Serviteurs de Jésus et de Marie

Serviteurs de Jésus et de Marie

Rendez vous

Accueil > Nous découvrir > Homélies dominicales > Homélies de l’année B - 2014/2015 > Homélie du 33e dimanche du Temps Ordinaire

Homélie du 33e dimanche du Temps Ordinaire

Homélie du 33e dimanche du Temps Ordinaire - Année B

Imprimer
Écrire à l'auteur Père Samuel 17 novembre 2015
123455 vote(s)
réagir


Trouver notre joie dans la fidélité à Dieu

Homélie de Père Samuel

« Accorde-nous, Seigneur, de trouver notre joie dans notre fidélité : car c’est un bonheur durable et profond de servir constamment le Créateur de tout bien. »



Texte de l’homélie :

Frères et sœurs bien-aimés,

Permettez moi de méditer avec vous sur la prière d’ouverture de la messe. En effet, la fidélité que nous devons à Dieu, nous la trouvons dans la constance de notre service. Elle est source de notre joie. Elle sera la mesure du jugement de Dieu, quand il nous accueillera auprès de Lui.

Veuillez me pardonner une image un peu « cavalière » et prenons celle de l’équitation : le cheval est le plus vieil ami de l’homme. Il le transporte pour mener le combat, pour la joie de partir à la découverte de mondes nouveaux, mais aussi il porte et tire les outils pour cultiver et transformer la terre que le Créateur a confié à l’homme.

On peut considérer que le cheval a trois allures : le pas, le trot et le galop. L’allure la plus commune, mais la plus inconfortable est le trot. Et la manière, de la rendre plus confortable pour le cavalier et la moins fatigante pour le dos du cheval est le « trot enlevé ». Le cavalier se lève en prenant appui sur ses étriers. Cherchant ainsi à se poser en rythme sur la selle, un temps sur deux. Il fixe son rythme sur l’antérieur gauche, retombant sur sa selle quand celui-ci repose par terre. Cette collaboration pourrait être vu comme une fidélité entre le cavalier et sa monture. Elle demande de la constance et procure une certaine joie du au confort que cela permet. Elle demande une certaine implication en vue du bien de l’autre : « Qui veut aller loin ménage sa monture ! », c’est à dire : suivre le mouvement de celui qui nous porte.

Les fidèles : une implication !

On a pour coutume d’appeler les chrétiens sous le nom de « fidèles ». Reprenons notre image d’équitation : la fidélité consiste en un mystère d’adhésion, de collaboration et de participation. C’est à dire une attitude permanente de conversion, pour toujours mieux se disposer à la réception de la Grâce.

La fidélité chez le croyant impose une attitude dynamique qui le transporte et le transforme. Elle impose une implication de tout l’être pour correspondre au mouvement du Christ, à ses motions, aux évènements que Dieu permet et à la réalité de ce que je suis.

Cette implication est un acte libre. C’est moi qui choisis ma vie, c’est moi qui discerne le meilleur pour moi. Si on demande au cavalier : « où vas-tu ? » et que celui-ci répond : « je ne sais pas, demande au cheval ! », alors on pourrait se demander qui est le plus bête des deux ! Non, « Ma vie, nous dit Jésus, c’est moi qui la donne. » Je choisi de me laisser guider par Celui « qui porte tout ».

Dieu m’invite à être acteur de ma sainteté. Ni lui ni les autres ne m’y obligent. C’est la liberté et ma responsabilité de me laisser porter par Sa Mort et Sa Résurrection.

Qu’est-ce qu’être fidèle ?

L’épître de Saint Paul aux Hébreux nous montre un bel exemple de la fidélité en la personne du Grand prêtre comme serviteur des croyants dans le Temple. Il est dans l’attitude de celui qui sert. Il est debout dans le temple pour célébrer une liturgie quotidienne et offrir à plusieurs reprises les mêmes sacrifices. Saint Paul se plait à montrer la constance du service, la régularité d’un acte toujours répétitif et identique.

Oui, la fidélité se vit dans la régularité et la répétition de l’attention. On ne parle pas là d’habitude, car l’habitude tue l’amour. Mais bel et bien d’acte choisi, répété dans l’attention au besoin de l’autre. Car l’amour de Dieu et du prochain exige des actes, car un amour qui n’est pas manifesté est appelé à mourir. C’est pour cela que l’amour exige la fidélité.

On peut penser au peuple d’Israël. Son amour de Dieu se base sur une promesse. Et cette promesse d’alliance avec Dieu nourrit en eux la fidélité. Telle est la vocation de l’homme : servir constamment le Créateur de tout bien par la constance dans le maintien de la parole donnée ou de l’engagement. C’est pour cela qu’Israël sera souvent appelée « l’épouse fidèle de Dieu ». Et quand Israël se détournera de son Dieu pour retrouver ses idoles, on parlera de l’épouse infidèle, celle qui se prostitue. Elle qui poussera Dieu à revenir la séduire en l’emmenant au désert pour parler à son cœur et lui redonner toute sa beauté d’antan.

Cette fidélité, on pourrait la croire vaine car elle n’est pas une fin en soit. Son premier fruit est la Gratitude. Pour revenir au Grand Prêtre, Saint Paul nous dit qu’elle n’est pas efficace par elle même car elle n’a jamais pu enlever les péchés.

En effet, Un seul est fidèle : Le Christ

Saint Paul, la met en face de la fidélité Du Grand Prêtre par excellence, le Christ. Il souligne la perfection de l’acte du Christ. Une unique montée à Jérusalem, une unique passion, un unique sacrifice. Mais qui a pour conséquence de le placer pour toujours à la droite de Dieu. Il est efficace en nous sauvant pour toujours du péché.

L’obéissance du Christ rend sa fidélité féconde. C’est à dire que sa constance et sa persévérance dans l’offrande de sa vie pour nous sauver du péché revêt une perfection dans sa fécondité. L’obéissance du Christ nous sauve du péché et nous invite à la même fidélité. Le baptême nous revêt des mêmes prérogatives du service suprême dans la fidélité à la Grâce reçue. Nous sommes littéralement revêtus du sacerdoce du Christ. En Sa fidélité, le Christ assume en lui toute nos fidélités.

La fidélité : source de joie et de paix

Cette fidélité nourrie par la fidélité même du Christ est pour nous source de joie et de paix. Elle est une réponse à notre recherche de la vie heureuse et du bonheur. L’endurance et la persévérance procurent en nous une certaine jouissance de se voir durer dans le temps avec ce petit goût d’éternité. Mais surtout, comme pour le coureur du stade, c’est le lieu où nous nous voyons grandir. Cette croissance dans le temps nous donne d’apaiser toute nos peurs.

Car si nous désirons de grande chose pour notre vie, nous saurons nous satisfaire d’un quotidien simple. Nous serons nous soulager, nous dispenser des grands projets, des rêves de la personne que nous aurions être. Nous serons libérés de nos fantasmes de perfection qui nous hantent et qui nous font croire que le Seigneur nous demandera au Ciel des choses dont nous serions bien incapables…

Non, au ciel, le Seigneur nous accueillera comme un Père qui reçoit son fils ou sa fille bien-aimé, sachant très bien, et parfois mieux que nous, ce qu’à été notre quotidien. Il nous demandera juste si nous avons aimé en parole et ce que nous avons vécu en acte. C’est à ce moment là que notre ordinaire prendra des allures d’extraordinaire.

Oui, nous serons jugés au Ciel, car l’amour exige des manifestations concrètes. Appliquons nous a choisir librement de nous laisser porter par le Christ. Que nous nous mettions à Son allure pour l’accompagnement de toute notre personne. Le mouvement de rédemption qu’Il offre à toute l’humanité exige de nous , par amour, d’adapter notre vie : qu’elle soit conforme, non à nos rêves mais à Son allure. Que notre corps, notre cœur, notre esprit et notre intelligence collaborent à la bonne marche de toute l’Humanité vers le cœur de Dieu, dont elle a été engendré.

Que la Vierge marie, notre Dame de l’Alliance, nous donne la grâce de la fidélité. Que son « oui », franc et sans retour, nous donne la constance et l’endurance durant notre pèlerinage sur la terre. Ainsi nous goûterons au bonheur durable et profond de servir constamment le Créateur de tout bien.

Références des lectures du jour :

  • Livre de Daniel 12,1-3
  • Psaume 16(15),5.8.9-10.11.
  • Lettre aux Hébreux 10,11-14.18.
  • Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 13,24-32.

Jésus parlait à ses disciples de sa venue :
« En ces temps-là, après une terrible détresse, le soleil s’obscurcira et la lune perdra son éclat. Les étoiles tomberont du ciel, et les puissances célestes seront ébranlées.
Alors on verra le Fils de l’homme venir sur les nuées avec grande puissance et grande gloire. Il enverra les anges pour rassembler les élus des quatre coins du monde, de l’extrémité de la terre à l’extrémité du ciel.

Que la comparaison du figuier vous instruise : Dès que ses branches deviennent tendres et que sortent les feuilles, vous savez que l’été est proche. De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le Fils de l’homme est proche, à votre porte.

Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas avant que tout cela n’arrive. Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas. Quant au jour et à l’heure, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père.

+ Répondre à cet article