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Homélie du 3e dimanche du temps ordinaire - Année B

Homélie du Troisième dimanche du temps ordinaire - Année B

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Écrire à l'auteur Père Pierre-Marie 30 janvier 2015
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Homélie du Troisième dimanche du temps ordinaire - Année B

Écouter l’homélie :




Plus ça va, plus je trouve qu’il y une différence massive entre le bouddhisme et le christianisme. Une différence massive qui tient essentiellement au fait que nous croyons, comme chrétiens, à la Résurrection, Alors que dans le bouddhisme on croit à la réincarnation. Vous me direz « mais quelles conséquences cela peut-il avoir ? ». Une des conséquences, c’est le rapport au temps. De fait, nous croyons qu’il y a eu un début du temps, mais il y aura aussi une fin des temps, il y a une résurrection de la chair qui terminera le monde. Nous croyons en un temps qui est fléché. Nous croyons en un temps qui a une direction, un temps linéaire, qui a un début et qui a une fin, et donc une certaine urgence.

Si vous croyez en la réincarnation, vous croyez en un temps circulaire : de toutes façons, si je ne le vis pas dans cette vie, je le vivrai dans l’autre. Et donc il y a moins cette dimension d’urgence, et on peut le voir dans des comportements quotidiens de ceux qui pratiquent cette religion, cette philosophie.

Et je me faisais cette réflexion en méditant les lectures d’aujourd’hui. Parce qu’il s’agit bien d’urgence. Une urgence que le Seigneur rappelle lorsqu’il envoie pour proclamer la bonne nouvelle à Ninive : « Encore quarante jours et Ninive sera détruite. » Il y a comme cette invitation de Jonas, cet ordre pressant : « dépêchez-vous ! » Le Royaume de Dieu vient, dans la mesure où nous nous convertissons.

Et dans Saint Paul : « Je vous le dis, le temps est limité. » Au tout début du christianisme, les premiers chrétiens croyaient que le Seigneur allait revenir dans la minute, dans la seconde ! A tel point que l’apôtre Paul a dû rappeler à l’ordre sa communauté en disant : « ceux qui ne travaillent pas, eh bien qu’ils ne mangent pas non plus. »
Cette histoire de temps explique en partie l’appel des premiers disciples. Il y a une chose qui m’interroge : pourquoi ces premiers disciples, alors que Jésus n’était pas connu, puisqu’il commençait son ministère de prédication, pourquoi est-ce que ces hommes, Simon et André, Jacques fils de Zébédée et son frère Jean, on répondu à cet appel « Viens et suis-moi ! » ? Et laissant tout, laissant leurs filets, ils le suivirent. C’est qu’ils percevaient eux aussi une urgence. On était dans un temps messianique, plusieurs s’étaient déclarés le Messie avant le Christ et même plusieurs après le Christ, on le voit dans les Actes des Apôtres, quand Gamaliel dit « écoutez, si cela vient de Dieu, eh bien ça va durer, et si ce n’est pas du côté de Dieu, cela se terminera. »

Pour ces hommes-là, il y avait comme une pierre d’attente en eux, quelque chose qui d’une manière ou d’une autre n’avait pas trouvé un accomplissement, il y avait un désir de servir, un désir de transmettre. Comment l’expliquer sinon : ils ont tout laissé, ils ont tout plaqué, laissant là leurs filets, ils le suivirent…

Je crois que cela va avec cette dimension de résurrection, avec cette dimension du temps, d’un temps qui est linéaire, d’un temps qui nous presse. On le voit, surtout à la fin de l’année liturgique, les lectures nous disent « Réveillez-vous ! » Il faut être des éveillés. Est-ce qu’au fond, cet appel que le Seigneur lance aux premiers disciples, nous avons assez de foi pour croire que, encore aujourd’hui, il y a une pierre d’attente dans le cœur de nos contemporains pour pouvoir découvrir et répondre à l’appel de Dieu ? L’appel de Dieu, c’est l’appel à la vocation sacerdotale et religieuse, mais pas seulement : dans une vie il y a plusieurs appels, dans une vie familiale ou matrimoniale, dans une vie consacrée, dans une vie professionnelle, il y a plusieurs appels.
Pourquoi a-t-on discerné qu’il y avait un appel ? Parce que d’une certaine manière on a discerné qu’il y avait une sorte de correspondance entre ce que le Seigneur nous demande et le désir qu’on porte. De même que pour ces hommes qui étaient sur les bords de la mer de Galilée : quand Jésus les a appelés, il y a quelque chose dans leur cœur qui a raisonné et qui a dit « cet homme-là, (et il a la grâce du Saint Esprit) c’est le Christ ! » et ils ont ressenti quelque chose !

Cela me pousse à dire que les temps sont favorables. Parce qu’on se dit que le nombre de vocations n’est pas pléthorique, que bon nombre de nos citoyens ne sont pas très motivés pour les questions spirituelles, que bon nombre de baptisés abandonnent leur foi, en tout cas la pratique, ou même une simple vie de prière, oublient leur Notre Père, leur Je Vous Salue Marie…
Et on se dit, au fond, est-ce que cela ne valait pas pour un temps ? Est-ce que ce n’était pas du temps de Jésus, et du coup du temps de Jésus il y a des tas de choses qui se mettent en place de façon extraordinaire, mais aujourd’hui, … aujourd’hui, ben non… ce n’est plus d’actualité… Et ça a été la question que Benoît XVI a posée lorsqu’il a publié son encyclique sur l’Espérance -excellente encyclique. Est-ce que l’Espérance chrétienne a encore une validité aujourd’hui, une pertinence aujourd’hui ? Est-ce que le message de l’Évangile a encore une pertinence ?

Et donc, pour nous, nous devons bien sûr nous poser la question, mais en même temps, la réponse est dans la Parole de Dieu. Cette Parole de Dieu, elle est de toujours à toujours. Elle n’est pas Parole simplement pour un temps. C’est une Parole qui nous appelle aussi aujourd’hui. Et sommes-nous nous-même attentifs aux appels du Seigneur, aux appels du Saint Esprit ? Est-ce que nous avons cette dimension intérieure qui nous pousse à une vie de prière, d’intériorité, de silence ? Ou sommes-nous sans cesse victimes des forces centrifuges qui nous appellent à l’extérieur et nous font quitter notre cœur, et nous font quitter ce que nous sommes vraiment pour aller suivre les lumières du monde !

Oui, aujourd’hui, le Seigneur nous appelle, et chacun d’entre nous est invité à suivre cet appel qui est urgent, parce qu’il y a urgence dans notre temps. Il y a une urgence de fraternité, on l’a vu ces temps-ci, mais il urgence par rapport à la vie spirituelle parce qu’une société ne peut pas vivre sans vie spirituelle. Oui, elle se comble de bien, elle n’est pas rassasiée, elle est repue, et ce n’est pas pareil. Mais son cœur est vide.

Croyons qu’aujourd’hui, il y a un terreau favorable parmi nos contemporains pour écouter l’Évangile. Il est en effet vrai que c’est plus difficile de prêcher l’Évangile dans une terre qui l’a déjà connu depuis des siècles, que dans une terre qui l’accueille pour la première fois. Et lorsque vous faites de l’Évangélisation, on peut vous dire « oui, je connais Jésus » (c’est difficile de ne pas connaître Jésus, en France en tous cas, on en a entendu parlé, de l’Église catholique, cela fait partie du paysage…). Mais il nous faut comme retoucher le cœur humain. Il faut demander au Saint Esprit de venir nous visiter, à commencer par nous-même, mais aussi de visiter, d’avoir cette audace d’appeler !

Je pense particulièrement aux jeunes : il y a chez eux comme une forme d’auto-inhibition… Beaucoup de jeunes n’osent pas dire leur foi, alors qu’ils sont dans un lycée catholique, et auprès d’autres étudiants de leur classe, alors qu’ils sont dans un terreau plutôt protégé… Il y a une forme de manque de courage, ou on n’a pas les mots pour le dire. Et on ne prend pas conscience que ce que nous portons, c’est un trésor ! Nous le portons dans des vases d’argile comme le dit Saint Paul.
L’Évangile, c’est un trésor qui vient combler le cœur ! Mais à qui irions-nous, Seigneur !? Mais à qui irions-nous ? Nous n’aurions pas l’Évangile, mais que serait notre vie ? Un vide intérieur…
Oui, on peut se poser la question : et si je ne connaissais pas Jésus, qu’est-ce qui changerait dans ma vie ? A qui irions-nous Seigneur ? Tu as les paroles de la vie éternelle."

Alors, il faut demander vraiment cette grâce de l’audace, cette audace que Jésus Lui-même a eue en appelant les premiers disciples, en faisant confiance aussi à leur réponse. Cette audace qui vient de l’urgence, parce que les temps sont des temps d’annonce, de nouvelle évangélisation. Cette audace aussi qui vient du Saint Esprit, qui nous fait annoncer un Dieu qui nous appelle des ténèbres à son admirable lumière.

Amen.

Références des lectures du jour :

  • Livre de Jonas 3,1-5.10.
  • Psaume 25(24),4bc-5ab.6-7bc.8-9.
  • Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 7,29-31.
  • Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1,14-20.

Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ;
il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »
Passant le long de la mer de Galilée, Jésus vit Simon et André, le frère de Simon, en train de jeter les filets dans la mer, car c’étaient des pêcheurs.
Il leur dit : « Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.
Jésus avança un peu et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque et réparaient les filets.
Aussitôt, Jésus les appela. Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers, ils partirent à sa suite.

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