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Homélie du 18e dimanche du Temps Ordinaire

18e dimanche du Temps Ordinaire - Père Eric

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Écrire à l'auteur Père Éric 22 septembre 2015
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« Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, celui qui croit en moi n’aura jamais soif »

Homélie du 18e dimanche du Temps Ordinaire - Année B - Père Eric



Frères et sœurs bien-aimés,

L’évangile de ce jour est dans le prolongement de celui de la multiplication des pains que nous avons entendu dimanche dernier. Je retiendrai deux choses principales dans les paroles de Jésus de l’évangile de ce jour :
- tout d’abord, Jésus aide les foules à purifier leurs motivations.
- deuxièmement, Jésus désire que ses auditeurs connaissent vraiment qui il est.

1°) La purification des motivations

Jésus n’est pas dupe de sa popularité et de son succès. D’ailleurs il le fait savoir on ne peut plus clairement : Vous me cherchez non pas parce que vous avez vu des signes mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés (Jean 6, 26).

En multipliant les pains, Jésus a bien montré qu’il n’était pas indifférent aux besoins de cette foule. Tout comme nous voyons dans de nombreux passages de l’Evangile qu’il n’est pas insensible à la souffrance des malades. Jésus a à cœur de répondre à ces demandes. Quels que soient les motifs de notre recherche, Jésus ne nous repousse pas. Lorsqu’on a trouvé Jésus, il faut encore approfondir cette recherche. C’est pour cela que vous venez chaque dimanche à la messe. Avec pédagogie, Jésus vient purifier les motifs de notre recherche. Je retiendrai 3 mots pour parler de cette purification des motivations : approfondissement, décentrement, dépouillement.

a) Approfondissement

Tout d’abord, les manifestations de la bonté de Dieu sont des signes pour nous inviter à aller plus loin, ne pas en rester à l’éphémère mais aller dans le sens de l’éternité. « Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle ».

Cette distinction entre nourriture matérielle et nourriture spirituelle était un thème favori de la religion juive ; on connaissait par coeur la phrase du livre du Deutéronome : «  L’homme ne vit pas seulement de pain mais de tout ce qui sort de la bouche de Dieu  » (sous-entendu sa Parole ; Dt 8, 3) ; et celle du livre de la Sagesse : «  Ce n’est pas la production de fruits qui nourrit l’homme, mais bien ta Parole qui fait subsister ceux qui croient en toi.  » (Sg 16, 26).

Dans le discours qu’il avait donné au collège des Bernardins en 2008, Benoît XVI avait commencé par s’interroger sur les motivations des cisterciens qui vivaient auparavant aux Bernardins : « Leur motivation, leur objectif était de chercher Dieu, quaerere Deum. Au milieu de la confusion de ces temps où rien ne semblait résister, les moines désiraient la chose la plus importante : s’appliquer à trouver ce qui a de la valeur et demeure toujours, trouver la Vie elle-même. Ils étaient à la recherche de Dieu. Des choses secondaires, ils voulaient passer aux réalités essentielles, à ce qui, seul, est vraiment important et sûr. On dit que leur être était tendu vers l’« eschatologie ». Mais cela ne doit pas être compris au sens chronologique du terme – comme s’ils vivaient les yeux tournés vers la fin du monde ou vers leur propre mort – mais au sens existentiel : derrière le provisoire, ils cherchaient le définitif.  »

b) Décentrement

Ensuite, Jésus ne souhaite pas être enfermé dans le rôle de pourvoyeur de pain à bon compte. Il y a toujours le risque de rechercher Dieu comme un moyen pour répondre à nos multiples besoins que ce soit au niveau de la nourriture, de la santé, de la protection, … Notre motivation ultime ne peut pas être simplement notre bien-être, le fait d’avoir une vie agréable et facile, ou même un bien-être moral et spirituel.

Nous ne pouvons pas recourir à Dieu de façon utilitariste. Nous sommes appelés à servir Dieu et non pas à nous servir de lui. Sinon, nous aimerons les dons de Dieu plus que Dieu lui-même. Nous sommes appelés à opérer une révolution copernicienne : non pas faire graviter Dieu autour de nos besoins mais graviter autour de Dieu en accueillant sa volonté.

c) Dépouillement

Un troisième mot caractérise cette purification : le dépouillement. On le voit bien dans la vie des personnes converties : il y a généralement une première période de leur itinéraire de foi qui est très consolée ; puis vient une période plus aride qui permet de voir ce que nous avons vraiment au cœur. Est-ce que nous aimons vraiment Dieu ou préférons-nous les dons de Dieu ?

Cet appel à ne pas en rester dans l’immédiat nous est plus particulièrement difficile à notre époque du sensible, de l’émotivité, du tout-tout-de-suite.

Travailler pour le Royaume implique d’accepter de traverser des périodes d’aridité caractéristiques de la foi. Quand on travaille pour le royaume, on ne voit pas toujours le fruit très vite. Certaines fois, on ne le verra que dans le royaume de Dieu. Par exemple, on fait effort pour aimer son mari ou sa femme : mais cela ne le fait peut-être pas changer très vite. On peut être tenté de se décourager.

2°) La recherche de l’essentiel passe par Jésus

a) Accueillir Jésus dans sa personne

Les Juifs se réfèrent au don de la manne sans se rendre compte que le don de l’Incarnation est bien plus grand que celui de la manne ! « Dieu nous a donné son Fils » ! C’est la deuxième partie de l’évangile d’aujourd’hui : «  L’oeuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé  ». Nous sommes invités à une vraie rencontre du Christ.

Dans son discours aux Bernardins, Benoît XVI poursuivait : «  Quaerere Deum : comme ils étaient chrétiens, il ne s’agissait pas d’une aventure dans un désert sans chemin, d’une recherche dans l’obscurité absolue. Dieu lui-même a placé des bornes milliaires, mieux, il a aplani la voie, et leur tâche consistait à la trouver et à la suivre. Cette voie était sa Parole qui, dans les livres des Saintes Écritures, était offerte aux hommes.  »

Le pain dont Jésus parle, c’est d’abord sa Parole : «  L’homme ne vit pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu  » (Mt 4, 4) - ; il est le Verbe de Dieu qui nous nourrit de la vraie sagesse.

Mais c’est bien plus que la Parole. Il y a un pas ultérieur à faire qui est d’accueillir Jésus dans toute sa personne et pas seulement dans ses dons. Il s’agit de parvenir à la rencontre du Christ. Jésus se donnera bien plus radicalement encore en nourriture dans l’Eucharistie : «  Prenez et mangez, ceci est mon corps, livré pour vous  ». C’est donc de toute sa Personne que le Seigneur nous nourrit : «  Moi je suis le pain de vie  », c’est-à-dire le Pain qui donne part à la vie divine et fait de nous des fils.

b) Attitude de foi

Le fait que Jésus ne soit pas un objet que l’on possède mais une personne avec qui on noue une relation influe sur notre attitude : nous sommes invités à abandonner une forme de possessivité, de maîtrise pour entrer dans une relation de confiance. Le travail fondamental que Dieu nous demande, c’est de croire : «  L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyez en celui qu’il a envoyé  ». Dieu ne nous invite pas d’abord à faire quelque chose mais à entrer dans son œuvre à lui.

Jésus nous invite à un mouvement de confiance et d’abandon par lequel nous en remettons à lui dans une attitude d’humilité. Nous sommes invités à adopter une attitude de réceptivité. Cette nourriture, tu la reçois, tu ne la prends pas. Comme le salut : tu le reçois.

Conclusion

Chers frères et sœurs, en guide de conclusion, je vous propose de repasser dans votre prière les bienfaits que vous avez reçus de Dieu et demander la grâce de voir, au-delà de ces bienfaits, sa bonté à votre égard. Sinon, nous resterons à mi-chemin comme les juifs qui avaient bénéficié de la multiplication des pains.
Cela suppose une certaine attitude de contemplation qu’évoque le pape François à diverses reprises dans son encyclique sur l’écologie. Le benedicite peut être l’occasion de rendre grâces pour la bonté de Dieu.

Références des lectures du jour :

  • Lecture du livre de l’Exode (Ex 16, 2-4.12-15)
  • Psaume : Ps 77 (78), 3.4ac, 23-24, 25.52a.54a
  • Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens (Ep 4, 17.20-24)
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 6, 24-35)

En ce temps-là, quand la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples,
les gens montèrent dans les barques et se dirigèrent vers Capharnaüm à la recherche de Jésus.
L’ayant trouvé sur l’autre rive, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes,
mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés.
Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau. »
Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? »
Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »
Ils lui dirent alors : « Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire ? Quelle œuvre vas-tu faire ?
Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l’Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ;
c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel.
Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. »
Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. »
Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. »

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