Serviteurs de Jésus et de Marie

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Homélie pour la fête de la Congrégation

Homélie de la Fête patronale de la Congrégation des Serviteurs de Jésus et de Marie - Père Pierre-Marie

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Écrire à l'auteur Père Pierre-Marie 23 janvier 2015
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Homélie de la Fête patronale de la Congrégation des Serviteurs de Jésus et de Marie - dimanche 18 janvier 2015 - Père Pierre-Marie

Écouter l’homélie :




Texte de l’homélie

Cœur immaculée de Marie, refuge des Pécheurs.

Lorsque l’on célèbre la fête patronale d’une paroisse, d’une communauté, d’une ville ou même d’un pays, placés sous la protection d’un saint, il y a quelque chose de cette paroisse, de cette communauté religieuse, de cette ville ou de ce pays qui nous est dit à travers le choix de la fête patronale.

Ce n’est pas simplement le fruit du hasard, où l’on irait piocher pour telle paroisse nouvelle, en construction par exemple, un saint parmi une liste de saints possibles. Bien souvent, c’est la dévotion des fidèles, c’est l’attachement de tel ou tel à ce saint-là qui fait qu’est déterminée la fête patronale et le patronage du saint sur la paroisse et sur les paroissiens. Pour une congrégation religieuse, il en va de même, avec une note supplémentaire : non seulement cela dit quelque chose de notre communauté d’être placée sous le patronage du Coeur Immaculé de Marie Refuge des pêcheurs, mais à travers cela, ça dit quelque chose de notre charisme, c’est-à-dire de la vocation de notre congrégation.

Au fond, à travers cette contemplation que le Père Lamy notre fondateur a voulu pour ses fils que nous contemplions le Coeur Immaculé de Marie Refuge des pêcheurs et que nous nous mettions sous son patronage, sous sa protection, et ça indique aussi une orientation apostolique, c’est-à-dire missionnaire.

Dans la Communauté, nous sommes, et nous pouvons le dire sans vanité, très attentifs aux personnes. Dans la Bible, la notion de coeur, vous le savez, c’est non seulement le siège de la volonté, mais de la personne tout entière. Le coeur de Marie, c’est ce qui fait son intimité, ce qui fait ses décisions, le siège de son orientation personnelle. Ce siège-là, ce coeur-là est totalement immaculé, totalement tourné vers Dieu.

C’est dire aussi pour nous, Serviteurs de Jésus et de Marie, combien il est important de nous rappeler que nous sommes, dans notre apostolat, dans notre ministère, dans nos missions respectives, au service des personnes et au service du mystère de Dieu dans chaque personne. C’est aussi ce que l’on voit dans l’Évangile, dans ce récit de l’Annonciation qui est faite à Joseph. Au fond, et c’est le cas aussi dans la Sainte Famille, c’est d’abord le mystère de Dieu qui est au coeur de notre famille. Ce n’est pas d’abord une morale, car quand on y pense, la Vierge Marie -sans manquer de respect- était enceinte avant le mariage d’un Père mystérieux, et l’époux n’était pas le père ! Ce n’est donc pas un code social qui a fait que la Sainte Famille est Sainte Famille ! C’est d’abord l’accueil du mystère de Dieu au coeur même de chacun. Et donc pour nous aussi, comme Serviteurs de Jésus et de Marie, déjà pour nous même dans l’attachement à notre propre sanctification, mais aussi dans notre contact avec les uns et les autres, nous sommes invités à nous mettre au service de l’oeuvre de Dieu dans le coeur de chacun. Parce que célébrer le fait que la Vierge Marie soit immaculée, c’est-à-dire préservée du péché originel, préservée de la faute, c’est célébrer l’oeuvre de Dieu dans son coeur. Nous sommes donc invités comme religieux, fils du Père Lamy, dans nos contacts avec les uns et les autres, à célébrer aussi dans vos coeurs l’oeuvre de Dieu, comme à célébrer dans notre coeur de religieux l’oeuvre du Seigneur.

Et puis, Marie est refuge des pêcheurs. Elle est miséricorde.
Nous célébrons l’oeuvre de Dieu dans le coeur de chacun. Mais de façon toute particulière, parce que le Père Lamy nous en a donné la mission, nous sommes attachés à transmettre, à annoncer la miséricorde de Dieu dont la Vierge Marie a été bénéficiaire, et dont nous-mêmes, à notre place dans l’Eglise comme Serviteurs de Jésus et de Marie, nous sommes les ministres. Cette miséricorde de Dieu, c’est la Bonne Nouvelle, Jésus est venu réconcilier, pardonner. Il n’est pas venu établir de nouvelles valeurs (on entend par ci, par là les « valeurs chrétiennes »). Ce n’est pas d’abord des valeurs que Jésus est venu mettre en place. C’est d’abord cette réconciliation, ce pardon des péchés. Et cela demande aussi que l’on prenne conscience de nos propres fautes.

Mais pour une congrégation mariale comme la nôtre, il est un danger. Le danger d’une hyper affectivité. Pourquoi ? Parce que la Vierge Marie est une femme, et les femmes de façon générale sont plus affectives que les hommes. Mais aussi à cause de cette dimension de miséricorde. C’est intéressant de voir que dans la parabole du Bon Samaritain, le Bon Samaritain qui panse les plaies de l’homme tombé entre les mains du bandit, le Bon Samaritain verse sur les plaies à la foi de l’huile, du baume, pour apaiser. Mais à la fois du vin. Le vin qui va piquer, être douloureux, mais va aussi cautériser la plaie.

Il est important, quand on a une dévotion mariale, comme pour notre communauté, ou à titre personnel, que cet appel à la miséricorde n’évacue pas une certaine exigence. Le vin, sur la plaie, ce n’est pas agréable… Il y a le risque d’une hyper émotivité, hyper affectivité, pour nous, Serviteurs de Jésus et de Marie. Ce côté marial, très beau -et dans le coeur de Marie il l’est- doit être compensé par une certaine exigence, qui n’est pas pour autant rigidité. La rigidité ne tient pas en compte le mystère qui travaille le coeur de chacun. La rigidité, c’est un schéma appliqué sur les autres, sans tenir compte de comment chacun va vers Dieu, et Dieu travaille en lui.

Alors c’est intéressant de voir que notre Père Lamy, avec toute sa modestie, sa simplicité, a pris conscience de ça. Non seulement il nous invite à ne pas conduire les âmes à la boucherie, c’est-à-dire de ne pas être avec les âmes d’une dureté incroyable. N’oublions pas que le Père Lamy est un homme du 19e, et ce 19e a été le berceau du rigorisme moral qui a explosé en mai 68. Le Père Lamy n’est pas le fils d’un rigorisme moral : il demande la miséricorde, mais en même temps il demande de l’énergie. Il dit à ses religieux « soyez énergiques, soyez décidés, allez jusqu’au bout ! » et il le répète souvent, comme pour dire "ne vous laissez pas allez à une certaine mollesse, à une certaine émotion qui serait complicité.

Et pour nous, c’est pareil. Si nous avons cette profonde confiance dans la miséricorde de Dieu, c’est aussi l’invitation à changer, à nous convertir, à renoncer : « je prends la ferme décision de ne plus recommencer. » Il nous est demandé d’avoir cette énergie intérieure, cette exigence intérieure, ce qui est parfois difficile à vivre. En nous aussi il ne faut pas que la miséricorde devienne duplicité, ce serait un péché très grave. C’est ce que dit Jésus : c’est le péché contre l’Esprit.

Dans cette invitation à mettre la Congrégation sous le patronage du Coeur Immaculé de Marie Refuge des pêcheurs (célébré aussi à Notre-Dame des Victoires à Paris) il y a toute une sagesse que notre fondateur nous fait goûter et que nous pouvons approfondir les uns et les autres, de façon à ce que nous puissions prendre la Vierge Marie comme modèle, modèle de l’oeuvre de Dieu façonnée par Lui, mais aussi modèle de sainteté, d’une vie avec Dieu qui n’épargne pas la croix, qui ne passe pas à côté de la croix, à côté des moments difficiles. Et on en voit dans la vie de la Vierge Marie des incompréhensions. Marie est personne humaine, Jésus est personne divine. Comme personne humaine, Marie a ce cheminement dans la foi, et Jean-Paul II le dit très clairement : Marie a grandi dans la foi. Nous aussi, nous devons grandir dans la foi. La prendre comme maître spirituel nous aide à la fois à tenir compte de l’oeuvre de Dieu en nous et autour de nous, mais aussi nous aide à nous dire que ce cheminement, la Mère de Dieu elle-même l’a accompli pour que nous puissions à notre tour l’accomplir.

Demandons à la Vierge Marie de venir bénir notre Congrégation, de venir bénir notre famille spirituelle et confions-nous à son Coeur Immaculé. Amen.

Références des lectures de la Fête du Cœur immaculé de Marie, Refuge des pécheurs :

  • Livre de la Sagesse 11, 23 - 12, 2.
  • Psaume 1 Sam 2.
  • Première lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 5,12. 17 à 19.
  • Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 1, 18-25.

Voici quelle fut l’origine de Jésus-Christ :
Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph.
Or, avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit-Saint.
Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement. Il décida de la répudier en secret.
Il avait formé ce projet lorsque l’Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie ton épouse. L’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit-Saint. Elle mettra au monde un fils auquel tu donnera le nom de Jésus, c’est à dire, « Le Seigneur sauve ». Car, c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.
Tout cela arriva pour que s’accomplit la parole du Seigneur prononcée par le prophète : « Voici que la vierge concevra et elle mettra au monde un fils auquel on donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu avec nous ».
Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’Ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.

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