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Introduction au combat spirituel

Conférence de Père Pierre-Marie - novembre 2008

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Écrire à l'auteur Père Pierre-Marie 19 février 2009
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Le père Pierre-Marie nous dévoile comment, en nous appuyant sur l’exemple de Jésus tenté par trois fois au désert, nous avons à mener le combat, spirituel, contre notre ennemi intérieur et avec quelles armes nous pouvons vaincre les tentations.



On retrouve le passage de la tentation de Jésus au désert dans saint Luc (4, 1-13) et dans saint Matthieu (4, 1-11).

Jésus, rempli d’Esprit Saint, revint du Jourdain et il était mené par l’Esprit à travers le désert durant quarante jours, tenté par le diable. Il ne mangea rien en ces jours-là et, quand ils furent écoulés, il eut faim. […]

Celui qui veut suivre le Christ et s’engager dans une vie selon l’Esprit, peut être amené comme lui au « désert » et avoir à mener un combat spirituel pour déjouer l’esprit du Mauvais. En effet, paradoxalement, plus on s’approche du Seigneur, plus il semble que l’on s’en éloigne parce que la lumière de Dieu éclaire des zones d’ombre en nous. Une vie sans combat spirituel est souvent une vie dans laquelle on ne voit pas la tentation et on y succombe de façon régulière.
La tentation c’est, en fait, le démon qui passe par notre imaginaire. Il nous fait miroiter un faux bien qui a l’air d’être bon. Par ex. il n’est pas mauvais de vouloir progresser dans son métier mais si pour cela je dois écraser les autres, est-ce un bien ? C’est là que le discernement intervient. De plus, nos tentations s’enracinent souvent dans nos blessures. Pour lutter, il nous faut parvenir à canaliser notre imagination, à l’apaiser.

C’est rempli d’Esprit Saint que Jésus est conduit au désert. Il en va de même pour nous : Jésus et l’Esprit de Dieu nous accompagnent dans le combat spirituel. Nous devons lutter avec des armes spirituelles : la parole de Dieu, les sacrements, la prière, l’aumône, le jeûne. Elles permettent de nous aguerrir intérieurement.
Cependant, ce combat demande toujours un exercice de la volonté ; or, notre volonté est souvent malade et on se laisse aller au gré de nos désirs. Il faut parfois nager à contre-courant !

Détaillons maintenant les trois formes de tentations, d’orgueil auxquelles Jésus, et nous, sommes confrontés. Toutes les autres formes de tentations se rattachent, peu ou prou, à celles-ci. Ce sont des résidus du péché originel dont nous avons, certes, été lavés par notre baptême, mais dont il reste les conséquences (humanité blessée).
Pour contrecarrer ces trois tentations majeures : les trois conseils évangéliques de pauvreté, chasteté et obéissance dont les religieux font un état de vie mais qui concernent tous ceux qui veulent vivre l’Evangile.

L’orgueil de la chair

[…] Et s’approchant, le tentateur lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains. » Mais il répondit : « Il est écrit : Ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. […] »

On voit bien que le démon part de nos nécessités, de notre nature pour nous faire dévier du chemin de Dieu. C’est par la parole de Dieu que Jésus dépasse la tentation. Lorsque nous nous sentons assaillis dans nos pensées, demandons au Seigneur d’avoir le réflexe de prendre un psaume, un passage de l’Ecriture que nous aimons pour pouvoir repousser la tentation et acquérir une force intérieure.
Par la tentation, le démon incline notre volonté à pratiquer un acte qui n’est pas conforme à notre nature et aux commandements de Dieu. Cependant, la tentation n’est pas le péché… pas encore ! En effet pécher c’est accomplir ce que la tentation nous propose. On peut ainsi être assailli de tentations et être un saint.

L’orgueil des richesses

[…] L’emmenant plus haut, le diable lui montra en un instant tous les royaumes de l’univers et lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car elle m’a été livrée, et je la donne à qui je veux. Toi donc, si tu te prosternes devant moi, elle t’appartiendra tout entière. » Et Jésus lui dit : « Il est écrit : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et à lui seul tu rendras un culte. »[…]

Le démon procède par un mensonge puisqu’il affirme que la terre lui appartient alors que c’est faux. Dans la tentation, il y a toujours un mensonge car le diable est le père du mensonge.
Il veut nous entraîner à l’idolâtrie qui est un mensonge puisque c’est mettre quelque chose ou quelqu’un à la place de Dieu, comme s’il était Dieu, et lui vouer un culte. Jésus répond aussi à cette tentation par la parole de Dieu.
Et moi ? Quel est le centre de ma vie ? Pour quoi est-ce que je dépense de l’énergie ?
Le sport par exemple, lorsqu’il est pratiqué à l’extrême et au détriment de tout le reste ou l’argent… peuvent être des idolâtries. Dans ce cas, il y a quelque chose en nous qui s’oppose à Dieu. On peut s’idolâtrer aussi soi-même !

L’orgueil de l’esprit

[…] Puis il le mena à Jérusalem, le plaça sur le pinacle du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, jette toi d’ici en bas ; car il est écrit : »Il donnera pour toi des ordres à ses anges afin qu’ils te gardent. Et encore : Sur leurs mains, ils te porteront de peur que tu ne heurtes du pied quelque pierre. « Mais Jésus lui répondit : »Il est dit : Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu.« _ Ayant ainsi épuisé toute tentation, le diable s’éloigna de lui jusqu’au moment favorable. »

Cette dernière tentation est encore plus perverse que les deux autres. Le démon emmène Jésus, en pensée, au sommet du temple, c’est à dire le lieu de la présence de Dieu (au dessus duquel il se place aussi par la même occasion !) et il utilise la parole de Dieu, détournée, pour tenter Jésus.
Cette tentation est liée à l’orgueil spirituel : vouloir que l’autre suive le même chemin spirituel que moi ou utiliser la parole de Dieu pour conduire l’autre là où je voudrais qu’il aille et le dominer.
Or, plus on connait de choses sur Dieu, plus on doit faire preuve d’humilité : on n’est pas supérieur aux autres pour autant.
Notre seule intelligence ne parvient pas toujours à démêler ce qui est vraiment de Dieu de ce qui ne l’est pas. La manière de lutter est donc vraiment l’obéissance à la parole de Dieu, l’obéissance à l’Eglise qui depuis deux mille ans discerne, réfléchit… (concernant par exemple l’interprétation de la parole de Dieu, le discernement des esprits…).

Avec le Christ

A la fin du passage (« ayant épuisé toute tentation… ») on voit que toutes les formes de tentations (et de péchés) découlent de ces trois tentations.
Pourquoi Jésus insiste-t-il sur l’orgueil des richesses ? Il semble que ce soit parce que les deux autres découlent de celle-ci. C’est parce que j’ai de l’argent que je peux assoir mon pouvoir sur les autres et que, bien souvent, je peux assouvir aussi mes pulsions. Les trois tentations sont liées et ça peut être un canevas intéressant pour se confesser : qu’est-ce qui, en moi, s’oppose à Dieu, dans quelle catégorie ?

« Le diable s’éloigna de lui jusqu’au moment favorable » c’est à dire jusqu’à l’agonie qui veut dire « combat ». A Gethsémani, l’ange de la tentation présentera à Jésus, en pensée, tout ce qu’il devra endurer, dans le but de le décourager. Jésus connaît alors un autre combat spirituel : « Eloigne de moi ce calice ». Cependant, il accepte de donner sa vie et, à partir de ce moment, il est victorieux : ses ennemis ne peuvent s’acharner que sur sa chair mais son esprit est en Dieu.

Dans nos vies, il y a parfois de forts combats à mener, dans une grande solitude. Demandons le soutien de notre ange gardien. Sa fonction n’est pas seulement de trouver une place de parking mais plutôt d’éclairer notre intelligence pour nous redonner des raisons de combattre et de faire la volonté de Dieu.

Ce récit de la tentation au désert est une grande consolation car Jésus à choisi d’endurer ce que nous endurons (à l’exception du péché).
Saint Benoît, dans sa règle, parle de « fracasser la tentation contre le Christ ». Lorsque nous sentons monter une tentation, qui a l’air agréable sans l’être pour autant, invoquons l’aide du Seigneur pour pouvoir lutter. Appuyons-nous sur l’amour du Christ, victorieux du péché.

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