a choisi cette fête patronale à dessein, et ce n’est pas pour rien. N’est-ce pas aussi pour expliciter davantage le charisme de notre congrégation, puisque qu’une fête patronale est justement là pour dire le pourquoi d’une communauté.

Comme religieux, dans notre fragilité et avec nos ses défauts, c’est une invitation à redonner espoir aux uns et aux autres dans la Miséricorde de Dieu, et à croire que nous ne sommes pas livrés à nos fautes et que ce n’est pas le mal en nous qui aura le dernier mot, mais que cet Amour de Dieu en nous et autour de nous règnera pour toujours.

La vocation de la Congrégation s’explicite et s’éclaire d’une lumière nouvelle à travers cette fête du Cœur Immaculé de Marie, Refuge des pécheurs. Nous sommes invités à accueillir les uns et les autres là où ils en sont, pas seulement pour les laisser là, mais pour les emmener plus loin. D’abord cet accueil de l’un et de l’autre dans sa fragilité, peut-être même dans son péché, dans son éloignement de Dieu, pour et avec l’amour maternel de Marie, le conduire vers le Seigneur.

Nous sommes invités à développer – tout d’abord en nous mêmes comme religieux, mais aussi en chacun – ces vertus théologales de Foi, d’Espérance et de Charité, et en donner ce témoignage, pour qu’aucun ne puisse désespérer de la miséricorde, baisser les bras face au triomphe apparent du mal en nous et autour de nous.

Frères et sœurs bien-aimés, comme notre vocation est belle comme communauté, vous qui connaissez de près noter famille spirituelle ! Je vous demande d’être le relais de cette Miséricorde, d’être le relais de cet amour qui va bien au-delà de notre capacité, de nos forces humaines, bien au-delà de ce que l’on peut voir en apparence, comme le roi du Rohan semblait apparemment perdu face au Nazgûl et au spectre qui le chevauchait…

Oui, nous sommes invités à redire une espérance. Puisque, ce dont notre monde manque le plus, c’est certainement d’Espérance, puissions-nous puiser en Marie cette confiance qui nous fait aller vers ce Dieu qui nous appelle des ténèbres vers Son admirable lumière,

Amen.

Références des lectures de la Fête du Cœur immaculé de Marie, Refuge des pécheurs :

  • Livre de la Sagesse 11, 23 - 12, 2.
  • Psaume 1 Sam 2.
  • Première lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 5,12. 17 à 19.
  • Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 1, 18-25.

Voici quelle fut l’origine de Jésus-Christ :
Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph.

Or, avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit-Saint.

Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement. Il décida de la répudier en secret.

Il avait formé ce projet lorsque l’Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie ton épouse. L’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit-Saint. Elle mettra au monde un fils auquel tu donnera le nom de Jésus, c’est à dire, « Le Seigneur sauve ». Car, c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.

Tout cela arriva pour que s’accomplit la parole du Seigneur prononcée par le prophète :
« Voici que la vierge concevra et elle mettra au monde un fils auquel on donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu avec nous ».

Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’Ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.