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Homélie du 27e dimanche du Temps Ordinaire

27e dimanche du Temps Ordinaire - Père Stéphane-Marie

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Écrire à l'auteur Père Stéphane-Marie 6 octobre 2015
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N’oublions pas que dans l’Église, c’est l’œuvre de Dieu qui doit se faire. Et pour qu’elle se fasse, ne restons pas spectateurs en attendant de voir ce qui va se décider là-bas, parce que le résultat dépend peut-être de la manière dont nous vivons l’Évangile.

27e dimanche du Temps Ordinaire - Année B - Père Stéphane-Marie

Écouter l’homélie :




Texte de l’homélie :

Dimanche dernier, alors que nous étions assis, réunis autour de Jésus, les disciples l’interrogeaient pour savoir qui était le plus parfait. Le plus grand. Et Jésus avait botté en touche en disant : « celui qui veut être le plus grand, qu’il se fasse le plus petit » ; comme cet enfant qu’il avait mis au milieu d’eux.
Et aujourd’hui dans la liturgie, on nous parle, dans la deuxième lecture, de Jésus qui a été mené à sa perfection et qui mène une multitude à la perfection comme le dit très bien aussi le verset de l’Alléluia : « Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous et en nous son amour atteint la perfection. »
Alors, comment Jésus va-t-il résoudre cette contradiction apparente entre l’enfant et la perfection ?

Nous sommes dans l’Évangile de Marc, dans la quatrième partie où les disciples découvrent que Jésus est le Messie. Et forts de cette découverte, qui fait que tout change pour eux - ils ont suivi jusqu’ici Jésus, les disciples prennent conscience de qui est Jésus ! vrai Dieu, vrai homme. Et comme eux, sur notre chemin de foi, nous sommes appelés à prendre conscience que Jésus est le Messie.

Et en même temps, chose étrange, Jésus va leur parler de la Passion. Il ne va pas être Messie à la manière dont nous nous le pensons.

Il y a donc cette question de qui est le plus grand, le plus parfait. Et vous vous souvenez, Jésus dit ces paroles un peu étranges : si ta main, si ton œil, si ton pied est un obstacle : prend-le, coupe-le, jette-le. Qu’on s’en débarrasse.

De quoi s’agit-il ? Vous n’êtes pas invités à vous couper la main ni à vous arracher les yeux, soyez tranquilles ! Mais plus grave peut-être : il s’agit des grands domaines de notre vie, ceux que l’on a appelé les trois concupiscences : le pouvoir, la richesse et la sexualité. Et Jésus va leur redire : « Attention ! Ne vivez pas suivant la logique du monde ! Mais vivez suivant cette logique de l’amour de Dieu ».
Il vient nous apprendre à faire attention aux obstacles qui nous empêchent de vivre du Royaume de Dieu. Je reprendrais volontiers ce terme que l’on trouve dans l’épître aux Hébreux, lorsque Saint Paull dit : « Il nous rend parfaits. » Car il ne s’agit pas d’une perfection morale simplement. Il s’agit d’un accomplissement. Et c’est pour cela que, toujours, Jésus nous ramène à la source, au plan d’origine, à notre être dans le jaillissement de la Création de Dieu. Nous sommes appelés à grandir, à avancer, pour nous accomplir. Non pas suivant le monde, mais nous accomplir c’est-à-dire vivre de cette transformation profonde.

Il y a un saut entre l’ancienne loi et l’Evangile. Dans l’ancienne loi, nous avions des commandements donnés de l’extérieur et qu’il fallait appliquer. Et la constatation de toute la Bible c’est qu’il est bien difficile de marcher selon cette loi, et qu’elle est là pour nous montrer que nous sommes pêcheurs, nous dit Saint Paul.
Mais en Jésus, avec cette expérience de Jésus qui est, comme le dit le Pape François, le visage de la miséricorde de Dieu pour nous, eh bien Dieu nous donne un Sauveur. Celui qui va accomplir, celui qui va nous sauver. Et, assis autour de Jésus, nous avons à lui demander la grâce de nous renouveler dans notre baptême, de nous renouveler dans cette grâce, car nous avons à accueillir le Salut que le Seigneur nous a offert, que le Seigneur nous a ouvert et qu’il veut que nous partagions avec lui. C’est pour ça que, quand nous écoutons ces textes bibliques et que nous regardons les textes de l’Eglise, nous avons à découvrir quelle est cette vie intérieure, à retourner à cette contemplation de Jésus, à le regarder vivre, lui qui est sans cesse dans l’intimité avec son Père, dans cette source qui est son Père, et qui nous invite à y être à chaque instant.

Dans l’Epitre aux Hébreux, il nous est donné de comprendre comment Il a été mené à la perfection. Il a été mené à la perfection par ses souffrances. C’est-à-dire que ce chemin de Croix que Jésus montrait dans cette annonce de la Passion, ce n’est pas à regarder suivant la logique du monde, mais c’est en l’intégrant dans toute la dimension de notre vie.

Cette semaine, à l’hôpital, quelqu’un me demandait : « Mais enfin, pourquoi Jésus a-t-il vécu la Croix ? On ne m’a jamais parlé de ça à mon catéchisme… pourquoi a-t-il été mis à mort, pourquoi y a-t-il la Croix ? » Et c’est important pour nous de demander la grâce de découvrir ce mystère de notre Salut. Jésus a été mis en croix pour notre Salut, pour le rachat de nos péchés, et pour nous mener la perfection, par l’offrande de Lui-même, par l’ouverture à Dieu de tout ce qu’il est, et ainsi de toute notre humanité. Et c’est dans ce geste d’ouverture, au contraire d’Adam et Eve après leur péché qui se renferment sur eux-mêmes et se cachent, c’est dans cette offrande à Dieu de toute notre réalité que s’accomplit notre Salut. Jésus prend nos péchés par un geste sacerdotal. Il nous entraine pour que nous rentrions dans ce chemin de Salut, par l’Eucharistie, et par le chemin du sacrement de Réconciliation. Et notre péché même peut être « ramassé », offert au Père, transformé. Parce que voilà ce qu’est cet accomplissement : c’est notre transformation, non pas accomplie par nos propres forces, mais dans la grâce, dans ce lien avec Jésus, en suivant sa parole et en entrant dans son geste d’offrande.

Alors notre vie peut changer, elle peut être animée d’une joie nouvelle, d’une force nouvelle. Nous sommes bien appelés à la sainteté, par un chemin, dans nos difficultés. Regardons ce chemin que Dieu nous donne. Dans la vie d’union avec le Christ, il y a des moments de nuit des sens (on n’a plus d’élan), nuit de l’esprit (on ne comprend plus).
Mais notre chemin de perfection est appelé à aller plus loin. Dans la vie, communautaire, matrimoniale, de famille, nous avons besoin d’avancer avec Jésus, dans ce contact vivant où Il nous nourrit de sa parole, dans la louange, dans ce regard que Jésus a sur son Père, nous avons besoin de le laisser passer dans la réalité de notre vie. Afin que nos cœurs mauvais deviennent bons.

N’oublions pas, quand nous traitons de notre vie, que le chemin de la vie chrétienne est à compter avec la grâce, laissons-nous recevoir le don de Dieu, l’aide de Dieu. Il nous faut nous laisser alimenter par Lui, il nous faut avoir une vie vivante avec le Seigneur. Il nous faut entretenir notre relation avec le Seigneur, personnelle, communautaire, familiale, dans l’Église. Nous avons à la rendre belle, intéressante.

Demandons la grâce, vraiment, de laisser l’Évangile pénétrer dans notre cœur, faisons tous les efforts qui nous sont possibles. Les medias attendent beaucoup de ce Synode sur la famille, et on voit toutes les opinions passer… N’oublions pas que dans l’Église, c’est l’œuvre de Dieu qui doit se faire. Et pour qu’elle se fasse, ne restons pas spectateurs en attendant de voir ce qui va se décider là-bas, parce que le résultat dépend peut-être de la manière dont nous vivons l’Évangile, dont nous entrons dans l’Évangile, dans une vie commune avec la grâce de Dieu, avec l’Esprit Saint.

Amen.

Références des lectures du jour :

  • Livre de la Genèse 2,18-24.
  • Psaume 128(127),1-2.3.4-5.6.
  • Lettre aux Hébreux 2,9-11.
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10,2-16.

Des pharisiens l’abordèrent et, pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient : « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? »
Jésus leur répondit : « Que vous a prescrit Moïse ? »
Ils lui dirent : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation. »
Jésus répliqua : « C’est en raison de la dureté de vos cœurs qu’il a formulé pour vous cette règle.
Mais, au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme.
À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair.
Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »
De retour à la maison, les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question.
Il leur déclara : « Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre devient adultère envers elle.
Si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre, elle devient adultère. »
Des gens présentaient à Jésus des enfants pour qu’il pose la main sur eux ; mais les disciples les écartèrent vivement.
Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. »
Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains.

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