Serviteurs de Jésus et de Marie

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Rendez vous

Esprit Saint : Esprit d’unité

Homélie de la Pentecôte - Année A

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Écrire à l'auteur Père Pierre-Marie 12 juin 2014
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Homélie de Père Pierre-Marie

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Le Saint Esprit, Esprit d’unité…

L’Esprit du Seigneur, qui est comme le vent, comme le souffle, on ne sait ni d’où il vient, ni où il va… Cet Esprit qui flottait sur les eaux au début de la Création du monde… Cet Esprit qui a recouvert Marie de son ombre… Cet Esprit est impalpable. Comme pour nous dire que Dieu va bien au-delà de nos catégories.

Nous pouvons méditer sur l’une des vertus du Saint Esprit qui est l’unité.

On le voit dès la première lecture, où les apôtres sont emplis de l’Esprit Saint et où alors chacun comprend l’autre dans sa propre langue.

Cet Esprit fait d’abord accueillir l’autre comme autre que moi. Nous avons une tendance facile à vouloir que l’autre organise comme je veux que cela soit organisé, pense comme je pense… Un petit dictateur sommeille en nous …
L’Esprit Saint vient nous aider à voir que la communion a besoin de la différence. Cette différence, nous voulons l’accueillir comme un signe de la présence du Saint Esprit dans notre vie. Accueillir la différence n’est pas si facile, c’est un défi pour chacun d’entre nous.

Et cette différence est au service de la communion. Et c’est cela qui est difficile. Dans une famille, dans une entreprise, dans l’Eglise, il faut bien un esprit d’unité, de cohésion. Il faut former un corps comme le rappelle l’apôtre Saint Paul dans la deuxième lecture.

Alors comment allier diversité et unité ?
Sur le plan personnel cela n’est déjà pas si simple mais nécessaire : unification intérieure, dans notre tête, dans notre corps, en nous et autour de nous. Cette unification est le travail du Saint Esprit dans notre cœur, un véritable travail spirituel qui demande de laisser agir le Seigneur.

Mais il y a aussi la nécessité d’unité entre nous. Et elle est un défi. Le Pape Jean-Paul II a écrit une lettre « Au commencement du nouveau millénaire » au début de l’année 2000. Il a parlé de la spiritualité de communion, cette communion dont ont soif les hommes et les femmes du troisième millénaire. C’est un défi pour l’Église.

C’est l’Esprit du Seigneur qui va permettre d’entrer dans cette spiritualité de communion. Je ne peux pas dire « JE » sans dire « NOUS », mais cela doit se faire dans le sens d’une intégration de la diversité dans l’unité.

Et l’apôtre saint Paul prend l’image du corps, de ces membres différents qui forment un seul corps. Et chaque partie du corps, dans sa diversité, et nécessaire à l’unité de la personne, laquelle se fait grâce à l’âme. Et le corps s’unifie.

L’Esprit du Seigneur est l’âme de l’Église corps du Christ.

Comment puis-je savoir que j’agis selon l’Esprit de Dieu ? Quand je contribue par ma propre action à avoir le souci de la communion et de l’unité en moi et autour de moi. Alors je peux dire que l’Esprit du Seigneur est à l’œuvre.

Si quelqu’un cherche à diviser, à séparer, on voit que l’esprit d’orgueil, bien souvent, est au rendez-vous…

A nous de reconnaître que, même chez les personnes qui peuvent avoir une foi différente, l’Esprit de Dieu est à l’œuvre en eux aussi. L’Esprit du Seigneur est à l’œuvre chaque fois que le bien se fait ; chaque fois que l’humanité, la société, une famille est plus unie. Alors oui, l’Esprit du Seigneur est au rendez-vous.

Cette Pentecôte s’oppose à un autre moment de l’Histoire Sainte : elle s’oppose à Babel. À Babel, il y avait un désir d’atteindre Dieu en construisant quelque chose à la force du poignet, sans l’aide de Dieu. Dans la Pentecôte, c’est l’inverse. C’est l’Esprit du Seigneur qui vient habiter le cœur de ceux qui étaient présents à la Pentecôte, et qui leur donne cette unité.

Nous sommes tentés de construire une unité sans Dieu. Unité personnelle, communautaire, matrimoniale, familiale,… Or on voit bien que cela nécessite l’affirmation d’une transcendance. S’aimer les uns les autres demande qu’on reconnaisse que nous avons besoin de la grâce de Dieu pour pouvoir lutter contre ce qui est en nous de l’esprit d’orgueil et de division. Il est important de pointer ce qui peut être attitude de discorde dans notre vie.

Et j’ai besoin de l’aide de Dieu pour construire cette unité.

Importance de la prière au Saint Esprit, parce que son travail particulier c’est la communion, c’est de faire l’unité.

Alors si nous voyons autour de nous et un peu partout des tensions, des discordes, invoquons l’Esprit du Seigneur. Par une prière, un chant, une motion, pour demander à l’Esprit du Seigneur qu’Il exerce son cœur de métier ! qui est de faire l’union entre les personnes humaine, et de l’humanité avec Dieu. Telle est la grâce particulière que l’Esprit de Dieu accomplit lorsqu’on Le laisse faire.

Alors toutes les audaces sont possibles ! Parce que l’Esprit de Dieu nous accompagne. L’Esprit du Seigneur nous permet de faire des choses qui vont bien au-delà du plan humain, qui sont bien plus audacieuses. L’Esprit du Seigneur est un esprit d’audace. et il nous faut retrouver dans l’Église cet esprit d’audace… que l’on voit ailleurs, et dans l’Église chez les charismatiques.

Notre vieille Eglise doit être interpellée par cette urgence à annoncer le Christ mort et ressuscité. Peut-être avons-nous trop de quant-à-soi, de respect humain pour aller simplement dire cette Bonne Nouvelle !

Je ne suis pas chargée de vous le faire croire, je suis chargée de vous le dire."
Sainte Bernadette à son curé

C’est cela pour nous : nous sommes chargés d’annoncer la Bonne Nouvelle. L’Esprit du Seigneur, Lui, vient éclairer le cœur de chacun pour qu’Il puisse « parler dans sa langue », accueillir la foi selon sa propre culture, selon sa propre manière de faire, selon son âge, selon sa propre psychologie.

Il nous faut donc retrouver cet esprit d’audace. Cette audace que le Seigneur nous a laissée ce jour de la Pentecôte, après son envoi en mission lors de son Ascension. « Allez, et de toutes les nations faites des disciples. » Pour construire cette unité du genre humain, avec Dieu au cœur de cette unité.

Peut-être pourrions-nous nous demander si nous n’avons pas des attitudes trop installées, ou même, avec un tel souci de la liberté de l’autre qu’on en arrive à se taire ! Or « nous ne pouvons pas taire ce que nous avons vu, ce que nous avons entendu, ce que nos mains ont touché » dit le grand saint Jean, alors nous vous l’annonçons.

Tant d’hommes et de femmes ont besoin de cette Bonne Nouvelle fondatrice de l’espérance. Ayons à cœur cette audace et cette unité, et invoquons l’Esprit du Seigneur pour qu’Il nous renouvelle intérieurement, pour que nous puissions être les artisans de la Bonne Nouvelle au quotidien.
Amen.


Références des lectures du jour :

  • Livre des Actes des Apôtres 2,1-11.

Quand arriva la Pentecôte (le cinquantième jour après Pâques), ils se trouvaient réunis tous ensemble.
Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie. Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d’eux. Alors ils furent tous remplis de l’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit.
Or, il y avait, séjournant à Jérusalem, des Juifs fervents, issus de toutes les nations qui sont sous le ciel. Lorsque les gens entendirent le bruit, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient dans la stupéfaction parce que chacun d’eux les entendait parler sa propre langue. Déconcertés, émerveillés, ils disaient : « Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous des Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ? Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, des bords de la mer Noire, de la province d’Asie, de la Phrygie, de la Pamphylie, de l’Égypte et de la Libye proche de Cyrène, Romains résidant ici, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu. »

  • Psaume 104(103),1-2a.1a.24.27-28.29bc-30.
  • Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 12,3b-7.12-13.
  • Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,19-23.

C’était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus. »

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