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Homélie de la solennité de l’Epiphanie de Notre Seigneur (forme extra)

Homélie de la solennité de l’Epiphanie de Notre Seigneur (forme extraordinaire du rite romain)

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Écrire à l'auteur Père Laurent-Marie 19 janvier 2015
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Homélie de la solennité de l’Epiphanie de Notre Seigneur (dimanche 11 janvier 2015)

Écouter l’homélie :




Mes bien chers frères,

Ce dimanche marque pour notre communauté qui célèbre selon la forme extraordinaire une étape importante. Et ce changement intervient le dimanche de l’Épiphanie, le jour où le Christ est révélé à toutes les nations païennes puisque toutes les nations sont appelées par Dieu à intégrer l’unique peuple messianique.
Les mages sont pour nous un exemple. Ils ont quitté leur pays, leur terre, leur confort, leurs richesses et ils ont suivi une étoile. Ils ont su reconnaitre en ce signe Dieu qui se manifestait à eux puisqu’ils n’avaient pas accès aux Saintes Écritures ni aux trésors de la Révélation biblique. Leur courage à partir ainsi à l’inconnu manifeste combien leur cœur était disponible, toujours à la recherche de la vérité, affamé de la justice véritable, désireux de connaître enfin le Dieu véritable et vrai qui appelle tout homme qui vient dans ce monde à la joie de sa présence. _ Les mages ne se contentent pas de demi-mesures et rien, sinon Dieu lui-même, ne peut satisfaire les désirs infinis de leur cœur et de leur quête. S’ils accueillent le témoignage d’une étoile, ils sont poussés de l’intérieur par le Saint-Esprit, l’Esprit de vérité. C’est ce même Esprit qui leur révèle l’identité de ce faible enfant qu’ils adorent et qu’ils vénèrent dans l’humble demeure du charpentier Joseph et de Marie, son épouse immaculée.
Et la vie du Sauveur ne sera pas moins inconfortable et bouleversée puisque, après la visite des Mages et la réaction meurtrière et monstrueuse du tyran Hérode, nous voyons la sainte famille contrainte à s’enfuir en Égypte. Être le Fils de Dieu fait homme, être le sauveur du genre humain, la lumière des nations et le roi de l’univers et devoir subir la violence des hommes, l’humiliation de l’exil et la haine injuste des méchants, voilà la plus grande preuve qui soit de l’amour immense que Dieu nous porte, de sa miséricorde qui se manifeste en ce jour.
Alors soyons heureux de notre situation même si elle est parfois inconfortable ou malcommode. Notre générosité, notre gratitude envers ceux qui nous accueillent, notre esprit de foi qui nous fait nous accommoder de toutes les situations dans l’allégresse, ou au moins dans la bonne humeur, nous donnent ainsi de communier un tout petit peu aux sentiments mêmes de Jésus, qui n’avait pas de pierre où reposer la tête, durant toutes ses années passées en notre compagnie, au milieu de la communauté des hommes. Sachons tirer le meilleur parti de la situation du moment, ayons à cœur aussi, puisque ce déménagement nous donne de nous rapprocher du centre-ville, de faire connaître autour de nous cette célébration. Ayons à cœur aussi d’être exacts et ponctuels, disponibles aussi à proposer nos services pour les multiples tâches qu’exige la célébration digne et fervente de la forme extraordinaire. Je profite de l’occasion pour remercier encore une fois en votre nom tous ceux qui se dévouent sans compter pour nous permettre de nous recueillir et de prier vraiment.
Avec l’Épiphanie, l’Église célèbre donc la manifestation de la gloire de Dieu qui resplendit sur le visage de son Fils, le Verbe fait chair. Deux autres épisodes évangéliques sont associés à cette fête : le baptême de Jésus dans le Jourdain où le Père rend témoignage à son Fils dans la nuée du Saint-Esprit et les noces de Cana où Jésus lui-même change l’eau en vin, pour manifester tout à la fois sa miséricorde, son autorité créatrice et la vérité de sa mission. En offrant le vin aux invités de la Noce, il se désigne lui-même comme l’époux de l’humanité tout entière. Il révèle le mystère de l’incarnation, par lequel Dieu épouse la condition humaine, et la beauté de l’union de l’homme et de la femme, qui témoigne de la beauté et de la fécondité de l’amour qui vient de Dieu lui-même.
Or cette triple épiphanie, cette triple manifestation est pour toutes les nations. Voilà pourquoi Jérusalem, la ville sainte, mais aussi la ville humiliée, détruite et déportée, se voir promise par le prophète Isaïe, un destin de gloire, un futur glorieux, un renouveau inespéré. Elle devient la lumière pour toutes les nations puisqu’en elle Dieu s’est révélé. C’est à Jérusalem que la miséricorde de Dieu va se manifester lorsque Jésus va offrir sa vie en sacrifice. La lumière qui jaillit de la croix glorieuse illumine toutes les nations et devient le centre de l’univers, l’axe du monde, l’événement fondateur de la nouvelle humanité sauvée par le sang du Christ, régénérée par son pardon, vivifiée par les sacrements, éclairée par sa Parole toute puissante. Oui, la Jérusalem nouvelle, l’Église du Christ, est pour toutes les nations, pour tous les hommes, le grand signe d’espérance, la promesse qui ne déçoit pas, le don de la vie éternelle déjà commencée sur cette terre.
Alors laissons nous éclairer, illuminer par cette lumière. Faisons nôtre le cri d’admiration et de jubilation du bienheureux Guerric d’Igny : « Regardez la lumière éternelle qui s’est accommodée à votre vue : celui qui habite une lumière inaccessible s’est rendu accessible à vos yeux faibles et chassieux. Découvrez la lumière dans une lampe d’argile, le soleil dans une nuée, Dieu dans un homme, la splendeur de la gloire et l’éclat de la lumière éternelle dans votre chair, ce vase de boue ! Son humanité, il est vrai, cache sa majesté, et son humble apparence dérobe sa puissance, mais les signes et les prodiges qui en jaillissent ne laissent place à aucun doute sur leur source » (Sermon 2 pour l’Epiphanie, 1-2).
Oui, mes bien chers frères, demandons la grâce par la célébration de cette solennité, d’être affermis dans notre foi puisqu’en ce jour Dieu nous manifeste sa bonté, sa puissance et sa miséricorde en son Fils, Notre Seigneur Jésus-Christ.
Ainsi soit-il.

Références des lectures du jour :

  • Livre d’Isaïe 60,1-6.
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 2,1-12.

Jésus étant né à Bethléem de Judée aux jours du roi Hérode, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem, disant : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Car nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus l’adorer. »
Ce que le roi Hérode ayant appris, il fut troublé, et tout Jérusalem avec lui.
Il assembla tous les grands prêtres et les scribes du peuple, et il s’enquit auprès d’eux où devait naître le Christ. Ils lui dirent :
" A Bethléem de Judée, car ainsi a-t-il été écrit par le prophète :
Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es pas la moindre parmi les principales villes de Juda, car de toi sortira un chef qui paîtra Israël, mon peuple. "
Alors Hérode, ayant fait venir secrètement les mages, s’enquit avec soin auprès d’eux du temps où l’étoile était apparue.
Et il les envoya à Bethléem en disant : « Allez, informez-vous exactement au sujet de l’enfant, et lorsque vous l’aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que moi aussi j’aille l’adorer. »
Ayant entendu les paroles du roi, ils partirent. Et voilà que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient allait devant eux, jusqu’à ce que, venant au-dessus du lieu où était l’enfant, elle s’arrêtât.
A la vue de l’étoile, ils eurent une très grande joie.
Ils entrèrent dans la maison, trouvèrent l’enfant avec Marie, sa mère, et, se prosternant, ils l’adorèrent ; puis, ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent des présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
Et ayant été avertis en songe de ne point retourner vers Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

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