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Homélie du 5e dimanche du temps ordinaire

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Écrire à l'auteur Père Éric 10 février 2015
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Homélie du 5e dimanche du temps ordinaire - Année B - Père Eric

Écouter l’homélie :




Texte de l’Homélie

Chers frères et sœurs,

Est-ce que finalement, la terre n’est qu’un atelier occupationnel de grande taille ? J’ai essayé de regarder une définition des activités occupationnelles : pour les personnes âgées, c’est : « l’animation et la méthode permettant de donner ou de maintenir par une suite d’images, de gestes, l’impression de mouvement, par conséquent l’impression de vie. » Elle est un processus de soin dans le but d’améliorer le quotidien, de redonner la vie et de rompre la monotonie.
« Nos activités occupationnelles sont un moyen de structurer, de valoriser les personnes dont nous nous occupons. »

Alors, finalement, est-ce que notre planète Terre ne serait qu’un immense atelier occupationnel où l’on aurait une impression de mouvement, de vie, pour rompre la monotonie du quotidien ? où on essayerait d’occuper le temps pour passer ce temps de la façon la plus agréable possible ?

Je vais essayer de développer ce sujet en 3 points :

  • 1° : Dans l’Évangile, on voit que Jésus guérit, bien sûr, mais ce n’est pas la finalité ultime de sa mission.
  • 2° : La joie d’annoncer l’Évangile si chère à notre Pape François.
  • 3° : Que faire ? puisque vous serez - je l’espère - prêts à aller annoncer l’Évangile, qu’allez-vous annoncer ?

1. Si on regarde la première lecture, beaucoup pourraient la faire leur : « Vraiment, la vie de l’homme sur la terre est une corvée… je ne compte que des nuits de souffrance… le soir n’en finit pas, je suis envahi de cauchemars jusqu’à l’aube… mes yeux ne verront plus le bonheur… » Alors, pour beaucoup hélas, la vie correspond à ce que décrit Job. Et Jésus n’y est pas insensible, on le voit dans l’Évangile : Il guérit la belle-mère de Simon-Pierre d’abord, puis Il guérit beaucoup de gens atteints de maladies, Il expulse beaucoup de démons. Donc Jésus n’est pas insensible bien sûr, à toutes ces souffrances. Et en même temps, on voit dans l’Évangile qu’Il veut aller plus loin. Le lendemain matin, bien avant l’aube, Il part pour prier. Simon et ses compagnons le cherchent et lui disent « mais, tout le monde te cherche ! Allez, vite, viens continuer les guérisons ! » et Jésus dit non. « Allons ailleurs, dans les villages voisins afin que là aussi je proclame l’Évangile. Car c’est pour cela que je suis sorti. » Jésus n’a jamais dit « Je suis venu sur Terre pour faire des miracles. » mais « Je suis venu pour proclamer l’Évangile. » Et si Jésus fait tout ces miracles, c’est pour nous conduire justement à la découverte d’un Dieu qui nous aime, pour qui nous comptons beaucoup. Et parce qu’Il nous offre un Salut non pas seulement terrestre. Non. Il nous offre beaucoup plus : Il nous offre le royaume de Dieu ! Voilà ce que disait Paul VI dans une lettre, écrite en 1975 mais qui est toujours très actuelle, sur l’annonce de l’Évangile : « Jésus est venu annoncer non pas un Salut immanent à la mesure des besoins matériels ou même spirituels s’épuisant dans le cadre de l’existence temporelle, et s’identifiant totalement avec les désirs, les espoirs, les affaires et les combats temporels, mais Jésus est venu annoncer un Salut qui déborde toutes ces limites pour s’accomplir dans une communion avec le seul absolu, celui de Dieu. Salut transcendant eschatologique qui a son commencement en cette vie mais qui s’accomplit dans l’éternité. » Le principal des droits de l’homme, si l’on peut s’exprimer ainsi, c’est de parvenir à la vie éternelle puisque Dieu nous y a appelés. Donc le principal but de notre vie ce n’est pas d’éviter la souffrance, même si tous on souhaite l’éviter, le principal but de notre vie c’est de rencontrer Dieu. Et les guérisons sont quelque chose qui normalement nous conduisent à cette rencontre de Dieu.

Jésus est sorti pour proclamer l’Évangile, la Bonne Nouvelle. Et saint Paul nous dit dans la deuxième lecture « malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ». Croyait-il qu’il serait maudit ? Je pense que saint Paul aurait été simplement malheureux d’être privé de cette joie d’annoncer l’Évangile.
Alors quelle est cette joie particulière que nous pouvons éprouver en annonçant l’Évangile ? Le pape François nous en donne un aperçu dans sa lettre apostolique La joie de l’Évangile : « L’amour pour les gens est une force spirituelle qui permet la rencontre totale avec Dieu. Quand nous vivons la mystique de nous approcher des autres afin de rechercher leur bien et leur bien total, nous dilatons notre être intérieur pour recevoir les plus beaux dons du Seigneur. Il en ressort que si nous voulons grandir dans la vie spirituelle nous ne pouvons pas cesser d’être missionnaire. L’œuvre d’évangélisation enrichit l’esprit et le cœur. Un missionnaire pleinement dévoué expérimente dans son travail le plaisir d’être une source qui déborde et rafraichit les autres. Cette ouverture du cœur est source de bonheur car il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. Donc voilà, cette joie c’est ce plaisir d’être une source qui déborde et rafraichit les autres. C’est cette joie de communiquer une espérance, celle qui nous fait vivre. On communique cette lumière qui nous fait vivre, tout comme on se donne la lumière lors de la célébration de la présentation de Jésus au Temple. Et alors cette joie comporte un exode comme le dit encore le Pape François : »La joie de l’Évangile qui remplit la communauté des disciples est une joie missionnaire. Mais elle a toujours la dynamique de l’exode et du don, du fait de sortir de soi, de marcher et de semer toujours de nouveau, toujours plus loin. Le Seigneur dit, [et le Pape François reprend un verset de l’Évangile du jour] allons ailleurs dans les bourgs voisins afin que j’y prêche aussi car c’est pour cela que je suis sorti."

2. Nous sommes invités à goûter cette joie de l’Évangile, à sortir de nous-mêmes, pour aller vers les autres pour leur communiquer l’espérance qui nous habite, et alors cela nous rend disponibles pour recevoir les plus beaux dons du seigneur nous dit le Pape.

3. Que faut-il annoncer ? Imaginez vous : vous êtes dans la rue, vous rencontrez des gens, comment leur parlez-vous de Jésus ? Le Pape François, là encore, nous le dit avec des mots très simples : « Ce que tu as découvert, ce qui t’aide à vivre, et te donne une espérance, c’est cela que tu dois communiquer aux autres. » Il ne s’agit pas de faire un cours de théologie. Dans certains cas, oui, peut-être, mais habituellement, ce n’est pas par là qu’on commence. Et il ne s’agit pas de se cacher derrière un discours, des mots. Ce n’est pas une idée qu’on vient annoncer, c’est une personne, c’est Jésus. Et une personne qui nous fait vivre. Je vous cite encore quelques passages du Pape François : « Il est urgent de retrouver un esprit contemplatif qui nous permette de redécouvrir chaque jour que nous sommes les dépositaires d’un bien qui humanise, qui aide à mener une vie nouvelle. Il n’y a rien de mieux à transmettre aux autres. » Nous sommes les dépositaires d’un bien qui humanise. Et un peu plus loin : « Parfois nous perdons l’enthousiasme pour la mission en oubliant que l’Évangile répond aux nécessités les plus profondes des personnes. » Oui, l’Évangile répond aux nécessités les plus profondes des personnes. Nous disposons d’un trésor de vie et d’amour qui ne peut tromper, le message qui ne peut ni manipuler ni décevoir. C’est une réponse qui se produit au plus profond de l’être humain, qui peut le soutenir et l’élever.
Le Pape François dit aussi, pour annoncer Jésus, mais annoncer l’expérience que vous faites de Jésus : « On ne peut persévérer dans une évangélisation fervente si on n’est pas convaincu en vertu de sa propre expérience qu’avoir connu Jésus n’est pas la même chose que de ne pas le connaître. Marcher avec Lui n’est pas la même chose que de marcher à tatons. Nous savons bien qu’avec Lui, la vie devient beaucoup plus pleine, et qu’avec Lui, il est plus facile de trouver un sens à tout. C’est pourquoi nous évangélisons. »

Voilà. Alors je ne peux que vous encourager à évangéliser et vous voyez comment cela se passe dans l’Évangile. L’évangélisation ne dispense pas de la prière, bien au contraire : « Le lendemain, Jésus se leva bien avant l’aube, Il sorti et se rendit dans un endroit désert, et là Il priait. » Et de cette prière résulte cette réponse de Jésus aux apôtres qui le cherchent : « Allons ailleurs dans les villages voisins afin que là aussi je proclame l’Évangile. »
Comme le dit encore le Pape François : « Il faut toujours cultiver un espace intérieur qui donne un sens chrétien à l’engagement et à l’activité. Sans des moments prolongés d’adoration, de rencontre priante avec la Parole, de dialogue sincère avec le Seigneur, les tâches se vident facilement de sens, nous nous affaiblissons à cause de la fatigue et des difficultés et la ferveur s’éteint . L’Église ne peut vivre sans le poumon de la prière. »

Alors voilà. Que nous n’ayons pas peur de nous plonger dans la prière, mais pas pour y rester confortablement : pour aller de nouveau comme Jésus : Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile, la Bonne Nouvelle.

Amen.

Références des lectures du jour :

  • Livre de Job 7,1-4.6-7.
  • Psaume 147(146),1.3.4-5.6-7.
  • Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 9,16-19.22-23.
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1,29-39.

En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André.
Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade.
Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.

Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons.
La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était.

Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait.
Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche.
Ils le trouvent et lui disent :
— « Tout le monde te cherche. »
Jésus leur dit :
— « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. »
Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons.

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1 réaction


13 février 2015 18:53, par Antoine Liogier

Merci père pour cette homélie lumineuse. Je rends doublement grâce pour notre rencontre en réunion brassée la semaine dernière : elle nous a permis de vous connaître mieux et m’a fait donner plus d’attention au mail de la communauté et particulièrement à votre édito/homélie.

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